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 [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou

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MessageSujet: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Sam 4 Jan - 0:21

Je soupire. Ma journée de travail m’a parue interminable. Toujours moins pire que la nuit qui a précédée certes mais j’ai continué de tousser et d’avoir des douleurs dans tout le corps, en particulier à la tête. Si elle ne s’était pas atténuée depuis la nuit, je n’aurais même pas réussi à me lever pour constater avec horreur ce qui a été construit à la limite de nos deux villes. Ils sont tellement incapables et impuissants qu’ils n’ont pas d’autre solution que de recourir à la force pour que les allemands de l’est restent sous leur pouvoir et influence. Les soviétiques sont pitoyables. Ce mur est la preuve de leur faiblesse. Mais aussi de la mienne. Je ne peux rien faire pour en empêcher la construction. Leur crier de s’arrêter serait tellement futile et humiliant. Courber l’échine devient chaque jour quelque chose que je fais de mieux en mieux. Apprendre à se soumettre est quelque chose d’horrible. Je me sens comme un chien qui a fidèlement appris à donner la patte pour faire plaisir à ses maitres qui n’ont cessé de le maltraiter pour obtenir ce qu’ils voulaient. Je porte la main au collier que j’ai récupérer ce matin et qui enserre ma gorge. Un collier en cuir noir simple auquel j’ai juste retiré la médaille. Je compte la remplacer une fois rentré.
Je tousse encore une fois. Moins fort mais ma gorge irritée reste douloureuse. Les berlinois que je rencontre et dont je capte quelques bribes de conversation parlent tous de la même chose : cette hideuse construction. Je leur demanderai bien de se taire à ce sujet mais à quoi bon ? D’autant plus que les images de ce matin sont encore clairement imprégnées dans mon esprit. Pas besoin de passer à nouveau par là-bas. Surtout si c’est pour voir le mur plus haut et de ce fait, la séparation encore plus forte. J’accélère le pas en essayant de ne plus prêter attention aux voix m’entourant. Quelle sera la prochaine bonne idée des soviétiques ? Une frontière entre la RDA et la RFA ? Ils seraient vraiment misérables s’ils devaient en arriver là. Et nous, nous ne serions que davantage brisés et séparés. Erika et Ludwig nous manquent suffisamment déjà, ce n’est pas la peine de remuer le couteau dans la plaie. J’arrive chez moi.

[♪♫ Take the pill that makes you weaker
Take the pill that makes you sick
Take the pill or you’ll be sorry
Take this bloody pill and make it quick ♪♫]



Je soupire et jette mes affaires dans un coin avant de me diriger rapidement vers mon armoire avant de l’ouvrir et de sortir une veille et grande boite que je pose sur mon lit avant de l’ouvrir. Un sourire plein de nostalgie glisse sur mes lèvres à la vue d’un de mes vieux uniformes de SS que j’ai réussi à conserver. Même Gilbert n’est pas au courant car je doute qu’il approuve cette idée. J’attrape ma casquette qui reprend ensuite parfaitement sa place sur ma tête puis attrape la veste de mon uniforme. Je la détaille avec regret puis la serre contre moi avant de me laisser tomber dans un coin de la pièce.
Ce temps est si lointain désormais. Enterré tout, comme le Führer. L’Allemagne était si puissante. Nous ne redoutions rien et pourtant, tout a soudainement basculé. Nous avions atteint des sommets et après avoir glissé, la chute nous a été fatale. Notre Wehrmacht n’a cessé de reculer, nos ennemis d’avancer et nos chances de victoires de diminuer. Nous avons dû démonter certaines de nos installations pour cacher ce que nous avions fait subir aux juifs tout en faisant changer de camps ces derniers lorsque cela était nécessaire. Si nous n’avions pas perdu, nous n’aurions pas eu à faire tout cela et nous n’aurions pas été dérangés par cela. Si l’armée soviétique n’avait pas avancée, nous aurions pu continuer sans problème ! Nous aurions réussi à créer l’Espace Vital Allemand dont on nous avait tant parlé. Que l’on nous avait tellement promis. Rien. Il ne reste plus rien de tout cela si ce n’est des souvenirs douloureux, des sacrifices vains, des cendres envolées. Je soupire. Je déteste ses russes. Je souris lentement. Il aurait fallu commencer par les exterminés eux en premiers. Ensuite, nous aurions été tranquilles. Nous n’aurions pas eu à subir cette occupation humiliante. Mais désormais, rien de tout cela n’est possible. Nous n’avons plus de camps de concentration et d’extermination pour.

« Et pourtant, ce ne serait pas difficile à faire. Il te faut juste les moyens. Mais il n’y a plus Wehrmacht ou SS pour t’aider ! Tout ce qui porte une étoile est dangereux. Il faut brûler les étoiles juives mais désormais, il faut y ajouter des étoiles rouges. »

Ja… Des étoiles rouges. Beaucoup en portent. Ils sont faciles à reconnaitre. Ils suffiraient d’un peu de feu ou de poudre pour les faire disparaitre et pour commencer à nouveau la purification de notre territoire souillé. Les rouges auront la priorité. D’autant plus que j’ai tout de même promis à ceux de ma famille de ne plus avoir ce comportement antisémite. J’essaye mais on me l’a répété si longtemps. Les habitudes ne s’effacent pas ainsi. Toutefois, je peux toujours détourner mes pensées sans difficulté sur ses maudits soviétiques qui ne cessent de tout nous prendre. Je suis certain que c’est Ivan qui a poussé les autres Alliés à l’aider à faire disparaitre la Prusse. L’année suivante, avec le blocus de l’ouest, ce maudit russe a manqué d’affamer et de priver les berlinois de ce dont ils ont besoin ! Il a aussi détruit le château royal et fait installer dans Berlin des bâtiments soviétiques ! Et maintenant il nous sépare davantage d’Erika et Ludwig. Je le hais. Je hais tout ce qui se rapporte à la Russie.  


[♪♫ Take the pill that kills your sex drive
Take the pill that makes you cry
Take the pill that burns your insides
Take the pill that makes you want to die
Just be careful what you say…
Today could be your day…♪♫]


Ma main se porte à mon collier. Je défais la chaine à laquelle est attachée ma croix de fer. Nous avons tous la même avec Erika, Ludwig et Gilbert. C’est un peu comme un lien entre nous. J’installe ensuite ma croix à la place de la médaille sur le collier. Et elle ne sera jamais remplacée pour un symbole de la Russie. Je ne sers que mon pays. Rien d’autre. Je ne sers pas l’URSS. Je lui suis soumis. Ce que je fais, c’est pour les allemands de l’est. Pas pour Ivan.
J’entends frapper à la porte puis elle s’ouvre. Mes yeux l’observent tandis que je reste muet. Je sais que ça ne peut pas être Gilbert. Il n’aurait pas frappé. Je reste terré dans mon coin et resserre mon étreinte autour de mon costume. Je ne sais pas pourquoi mais je ne peux pas m’empêcher d’avoir un mauvais pressentiment. Une quinte de toux vient m’arracher la gorge pendant que je ne cesse fixer l’entrée. Presque inconsciemment, je me suis mis sur la défensive. Et mon instinct ne m’a pas trompé lorsque je vois une silhouette entrer. Sa silhouette. Je retiens un rire nerveux. Dire que je pensais que ma journée ne pouvait pas être plus horrible. Je m’étais bien trompé. Il semble que Madame a décidé de venir se moquer et jouer avec son cabot. Je l’entends déjà donner ses ordres et attendre me voir courber l’échine bien sagement.

« Tu as fait ça pendant des années. Ce n’est pas difficile de suivre les ordres de ceux qui ont le pouvoir, n’est-ce pas ? Il suffit d’agir bêtement. Ne pense pas. Tu n’en as pas besoin. On le fait pour toi. Dis-toi que tout ce que tu fais, c’est pour le bien de ton pays. C’est tout. »

Donne la patte. Assis. Couché. Fait le beau. Et une caresse pour récompenser…

Ja. Je sais faire et recevoir tout ça. Ne suis-je pas un bon chien ? Un bon chien à qui il manque peut-être une muselière… Après une laisse en brique, il faudrait envisager une musolière de propagande plus forte, non ? Qu’en pensez-vous Madame ?

[♪♫ You no longer rule your body
You no longer own those rights
You will wake up when we say so
You will sleep when we shut out the lights
Enjoy your stay…
‘Cause you can’t run away…♪♫]

_________________

Qui baigne ses mains dans le sang, les lavera dans les larmes.
Proverbe allemand.


Dernière édition par Berlin Est le Dim 1 Mar - 21:46, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Dim 12 Jan - 15:55

Leçon 13.08.61:
Fais le beau ~
Berlin Est & Moscou

13 août 1961, 7h22.
Depuis sa chambre d’hôtel qu'elle avait volontairement pris à la frontière entre les deux Berlin, Aleksandra savourait avec délectation les visages douloureux de la population est-allemande, agglutinée face aux barbelés qui désormais barraient l'accès vers Berlin-Ouest. La porte de Brandebourg, majestueuse, qui était à l'origine partie intégrante de la moitié soviétique de la ville, appartenait à présent à un territoire désert, un no-man's land. Du moins il le serait bientôt, car pour l'heure, des légions d'hommes s'affairaient encore à tendre des barbelés et creuser des fossés. Par endroit, des parpaings déjà étaient empilés les uns sur les autres pour former une enceinte fortifiée qui ferait bientôt près de quatre mètres de hauteur. Les voies d'accès avaient pour la plupart été dépavées à la hâte, et tout le monde avait mis main à la pâte. L'Armée populaire nationale, les troupes frontalières de la République Démocratique Allemande, les forces spéciales de la police, les troupes armées de la classe ouvrière, prirent le contrôle de la frontière tout naturellement. La moscovite, qui les couvait des yeux depuis la fenêtre ouverte, ne put s'empêcher de rire du fait qu'il y avait plus d'allemands que de soviétiques. C'était amusant de les voir s'enfermer eux-même, et il était véritablement jouissif de voir percée cette ignoble boule de pus de son territoire. Adieu Berlin-Ouest, on ne te verra plus. Ces américains exécrables, tous ces « alliés » qui corrompaient le territoire soviétique, les voilà entourés de barbelés. Et le plus drôle ! C'était que pas un ne protestait. Non, car au fond, ils savaient que c'était la meilleure solution.

Elle était arrivée par avion la veille à l'aéroport Johannisthal, et bien sûr avait été au courant de ce qui se préparait. Pour dire la vérité, elle avait largement participé dans le soufflage de cette idée, bien qu'elle ne fut pas celle à prendre la décision finale. On ne pouvait la blâmer pour rien, du moins officiellement. Officieusement, par contre, il était clair que le gouvernement de la RDA répondait le poing levé à un profond mouvement stalinien. Il faut le dire : Monsieur Khrouchtchev était probablement un grand homme, mais sa manière de ralentir la socialisation était totalement décevante. Aleksandra avait du respect pour Walter Ulbricht, malgré qu'il soit un allemand. Il était président du Conseil d’État et ses idéaux étaient plus que respectables. Mais, surtout, il était attentif à ce que lui disait l'Est, car il éprouvait une haine féroce envers l'Occident. Ce qui était plutôt un bon point pour lui, car il était inutile de le corrompre : il était déjà suffisamment vil de lui-même pour exercer la volonté du Parti. Quel grand homme, je n'ai que de bons souvenirs de notre entrevue d'hier. C'était la veille même qu'elle s'était rendue à son bureau pour lui donner l'aval de Khrouchtchev pour bâtir le Rempart de la Paix. Tous deux s'étaient répandus en éloges et la séance s'était terminée dans les plaisanteries. Après tout, c'est grâce à nous s'il a pu obtenir les pleins pouvoirs dès la fondation de la République Démocratique. Il peut bien m'être reconnaissant.

Elle referma la fenêtre après un dernier coup d’œil au mur, son sourire satisfait avait attiré l'attention de quelques curieux qui l'avaient sans doute reconnue. Un soldat soviétique vint la chercher alors, en claquant des talons. C'était une bien longue journée qui l'attendait, elle avait un certain nombre de visites prévues.. Notamment une, qu'elle n'aurait manqué pour rien au monde. Son sourire s'étira plus encore et des papillonnements heureux lui chatouillaient les côtes. Oui, ce soir elle aurait du spectacle. Tout allait à merveilles. Saisissant sa valise « diplomatique », elle quitta la chambre, l'esprit focalisé sur combien cette journée était magnifique.

13 août 1961, 21h15.
La journée avait été forte en émotions en tout genre. Les bonnes nouvelles s'étaient entassées, accompagnées pourtant de quelques déceptions. Le soleil déclinait lentement dans les rues de la capitale, et la population abattue ne lui prêtait plus aucune attention. Toutes les pensées, elle s'en doutait, étaient centrées sur le mur, dont la construction avait plutôt largement avancée. Des échanges par-ci par-là dans un allemand rapide confirmèrent d'ailleurs ses croyances. Certains mots lui sont étrangers, mais ce qu'elle comprend lui accroche un nouveau sourire. Il lui semblait n'avoir fait que cela de la journée d'ailleurs, les commissures de ses lèvres semblaient parfaitement incapables de se détendre d'aucune manière. Et plus elle approchait de sa destination, plus elles s'étiraient monstrueusement sur ses joues. Il faisait chaud ce soir-là, une chaleur étouffante, comme si l'air lui-même essayait d'étrangler la ville, alourdi comme une veille de tempête. Mais depuis sa position continentale, Aleksandra était plutôt habituée à un climat dur pendant l'été, et elle se contentait de ne sourire que plus encore lorsque son regard se posait sur tel ou tel passant. Elle pouvait presque sentir la fièvre de certains à distance ; et se dire que peut-être les médicaments seraient trop onéreux la réjouissait plus encore. Elle en était certaine, Berlin-Est déteignait sur ses habitants, au moins autant que ses habitants déteignaient sur lui. Car c'était bel et bien lui qu'elle allait voir ce soir, et les passants lui donnaient un aperçu de ce qu'elle aurait la joie d'y trouver.

Elle fut bientôt devant chez lui. La façade de la bâtisse transpirait d'un profond malaise, et les fenêtres paraissaient la regarder avec inquiétude. Son cœur s'était affolé sous le coup de l'impatience. Elle avait si hâte d'être à l'intérieur, de voir ce que le mur avait fait à sa victime, de voir la haine, la souffrance, et la soumission dans son répugnant regard ! Son poing battit le bois de la porte de trois coups secs, puis elle se permit d'entrer. A quoi bon attendre qu'on lui ouvre ? Elle savait qu'elle n'était pas la bienvenue. Mais personne n'oserait la jeter dehors de toute manière. Comment expliquer le sentiment qui lui pénétrait les côtes ? Elle se sentait chez elle. Après avoir déposé sa veste sur le porte-manteau et ses affaires dans un coin de l'entrée, elle s'invita d'elle-même dans la demeure triste. Les lumières n'avaient même pas été allumées, et elle ne prit pas la peine de corriger ce détail. Elle chercha du regard le chien qui viendrait la saluer, en remuant la queue. Non bien sûr, cet animal-là se terrait. Il pensait sans doute échapper aux coups de pied de son maître mécontent. Soit.

Son regard se posa sur le canapé du salon, sur lequel elle s'assit sans attendre qu'on l'y invite. Elle sortit alors une cigarette qu'elle alluma, et en prit une première bouffée en détaillant la pièce du regard. Certes avec la grave crise économique qui touchait la RDA actuellement, l'intérieur était plutôt modeste. Mais cela changera bien assez tôt. Sa voix lancinante résonna avec délice dans la maison silencieuse.

« Siegfried. »

Elle libéra la fumée de ses poumons en basculant la tête en arrière avec extase. Elle attendait que son jouet vienne la rejoindre, jambes croisées. Elle avait détaché ses cheveux et ses larges boucles envahissaient le sofa en cascades. Un sourire encore s'étira sur ses lèvres tandis qu'elle perçait le plafond de ses yeux bleu-gris, qui scintillaient d'un éclat malsain.

« C'est une bien jolie construction que je vois au dehors. Je trouve ça très symbolique. Qu'en penses-tu ? Tu apprécies ta cellule ? »

Elle parlait à voix basse et échappa un gloussement content, son visage se tourna alors, en direction de celui qu'elle était venue voir. Oui, c'était la raison de sa venue : rire de lui, lui montrer sa supériorité, exiger son respect et sa considération. Après tout, elle venait de lui sauver la vie.

« Ce qui est à nous est à nous, ce qui est à vous est négociable. » ► N. Khrouchtchev.
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Mar 14 Jan - 20:46

Madame pose ses affaires puis prend place dans le canapé. Elle s’installe bien à son aise. Une cigarette vient embrasser ses lèvres et elle l’enflamme. La fumée ne tarde à suivre. Je souris nerveusement. Comme si je n’avais pas déjà assez de mal à respirer. La voilà qui vient m’empoisonner un peu plus. Je serre les dents tandis que mes muscles se tendent de plus en plus. Elle entrouvre sa bouche une nouvelle fois. Mais cette fois-ci, ce n’est pas de la fumée qui en sort. C’est mon prénom. Il résonne à travers le silence assourdissant. Sa voix me parait aussi toxique que sa cigarette. Je retiens un soupire. Je me lève machinalement, paresseusement et lentement en laissant échapper une quinte de toux. Ma main se porte devant mes lèvres par réflexe pour l’étouffer. Pas question de paraître plus misérable maintenant. Pas devant Madame. Certainement pas devant Madame. Je vais me poster devant elle. Immobile.

Au pied.

Je remarque que j’ai encore ma casquette et ma veste dans la main. Tant pis. Je me tiens le plus droit possible. Madame semble être à son aise, bien installée malgré l’absence de confort auquel elle a dû être habituée. Ses cheveux retombent autour d’elle comme pour l’entourer d’un halo doré et luxueux alors que ses jambes sont entrelacées tels deux serpents à la recherche d’une victime pour leur étreinte meurtrière. C’est écœurant.
Mon regard s’est fixé sur le sien. Je lis la satisfaction mais aussi la moquerie dans ses yeux. Sa cigarette a certainement un goût de victoire. Je retiens un sourire nerveux. La victoire, quel goût cela peut-il bien avoir ? Malgré la supériorité de notre sang, elle nous a échappé plus d’une fois… Et voilà où en est notre supériorité aujourd’hui. Dominée. Soumise. Ecrasée. Enterrée. Non. Le dernier terme ne convient pas. Plutôt... Emmurée ? Oui, c’est ça. Emmurée…

[♪♫ Get back in line, get back in line, get back in line…
Get back in line, get back in line, get back in line…
You’ll be just fine… ♪♫]


Sa voix résonne à nouveau. Le moindre de ses mots m’écorche les tympans. J’aimerais pouvoir m’y soustraire. Ne plus l’entendre. La faire taire. Condamner ses lèvres à ne plus pouvoir se séparer. Pas même pour une cigarette.
Bien évidemment, Madame a décidé de parler de Ça. Etonnant, n’est-ce pas ? Madame est fière. Madame expose son œuvre. Madame se vante. Elle croit avoir bon goût. Je ne peux m’empêcher de serrer mes poings un peu plus à chaque syllabe. Mes muscles continuent de se tendre. L’envie de tousser me revient alors que je tente de rester impassible. Je contiens tout. Laisser exploser ma colère lui ferait trop plaisir. Je n’ai pas envie de répondre mais Madame doit attendre avec impatience que je me prononce. J’ai très envie de lui demander si elle est sérieuse lorsqu’elle me pose ses questions. Bien évidemment, je sais qu’elle l’est. Je garde mon calme autant que possible avant de soutenir son regard et de répondre :

« Celui qui l’a fait a un cruel manque de goût et d’idée. C’est une horreur et je… »

Je suis incapable de retenir davantage ma toux qui explose. Ma main se porte à ma bouche pour la contenir et l’étouffer. Je ne peux pas m’empêcher de me replier un peu sur moi-même. Je me reprends aussi vite que possible avant de me redresser. Mes yeux reviennent affronter les siens puis je reprends :

« Je veux que tu empêches la fin de sa construction sans attendre. »

Ce n’est pas le moment de tourner autour du pot. Je sais que je n’obtiendrais pas ce que je demande. Mais je n’ai pas envie d’en dire plus et de la voir rester ici plus longtemps. Ma « cellule » était déjà assez inconfortable avant. Hier soir, elle est devenue étouffante. Ce soir,… J’ignore s’il y a un mot pour ce soir. La compagnie est loin d’être des plus agréables et ce qu’il va suivre le sera certainement tout autant. Je n’obtiendrais rien elle et elle ne partira certainement pas sans avoir obtenu satisfaction. Les caprices de Madame devront être exaucés. Quels seront-ils ce soir ? A quoi Madame désire-t-elle jouer ?
Ma poigne se resserre un peu plus sur ma vieille veste que j’avais presque oublié. La sortir ce soir n’avait pas été une bonne idée. Madame se moquera des rêves et espoirs brisés de son cabot. Je devrais être à sa place. C’est à moi qu’elle aurait dû se soumettre. C’est moi qui devrais être en train de sourire fièrement. C’est son visage qui devrait être marqué par la honte et l’humiliation. C’était à moi d’exploiter ses ressources ! Pas l’inverse ! C’était à elle de se courber aux désirs de l’Allemagne. Pas à nous. Moscou aurait dû être sous occupation allemande. Nous n’aurions pas dû être sous occupation soviétique. Pourquoi rien ne se passe-t-il comme prévu ? Pourquoi ?…

« Il fallait que Moscou tombe. Notre Wehrmacht en avait les capacités mais n’y est pas parvenue. Malgré son manque d’équipement, elle a résisté au Général Hiver et ce n’est pas rien ! Nous aurions eu plus d’hommes et le matériel nécessaire, nous l’aurions eu !
- Ich wieß mein Führer.
- Je voulais voir notre drapeau flotter là-bas. Il faut impérativement trouver une solution pour les renverser et reprendre le pouvoir. Il faut réunifier la capitale et l’Allemagne ! Quel qu’en soit le prix afin de pouvoir reprendre le projet du Lebensraum.
- Ja, mein Führer. »

Un battement de paupières. Mon regard balaye la pièce un peu au hasard avant de se reposer sur Elle. Mon regard revient affronter le sien. Je ne me souviens pas avoir rompu le contact. Je devais être absorbé dans mes pensées. Cela n’a pas d’importance. Il faut désormais agir et obéir. Les ordres ont été donnés. Il n’y a plus qu’à exécuter et négocier.

« Laisse la ville retrouver son unité. Ton prix sera le mien. »

La capitale pour commencer, puis le pays et enfin la fondation de notre Lebensraum. Le prix à payer sera lourd. Très lourd. Mais pour mon pays, je suis prêt à bien des choses. Pour Erika, Ludwig et Gilbert, bien plus encore.

« Tu as toujours été un bon chien obéissant. Tu n’as jamais repoussé le moindre de mes ordres ou la moindre de mes exigences. Et ce, aussi cruelle soit-elle. Les œillères de mon parti étaient profondément ancrées dans ta chair. Continue de faire ce qu’il faut pour notre grande Allemagne. »

Que votre volonté soit faite.

[♪♫ Take the pill that keeps you quiet
Take the pill that keeps you blind
Take the pill that wipes your memory
Take the pill that’s fucking with your mind
That’s all you have to lose…
That’s funny… ♪♫]

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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Dim 19 Jan - 1:31

Leçon 13.08.61:
Fais le beau ~
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Le temps s'était comme arrêté tant le bonheur qu'elle tirait de cette situation était palpable. Ses yeux miroitaient dans l'obscurité, prenant plaisir à voir Siegfried approcher dans une marche funèbre, tel un vrai cabot qui répondait à son appel. Il s'était traîné jusqu'à elle, misérablement, étouffant secrètement les toussotements qui l'assaillaient par moment. Il avait le teint souffreteux, le regard torturé, un plaisir pour les yeux de Aleksandra qui le perçaient de toute part. Son œillade narquoise se posa sur l'uniforme qu'il tenait dans les mains, et une violente vague de haine la secoua au fond de ses tripes. Je vois. Son sourire s'avilissait à vue d’œil, et ses pupilles dessinaient avec délectation chacun des creux qui l'enlaidissaient. Violettes étaient ses cernes pour sa peau livide. Aussi fier désirait-il paraître, c'était un mourant qu'elle avait sous les yeux. Mais je vais te sauver, ne t'inquiète pas.. Ce silence transpirait la maladie. Peut-être cet imbécile se croyait-il suffisamment fort pour la faire attendre, car il mit un temps infini à répondre. Mais il cillait dans son immobilité. Il luttait, mais il était trop faible pour vaincre. C'était un fantôme, un souvenir, au même titre que la casquette appuyée sur son crâne. Le voilà tout droit devant elle. Était-il nerveux ? Elle le dévorait du regard, jouait de ses mimiques, il était sa proie, il était à son entière merci, comme elle l'avait désiré.

Aleksandra était elle parfaitement à son aise. Autant Berlin était une ville hideuse et pleine de répugnants allemands, autant la compagnie de son représentant soumis à sa domination ne lui était pas désagréable. Ses yeux rieurs étaient plongés dans les siens, souffrants. Elle s'était tue mais son regard, lui, parlait, se moquait de lui dans le silence où transpirait un profond malaise. Tu es dominé. Soumis. Écrasé. Enterré. Non. Plutôt, te voilà emmuré à présent. Alors, cela te déplaît-il ? La cigarette revint caresser ses lèvres entrouvertes, et son extrémité prit une belle couleur d'incandescence. Elle le voyait tendu, et le fait qu'il tentait de le contenir ne faisait que lui plaire davantage à chaque seconde. Sa bouche, sa belle bouche d'homme aux lèvres gercées se fendit enfin. Sa voix se voulait calme, son regard, solide. Mais ses mots n'étaient que rejet. Pourtant, l'ironie qu'elle y perçut lui étira un sourire, et la quinte de toux qui l'arracha violemment à son discours provoqua l'hilarité incontrôlée de la moscovite. Un bon rire, qui venait du cœur. Un rire chaud, méchant. Un rire odieux pour qui en était la cible. Il se tordit sous la douleur de sa gorge qui s'arrachait, une main secouée de spasmes retenant ses lèvres. On l'aurait cru vomir. Mais cette vision désirable cessa aussi vite qu'elle était venue. Elle, ne semblait pas étonnée le moins du monde de le trouver souffrant. Elle l'avait attendu... Elle l'avait provoqué, volontairement. Une main d'acier étranglait l'Europe, car elle l'avait désiré. Les yeux de Siegfried reprirent les siens, où perlaient des larmes de joie. Son rire s'était éteint aussi vite, mais il paraissait résonner encore dans la pièce vide. Il acheva sa phrase. Pensait-il qu'elle passerait à côté ? Elle souriait, reconnaissante qu'il l'ait fait rire de sa misérable situation.

« Si tu n'aimes pas ce goût là, ce n'est hélas pas à moi qu'il te faudra te plaindre. Ce n'est pas moi qui ait exigé sa construction, mais ton propre dirigeant. Amusant, non ? Walter sera ravi d'entendre ton avis sur la question. »

Elle marqua une pause, durant laquelle un nouveau nuage grisâtre jaillit lentement de son rictus comme le souffle d'un dragon. Pendant plusieurs minutes, elle se permit de laisser planer le silence. Il attendait une réponse. Il voulait la faire changer d'avis, qu'elle le délivre de ses chaînes dont la fabrique même n'était pas encore achevée. Mais c'était un espoir vain, il devait le savoir. Elle le jugeait du regard, faisant mine d'y réfléchir alors que sa réponse était toute choisie. Jamais elle ne ferait tomber ce mur. Elle en avait besoin. Elle s'était battu pour imposer une solution de ce genre. Ce n'était pas une envie mais bien une nécessité. Elle n'en pouvait plus de tous ces berlinois qui fuyaient leur terre et se comptaient en millions. Ils étaient une honte pour eux-même. Pour accentuer le saignement, la plupart d'entre eux étaient des jeunes en voie de travailler. Berlin-Est était désormais un peuple ou trop jeune, ou trop vieux, mais bien trop peu adapté à faire vivre une capitale. C'était décevant, et rares étaient les allemands qui échappaient aux répercussions de la crise. Et il y avait un second problème, autre que ce dépeuplement. Ce problème, c'était Berlin-Ouest. Personne ne le disait à voix haute mais publiquement, des tas de rumeurs circulaient tout bas. Cette autre moitié de la capitale devait être un centre d'espionnage et de sabotage permanent, qui travaillait au profit du monde capitaliste. La population est-allemande elle-même s'imaginait les troupes de la RFA défiler sous la porte de Brandebourg et prendre d'assaut son autre moitié pour la conquérir, à cette époque où la Guerre Froide était à son paroxysme. Ce rempart à ses yeux étaient une protection. Un léger soupir s'envola de ses lèvres et elle le caressa du regard.

« Je ne peux faire une chose pareille. Tu te l'es imposé toi-même. Tu te laisses mourir, tu devrais plutôt me remercier de te garder en vie. Ce mur que tu trouves si laid va sauver l'Europe de la guerre, et mettre un terme à l’hémorragie qui te vide de tes forces depuis bien trop longtemps. C'est donc ta fin que tu désires ? »

Presque aussitôt, le berlinois murmura des mots d'une voix absente, des mots qu'elle haïssait entendre... De l'allemand, cette langue crachée, et ce terme qui la faisait mourir dans une sombre fureur. C'était à Hitler qu'il parlait. Mais pourquoi lui parlait-il donc ? Ce monstre sans âme était mort, il ne reviendrait plus. Pourtant, il lui parlait comme si il était réellement dans la pièce. Cela mis Aleksandra extrêmement mal à l'aise, et une colère profonde et incontrôlable éclatait dans sa poitrine. Siegfried lui faisait un affront, il lui manquait de respect.

« Ich weiß, mein Führer. »

Pourquoi lui parles-tu. Es-tu si stupide ? Désires-tu me mettre en colère ? Peut-être aspires-tu réellement à la mort dans ce cas. Cesse avec cette langue hideuse. Je ne veux pas entendre ces mots. Tais-toi, tais-toi plutôt que de débiter des horreurs. Que sais-tu ? On ne parle pas aux morts.

« Ja, mein Führer. »

Personne ne t'a parlé. Quel est ton plan, au juste ? Qu'est-ce que tu essayes d'accomplir de cette manière ? Tu ne vas t'attirer que des ennuis. Je te ferai taire, insolent, tu vas regretter d'avoir jamais appris à utiliser cet indigne langage. Je vais t'imposer le russe, j'en fais le serment. Tu es si laid.

Elle le regardait avec un profond dégoût à cet instant, l'irritation battant sa chair et pulsant dans ses veines. Il paraissait alors sortir d'une légère transe. Son regard voletait distraitement et se reposa sur elle. Et elle, déversait sur ses épaules une haine silencieuse et contenue. Il parla à nouveau, et seulement à cet instant remarqua-t-elle le changement de son ton. Lorsqu'il s'était adressé en allemand, sa voix avait été calme, étouffée, à peine saisissable. Une voix sans écho dont les mots s'étaient arrachés à un autre temps. Désormais ses intonations avaient repris leur fragilité, mais un courage inespéré les rendit plus solides. Les paroles qui se plaquèrent ensuite sur le faux silence des lieux la secouèrent imperceptiblement. Laisser la ville retrouver son unité ? Mon prix sera le tien ? Une expression hostile s'était apposée sur ses traits. Elle n'avait aucunement l'intention de faire tomber ce mur. Elle l'aurait étouffé de ses propres mains plutôt que de revenir en arrière. … Et même, elle avait envie de l'étouffer dans la minute. Cependant il venait de briser sa bonne humeur, et elle n'allait pas se priver de le punir pour cette provocation. Lentement, silencieusement, elle se mit à sourire, un sourire faux, une apparence. Ses lèvres se décollèrent l'une de l'autre, découvrant ces jolies perles blanches à l'allure canine.

« Peu importe le prix. »

Un grognement vint tout droit du fond de sa gorge. Elle décroisa ses jambes et se leva, se redressant de toute sa hauteur. Ses hauts talons lui donnaient le privilège de le dominer de quelques centimètres, et elle s'approcha de lui jusqu'à ce qu'un mètre à peine ne les sépare.

« Tu n'es pas riche. Tu n'es pas fort. Tu n'es rien. Tu ne représentes rien. Tu es inutile. Tu es sale. Tu es fourbe. Tu es méchant. Tu es hideux. Tu n'aurais jamais dû venir au monde. Tu n'as jamais fait que des horreurs. Tu n'as pas d'âme. Tu n'as pas de cœur. Tu n'as même pas de cervelle. Tu ne possèdes absolument rien que tu puisses m'offrir en échange de ce vœu. »

Un éclat malveillant scintillait au fond de son regard, qui se posait sur les lèvres de Siegfried. Elle s'inclina vers lui et lui prit brusquement la veste des mains, et la tint fermement. Elle hocha négativement la tête et fit mine de la déchirer en deux, et continuant de le contempler. Elle parlait avec un profond dédain, il ne méritait pas qu'on s'intéresse à lui, réellement.

« Tu t'accroches à des idéaux qui sont perdus dans les méandres du temps. Tu appartiens au passé. »

Le ton de sa voix pourtant laissait entendre que sa phrase n'était pas terminée. Elle laissa volontairement planer le silence, immobile, ses longs cheveux caressant ses cuisses de leur longueur au gré d'une brise absente. Il n'y avait rien que la semi-obscurité dans lesquels ils étaient plongés, et la chaleur quasi-étouffante qui l'étreignait de ses mains invisibles. Un sifflement sourd glissa en ses dents, tandis que se repaissait de l'aspect de ses formes.

« En revanche, je pourrais reconsidérer ta demande si tu m'offres ce qu'il te reste. Donnes-toi à moi. »

Le désir avait pris possession de son regard, et ses pupilles dilatées se plongèrent dans son regard, dans l'attente de sa réponse. Oh, elle n'avait pas l'intention de faire tomber le mur. Mais un mensonge n'a jamais tué personne, c'était aussi naturel pour elle que de respirer... Mais comment expliquer alors que son souffle se fasse si court ?

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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Lun 20 Jan - 21:16

Dire que je n’aime pas ce mur n’est qu’un doux euphémisme. Mais je pense que l’idée n’est pas venue seule à l’esprit de cet imbécile de Walter. Il a bien fallu qu’une voix vienne la lui souffler. Pas besoin d’être bien futé pour savoir de qui il s’agissait. Ce type n’est à mes yeux qu’un pantin entre les mains des soviétiques. Le pire avec ce mur, c’est que ce sont des allemands qui sont en train de le construire. Cela revient au fait de s’enchaîner soi-même, de creuser sa tombe et de s’enterrer vivant. Madame refuse bien évidemment de m’écouter. Apparemment, je me suis imposé ce triste et regrettable sort. Je retiens un rire nerveux. Je n’ai jamais été aussi faible. La fin de la guerre et l’occupation soviétique me vide de mes forces. A l’ouest, Erika profite d’une aide financière des Etats-Unis pour se reconstruire alors qu’ici, nous n’avons rien de ce genre. Nous devons tout faire par nos propres moyens. Madame n’aurait-elle pas de jolies œillères en ne voyant pas qu’elle laisse elle-même crever son cabot ? Après tout, ce n’est pas en mettant une muselière à celui-ci avec une laisse trop courte et un collier trop étroit pour son encolure qu’il va vivre très longtemps. Mais les ordres ont le mérite d’être clairs. Je ne t’achèterai pas un collier plus grand. Trop cher. Si tu tires sur ta laisse, tu t’étrangleras tout seul. Apprend à rester à ta place, à mes pieds. Tu veux protester ? Te plaindre ? Mordre peut-être ? Cette muselière te siéra à merveille. Tu trouves encore les moyens de tenter de protester ? Alors il va falloir t’enfermer. Que la main de Madame est dure et sévère. Et elle risque de l’être d’autant plus lorsque les mots qui me brûlent les lèvres vont enfin s’en échapper. Encore une fois, je tente de paraître le plus digne et fier possible. Je ne veux plus l’entendre rire de moi, même si je sais qu’elle le refera inlassablement toute la soirée.

« Je n’ai jamais été aussi faible. Je le reconnais. Mais j’ai très envie de rire quand je t’entends dire vouloir me sauver. Après tout, ma chute a commencé avec votre arrivée sur notre territoire et s’est retrouvée précipitée avec votre occupation. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une coïncidence. Vous êtes ce que les juifs étaient pour nous au temps du Reich, des nuisibles nous privant de nos forces. De véritables parasites. A cette époque, nous étions tellement puissants et voit ce que tu as fait de nous aujourd’hui. C’est toi qui me tue. »

Une nouvelle quinte de toux vient m’arracher à la gorge. Ma puissance n’est vraiment qu’un lointain souvenir que je regrette. Le fait de tousser me rappelle la réalité. Je reprends le plus vite possible avec un sourire presque moqueur tout en me préparant à une vilaine remontrance de Madame :

« A l’ouest, Erika a reçu l’aide d’Alfred pour se reconstruire. Il ne laisse pas mourir le territoire qu’il occupe, lui. »

J’ai volontairement appuyé mon dernier mot. Nouvelle quinte de toux. J’ai presque l’impression qu’elles interviennent pour me faire taire et me réprimander. L’occupation soviétique est le pire virus que j’ai jamais connu. Pour en guérir, un seul moyen : la destruction de ce mur avant que sa construction ne soit achevée.
Madame se lève et s’arrête en laissant une petite distance entre nous. Ses talons l’élèvent au rang de maitresse et me rabaissent à celui d’esclave. Madame domine et savoure sa position. J’essaye de rester droit pour ne pas être davantage rabaissé.
Madame me reproche d’être pauvre et faible. Madame oublierait-elle qu’elle a sa part de responsabilité ? Je suis une capitale qui essaye de se reconstruire malgré les œillères et muselières de propagande et les laisses faites de parpaings. Je suis sale, fourbe et méchant ? Je suis ce que mes dirigeants font de moi. Et toi, qu’es-tu en train de faire ma ville ? Qu’est-ce qu’Ivan est en train de faire de notre pays ? Si tu me trouves laid, je ne te cacherai pas que tu n’es pas à mon goût non plus. Si je n’étais pas venu au monde, tu parlerais seule actuellement et tu passerais pour une folle. Enfin, pas besoin de le paraître. Tu me sembles l’être déjà un peu. J’ai fait des horreurs, je le sais. Après tout, on ne m’a pas jugé pour crime contre l’humanité pour rien. Mais faut-il parler de tes goulags ? Ce n’est peut-être pas une usine de mort comme nos camps de concentration mais ce n’est guère plus glorieux. On ne se vante pas d’avoir un cœur, une âme ou ce qui pourrait s’apparenter à une cervelle lorsque l’on traîne un pays occupé dans la misère en prétextant le sauver. La propagande a bien fait son travail sur toi. Tu es comme tes dirigeants veulent que tu sois. Je retiens un sourire nerveux.

« Je suis peut-être pauvre et faible contrairement à toi toutefois, pour le reste, je suis presque dégouté de le reconnaitre mais, nous avons tout cela en commun. Et comment peux-tu me trouver inutile alors que tu fais partie de ce qui ont fait de moi la capitale de la RDA et qui m’ont donné pour nouveau nom Berlin-Est ? J’administrai certes cette partie-là du pays avant mais je me nommais Berlin. Reconnaitrais-tu que ce que tu crées est inutile ? Si tu me considères comme étant inutile, pourquoi ne pas avoir proclamé ma fin et avoir créé une autre capitale à ta chère RDA ? »

Pour ce qui est du prix, il y a toujours une alternative. Un moyen de s’arranger. Non ?
Madame m’arrache la veste des mains et désapprouve d’un signe de la tête. Mes yeux s’écarquillent lorsque je la vois la déchirer. Puis je réalise qu’elle n’a fait que semblant. Je retiens un soupir de soulagement. J’ai besoin de ce vestige du passé pour me rappeler qu’il fut un temps où notre pays était une puissance redoutée. Libre et insoumis. Un peu comme s’il s’agissait d’une preuve. Que ces années de suprématie ne sont pas le fruit d’une illusion.
Madame marque un silence mais je sens qu’elle compte aller plus loin. Je reste alors muet. J’attends patiemment, sagement qu’elle reprenne. Et effectivement, Madame reprend là où elle s’était interrompue pour me faire sa proposition. Enfin, demie-proposition. Reconsidérer ma demande. Ce n’est pas ce que je veux. Je veux qu’elle accepte. Lorsque le mot reconsidérer vient de ses lèvres, je le perçois comme un refus masqué. Je veux un accord sur papier et signé de nos deux mains. Rien de plus. Rien de moins. Ses yeux sont accrochés aux miens. Je laisse volontairement flotter un silence avant de répondre :

« Je ne veux pas d’une reconsidération. Je veux un accord. Sur papier. Sans cela, je refuse de me donner. Je ne veux pas de paroles en l’air pour ton plaisir. »

Désolée Madame, mais je réfléchis un minimum lorsqu’il s’agit d’un accord. Je retiens un rictus nerveux avant de reprendre :

« Moi qui pensais que tu te trouvais trop bien pour quelqu’un de mon rang. Ça me rappelle une expression que j’ai trouvée dans un journal de l’ouest qu’avait ramené un berlinois ici. Elle vient d’un chercheur américain, il disait : La misère n’aime pas la compagnie, elle n’aime que la compagnie misérable. Je pensais que tu valais mieux que la misère mais en fait, comme je te l’ai dit plutôt, nous sommes bien similaires. Nous sommes bien misérables, semblables. Ce qui me dégoûte d’ailleurs. »

Une nouvelle quinte de toux vient me déchirer la gorge comme pour me faire taire alors que je veux ajouter une ultime phrase. Je me retrouve plié en deux et tente de respirer le plus calmement possible. Lorsque ma toux veut bien se calmer, je reprends :

« J’ai perdu ma fierté avec votre occupation, par votre faute. Et toi, tu as perdu la tienne en l’enterrant sous un mur, par ta volonté. »

Je n’ai pas très envie de faire cela avec elle. En fait, je n’en ai pas du tout envie. Toutefois, si ce sacrifice est nécessaire à la destruction de cette horreur qui scinde la capitale en deux. Et bien évidemment je ne serais pas doux. Pas question de l’être avec elle. Je compte bien laisser quelques traces sur ses cuisses nues, fièrement exhibées. Sur sa poitrine, dans son cou, ses épaules, son ventre. Si elle me veut, elle gardera ma trace. Mes crocs et mes griffes sont prêts à faire leur œuvre. Tout ira crescendo. Elle met son corps à ma disposition, je ne me priverais pas. Elle m’a rendue malade, je peux bien la griffer un peu, non ?

« Si vous pouviez procréer tous les deux, vous donneriez certainement des monstres. Par chance, vous ne pouvez pas. Et là, tu t’approches d’elle en invitant ta bouche dans son cou, en posant ta main sur sa cuisse et en la faisant remonter jusqu’à sa hanche tandis que la seconde glisse le long de son bras pour atteindre ta veste. Tu l’attires contre toi, pinces la chair de son cou entre tes dents et lui arraches ta veste de la main avant de lui susurrer lentement : Du bist mein gift. »


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Best that you don’t multiply
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Pull up your skirt…
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Mar 25 Fév - 3:03

Leçon 13.08.61:
Fais le beau ~
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Le refus et la haine se lisaient aisément dans le regard bleu limpide de son vieil ennemi. Elle y distinguait sans trop de mal la rébellion silencieuse qu'il refrénait à grande peine. À quoi pouvait-il bien penser ? Oh, ce n'était pas très difficile à deviner. Sans doute son esprit hurlait-il à l'injustice et se refusait à accepter la punition qu'on lui infligeait. Pensait-il mériter mieux ? Comment cet être cruel pouvait seulement oser quémander sa clémence, après toutes les horreurs qu'il avait osé commettre ? Ce type était un monstre. Il appelait encore son führer comme un chien galeux abandonné, hurlant à la mort, au bord d'une route qui ne menait nul part. Il avait perdu son guide depuis des années, on aurait pu croire qu'il s'en détacherait mais non ! Le chien n'oubliait jamais son maître, il l'aimait. Cette bête attachée à son arbre d'infortunes attendait probablement son retour comme celui d'un messie ou bien d'un dieu. Il était pourri jusqu'à la moelle, un véritable drogué dont le péché encore fraîchement découvert coulait dans les veines comme un poison. Et son uniforme, qu'il avait gardé malgré les interdictions, et auquel il s'accrochait avec désespoir... Regardez-le, regardez ce fou, ce cabot couvert de plaies qui les irrite et les infecte au lieu de les panser ! Et que demandait cette immondice, cette ordure sans âme ? De l'aide ! De la pitié ! Le chien voulait qu'on le laisse vivre à sa guise après avoir pourri de ses mains la terre qui l'avait vu naître. Il était sale, il était dégoûtant. Qu'il crève, qu'il crève, et pourtant la mort serait une sanction bien trop douce. Penses-tu pouvoir obtenir de la pitié de moi avec ce regard souillé ? Tu es impur au point que j'en pleurerais. Ne comprends-tu pas ? Je te tuerais sur le champ si je ne désirais pas autant t'humilier et t'écorcher. Il ne se rendait pas compte.. Il ne se rendait pas compte de l'horreur qu'il inspirait alors il se mit à parler de nouveau.

Et que disait-il, ce débris d'âme ? Qu'il voulait rire ! J'ignorais que les allemands possédaient un sens de l'humour. Oh, il aura bien le temps de rire quand elle lui aura coincé des remords sous la jugulaire. C'était une offense d'être inconscient à ce point. Pourquoi ne pouvait-il simplement pas comprendre à quel point il méritait pire encore que sa situation ? Oui, ce mur était encore bien trop doux, elle avait passé des jours à imaginer des tortures pires que celles-ci et qui s'étaient trouvées être irréalisables. Si il n'y avait pas eu la Guerre Froide, si les États-Unis n'existaient pas, Berlin lui serait revenu en entier, et elle n'aurait pas eu à contenir sa haine. Il serait en larmes à l'heure qu'il est, ou bien n'en aurait plus. Elle lui aurait fait subir tout ce qu'il avait osé soutenir, encore et encore. Mais au lieu de ça, l'homme se trouvait bien chanceux. Oh, attendez un instant, que disait-il ? Il se plaignait, encore. Il parlait de sa chute. Il disait que l'occupation lui était néfaste. Serait-ce le surprendre que de lui dire que, en effet, l'URSS n'avait pris ses droits sur l'Est que par pure vengeance ? Oh non, à la base, l'aider n'était pas dans leurs plans. Ce n'est qu'après y avoir découvert quelques avantages que l'Union Soviétique avait désiré faire des efforts. Oui, Moscou savait qu'elle lui était nuisible. Et je te serai nuisible aussi longtemps qu'il me plaira. Mais je ne te tuerais pas, oh non. Ce que je désire, c'est te voir souffrir de ta situation, et te relever grâce à moi. Et quand je verrai la douleur au fond de tes yeux, cette douleur impie que j'ai vu au cœur du monde quand tu étais à sa tête, alors seulement je repenserai à ton bien-être. En attendant, il lui faudra accepter son sort, et l'aide de ce mur pour redresser sa population.

La quinte de toux reprit alors. Quelle douce mélodie que cette toux, encore! encore! désirait-elle dire. Elle put alors voir un sourire se dessiner sur ses lèvres. Comme si il lui avait trouvé un point faible, mais tout au contraire. Ses mots lui donnaient envie de rire. Voila qu'il comparait son traitement à celui de sa sœur, le voilà qui louait l'Amérique ! C'en était d'un comique qu'il lui fallut de grands efforts pour ne pas laisser éclater sa joie. Simplement venait-il de lui rappeler l'emprise qu'elle possédait sur lui, et que les États-Unis au nom de la liberté ne pouvait même pas rêver d'avoir. Oh, oui, il était sous sa domination, elle le traiterait comme bon lui semblerait, et personne ne viendrait s'y opposer. Pourtant il ne mourrait pas, non, elle le savait. Jamais elle ne le laisserait mourir. Pas même avec toutes les horreurs qu'il avait commises. Pourquoi ? Mais parce qu'elle aimait bien mieux jouer avec sa vie, comme un chat avec une pelote de laine. Elle eut un sourire félin, et sa gorge l'arracha de nouveau à son discours, le faisant taire. Elle le regardait de haut, tandis que lui se tenait aussi droit que possible, en vain. Il lui était définitivement inférieur. Il pouvait se répandre en belles paroles mais c'était un fait : Quoi qu'il dise, il n'était rien de plus qu'une victime à présent. Parle, parle donc. Qu'as-tu à me dire d'autre, déplaisant personnage ? Je t'écoute, blesse moi autant que tu le peux avec ta langue de vipère. Et elle n'eut pas à attendre longtemps, car il lui répondit avec la même fierté, le même espoir insensé, comme si il était assuré de l'impact de ses mots.

Il reconnaissait être pauvre et faible, rien de bien étonnant là dedans. Seul un imbécile l'aurait nié, et elle savait qu'aussi corrompu était-il, l'allemand était loin d'être aussi stupide. Mais du reste, il lui retourna les compliments. Ainsi la trouvait-il laide, sale et inutile ? A la bonne heure, elle n'avait jamais désiré lui servir. Ne lui trouvait-il pas d'âme et la pensait-il horrible, sans cœur et sans cervelle ? Et bien, cet homme était un nazi. Il avait détruit des millions de vies. Que pouvait-il bien lui apprendre sur elle, pensait-il vraiment que son point de vue lui importait autant ? Elle n'avait jamais voulu lui faire des gentillesses, alors à quoi bon se vexer de passer pour la méchante ? Il pouvait penser ce qu'il voulait, mais elle connaissait sa propre valeur. Non, elle et lui ne se ressemblaient pas le moins du monde. Lui était un monstre et avait puni des innocents. Elle était une juste et punissait le monstre. Mais il y avait plus drôle encore : voilà qu'elle lui reprochait de lui avoir donné une existence ! Ah ! Sans doute préférait-il mourir, il est vrai. Il lui demandait si elle aimait créer des choses inutiles. Oui, c'est un passe-temps comme un autre. Certains passent leur week-end à jouer au golf, elle préférait s'exiler en territoire conquis et libérer sa frustration sur un animal putride qui n'avait d'autre but que d'exister et d'autre utilité que de combler sa maîtresse. Serait-il déçu si elle lui confirmait qu'elle n'en avait cure de sa santé ? Tant qu'il était en vie, il pouvait aussi bien être lépreux et scarifié. Ce n'était plus son problème. Et si elle avait gardé Berlin pour la capitale de la RDA, c'était tout simplement pour ne pas avoir à dépenser d'argent en aménagements de bâtiments nécessaire à la vie politique, et garder un œil sur la plus grosse concentration en habitants du pays.

Quoiqu'il en soit, elle savoura sans peine l'expression de son visage lorsqu'elle fit mine de déchirer son beau costume. C'est qu'il tient réellement à ses blessures, le misérable. Un silence flotta, mais elle était restée impassible et inébranlable tout ce temps. Elle se délectait dans tout ce qu'il y a de plus malsain en lisant ses traits souffrants et analysant ses mots, qui trahissaient un esprit torturé par des années de propagande. Il souffrait de sa propre faute, sans même sans rendre compte. C'est ce fantôme du passé qui le harcelait et tirait chaque muscle de son visage, c'était son propre passé qui lui servait de muselière, et sa laisse de parpaings n'était là que pour le retenir de foncer dans le mur, et le maintenir quand lui prenait l'envie de lui asséner un coup de pied. Quelle curieuse situation était-ce réellement. Berlin était loin de voir les choses à sa manière, il les voyait à travers un filtre flou, aveuglé par son manque de savoir et sa propre conscience. Le voilà qui réclamait un accord sur papier, comme s'il était une puissance, comme si il méritait un piédestal, quand tout ce qui lui serait accordé serait la peine capitale. Mais ce n'était pas fini, non. En plus de se dresser tapageusement face à elle, il décida d'augmenter encore son outrage. Une belle citation, comme si un être tel que lui pouvait être cultivé alors qu'il avait enchaîné les autodafés et ne savait certainement même plus lire. Une citation détournée pour la traiter en misérable. Pensait-il qu'elle se laisserait convaincre plus facilement si il rapprochait leurs situations ? Mais posséder un esclave n'a jamais fait du maître un inférieur. Dommage. Et il toussait encore. Plié en deux comme prosterné devant elle, il se débattait avec son propre corps pour se maintenir conscient. Il piétinait sa fierté, dans une dernière tentative de la toucher. Avant de se taire, enfin.

Madame était restée silencieuse et l'avais laissé parler sans même tenter de l'interrompre. Les mots ne la touchaient pas plus que la brise inexistante n'apaisait la sensation d’étouffement qui avait saisi toute la ville. Lentement, elle réanima son visage qui s'était fait pensif, et balaya son visage fantomatique de ses pupilles impérieuses. Un sourire fin vint orner ses lèvres qu'elle entrouvrit comme si elle allait le mordre. Mais tout ce qui vint fut une réponse, dans une voix susurrante particulièrement désagréable, et c'était voulu.

« Je pourrais bien te contredire sur tous tes mots si il m'en prenait l'envie. Mais cela me prendrait du temps et de l'énergie, et j'ai autre chose en tête. Je dirai simplement que je t'imaginais un peu plus clairvoyant que ça, et il faudra faire mieux si tu veux percer mes écailles. »

Elle prit ses yeux captifs des siens, son expression le défiant de fuir lâchement son regard. Les cendres de sa cigarette vinrent se répandre sur la veste qu'elle tenait encore entre ses mains. Elle était immobile, dressée, comme un mur fait d'autre chose que de briques, un mur bien plus solide et difficile à détruire. Un mur de mauvaises intentions, d'une puissance mondiale que le monde craignait alors.

« Tu me dis misérable et semblable à toi. Mais somme toute, nous demeurons entièrement différents. Je ne suis pas comme toi. Et tu ne devrais pas t'en remettre à ton point de vue, car il est loin d'être fiable. Mais dans ta position, je ne suis pas étonnée qu'il te soit impossible d'élever ton esprit au delà de ce que tu ressens. Ta faiblesse t'empêche de voir, mais je ne ferai rien pour t'aider là dessus. Tu ne mérites pas mieux. »

Sa main vint furtivement se glisser dans son cou à la blancheur opaline, qu'elle étirait légèrement sous le coup de l'impatience. Berlin voulait un accord écrit, sans quoi son corps serait un peu trop résistant à son goût. Mais Berlin était sien, et un papier était si vite brûlé.. Ce n'était qu'un petit contretemps. Si il cachait ce papier ou s'enfuyait avec, alors elle le traquerait jusqu'à ne plus dormir pour le retrouver et toute l'URSS se mobiliserait, et elle brûlerait sa demeure de fond en comble pour s'assurer qu'il ne s'agisse que d'un mauvais souvenir. Et même dans le cas où l'on retrouverait ce papier, l'accord ne serait pas valable. Sans doute Berlin l'ignorait, mais si seuls Moscou et lui signaient, alors ce ne serait pas suffisant. Elle sourit plaisamment.

« Tu désires un accord écrit ? Soit. Tu peux même fournir le document et l'encre si cela peut apaiser ta paranoïa. Cela te convient-il ? »

C'était trop facile. Un rien, et elle posséderait son corps. Peut-être devrait-elle essayer de le dresser. Après tout, le chien est le meilleur ami de l'homme. Quoi de meilleur pour lui que de se trouver un nouveau maître ? Mais elle doutait qu'il soit très bon élève.


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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Sam 8 Mar - 20:09

Madame accepte l’écrit. Madame est donc capable de concession pour obtenir ce qu’elle vient chercher. J’acquiesce d’un petit signe de la tête en guise d’approbation. Va pour un accord papier alors. Je suis étonné qu’elle l’ait accepté si facilement. Accorder quelque chose à une zone occupée me surprend de sa part. Un sourire nerveux glisse sur mes lèvres. Elle est vraiment pleine de surprise. Quel autre tour a-t-elle dans sa manche ? Quelle autre ruse ? Quel autre vice ? Pas la peine de répondre tout de suite. L’occupation n’est pas prête de s’effacer d’ici peu. J’ai tout le temps pour les obtenir. Hélas.
Je prends la direction de ma chambre et jette ma veste sur le lit ainsi que la casquette qui trônait encore sur mon crâne. Je vais ensuite à mon bureau et tire de quoi écrire de l’un des tiroirs. Je pose le tout sur le bureau en retenant de mon mieux l’envie de tousser. Bien évidemment, j’échoue. Ma main vient l’étouffer comme elle peut mais cela ne suffit bien sûr pas. J’attrape ensuite un stylo et commence à écrire. Ma main trahie la fatigue de mon corps et l’apparence assurée que j’essaye de donner en ne cessant de trembler au fur et à mesure de ses caresses sur le papier. Mais à ce stade, à quoi bon faire encore semblant d’être fort si ce n’est par orgueil et fierté ? D’ailleurs, en me voyant dans un tel état, Madame ne craint pas une piètre performance ce soir ? Après tout, ma condition physique est loin d’être excellente. Elle n’a jamais été aussi misérable. Toutefois, je me dois d’admettre que même si j’avais été en pleine santé, je ne me serais pas fatigué pour elle. Certainement pas. Et je compte bien lui en donner le moins possible ce soir. La RDA et Berlin-Est sont déjà bien trop exploitées par les soviétiques, pas question de les laisser trop abuser de leur représentant.
Je fais des efforts sur la mise en forme du document. Ou du moins, j’essaye. Date, lieu, nom des signataires et quelques lignes pour le sujet traité. Pas besoin d’en faire plus je pense. N’est-ce pas ? De toute façon, il faudra faire avec. Un sourire nerveux glisse sur mes lèvres tandis que je finis ma rédaction que je conclue par ma signature. Je tends ensuite le document à la seconde signataire.

« J’aurais presque l’impression de signer un pacte avec le diable. Peut-être à cause du rouge que tu portes. Je me suis permis de maquiller mon réel engagement envers toi. Je doute que dire que je me vendais serait bien passé. »

Je retourne m’affairer sur mon uniforme que je plie comme il faut pendant qu’elle prend connaissance du document. Je ne peux pas m’empêcher de la regarder. Je veux la voir signer. Un nouveau sourire tord mon visage.

___________________________________________

Accord concernant l’arrêt de la construction et la destruction du mur


Je, soussignée Aleksandra Braginskaya, Représentante de la ville de Moscou, m’engage, envers la République Démocratique Allemande et avec l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, à arrêter les travaux de construction séparant Berlin-Ouest et Berlin-Est mais également à en faire disparaitre toute trace, autorisant ainsi la circulation libre entre les deux zones d’occupation.

En contrepartie, Siegfried Hohenzollern, Représentant de la ville de Berlin-Est, s’engage à accepter une occupation d’un siècle au minimum, y compris dans le cas où pour des raisons futures, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques venait à se retirer de la République Démocratique Allemande et durant lequel il fera son possible pour empêcher la fuite des allemands à l’ouest sans avoir à recourir à la construction d’une barrière physique. Il prendra lui-même les dispositions nécessaires afin d’empêcher les allemands de l’Est de fuir à l’Ouest.
Durant ce siècle minimum d’occupation, il s’engage également à augmenter le temps de travail de ses travailleurs et de donner ces profits à l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Il mettra au service de celle-ci toutes les ressources lui étant nécessaires et utiles, qu’elles soient leur nature.


Le 13 août 1961, à Berlin-Est (RDA)


___________________________________________

L’impatience me gagne. Je veux la voir signer. Le faire d’une main qui n’hésite pas. Une main pleine d’assurance et de certitude. Mais aussi pleine de vice. Capable de signer une promesse pour faire disparaître le document par un moyen lambda une fois satisfaction obtenue. Ce n’est pas pour rien que j’ai écrit sur ce bout de papier des choses aussi stupides. L’envie d’en mettre plus était tentante mais je n’allais pas gaspiller mon encore non plus. Elle me fait déjà perdre mon temps. Il ne faut pas exagérer non plus. Je ne lui mettrais rien à disposition pour effacer le papier. Elle a son briquet et elle s’en contentera.

On peut me trouver incohérent mais elle ne l’est guère plus que moi. Elle dit qu’elle me trouve lamentable, misérable ou bien encore méprisable. La liste des termes qu’elle emploie à mon égard est tellement longue et tellement péjorative. Pourtant, ça ne l’a pas empêchée de venir ici avec une arrière-pensée bien précise. Même si je suis sale, Madame a des envies. Madame aurait-elle envie d’être souillée ? Elle fait bien partie de ceux à qui je dois mon statut de criminel contre l’Humanité après tout. Madame aime peut-être les mauvais garçons. Ceux qui sont pourris jusqu’à la moelle et complètement irrécupérable à moins de recourir à un lavage de cerveau ou une nouvelle propagande ? Son cher fiancé est loin de répondre à ce type de critère. Enfin, ses goûts et préférences ne tiennent qu’à elle.
Et tout ne devient que murmures…

« Tu es beaucoup trop docile. Même en sachant qu’elle ne compte pas tenir ses engagements envers toi, tu vas accepter de satisfaire ses envies. Les Lebensborn ne t’intéressaient pas, tu préférais passer tes heures à l’application de la Solution Finale plutôt qu’à profiter un peu et tu serais prêt à le faire avec une soviétique juste parce qu’il s’agit de son caprice. La domination te fait faire n’importe quoi. Tant que tu as quelqu’un pour t’ordonner, tu es prêt à faire n’importe quoi et je dois admettre que ça m’a bien été utile. Mais je dois admettre que par moment, je ne savais pas si obéissait aveuglément ou si tu te contentais de sélectionner les informations et les ordres qui t’intéressaient.
- Il faut apprendre à changer de collier tôt ou tard… Chien du Reich, Chien errant au Reischtag puis finalement, Chien de l’URSS. Il y a des colliers que l’on accepte et d’autres que l’on refuse de voir à son cou avant de s’en prendre une et de courber l’échine… »

Un battement de paupières. Je secoue la tête et mes yeux reviennent sur Elle. Je me masse rapidement la tête avant d’étouffer une nouvelle crise de toux. Si ça ne se calme pas, je ne donne pas cher de ma carcasse. Je finis de ranger et plier mon uniforme avant de le ranger dans un coin de la pièce. Je le remettrai à sa place plus tard. Je fixe ses mains tout en allant m’asseoir sur mon lit.

Assis.

Je guette l’instant où elle s’apprête à signer et au moment où la pointe touche le papier, je ne peux empêcher mes lèvres de s’ouvrir. Une quinte de toux se fait sentir, mais je parviens à la contenir jusqu’à ma dernière phrase :

« Allez, montre-moi comme tu mens bien. Montre-moi la manière dont tu signes sans hésitation. Montre-moi de quelle manière tu comptes faire disparaitre ce document ensuite. Tu peux même l’effacer tout de suite si ça te chante. Dans tous les cas, tu auras ce que tu veux. Moi, pas. Dépêche-toi, je n’ai pas toute la nuit devant moi. Viens, puisque tu n’es certainement pas liée à ma rédemption, je vais te souiller de mes crimes passés. »

Après tout, c’est bien pour cela que vous êtes venue. N’est-ce pas Madame ? J’aimerais en profiter pour, peut-être, accomplir une petite chose qu’un vieux diable aurait tant aimé voir arriver un jour. Après tout, Madame aime le rouge, et il lui sied si bien. Il serait dommage de se priver. Nous veillerons à ne pas griffer trop fort. Peut-être juste assez pour la faire pleurer. Pressez-vous Madame. Accomplissons notre péché.

[♪♫And it's so easy when you're evil
This is the life, you see
The Devil tips his hat to me
I do it all because I'm evil
And I do it all for free
Your tears are all the pay I'll ever need♪♫]

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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Dim 23 Mar - 14:54

Leçon 13.08.61:
Fais le beau ~
Berlin Est & Moscou


Le cabot ne laissa pas échapper la moindre protestation, mais il n'était pas dupe. Qui l'aurait été ? Moscou n'en était plus à sa première décennie, bien évidemment qu'on ne pouvait se fier à ses mots.  Elle n'a aucune parole en ce qui concerne les personnes qu'elle ne valorise pas. Et, actuellement, Berlin-Est faisait parti de cette catégorie. Pour tout dire, même si elle suivait à la lettre le plan qui constituait son redressement, elle n'avait pas l'intention de faire le moindre effort pour lui. Dans sa vision des choses – certes un peu pervertie mais pourtant loin d'être fausse, il n'était qu'un nazi, et ceci le dévalorisait jusqu'en dessous du statut d'animal. Il se contentait d'acquiescer sagement, car il aurait été difficile pour lui de reculer désormais. Une fois qu'il avait émis l'hypothèse de se soumettre à la condition d'un traité, aucun retour en arrière n'était envisageable. Il était contraint de se plier à ses propres demandes mais Aleksandra ignorait si ce fait était plaisant pour lui, ou non. Elle espérait secrètement qu'il regrette, pour pouvoir sentir sa déception face à la chose, mais il cachait son jeu. Un simple sourire, c'était là son seul indice. Mais, après tout, peu lui importait pour l'heure que de signer ce traité et d'obtenir la récompense convoitée.

Le chien prit alors la direction de sa chambre, la queue basse, et se débarrassa de son uniforme bien-aimé pour se saisir d'un matériel plus utile et propice à la situation. Lorsqu'elle entra dans la pièce, Moscou se détourna parfaitement de l'allemand pour porter un intérêt plus vif à ce qu'elle pouvait apercevoir. C'était une pièce bien triste et elle doutait qu'aucune présence féminine n'ait mis le pied ici depuis peut-être sa dernière visite. D'un autre côté, qui donc aurait pu désirer un être aussi abject ? Elle avait entendu dire que les Fräuleins étaient très laides, et bien peu raffinées. Bien sûr on ne pouvait simplement croire les bruits qui courent, mais ça l'arrangeait tout à fait d'imaginer le pays allemands fait de laiderons et de nazis, et il était beaucoup plus aisé de haïr la région dans ces conditions. Dans tous les cas, Madame laissait ses pensées divaguer tout en se demandant si l'instant était favorable pour demander à sa proie s'il connaissait des aventures amoureuses. Cela ne la regardait clairement pas, et pourtant la question titilla sa curiosité. Ses pupilles s'étaient figées sur le costume SS : une part d'elle désirait en brûler chaque pièce, tandis qu'une autre se sentait tentée par l'humiliation. D'autant plus qu'elle n'avait aucune raison de cacher son inclination pour les uniformes.

Un instant de silence s'était posé dans la pièce, seulement dérangé par le grattement du stylo sur le papier et la toux mal contenue de son écrivain. Et tout ce temps, Moscou s'amusait à détailler son terrain de jeu. Je te ferai peut-être ramper par ici. Et tu seras très bien, debout de ce côté, nu dans ton humiliation. Oh, que dois-je faire pour que tu me prennes contre ce mur, de tes mains sales, de ton corps impur... Elle délirait, tout autant que ses envies croissaient au creux de ses reins. Il lui semblait que depuis son ascension à la tête de l'Union soviétique, elle perdait la raison un peu plus rapidement chaque fois qu'elle se prêtait au jeu du désir. Quand aux capacités physiques de son partenaire, elle avait un point de vue tout à fait différent : S'il était faible, il n'aurait pas la force de se défendre. Point de vue typiquement soviétique soit-dit en passant, qui consiste à préférer affaiblir et obtenir moins en retour, mais au moins à être assuré que la proie restera dans ses filets. Moins Berlin résistait, et plus elle obtiendrait de lui, non pas physiquement mais mentalement, et c'est ce qui lui procurerait sans doute le plus de plaisir. Ce qu'elle espérait le plus, c'est qu'il ouvre les yeux sur sa situation en plein pendant l'acte, et qu'il se mette à pleurer de rage sans pour autant pouvoir s'arrêter. Elle voulait lire sa honte sur son visage, qu'il se rende compte où il avait l'habitude de se tenir à la tête du monde, et où il se tenait à présent et dans quelle situation. Qu'il ouvre réellement les yeux, et pas cette approbation factice qui montrait à quel point il était perturbé.

Alors que ses divagations se perpétuaient dans son esprit, le misérable finissait sa rédaction et l'agrémentait de sa signature. Puis il se retourna vers elle et lui tendit l'accord comme un présent, et elle daigna enfin lui accorder un regard. Elle se demandait s'il était fier de lui, s'il s'était appliqué, s'il croyait en ce qu'il écrivait. Il se manifesta par quelques mots ensuite, et elle ne put s'empêcher de sourire sarcastiquement lorsqu'il la compara au diable. Bien sûr il n'avait pas osé écrire la vérité dans les termes du contrat, et elle lui en était plutôt reconnaissante. Dans le cas où il ne disparaîtrait pas à temps, elle s'en voudrait de porter atteinte à sa réputation déjà bien peu idyllique. Elle se saisit du papier alors et s'assit à son bureau, et ne prêta pas la moindre attention à ce qui s'y trouvait. Tout ce qui l'importait était cette feuille, et l'homme qui s'y engageait. Ce dernier par ailleurs s'affaira à ranger son uniforme, alors qu'elle était encore indécise sur ce qu'elle escomptait en faire. Dans le pire des cas, elle aurait toujours l'occasion de revenir jouer avec lui un autre soir. Peut-être qu'en faisant languir ce faux traité un peu plus longtemps, elle pourrait l'employer pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines sans qu'il n'ose refuser. Elle retint un petit rire et murmura à son adresse tout en se penchant sur le document.

« Certes... Mais au vu de ce qui t'attend, crois bien que tu regretteras de ne pas avoir eu affaire au Diable. »

Elle désirait faire de sa vie un cauchemar, il ne lui manquait plus qu'à réfléchir de quelle manière celui-ci serait le plus horrible. On peut toujours faire pire. Et ce n'était pas les idées qui manquaient ni l'audace, mais plutôt le temps, et peut-être les moyens. Elle savait bien sûr ce qu'elle avait placé dans sa valise ce matin, car bien sûr cette position avait été prévue depuis son départ de Moscou. Ne restait plus qu'une chose à faire... Signer. Elle lut le traité, et elle en fut... surprise. Bien sûr elle savait qu'il devait déguiser sa soumission d'une manière ou d'une autre, mais de là à en offrir presque plus que ce qu'elle avait demandé, elle sentait le piège. Elle resta longuement à étudier le document, se demandant quelle fourberie il avait tenté de glisser. Il y en avait forcément une, ou bien désirait-il simplement la faire culpabiliser d'avoir détruit cet accord ? Savait-il par avance qu'elle s'en débarrasserait aussitôt ? A cette idée, un sourire orna ses lèvres. Un siècle d'occupation, durant lequel il se tuerait à la tâche et ramperait à ses pieds. C'était délicieux, enviable, trop tentant. Elle se savait séduite par cette idée, même alors qu'un siècle ne lui était pas encore suffisant. Bien sûr qu'elle signerait, elle l'avait prévu depuis le début. Mais c'était le meilleur moment pour elle de décider quoi faire du papier ensuite, tant qu'elle avait encore la tête froide...

Elle sentait un regard impatient sur elle. Il voulait qu'elle signe, il s'en sentirait probablement fier ou vainqueur, malgré l'humiliation qui y était recensée. C'était compréhensible pensa-t-elle... Signer un accord avec la plus grande puissance mondiale – car les États Unis ne comptaient certainement pas – c'était comme s'en sentir digne. Il ne l'était pas une seule seconde, il n'était qu'un esclave à ses pieds, un chien tenu en laisse. Mais elle s'attendait à le voir afficher un sourire victorieux à l'instant fatidique où son poignet se poserait sur le papier. C'était insupportable d'envisager une telle chose, presque aussi insupportable que l'attente du plaisir. Alors elle s'appuya au dossier de la chaise négligemment, délaissant le stylo, et se saisit de nouveau du papier qu'elle avait laissé reposer à la surface du bureau. Et elle le relut, une fois, deux fois, trois fois, sans le moindre sérieux, avec un sourire amusé. Allait-il se manifester si elle ne signait pas ? Ou bien se contenterait-il d'attendre en remuant la queue ? Elle en profitait pour lui montrer qu'elle pouvait attendre, qu'elle n'en était pas à ce désespoir-là. Elle voulait lui montrer qu'il ne pourrait rien contre elle une fois lancés, car elle lui était supérieure et contrôlait la situation. Ce pouvait être faux, l'intention était de lui mettre un doute.

La tentation de tourner le visage pour le regarder était terrible, une drôle de curiosité lui chatouillait les côtes alors qu'elle en était rendue à détailler le grain du papier. Un murmure vint perturber sa léthargie et elle reposa l'accord sur le bureau, et se ressaisit du stylo. Elle crut l'entendre parler de colliers, mais dans l'instant ça lui était vraiment égal. La pointe frôla le papier mais ne s'y déposa pas encore. Il toussa au même instant, et elle fut divertie de ce hasard. Elle savait ce qu'elle ferait du papier. Rien. Il n'avait strictement aucune importance, il n'avait pas même une raison d'être. Qui donc aurait prêté attention à une écriture aussi maladroite que la sienne ? Il était probablement gaucher pour écrire si mal. Et alors, comme pour lui montrer de quelle manière il fallait écrire, elle signa d'une écriture toute en boucle son nom en des lettres élégantes tirées du cyrillique. Elle ne laissa aucunement paraître que cette signature la dérangeait le moins du monde, tout juste y accordait-elle de l'importance, et l'encre prenait tant d'espace sur la feuille qu'elle niait même l'envie de le cacher.

Aussitôt que la chose fut achevée, elle entendit à nouveau sa voix basse s'adresser à elle cette fois-ci. Elle ne put s'empêcher de se sentir pour le moins charmée par ses reproches. Il savait qu'elle détruirait ce document, il savait que ses intentions n'étaient pas bonnes. Il l'invitait même à s'en défaire, et elle haussa malgré tout un sourcil quand il déclara qu'il s'offrirait aussi bien sans cet accord. Puis il lui disait de se presser, il lui parlait de rédemption, et de la manière dont il viendrait la souiller. Elle se leva alors, laissant le papier clairement en évidence sur la table. Elle ne prit pas la peine de le lui montrer, puisque après tout il savait que le traité ne mènerait nul part. Elle ne fit pas le moindre geste pour s'en débarrasser, et s'en écarta avec un sourire, le défiant de le prendre et de s'enfuir avec. Elle tourna ensuite son regard vers lui, la vicieuse bestiole l'attendait sur le lit, quelle délicate attention. D'un pas rapide, elle s'éloigna du bureau en direction du lit et posa un genou à son bord, et se pencha légèrement sur lui, plongeant son regard dans ces yeux qui lui plaisaient un peu trop. Sa voix se fit alors sifflante et soufflée, silencieuse.

« Tu désires que je me dépêche, mais pourquoi être si pressé ? J'aurais ce que je veux, mais ce que je veux, c'est jouer avec toi. Ne te l'ais-je pas dit ? Je veux que tu me donnes ce qu'il te reste... Alors je vais tout te prendre. Comment as-tu formulé ça ? Cela m'est ''utile et nécessaire''. »

Elle lui imposa alors un contact, ses doigts s'enroulèrent autour de son cou et vinrent se glisser dans les interstices du collier. Elle s'amusa alors à écarter ses doigts tout doucement à la manière de ciseaux, lui coupant de la même manière l'arrivée d'air à cause que sa gorge était déjà bien trop serrée. Peu lui importait qu'il tousse déjà à s'en arracher les poumons, c'était un chien et c'était la soumission à payer pour avoir le droit d'être nourri. Elle voulait juste lui montrer qu'il s'était engagé à plus qu'une simple nuit d'amour. Elle comptait bien lui infliger une réelle punition, à sa manière.

« Ce n'est pas moi qui serai souillée, mais bel et bien toi qui en sortira épuré. Je ne te promets pas que ce sera très agréable cependant... Tout dépendra de ton comportement. »

Elle savait très bien qu'il ne ferait pas d'efforts particuliers pour elle, aussi préférait-elle mettre les choses au clair. S'il n'y mettait pas du sien, elle trouverait de quoi se divertir, et ce serait possiblement douloureux. Quand à elle, elle n'avait pas peur d'en être aussi un peu abîmée... Elle se voyait déjà comme un martyr et jouirait de sentir la menace d'un monstre qui ne peut rien contre elle. C'était sans doute une étrange manière de voir les choses, mais que pouvait-on attendre d'elle sinon de l'inconscience. En effet, Madame était tout à fait disposer à laisser son chien s'amuser un peu, pour autant qu'il était prêt à payer par la suite, à ne pas broncher et à bien vouloir la laisser savourer un peu le mal-être qu'elle désirait lui faire ressentir.

« L'intérêt peut être trompé, méconnu ou trahi, mais pas le désir. » ► Gilles Deleuze.
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Mer 2 Avr - 1:03

Et Madame signe enfin. J’aurais aimé pouvoir apprécier l’expression de son visage à cet instant ainsi que la laideur de son âme. Que compte-t-elle désormais faire de cet accord ? Le garder précieusement ou le détruire ? Le glisser dans sa poche ou me le laisser ? Pour l’instant, elle l’abandonne sur le bureau. Ce qui m’intrigue quelque peu. Elle ne semble pas pressée pour le moment. Soit. Nous devrons faire avec. Nous n’avons pas réellement le choix de toute manière. Elle approche alors d’un pas rapide et assuré. Madame se veut sûrement être une redoutable prédatrice qui ne compte certainement pas échapper sa proie. Sa démarche féline montre bien celle qu’elle est. Son genou vient s’appuyer sur mon lit et ses yeux viennent se perdre dans les miens. Je plante mon regard dans le sien. J’aurais aimé pouvoir en faire disparaitre la lueur qui s’y trouvait mais j’en suis bien incapable. Hélas. C’est dans ce genre de moment que je ne peux m’empêcher de regretter la période où nous étions si puissants.
Pourquoi être si pressé ? Peut-être tout simplement parce que je n’ai pas envie de supporter ton odeur ou la vision de ton corps nu très longtemps. Mais Madame veut jouer. Madame s’intéresse au jouet qu’elle a brisé quelques années plus tôt. Mais il faut que Madame sache une chose et qu’elle la garde à l’esprit. Son pantin est rancunier. Et pas qu’un peu. Il se peut que celui-ci cherche, s’il ne l’a pas déjà trouvé, un moyen de lui faire payer une partie de sa haine. La vengeance sera maigre, c’est un fait assuré. Mais il a toujours moyen d’en tirer ne serait-ce qu’une infime satisfaction. Il sait qu’il en paiera le prix toutefois, il peut être prêt à en prendre le risque. Ce n’est pas parce que vous continuez d’assurer la survie de votre chien que celui-ci vous appréciera toujours après les mauvais traitements que vous lui aurez infligé. Gardez ceci à l’esprit Madame. Vous voulez ce qu’il me reste. Je vais vous dire ce qu’il me reste : un désir de vengeance. Tu ne l’auras jamais entièrement. Il y a tant de chose que je désire te faire et que je ne pourrais jamais accomplir à mon grand regret. Même si tu dis tout vouloir, je doute que ceci soit sur ta liste. Ma vengeance n’est utile et nécessaire qu’à moi-même. Cependant, ces mots sont bien trop forts à mon goût pour parler d’elle. Elle ne m’apportera en soi rien d’autres qu’une satisfaction interne. Rien de plus. Mais je veux pouvoir en jouir.

Elle est penchée sur moi. Sa main glisse sur mon cou et se glisse sous mon collier. J’ai déjà suffisamment de mal à respirer à mon goût mais Madame ne s’en soucie pas. Peut-être juge-t-elle que je n’en souffre pas encore assez. Peut-être désire-t-elle briser son jouet un peu plus. Peut-être désire-t-elle poser de nouvelles barrières et limites. Je n’en sais rien. Je m’en fiche. Ses doigts jouent avec ma gorge. Je commence à avoir besoin d’air. J’essaye de masquer ma douleur mais j’en suis incapable bien longtemps. Je veux respirer. J’en ai besoin. Une toux profonde vient me secouer et je me vis obliger de détourner le regard tout en portant ma main à ma bouche pour l’étouffer tout en essayant d’éloigner ses doigts de ma gorge. La quinte me secoue violemment.  L’air est presque trop rare à mon goût ces derniers temps. Est-elle venue pour finir de me priver de mon air ou pour une nuit à faire l’amour ? Je commence à me le demander. D’ailleurs, parler d’amour dans une telle situation est tellement… comment dire ? Eloigné de la réalité ? Comme s’il était question de cela ce soir. Comme si ce sentiment pouvait exister ici et à cet instant. Comme si nous étions capables d’appliquer ce mot l’un à l’autre. Je retiens un rire nerveux, d’ailleurs dissimulé dans ma crise de toux encore. Ce n’est pas l’amour que nous allons faire mais la haine. Accomplir un tel acte alors que nous sommes tous deux dégoûtés de l’autre est tellement incohérent. Toutefois, qui a dit que nous ne l’étions pas ? C’est une nuit de haine profonde et passionnée qui nous attend. Aucun de nous deux ne fera de cadeaux à l’autre. On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid mais pas cette fois-ci. Notre vengeance l’un contre l’autre sera ardente et charnelle.

« Vous n’êtes que deux êtres abjects rongés par la propagande et se vouant une haine sans limite. Tu penses pouvoir la souiller et elle pense pouvoir te purifier. Qui est le plus idiot de vous deux ? »

J’avoue ignorer connaitre la réponse à cette question autant que je doute du fait que  Madame à possède un quelconque pouvoir de rédemption. Ce n’est pas parce que je courbe la tête que je suis soumis. Si je le fais, c’est parce qu’elle est toujours contrainte d’user de moyens externes pour me contraindre à le faire. Si elle ne force pas sur mon crâne pour le garder tourné vers le sol, je relèverai toujours la tête pour venir la dévisager de ma haine. Mais peut-être finira-t-elle par ne plus avoir à recourir à ce genre de chose tôt ou tard. Peut-être qu’un jour, je finirais par venir me coucher à ses pieds aussitôt qu’elle me le demandera. Peut-être qu’un jour, elle n’aura qu’à claquer des doigts pour obtenir satisfaction. Peut-être qu’un jour, je serais parfaitement dressé à Sa Volonté. Je retiens un rire nerveux. Quelle horreur.

[♪♫Drowning deep in my sea of loathing
Broken your servant I kneel
(Will you give in to me?)
It seems what's left of my human side
Is slowly changing in me
(Will you give in to me?)♪♫]


Je ne me fais pas d’illusion, je sais que ce qui m’attend ne sera pas agréable. Ne serait-ce que savoir que j’allais devoir la toucher me répugne et je n’ose même imaginer son corps nu contre le mien. Je ne serais pas étonné le moins du monde si je venais à être encore plus malade dans les instants à venir. Pas du tout.
Et Madame me fait comprendre que je dois me montrer sage et coopératif. Jouer les bons petits chiens obéissants. Comment Madame peut-elle espérer une telle chose de  la part de quelqu’un qui a été jugé de crime contre l’humanité ? Croit-elle que sa propagande a eu tous les effets qu’elle voulait sur moi alors qu’il lui reste encore bien du travail ? Même s’il y a des choses auxquelles je veux bien consentir, il y en a d’autres auxquelles je me refuse sans hésiter. Si Madame est capricieuse, pour ma part, je suis têtu. Toutefois, pour parvenir à mon idée, il va falloir consentir. Je le sais. Je n’en ai que trop conscience. Laissez faire pour endormir la méfiance de Madame, agir puis enfin payer le prix de cet outrage. Qu’importe le prix, j’aurais eu ce que je voulais et je pourrais tourner la page, en quelque sorte. Je ne veux pas être le seul humilié ce soir. Je veux qu’elle ait sa part. Après tout, je l’ai déjà dit, ce n’est pas l’amour que nous allons faire. La seule chose qui s’exprimera ce soir, ce sera la rancœur.

Une fois ma toux calmée, je reviens planter mon regard dans le sien. Un sourire moqueur étire mes lèvres. Je scrute ses yeux comme si j’espérais y trouver des informations. Par quoi voulait-elle commencer ? Madame a des goûts de luxe, c’est à n’en pas douter. Mais aussi de luxure. A quoi songe-t-elle, là, tout de suite ?  J’espère qu’elle a de l’idée parce qu’il va lui en falloir pour provoquer certaines réactions chez moi. Quoique… vu que je ne l’ai pas fait depuis un bon moment, je pourrais aussi me montrer trop réactif. Et Madame doit certainement savoir y faire. Madame sait tellement de choses. Tellement plus que moi. Paraît-il que je suis stupide. Mais a-t-on besoin d'être intelligent lorsque l on doit répondre à des ordres aussi simples que "donne la patte" ou "fait le beau" ? Pas besoin de cerveau non plus pour faire la haine. Il suffit simplement d'écouter son corps et ses bas instincts. Il n'y a qu'à marcher aux sensations. Si la griffer n'a pas apporté suffisamment de satisfaction, la mordre sera peut-être plus efficace. En haine, tout n'est que bestialité. Mais il faut admettre que pousser le vice dans la sensualité peut rendre les choses intéressantes. Aveugler les sens de l'autre par le plaisir avant de lui faire goûter le plaisir que nous voulons nous, sans guère se soucier du sien. Jouir d'une vengeance tant attendue même si bien maigre par rapport à ce que l'on voudrait réellement. Mais il faudra savoir s'en contenter. En soi, ce sera déjà beaucoup. Et puis, il y aura toujours moyens d'essayer de jouer de vilains tours plus tard au risque de se prendre un coup de bâton en retour. Il faut savoir faire des concessions et apprendre à être masochiste par moment. Si vous n'apprenez pas à le devenir, vous ne pouvez pas totalement apprécier à sa juste valeur votre sacrifice en vous disant que cela en valait la peine. Comment voulez-vous apprécier la beauté de la fleur que vous avez cueilli si vous vous lamentez parce que vous vous êtes coupé ? Même pour quelque chose d'aussi éphémère qu'une rose, il faut apprécier son sacrifice tout en la regardant faner et mourir. Et ce, en se disant que la prochaine fois, utiliser des gants pour éviter les épines pourraient être judicieux. Et on recommence. Pour une autre satisfaction. Jusqu'à obtenir ce que l'on veut sans un sacrifice trop important. Combien de fois Madame me châtiera-t-elle pour mon insolence ? Combien d'essais me faudra-t-il pour parvenir à mes fins sans me faire prendre ? Je suis curieux de le savoir.

Je décide alors de me montrer audacieux. Ou suicidaire. Voire masochiste. Ce geste me dégoûte moi-même. Sa main est toujours sur ma gorge. Ses yeux sont toujours dans les miens. Mes doigts glissent sur ses hanches puis descendent sur ses cuisses. Mes ongles s’enfoncent dans la chair de ses dernières tandis que je ne la quitte du regard. Excepté lorsque je me remets à tousser.

« Je suis curieux de savoir si elle pourra te purifier, toi qui est pourri jusqu’à la moelle. Lorsque ce ne sont pas les juifs qui viennent souiller le corps de l’Allemagne, ce sont les soviétiques. Ce qu’elle voit comme étant ta rédemption n’est que le maquillage de la souillure qu’elle compte imposer à ton sang et à la race aryenne. Ou du moins, ce qu’il en reste vu ton état.
- Ich weiß meine Führer. »

Battement de paupières et je tousse derechef. Je reviens affronter le regard de Madame. Attachant mes yeux aux siens. Plantant un peu plus mes ongles dans la chair chaleureuse de ses cuisses qui s’ouvriraient bientôt à moi.

« Je ne peux pas promettre que je serais un gentil garçon. Plus depuis que l’on m’a affublé d’un titre peu glorieux. Mais je peux toutefois essayer. »

Je laisse flotter un silence.

« Alors, à quoi allons-nous jouer pour commencer ? Tu as une préférence ? Je suppose que tu ne manques pas d’idée et que tu n’es pas venue sans prendre le temps d’y réfléchir un minimum. N’est-ce pas ? »

J’ai envie de me mordre la lèvre suite à l’idée que je viens d’avoir. Mais je ne ferais pas cet acte de faiblesse et d’hésitation sous son regard. Alors je viens mordre du bout des dents Sa lèvre inférieure. J’ai envie de vomir, mais qu’importe. Accomplissons notre acte de haine Madame. Ne tardons pas plus. Que désirez-vous de moi ? Que dois-je offrir en compensation de ce que je désire vous faire lorsque l’occasion se présentera ? Quelle quantité de sang dois-je abandonner pour pouvoir cueillir le bourgeon fané de ma rancœur ?


[♪♫Looking at my own reflection
When suddenly it changes
Violently it changes (oh no)
There is no turning back now
You've woken up the demon in me♪♫]

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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Mer 25 Juin - 16:14

Leçon 13.08.61:
Fais le beau ~
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Elle s'y était perdue. Ses mains ne songeaient plus à libérer leur étau. Elles s'étaient faites lâches, retenues seulement par l'étroitesse de l'anneau de cuir qui lui enserrait le cou. L'attention de Madame s'était égarée quelque part au fin fond de ses yeux qu'elle se surprenait à détailler. A quoi pensait-il ? Rien de bon. Des éclairs de haine dans un plafond bleu électrique. Elle devinait de délictueuses pensées noircir ses pupilles cobalt rétractées d'un dégoût certain. Elle ne pouvait l'en blâmer, s'en contentait presque. Elle même se sentait indécise sur son ressenti de la situation. L'air était emprunt de malaise, il y flottait pour elle comme un relent impie de maladie et une moiteur cadavérique. On ne humait rien que la chaleur pourtant, mais si un sentiment avait une odeur, celui-ci empestait la chair en putréfaction. S'il avait un aspect, ce serait une coulée de moisissure et un souffle de cendres incandescentes. S'il avait une couleur, un rouge obscur, comme des peintures rouge et noire que l'on aurait tournées ensemble. Il planait une aigreur torride irrespirable, de ces tempêtes sourdes qui font rire et pleurer, qui font vomir. Elle s'efforçait intérieurement de caractériser ce nœud dans ses entrailles, de comprendre cette horreur et ce désir qui s'opposaient l'un à l'autre. Une fois encore, comme deux êtres.

Il toussa. Fort, et longtemps, comme si ce n'était plus elle mais la mort qui l'étouffait. Elle pressa son pouce contre sa jugulaire, jubilant de la sentir secouée avec tant de violence. Elle pouvait presque deviner à quel point ce devait être douloureux. Il voulait respirer, il voulait de l'air, sa poitrine se gonflait de spasmes agoniques, réclamant la douceur de l'oxygène, suppliant sans voix. Il détourna son regard, ses doigts livides s'enfonçaient dans ses joues pour retenir sa toux. On pouvait l'entendre gasper et haleter dans l'impuissance de sa condition. Elle ne détacha pas sa main, les secousses qui étreignaient ses doigts avaient quelques choses de plaisant qui la faisaient frémir. Elle était spectatrice d'une scène dont elle était la réalisatrice. Ses lèvres garance s'arquaient en un sourire mutin, son regard le caressait, ne lui laissant aucun intimité dans sa détresse. Il tremblait. Avait-il peur de ce mal-être qui le terrassait avec autant d'aisance ? Il exhalait comme un désincarné, comme une âme en peine expirant chaque instant pour la dernière fois. D'un geste désespéré, il tentait d'écarter ses doigts, mais l'étreinte de l'ours était sans échappatoire. L'amère strangulation s'était cependant amoindrie dans une pulsion de clémence.

C'était une étrange procession quand on y pensait. Qui donc commençait un acte propre à l'amour par une si violente oppression ? Qui se serait dit, en les voyant l'un et l'autre dans cette position, que le geste s'ensuivrait de la passion ? Il ne présageait ni douceur, ni romance, ni même aucune forme d'affection. Любовь ? Ce mot était resté au pays. L'acte qui suivait serait une guerre. Il y aura des victoires et des défaites, aucun n'en sortira indemne. Néanmoins la victoire soviétique était assurée, car le Traité de paix était déjà signé. A-t-on déjà vu si étonnante bataille ? C'est dans la fournaise de deux épées de chair qui s'entrecroisent, dans les plaintes douloureuses entremêlées de jouissance, dans le tumulte du dégoût et du plaisir qui s'enchaînent que celle-ci se déroulerait. La lutte sera acharnée, difficile. Peut-être mourraient-ils avant sa finalité. Leur humanité ne durera pas longtemps, sans doute s'était-elle déjà évanouie dans l'entreprise. On craindrait chaque instant d'être pris à revers et pourtant l'on s'affronterait de face. Il n'y a pas de couard sur le champ de la passion, seulement les féroces et les impuissants. On s'y trouvait de fait et l'on s'y perdait corps et âme dans la dysharmonie. On pouvait feindre l'indifférence mais l'on ne s'y livrait pas moins. On se battra jusqu'à la trêve qu'aucun des deux camps ne se sentait de signer.

Mais pourquoi diable le faisaient-ils ? Pour elle aussi, cet abandon causait l'effet de s'adonner à la peste. C'était sale, coupable, malsain. Mais elle en crevait d'envie. Madame aimait faire des caprices, et c'était une lubie qui ne lui datait pas d'hier. Elle avait constamment faim de nouvelles chairs, de saveurs étourdissantes, du corps d'hommes encore verts. C'était un état insatiable qui la laissait ardente au repos, tentée de toutes les fantaisies. L'objet de toutes les convoitises qui s'agitaient sous elle l’aguichait, de toutes ses courbes affriolantes. Et pourtant, son ignoble désir se portait au delà du simple réceptacle matériel. Il y avait quelque chose dans sa personne qui l'attisait plus encore. Non, ce qui la séduisait le plus était l'extrémité de la débauche. De tous les démons il était le Diable, par delà les péchés il était l'originel. Il était pur dans son impureté car elle n'y percevait rien d'autre que l’infamie. En ce temps où elle s'était détachée du divin, elle devait cependant admettre que dans la confession, elle était alléchée par l'horreur et le maladif. Elle n'avait plus toute sa tête sans doute, car elle eut regretté que sa proie ne soit pas plus enlaidie. Mais leur union était une idée suffisamment laide en soi pour compenser ce fait. Un esprit très réducteur y verrait là le désastre d'allier en un corps unique le nazi et la communiste. Un mélange impossible aurait-on cru, mais Berlin n'avait de nazi que le souvenir, et Moscou de communiste que le nom. Ils n'étaient ce soir que deux partisans de la haine de l'un vers l'autre et fervents de la sensualité.

Bientôt, le regard de la Bête rejoignit celui de la Belle. Le contact visuel reprit sa bataille muette, avec plus de retenue pourtant. Il avait souri, ayant calmé les assauts de la suffocation, se réjouissant d'on ne sait quelle étrangeté. Il regardait au fond de ses yeux, elle regardait au fond des siens. Son visage, après l'avoir contemplé dans sa douleur, avait apaisé ses traits et elle se posait quelques questions. Sa main n'avait pas bougé, elle l'avait oublié entre temps mais subitement s'en souvint et son regard vint se poser sur la peau laiteuse égratignée par le collier. Elle se laissa distraire, un curieux silence flottait ; Berlin semblait réfléchir mais ce n'était pas son cas. Les pensées allaient et venaient sans ordre ni but, son cœur était un blizzard et son corps un brasier. Il lui apparaissait des images brèves, des rêveries qui se montaient en forme à mesure qu'elle se précisaient les unes des autres. Ce chien galeux, tantôt couché, tantôt à quatre pattes, tantôt goûtant le mur et tantôt goûtant la chair, tantôt criant de douleur, tantôt gémissant, tantôt empli de rage et tantôt démuni. Comme un pantin retenu des cinq membres par un fil, elle le tordait entre les griffes de son imagination. Que désirait-elle en premier ? Tout était à faire. Il était là, indemne ou presque, épargné encore du toucher de ses mains. Elle se sentait de l'effleurer dans l'ego, dans l'impropre, de lui faire réaliser sa déshumanisation. Il serait ce soir objet, supplicié de son contact, animal asservi. Quel serait le premier péché, le premier seuil à franchir ? Par quel geste l'inviterait-elle à la danse infernal de leurs deux corps ?

Elle reprit possession de ses yeux, on n'aurait pu dire si ce silence était odieux ou au contraire agréable. Il les mettait en présence l'un de l'autre, fatalité de l'Histoire imposée dans la douceur du non-bruit. S'ils ne s'étaient pas haïs avec tant d'ardeur, ils se seraient compris. L’œil à chacun berçait son semblable d'interrogations muettes, de dégoût, d'impatience et de ce calme déplacé qui est celui d'un champ de batailles quand les coups de feu ont cessé. Elle sentit ses mains glisser contre ses hanches et ne protesta pas. Qu'il fasse le premier pas était en soi inattendu, mais alertait son intérêt pour ce qui était à venir. Il ne se contenterait pas d'accepter passivement le sort qu'il s'était signé. Dans une tentative peut-être de se montrer sujet et non plus simple objet, il agissait de lui-même et lui imposait son libre arbitre. Ces palmes infectes traînaient leur viscosité le long de ses cuisses, jusqu'à atteindre une surface où l'étoffe faisait défaut. Ce fut bref, les ongles vinrent pénétrer ses cuisses et son menton en réponse se releva vivement. Il avait dans son acte déchiré les collants fins, et la chair au dessous se tendit sous l'intrusion. Les muscles de ses cuisses se contractèrent, saillant au travers de l'épiderme, tandis qu'un frisson lui traversa le dos jusqu'à l'échine. Ce n'était pas tant douloureux que désagréable, elle aurait rétorqué si des murmures déplaisants n'étaient pas parvenus à ses oreilles.

Berlin une fois de plus s'était adressé à son défunt maître dans cette langue crachée qui lui était chère. Mais la dame qui lui faisait face n'était pas stupide au point de ne pas reconnaître le mot Führer, et l'audace de la griffure couplée à ce nom ne fit que la chauffer plus, mais de colère cette fois. L'envie subite de lui retourner une claque se fit sentir, mais il se mit à tousser encore comme pour s'innocenter, et ses ongles s'enfoncèrent plus profondément encore. Elle fulminait, de la mention de ce dictateur qui trop de fois ce soir avait écorché ses oreilles. Ses sourcils se froncèrent de mécontentement, mais dans le même temps les interrogations refrénaient la punition qu'elle lui devait. Elle ne comprenait pas pourquoi ce chien appelait Hitler à un tel moment, il n'avait aucune raison d'agir de la sorte, rien ici ne pouvait aucunement lui rappeler cet être et entendre son nom ici n'avait en soi pas la moindre logique. Moscou était haïssable et l'on pouvait la tromper, mais elle n'était pas pour autant stupide. Elle flairait l'écueil, elle craignait son cas, car s'il voulait la provoquer par ce biais, il ne le faisait que trop mal. L'absentéisme dans son regard concourrait à lui faire croire qu'il n'avait pas lui-même conscience de son affront. Seule cette curiosité, cet étonnement retint sa main de venir battre sa joue, et lui permit d'entendre la suite.

Il fit allusion à son statut de criminel contre l'Humanité. Elle n'allait pas le démentir, c'était après tout la raison première de sa présence ici. Elle le savait mauvais garçon, mais, malgré tout, il ne lui fallait pas oublier son intention de l'éduquer. Il faudra désapprendre et réapprendre, formater et rebâtir, à l'abri des regards dans l'ombre d'un mur. Qu'il ne s'inquiète pas, c'était prévu. Et quand mieux que ce soir pour le mettre en condition ? Elle ne répondit pas, et le silence revint. Les ongles étaient toujours dans ses cuisses, sa main était toujours à son cou. On les aurait cru poser pour un tableau et pourtant il n'y avait qu'eux, baignant dans le silence et la rage contenue. Il parla de nouveau, cette fois pour lui demander ce qu'elle désirait. Lui qui s'était fait si aventureux subitement choisissait la passivité. Il se livrait sur un plateau, au rapport, sans doute comme on l'avait élevé et cela jouait en sa faveur. Elle abandonna la volonté de le battre, se disant qu'elle aurait d'autres occasions plus tard de libérer sa violence. A moins d'une extrême sagesse de la part de sa proie, le sang coulerait cette nuit et l'aube à Berlin serait rouge. Il attendait une réponse, mais il lui fallut un temps. De la manière donc il avait tourné les choses, on aurait cru qu'il l'invitait à planifier tout un programme, chose qui contredisait même son impatience d'en finir. Il était.. déconcertant. Ses lèvres se fendirent alors mais coupant son élan il vint de lui même mordiller la première, accentuant encore l'incompréhension de la moscovite.

Elle fut, avouons-le, prise au dépourvu d'abord. Elle s'était attendue à de multiples scénarios, mais l'ayant vu si malade elle n'avait pas même espéré qu'il agisse avant elle. C'était déjà deux points de son côté, mais elle ne laisserait pas sa domination durer trop longtemps. Il avait la voie libre, rien apparemment ne barrait l'accès à leur concupiscence. Sa lèvre était pincée, humide, elle rendait la position bien incommode pour pouvoir lui répondre. Elle sourit cependant, une fois la surprise passée, en pensant à quel point agir de la sorte pour lui était risible. Lui qui aurait sans doute payé très cher pour la faire fuir et voilà qu'il la retenait avec les dents. Il regretterait pourtant bientôt, car elle n'eut d'autre réponse qu'un baiser, de ces baisers qui démontrent l'éminence de celui qui en sort dominant. Il avait pris une lèvre, elle prenait les deux. Le contact n'était pas doux, mais il n'était pas pour autant violent : il était dur, un peu provocateur. Elle y goûtait, simplement. Le toucher était chaud, sa propre bouche était une étuve. Il cessa bien vite, elle entendait l'air siffler dans ses oreilles et la chaleur lui caresser le corps. Son visage resta proche cependant, ses yeux qui étaient restés ouverts, le regardaient doucereusement sous la couverture de la paupière. Elle souriait encore.

« Tu me semblais impétueux tout à coup. Sache d'abord qu'ici, je suis maître du jeu, et que bien que je ne diabolise pas certaines de tes tentatives.. »

Son regard se coucha à ses cuisses, effleurant les doigts qui y étaient cramponnés.

« ..je ne te laisserai pas non plus jouer trop longtemps au mauvais garçon. Et puisque tu ne sembles pas capable de refréner certains de tes murmures.. »

Elle reprit ses yeux, faisant allusion à ses appels à Hitler, cherchant à savoir indirectement s'il en était vraiment inconscient.

« ..tu vas donc commencer par apprendre à tenir ta langue, ou bien je devrais moi-même venir la discipliner. »

Elle se décida enfin, et son regard coula de ses yeux à son col. La main qui l'enserrait toujours lâcha prise et se glissa le long de sa clavicule. La chemise serait la première à tomber, elle l'avait choisie comme par désir d'effacer la culpabilité de son désir. Une entreprise sage qui aurait pu surprendre d'elle, et qui était d'une incroyable banalité. Après tout s'il jouait le farouche, pourquoi ne jouerait-elle pas l'innocente ? Et le reste tomberait tantôt. Elle voulait de fait, avant de l'emprisonner dans ses chairs, le libérer de son bagne de tissu. Ses longs doigts griffus vinrent pincer l'ourlet de sa chemise et l'entrouvrir avec un semblant de douceur. Ils coulèrent au premier bouton, deux doigts suffirent à le détacher habilement. C'était un peu de cou qui se libérait au dessous du collier. Le suivant subit le même sort, c'était aussi discret que machinal, et ses yeux bordés de longs cils noirs caressaient la peau à mesure qu'on lui retirait son intimité.

« Ce ne sont pas les idées qui manquent... Le temps, plutôt. Mais je ne me presserai pas. Par ailleurs, tu sembles aimer l'idée de m'écorcher, mais je pense affirmer que j'en suis plus capable que toi. »

Elle explicita ses mots en abandonnant la chemise à mi-chemin, et ses ongles, qui étaient aussi rouges qu'ils étaient longs, vinrent lentement griffonner la poitrine libérée. Ils y laissaient des traînées blanchâtres qui rougissaient ensuite, comme un code que l'on aurait écrit à l'encre invisible. La punition viendrait ascendante, et ne durerait que trop.

« Que m’importent les richesses, si vous m’en ôtez la jouissance ? N’est-ce pas rester pauvre au milieu de tous les biens ? Que dis-je ? c’est un supplice de veiller sur des trésors que l’on possède, mais auxquels on ne saurait toucher sans un sacrilège. »
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Dim 20 Juil - 12:43

Je prends le temps de m’habituer au goût de sa lèvre, coincée entre mes dents. Je goûterai à bien plus alors autant m’habituer à ses arômes dès maintenant. Parait-il que plus on est exposé à quelque chose, plus on l’apprécie et s’y habitue. Allez savoir, c’est peut-être vrai. Mais je ne suis certainement pas pressé à l’idée de m’habituer à Elle. Mordre cette lèvre revient presque à commettre un péché. A mordre un fruit défendu. Comment Madame décidera-t-elle de réagir ? J’ai cru voir la surprise passer dans ses yeux. Etait-ce si surprenant de ma part ? La réponse ne peut-être que positive. Après tout, j’ai moi-même été surpris par mon propre comportement et cette soudaine décision venue de nulle part. N’est-ce pas fou de ne pas pouvoir prévoir ses propres faits et gestes ? D’arriver à se surprendre soi-même ? Madame se montrera-t-elle docile envers ce chien qui a osé abimer par mégarde ses collants et se montrer peut-être trop gourmand dans cette action ? Ou lui assènera-t-elle la correction qu’il mérite ? Comment Madame ? Dites le moi.

Et je n’ai guère à attendre. Cette fois-ci, c’est à mon tour de me laisser surprendre. Madame a donc opté pour une douce punition. Qu’il en soit ainsi et tentons de nous faire à ses baisers. Ses lèvres ardentes scellant le début de nos hostilités. Une guerre dont le traité a été signé à l’avance et qui trône sur mon bureau. J’ai rédigé mon propre diktat. Nous n’avons pas commencé la guerre que nous savons déjà de quelle manière elle se terminera. Je lui rendrais les armes. Sur l’issue de ce combat sensuel, je lui rendrais mon arme en l’immisçant dans son fourreau. Mais même si je ne gagne pas cette guerre, je peux toujours remporter de petites victoires qui entacheront la gloire de Madame. Elle est prévenue, je suis un vilain garçon. Je compte me montrer quelque peu récalcitrant. Ou du moins, dans la mesure du possible. Après tout, où serait le plaisir sinon ? S’il y est bien une chose qui ne me sied pas, c’est bel et bien la sagesse. Mais il n’y a pas qu’elle. Toutefois, je n’ai pas envie d’en faire la liste pour l’instant. Chaque chose en son temps. Essayons tout d’abord de profiter du baiser. Et je tiens à souligner le fait qu’il s’agisse d’un essai.
Mes yeux ont fini par se clore. Sa main est toujours sous mon collier à étreindre mon cou de sa force tandis nos lèvres s’écrasent les unes contre les autres. Mes ongles s’enfoncent légèrement plus dans ses cuisses jusqu’à ce qu’elle se décide enfin à rompre le contact. Mes yeux s’ouvrent pour regarder sa bouche s’éloigner de la mienne. J’ai encore son goût sur les lèvres et je m’abstiens bien de l’idée de les lécher pour les nettoyer de toute trace et pour finir de savourer ce délectable poison qu’elle était. Madame va me ronger de part en part. Dissoudre ma chair de baisers et de caresses aussi sensuelles que corrosives. Faire monter la température jusqu’à obtenir un incendie. Un qu’elle voudra certainement voir comme étant rédempteur.
Madame parla. Encore et encore. J’écoutais le moindre de ses mots avec attention. Elle rappelle son statut par rapport au mien. Si elle est maître du jeu, je ne suis que le pion. Une de ses mains vint se poser sur les miennes encore accrochés à ses collants déchirés. Un pion qui allait devoir conserver son rang et sa place apparemment. Et si je venais à m’écarter du droit chemin, elle m’y remettrait sans hésiter. Mes murmures ? Qu’ont-ils ? Qu’a-t-elle à leur reprocher ? Je dois admettre que j’ai du mal à la suivre sur ce point-là. Son regard revient se planter dans le mien avec ce charme qui lui était si particulier. Apprendre à tenir ma langue, hein ? Mais qu’ai-je donc pu dire pour qu’elle s’en vexe ainsi ? Et comment comptait-elle discipliner ma langue ? En m’embrassant peut-être ? Je ne sais pas si la dompter de cette manière sera efficace. Mais cette méthode aura au moins le mérite de me faire taire le temps d’un instant. Puis elle se tait et fixe sa main qui finit enfin par s’éloigner de mon cou et celui-ci dispose désormais de toute la place dont il a besoin pour respirer à sa guise. Ou du moins, me permettre de ne pas décéder d’un manque d’air. Ses doigts glissent sur ma peau et semble y chercher un point d’attache. Une occupation. Ses doigts décidèrent de commencer avec ma chemise sur laquelle ils s’arrêtèrent. Puis ils en ouvrirent les premiers boutons avec ce qui voulait s’apparenter à de la douceur pour ne pas dire de la tendresse. Deux boutons puis encore des paroles. Ah ça, je ne remettrais jamais en cause l’imagination de Madame. Elle n’est jamais à court d’idées. Quel caprice me ferez-vous Madame ? Quelle position désirerez-vous ? Voudrez-vous de la distance entre nos deux corps ou au contraire, rendre l’espace le plus infime possible entre eux ? Faudra-t-il que je courbe la tête en signe de soumission afin d’accentuer ton impression de puissance et stimuler ton ego ? Mais au final, quand bien même je mettrais genoux à terre, ma volonté de te résister restera inébranlable. Et si le contraire parvenait à se produire, alors Madame, vous aurez réussi votre coup. Mais je suis un vilain garçon, il va vous falloir plus d’une tentative.

[♪♫ Dis-moi tu m' préfères
À genoux
Parti ou par terre
À tes pieds
Pour avoir l'air
De n' pas être rien? ♪♫]


Une fois ma chemise à moitié ouverte, ses ongles rouges viennent doucement sur ma peau. Alors ça y est ? Elle se décide à commencer ? Ses griffes commencent à chercher une prise sur la chair avant la de griffer légèrement. Pas de quoi grimacer, pas pour si peu, pas pour le moment. Je regarde son œuvre sans rien dire.

« Et c’est ainsi qu’elle commence à s’en prendre à une partie du corps de l’Allemagne. Si vous survivez tous deux à cette nuit, je serais curieux de voir dans quel état vous en ressortirez. Mais vous serez très certainement encore plus souillé l’un l’autre. Ne te laisse pas marcher dessus comme un être d’une race inférieure. Tu es un chien, tu n’as qu’à la mordre. Que je sache, tu n’avais pas peur un peu plus tôt d’abandonner le sang qu’il faudra pour accomplir une infime partie de tes envies de vengeance. Alors pourquoi aurais-tu peur de ramener un peu plus de ta fierté et de ton envie de lui résister. Attaque et mord en bon chien.
- Ja meine Führer. »

Mes yeux quittent l’éraflure pour se réinstaller dans ses yeux si profonds et dans lesquels je pourrais bien finir par me perdre si je ne reste pas sur mes gardes.

« Moi qui pensais que ça ne te déplairait pas. Je m’abstiendrais de ce genre de geste alors. Moi qui ai essayé de me faire passer pour sage, la prochaine fois, je resterais dans mes habitudes de mauvais garçon. Que tu le veuilles ou non. Et je ne changerais d’habitude que si je le décide. Pas pour ton bon vouloir. Mais peut-être pourrais-je t’en laisser l’illusion si ça peut t’aider à jouir plus vite. »

Une nouvelle crise de toux vient à parcourir mon corps et je l’étouffe de la main avant de revenir défier son regard.

« Toutefois si ta main et toi deveniez un peu plus douce, je pourrais améliorer mon comportement. Ce serait donnant-donnant. Mais je connais déjà ta réponse. Tu diras que je ne suis rien et que c’est à moi de me soumettre sans protester. Et là tu penseras la leçon comme étant en partie acquise. Malgré tout, ce n’est pas parce que je récite ma leçon sans broncher, que je l’appliquerai pour autant. »

Je ne serais guère étonné de sentir sa main contre ma joue d’ici peu de temps. Pour une violente caresse plus connue sous le nom de gifle. Mais qu’importe. Je saurais faire abstinence de la force et de la douleur. J’apprendrais à le faire. Je sens une crise de toux cherchant à quitter mes poumons et que je tente de contenir de mon mieux toutefois, je finis comme à mon habitude par céder. J’ai beau faire le fier, je suis mal en point et je n’en ai que trop conscience à chaque fois que mon corps est parcouru par ces maudits spasmes. Alors Madame, qu’allez-vous faire ou dire ? Qu’allez-vous autoriser ou interdire ? Je vous obéirais certes, mais juste pour vous offrir une infime partie de mon désir de vengeance. Faut-il garder la distance actuelle entre nous ? Faut-il l’accentuer ? Faut-il la réduire ? Nous sommes deux aimants nous repoussant continuellement mais ne pouvant s’empêcher de finir par s’attirer. Nous aimerions tous deux ne pas avoir à nous supporter mais nous ne cessons de nous retenir. Nous nous haïssons tout deux et pourtant, nous allons commettre un acte d’amour. Mais si nous nous embrasons, ce sera sous l’effet de la haine qui nous ronge l’un l’autre. Et c’est avec cette même haine, que nous espérons ronger l’autre au plus profond de son être.

[♪♫ Faut-il que j'arrête?
Un mot et
J' n'en fais qu'à ta tête
J'disparais
Change de planète
Sauf si tu me retiens ♪♫]

« Et quand bien même j’ai du mal à voir à quoi tu peux bien faire référence, si mes murmures te dérangent, tu n’as qu’à me faire taire ou me dire ce que tu leur reproches. Ainsi, je pourrais peut-être les surveiller. »

Je ne vois vraiment pas de quoi elle parle. Je n’ai pas souvenir d’avoir murmuré quelque chose de particulier. Ou du moins, qui puisse être différent des propos que je lui tiens depuis le début de la soirée. Je veux bien admettre que mon état, assez fatigué, ne m’aide surement pas à me souvenir mais pourquoi ne réagirait-elle que maintenant ? Etait-ce quelque chose que je venais de dire ? Peut-être daignera-t-elle me le dire si elle ne décide pas de me punir avant parce que je commence à vouloir montrer les dents. Et dire que je viens tout juste d’en dévoiler les extrémités. Madame me mettra peut-être une muselière pour me faire taire. Peut-être attachera-t-elle une chaine à mon collier pour me garder près d’elle, à ses pieds. Une caresse de temps en temps dans les cheveux pour féliciter ou une gifle pour corriger le moindre faux pas.
Je laisse le temps d’un silence et d’une nouvelle crise de toux avant de reprendre en faisant lentement remonter mes mains le long de chacune de ses cuisses pour atteindre ses hanches sur lesquelles elles s’encrèrent :

« Vu que tu ne manques pas d’idées, pourquoi ne pas commencer ? N’as-tu pas envie de moi ? N’as-tu pas envie de m’offrir ma rédemption ? Si tu ne te décides pas vite, je risque de prendre des initiatives. Et je ne suis pas certain que tu apprécieras. Ou du moins, pas tout. »

Je laisse alors mes mains masser fermement sa taille et ses hanches. Puis je les laisse glisser jusqu’à ses fesses. Mes doigts attrapent doucement une mèche de cheveux pour les enrouler un peu avant de les lâcher. Si Madame a des idées, elle ne semble pas pressée de les accomplir. Vais-je être obligé de prendre toutes les initiatives ? Au coin de mes lèvres s’esquissent lentement un sourire tandis que je ne cesse de la dévorer des yeux. N’ai-je pas été clair plus tôt ? Si elle comptait me purifier, moi, je la souillerais. Etant donné mon actuel casier judiciaire, je ne suis plus à un ou deux crimes voire péchés. D’autant plus que ce qu’il va se passer ici restera entre nous. Et je pense que Madame sera parfaitement capable de punir le moindre geste qu’elle jugera criminel. Une fois que mon sourire eut fini de s’étirer, je profite de la position de mes mains pour l’attirer davantage contre moi d’un geste rapide et presque brutal.  Entre temps, l’envie de poser les bases de notre futur ébat me vient. Mon  sourire s’ouvre et se déchire. Mon visage se retrouve dans son cou et mes dents dans sa chair. Elles se referment dessus avec une lenteur et douceur qui m’étonne de moi-même puis je finis par seulement pincer sa peau entre mes crocs de chien mal éduqué. Enfin, moyennement éduqué. Je n’y laisse aucune marque de mon impudence et conclue mon acte sur un baiser du bout des lèvres. Tel un chien qui mord avant de lécher la plaie infligée. Finalement, cela résume en partie notre ébat. Ce sera un mélange de violence couplé à des gestes censés être tendres. Nos caresses ne seront que brûlures, nos baisers poison et nos soupirs détonations. Certains prônent l’Amour et dénoncent les Guerres. Alors, pourquoi ne pas combiner les deux ?

[♪♫ Que veux-tu de moi?
J'attendrai que
Tu me le dises
Un amour ou pas?
Quelqu'un qui te demande à toi:
Voudrais-tu de moi? ♪♫]


Je décide de rester dans son cou le temps de ce bref baiser avant de remonter susurrer à son oreille :

« Alors ? Que veux-tu ? Vas-tu m’obliger à conserver l’initiative ? Mais je ne suis pas certain que ce soit ce que tu veuilles. N’est-ce pas ? Alors, que désires-tu ? »

Le temps de ces paroles, je laissais mes mains agirent à leur guise. Remontant le long de sa colonne vertébrale. Ou du moins, de la fermeture de sa robe. Mes doigts décident de jouer autour. Menaçant de tout défaire à la moindre tentation ou opportunité. Il serait dommage de ne pas profiter de ses opportunités d’attaques, non ? Ma bouche revient se poser sur la chair de son cou pour y poser un nouveau baiser. Je me surprends  nouveau de cette tendresse. Mais il ne faut pas alerter trop vite les sens de Madame. Il allait falloir attendre le bon instant pour lancer un assaut dont la force suivrait un mouvement crescendo.
Je joue avec le feu, j’en ai conscience. Mes lèvres, mes jambes et mon torse portent déjà des traces infimes de brûlures. Le feu nous ait familier à tous deux. Madame s’est embrasé plus d’une fois et j’en ai immolé plus d’un. Si elle compte m’attirer en ses terres brûlées, je la sacrifierai à mes pulsions de récidiviste. J’ai essayé de m’approprier son territoire lors de la dernière guerre. Tout était si bien parti. Elle était à nos pieds mais le sort en a décidé autrement par la suite. Ce sont ses troupes qui sont venues chez nous. Allons-nous rejouer cette bataille ? Allons-nous obtenir un résultat différent ?

« Ne joue pas les idiots ! Tu l’as dit toi-même ! Vous avez déjà signé la fin de la guerre et ton nouveau Diktat ! L’aurais-tu déjà oublié ?!
- Nein, ich weiß meine Führer. »

Toutefois, comme lors de la chute de la ville, je veux y croire et ne pas envisager la défaite. Et puis ce soir, nous menons une bataille assez particulière. Le terrain de jeu est tout autre. Les stratégies vont différer et nous devrons nous montrer bien plus réactifs dans les changements que sur le champ de bataille. Je l’ai dit plus tôt, même si sa victoire est assurée, je me ferais un plaisir et un devoir de la souiller. Allez Madame, décidez-vous. Il est plus que temps d’écrire cette page de notre Histoire. Vous êtes le maitre du jeu n’est-ce pas ? Alors la plume est entre vos mains. Ecrivez donc vos désirs et envies. Mais méfiez-vous. Si vous faites tomber la moindre goutte d’encre, je pourrais user de mes doigts pour ajouter ma touche personnelle qui ne vous sierra certainement pas. Cela fera très certainement brouillon au sein de votre écriture délicate, mais qu’importe. Si vous manquez d’encre, utilisez mon sang. Mais dans ce cas-là, je risquerai très fortement de vouloir utiliser le vôtre. Une griffure ou une morsure sont si vites arrivées. Et ce rouge que vous chérissez tant risquerait de quitter en partie votre corps. Le rouge vous sied à merveille d’ailleurs alors, pourquoi ne me laisseriez-vous pas vous en couvrir ? Je sais que ma proposition essuiera un refus s’il s’agit du vôtre, s’il s’agit de celui d’un autre, ce sera sans doute différent, non ?
Allez Madame, saisissez votre plume, commencez la rédaction de votre leçon que je lirais sans en retenir le moindre mot. Ou du moins, que je pourrais retenir sans pour autant l’appliquer car si mon corps vous est acquis, mon esprit, lui, reste encore à conquérir.  

[♪♫Écris l'histoire
Tout c' que tu voudras entre
Mes lignes
Ton territoire
Étendu si loin sur le mien ♪♫]

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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Lun 22 Déc - 17:30

Spoiler:
 

Leçon 13.08.61:
Fais le beau ~
Berlin Est & Moscou


Son parfum acre et lourd, exaspérant, perlait dans sa gorge dénudée telle une sueur épicée ; il prenait l'air en un baume funéraire tout expressément réservé à l'un qui ne pouvait mourir et pourtant se mourait, secoué sans arrêt par ces sursauts mortels qui lui soulevaient le torse comme une mitraillette. La belle rouge s'adonnait à son art avec tout le génie qui s'imposait à elle ; le contraste de l'écarlate révolutionnaire sur la blancheur la plus pure était celui qui lui procurait le plus de plaisir esthétique, tout comme le sang des impériaux qu'elle avait répandu dans la neige immaculée, il y a des années de cela par un fameux mois d'Octobre. Regardez, regardez ce qu'elle en a fait, des russes blancs, la capitale soviétique : et d'une balle dans la nuque on n'en entendait plus parler. Comme on l'avait craint sur ses propres terres, et par delà les plaines chéries de sa nation ! Et malgré cela - un travail bien ardu pour une femme délicate - malgré les impressions qu'elle avait laissé dans toutes les latitudes du globe, il y avait un chien bien mal placé qui voulait la provoquer quand même. Un chien fidèle aux morts et si près d'eux qu'il n'était plus loin de les rejoindre, un chien qu'elle ne s'étonnerait pas de voir pleurer au pied d'une tombe et de s'y laisser crever pour le simple plaisir de la tenir elle responsable. Comprenait-il simplement l'absurdité dont il faisait preuve ? Le voilà, lui, encore, qui répétait ce nom, ha. Il se rattachait à la seule chose qui le constituait encore et provoquait l’écœurement. Peut-être avait-il même oublié les temps qui avaient précédé cet homme, l'infâme. Il se faisait honte lui-même, elle était tombée bien bas la grande Allemagne et s'humiliait toute seule. Fallait-il qu'elle le tue ? Ou bien qu'elle lui tranche la langue, qu'il se taise à jamais ? L'idée était alléchante sans nul doute, car enfin elle se lassait rapidement de ses vilaines paroles, qui ne valaient pas un sou de défense. Sa main se fit serre et écorcha la chair avec bien moins de considération quand ce détestable mot lui écorcha l'oreille une énième fois, et elle lui lança un regard de reproche. Il la regardait.

Et puis, il parla encore, l'effronté, il ne faisait que ça. Il se disait sage, et il promettait d'agir d'une manière bien moins conventionnelle, soit-disant pour s'accorder à ses désirs. C'est fou d'être à ce point idiot. Et il s'enfonçait dans sa provocation, c'était risible. Oh, comme elle aurait aimé l'envoyer dans un camp de travail en Sibérie. Malheureusement, pour l'heure, on avait besoin de lui ici. Elle doutait malgré tout de sa réelle utilité, lui qui était plus borné qu'un marmot de l'école élémentaire. Que tu le veuilles ou non... Mais pour qui se prenait-il ? C'était à n'y rien comprendre, qu'il puisse à ce point démontrer son inutilité et sa corruption. C'était agaçant, mais enfin, elle avait eu de très nombreuses occasions de s'occuper d'enfants obstinés au cours de sa longue existence, et avait même quelques prédilections pour cela. L'avantage, c'est qu'ayant affaire à un homme sans aucune valeur, elle n'aurait pas à retenir les châtiments corporels. Il toussa, et reprit la parole immédiatement. Elle le laissait parler, non par politesse mais plutôt par habitude, et parce qu'elle voulait s'assurer de ne pas s'étouffer de colère pendant qu'elle répondait. Et il toussa à nouveau, d'une manière pire encore, sans doute sa santé s'aggravait-elle au rythme de la construction du mur dont le chantier ne connaissait pas le repos. Elle profita qu'il se taise enfin pour lui exprimer sa vision des choses, la colère lui oppressait le fond de la gorge et sa voix dénotait son agacement, un signe évident qu'il valait mieux se ranger au plus vite avant qu'il ne soit trop tard. Mais elle ne s'attendait plus à ce qu'il se replie sagement. Il était décidément bien trop stupide pour agir de la sorte. Sa main se détacha de sa poitrine pour lui saisir la mâchoire vivement. Sa voix sonnait froide, implacable, sans se décharger de son indicible courroux.

« Dis-moi Siegfried. Lorsque vous, nazis, vous faisiez entraîner l'esprit à servir comme des chiens votre maître, vous a-t-on également appris à être suicidaires et masochistes, ou bien es-tu le seul ? Moi qui pensait que ta tête te permettait encore de comprendre des syntaxes simples, me serais-je trompée ? Et que ne comprends-tu pas dans le terme : Reddition sans condition ? Il me semble pourtant que tes citoyens ont suffisamment souffert pour toi. Le mur qui vous traverse est la preuve même que la paix ne me rend pas incapable. Tu ferais mieux d'apprendre très tôt à te tenir sage, tu n'es pas assez bien placé pour t'adresser à moi sur ce ton. A vrai dire, quelqu'un se serait adressé à moi comme cela à Moscou, on ne l'aurait plus revu dès le lendemain. »

Ce qui était plutôt fortement exagéré, puisque cela dépendant entièrement de l'identité de l'individu, mais elle n'était pas là pour lui rapporter les faits sans mensonge. Elle marqua une pause très brève pendant laquelle elle s'assombrit un peu plus, partagée entre deux opposés. Cela signifiait que la punition ne pouvait être trop dure sous peine de le rendre impuissant ensuite dans ce qu'elle voulait. Elle n'était pas une habituée de la demie-mesure.

« Tu l'as compris : ce n'est pas à moi de changer de comportement, peu importe ce qu'il te plaît de croire. Ne crois pas que je serai plus douce dans l'espoir de te voir t'assagir. Non, tu prends les choses du mauvais sens : seul ton assagissement pourrait me tirer de la clémence. Et tu pars très mal. Tu crois que rien ne pourrait être pire que l'instant présent peut-être, alors je me ferais un plaisir de relever le défi. Et crois bien qu'un jour viendra où tu regretteras chaque affront que tu auras osé me porter. »

Il jasait sans cesse, déclarant soudain qu'il ne comprenait pas de quelle manière ses paroles lui avaient-elles déplu. Se moquait-il d'elle ? Tout, absolument tout de ce qu'il faisait, disait, vivait, méritait condamnation, et son existence même l'avait mené au plus terrible tribunal de l'Histoire du monde. Chaque instant il semblait oublier où la vie l'avait placé, chaque instant il semblait oublier sa criminalité, sa descente aux enfers, sa place où il avait été enchaîné par un accord commun. Il oubliait qui il était, et qui elle était. Elle. Moscou. Quelle insulte de ne pas la reconnaître, elle, la capitale de l'URSS, maquillée d'exploits, parfumée de gloire. Sa grandeur, sa puissance, son absolutisme, sa légitimité. La raison pour laquelle la Russie avait une place dans ce monde. Elle, qui avait protégé en son sein le grand Lénine et ses camarades pendant la Guerre Civile. Elle était importante, c'était indiscutable. Elle méritait qu'on lui accorde attention, dévotion, adoration. Ce qu'elle était irritée, ce qu'elle voulait le battre ! Et, là, comme s'il n'avait rien dit du tout, il lui demandait : alors ! Commence ! Qu'est-ce que tu attends, je suis désirable non ? Regarde moi je suis tout près à ne pas te respecter. Si tu ne commences pas je te toucherai, voilà.

« Tu te fous de moi ! Je te mets en garde, je n'aime pas cette attitude, et crois-moi qu'elle sera tantôt punie ! »

Il avait déjà commencé à glisser ses mains, ses palmes malveillantes sur elle, son visage s'était retrouvé dans son cou comme pour y puiser un nectar défendu, avant même qu'elle n'ait eu le temps d'y réfléchir clairement. C'est que l'envie et la rage lui avait fait bouillir les idées et que sa pensée était loin d'être fluide, ce qui ne l'agaçait que plus encore. L'envie de lui crier dessus et de ravager sa maison, sa ville même, ne faisait que croître à mesure qu'elle sentait ses dents et ses lèvres s'approprier sa chair. Il parlait encore mais elle ne l'écoutait plus, renonçant à calmer l'ébullition qui menaçait de déborder par tous ses orifices. Elle lui saisit fermement les poignets, le pouls pulsait de rage dans les siens. Elle s'était décidée à couper nettes ses escapades. Non, non, ce n'était pas à lui de mener à sa guise. Elle ne se laisserait envoûter par son toucher après des mots si provocateurs, si cuisants qu'ils la mettaient de méchante humeur. Et ce mot encore, saturé de vilenie, jaillit de ses lèvres, ce fut le mot de trop.

« Prononce son nom une fois de plus, et je jure, je jure de te faire battre jusqu'à ce que tu en vomisses, est-ce clair ? »

Elle s'époumonait d'une voix aiguë insupportable, menaçante et où l'accent de sa ville rendait son dialecte presque impossible à comprendre. Sa main vint lui battre le visage, la paume puis le revers, puis la paume encore, y laissant dans les pommettes la trace des bagues qui ne la quittaient jamais. Elle lui saisit le col ensuite, avec une violence telle que les boutons qui avaient résisté jusqu'alors se détachèrent comme de peur de se faire arracher autrement. Elle ressaisit les deux bords de sa chemise pour le pousser contre le lit, s'appuyant de tout son lest pour l'y coller. Déjà elle conservait difficilement le contrôle d'elle-même, d'une façon précipitée elle avait commencé à se tâter les côtés comme si elle s'était attendue à y découvrir une arme, et elle s'était mise à gronder de n'avoir rien trouvé. Elle voyait rouge, le lâcha comme pour se relever du lit, pour y renoncer l'instant d'après, ne voyant rien dans cette pièce qui possède le moindre intérêt. Sa main partit à sa ceinture et tira pour la défaire, malmenant le cuir, négligeant le tissu au dessous. Et puis, soudain, prise d'une forte envie, elle lui enfonça le poing dans l'estomac, de sorte que le coup dût se répercuter dans ses poumons. Pour revenir tirailler la ceinture ensuite, tout en ayant une incroyable difficulté à la défaire. Elle y parvint finalement avec de multiples tentatives désorganisées et s'occupa ensuite de lui arracher le pantalon d'une main, l'autre s'appuyant contre sa poitrine et le menaçant de ses griffes acérées toutes rouge communiste. Non, non, il ne fallait pas lui dire ce mot-là. C'était réveiller sa haine plus encore, c'était la provoquer. C'était lui déclarer une guerre sans merci. Voila qu'elle le voyait déjà battu à mort. Voila qu'elle se rejouait la Bataille de Berlin dans sa tête, et qu'elle se disait qu'il ne méritait rien de mieux. Sans doute était-il content de lui, de la faire sortir de ses gonds. Vraiment, elle était toute prête à lui trancher la langue, la gorge même.

« Ta mémoire semble faire un blocage, peut-être devrais-je te la rafraîchir ? Tu couines son nom comme un animal, mais tu oublies sans doute ce qu'était ce type ? Il t'a dérangé le cerveau, il t'a fait perdre ta guerre, il t'a abandonné alors que tes citoyens se battaient encore, il vous a tous conduit à la mort, c'est à cause de lui que tu te retrouves là ! Et toi, tu le glorifies, tu lui fais ja, ja, ich weiß, comme s'il te parlait, comme si il méritait encore de vivre quand tout ce qu'il a fait, c'est te dégueulasser ta terre nourricière. Tu n'es qu'un imbécile, un diminué, tu ferais mieux de te laisser mourir tout de suite, et c'est bien dommage que tu ne puisses pas. Tiens ta langue ou je te l'arrache, et je te perce les yeux, et ne crois pas que je me retiendrai, ce ne sera pas ma première fois. »

Peut-être pensait-il avoir une chance. Peut-être pensait-il pouvoir s'opposer à elle. Il est vrai qu'on ne craint pas une femme si facilement quand on a eu une éducation si bâtarde. Mais ce qu'il fallait bien comprendre, c'est que le monde ne cesserait pas de tourner ce soir. Qu'il pouvait bien essayer de la blesser, de la vexer, de la provoquer tant qu'il voulait, elle aurait forcément le dernier mot. Pourquoi, car dès que la nuit aurait passé et qu'elle sera hors de sa portée, alors lui ne pourra plus rien espérer lui faire, tandis qu'elle sera tout à loisir de lui envoyer de la visite tout aussi désagréable qu'elle même. Elle avait mille-et-une façon de lui rendre la vie insupportable, lui n'avait qu'un court laps de temps et des possibilités restreintes. Malgré ça, il était convaincu de pouvoir se mettre à sa hauteur, de pouvoir décider de ce qui serait et ne serait pas. Il semblait ne pas distinguer l'épée de Damoclès prête à lui fendre le crâne à tout instant. Ce qu'elle aurait voulu, c'était le tuer, et l'abuser ensuite – on lui avait défendu cette première volonté, on lui faisait mentir sur ses intentions mais la haine était de fait trop évidente pour être cachée. Seize ans que la guerre était finie, que le nazisme n'était plus, mais le fascisme était tant et tant utilisé dans la propagande soviétique qu'à sa simple mention elle perdait son sang froid. Si seulement il s'était tût, avait renoncé à ses anciens idéaux, alors qui sait elle aurait vraiment fait de son mieux pour rattraper ces dernières décennies – mais de le voir pleurer sur un uniforme nazi et de l'entendre geindre le nom de son Führer ne faisait que réveiller une vieille frustration, un désir de violence. Au fond, la seule chose qui jouait en la faveur de l'allemand, c'était qu'elle était une femme, et qu'elle avait envie de sexe. Deux faiblesses dont Aleksandra était consciente par ailleurs, mais qu'elle avait appris à mettre à son avantage.

Comment faire pour retrouver son calme, lorsque la flamme de la colère s'éveillait en son sein comme un invité indésirable qui échauffait les humeurs en laissant froidir le plat. Elle devait pourtant l'exciter d'une manière ou d'une autre si elle voulait obtenir quelque chose de lui – mais c'était on ne peut plus difficile lorsqu'il venait l'agacer constamment. Il aurait été tellement plus simple pour elle d'aller voir ailleurs, c'était certain – mais également beaucoup moins satisfaisant. Non, il fallait qu'elle se calme, ou bien cette nuit n'en finirait jamais, pour elle comme pour lui, d'une manière qui ne conviendrait à personne. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, il n'en demeurait pas moins que la connaissance d'un précepte ne suffisait pas à en effacer les débordements. Elle inspira, de le frapper l'avait un peu calmée, mais surtout de s'imaginer à mettre le feu aux rideaux en somme. Le rendre muet ou aveugle n'était peut-être pas la chose la plus intelligente à faire, aussi envisagea-t-elle de reprendre ses conditions d'une manière un peu plus acceptable. Elle adoucit légèrement sa poigne, le rouge aux joues à force de s'être échauffée toute seule, et dit à son adresse :

« Tu as deux possibilités, le respect ou le bâillon. Je te laisse le choix, il n'y a pas d'autre alternative. »

« Colère et intolérance sont les ennemis d'une bonne compréhension. » ► Gandhi.
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Sam 17 Jan - 23:56

Mais pourquoi diable parlait-elle des nazis ? Madame perdrait-elle la raison sous l’effet de la colère ? Cette période est révolue et enterrée. Leur « dénazification » a bien fait son travail et plus personne n’est aujourd’hui assez fou pour vouloir s’accrocher à de telles idées. Nous étions un empire puissant à l’époque certes mais…notre déchéance a suivi bien vite également. « Mein Ehre heißt Treue ». Voilà tout ce qu’on m’a appris à l’époque. Il ne reste qu’un uniforme, une dague et une bague pour en témoigner ainsi que quelques rapports, un procès et des souvenirs. J’aurais pu tout refuser niveau obéissance mais pourquoi l’aurais-je fait ? Nous avions besoin d’un leader pour nous défaire du Diktat de Versailles et nous en avions trouvé un. Après sa nomination, je lui laissais tout aussi peu de chance que les autres de garder le pouvoir. Il est pourtant allé bien plus loin et a réussi à le conserver jusqu’à la fin. J’aurais pu imiter Erika ou Gilbert mais je ne l’ai pas fait. S’il était une chose que j’avais bien appris sous la Prusse et que j’avais toujours fièrement retenu et mis en avant, c’était bel et bien la fidélité à ma nation. Je n’avais pas le cœur à rompre mon serment de loyauté et je ne l’ai jamais fait. Je n’en ai jamais eu la force ou le courage. On m’avait enseigné la fidélité, je n’ai jamais su tourner le dos à cet enseignement. On avait insisté sur son importance, je l’ai mise au premier plan. Comment peut-on aussi facilement tourner le dos à quelque chose que l’on vous inculque pendant des siècles ? Je n’ai pas réussi. Elle était trop encrée dans ma chair. Je ne suis pas suicidaire ou masochiste. Ou peut-être un peu en fait vu le jeu auquel je joue avec Madame. Mais cela ne vient certainement pas du nazisme. Cela ne vient que du peu de fierté qu’il me reste aujourd’hui. Je n’ai pas envie de courber l’échine trop vite. Je veux me battre encore. Je veux être fidèle à l’Allemagne et non à la République Démocratique Allemande. Et encore moins à l’URSS. Et mes crises de toux ne cessent de m’arracher la gorge…
Je comprends parfaitement le terme de Reddition sans Condition. Et nous le vivons trop bien également. Le mur ? Preuve qu’elle n’est pas incapable de quoi que ce soit ? Je retiens un sourire nerveux. Il est justement une preuve de sa totale incapacité. Personne ne veut du régime soviétique ici et préfère tout abandonner. Ils ne peuvent rien faire d’autres que d’essayer de les enchainer. Je ne veux rien apprendre de Madame cependant, elle ne me laissera pas le choix. Elle va poser les bases de son éducation comme elle a fait poser les bases du mur la nuit dernière. Je ne veux pas lui obéir non plus. En bon chien, je serais plutôt du genre à montrer les crocs et à vouloir mordre. Madame ne laissera jamais passer un affront pareil, n’est-ce pas ? Elle sévirait aussitôt, c’est inéluctable. Je me refuse à lui répondre. Je n’ai pas envie de m’abaisser à ça. Je me contente de faire mine de retenir un soupir à la fois un peu exaspéré et fatigué. D’autant plus que ma tête commence à se montrer réellement douloureuse.

« Alors tu te laisses rabaisser si facilement ?! Finalement, le sang de la race aryenne et supérieure ne coule peut-être pas tant que ça dans tes veines.
- Hm…peut-être bien oui… »

S’il faut changer de comportement, il va falloir apprendre lesquels sont désirables ou non. Je continue de penser que je ne veux rien apprendre d’elle, mais en bon chien, je n’aurais pas le choix. Certes, je peux apprendre une leçon sans pour autant l’appliquer, j’aimerais. Toutefois, elle ne l’entendra pas de cette oreille. Et ne se privera pas de me le faire savoir. Elle me fait déjà comprendre que je suis bien mal parti et qu’il faut que je m’assagisse. Elle me menace d’une sanction qui un jour me ferait  regretter le moindre de mes actes contre elle. Je serais curieux de savoir de quelle façon elle peut me détruire encore plus. Enfin, curieux de connaitre son idée et non de la tester… Allait-elle me retirer mon rang de capitale ? Construire un autre mur ? Peu importe, je ne vois franchement pas comment ma condition pourrait être pire.
Elle s’énerve une fois de plus. Me reprochant de me moquer d’elle quand je réponds ne pas savoir de quoi elle parle. Elle n’aime pas mon attitude et me laisse dans mon ignorance. Comment puis-je corriger mon comportement si elle ne me donne pas la nature de ma faute ? Qui est réellement le plus stupide de nous deux ? Le fait que je vienne pincer sa peau du bout des dents semble lui déplaire et sa réaction est presque immédiate. Sa colère déborde de son corps et ses mains viennent saisir fermement mes poignets. Je stoppe chacune de mes actions et attend la suite sagement. Que faut-il faire ou ne pas faire ? Elle hurle et s’emporte. Je ne dois plus prononcer son nom, il m’est interdit. Mais de quel nom parle-t-elle ? Je fronce légèrement les sourcils sous l’effet de l’incompréhension. J’essaye de trouver le pourquoi du comment mais en vain. D’autant plus que ma tête et ma gorge ne cesse de me faire souffrir entre cette migraine immonde et cette toux ravageuse. Me faire battre jusqu’à ce que j’en vomisse ? Quitte à payer un prix j’aimerais au moins savoir pour quel crime. Mais je n’ai le temps d’avoir cette pensée que sa main libère un de mes poignets pour venir d’abattre violemment sur ma joue, me faisant tourner la tête avec une force incroyable. Ou bien suis-je simplement trop faible pour avoir la force d’opposer une simple résistance. Puis elle revient aussitôt à la charge avec un revers de la main et ses précieux bijoux ne manquent pas de rendre le choc encore plus violent et douloureux. Je me serais bien mordu la lèvre pour contenir sur mon visage l’expression de souffrance cependant un autre coup vint frapper mon visage. J’ai eu à peine le temps de respirer entre chaque claque et je me retrouve à tousser comme si j’allais cracher mes poumons. Mais je n’ai pas le temps de reprendre mon souffle ou de calmer ma crise qu’elle m’attrape par le col et fait ainsi sauter les derniers boutons de ma chemise. Elle vient ensuite me plaquer contre le lit. Je sentais la fureur qui parcourait son corps, déchirant lentement la beauté de son visage pour laisser transparaître son hideuse identité. Elle semble chercher quelque chose qu’elle ne trouve pas, marquant ainsi encore plus son mécontentement alors que j’essaye de contenir ma toux de mon mieux. L’énervement imprègne chacun de ses gestes. Elle semble chercher quelque chose pour au final renoncer. Je crois que Madame deviens de plus en plus folle. Durant un instant, j’ai pensé avoir vu l’incarnation même de la Folie et de la Colère à travers tous ses gestes désordonnés et cette robe rouge.
Si la colère courrait dans ses veines, dans les miennes, la haine continuait doucement de croitre en me susurrant des idées de vengeances. Peu importe le prix à payer pour chaque injure. Je viens déjà de me prendre mes premières sanctions et il ne s’agira certainement pas des seules ce soir. Les sanctions finiraient peut-être par me calmer et me donner l’envie de me montrer plus obéissant. Il n’est pas difficile d’obtenir quelque chose d’autrui en recourant à la violence afin d’avoir une emprise sur lui. Madame le sait très certainement. Rien ne pourra me soustraire au moindre de ses gestes ce soir. Elle compte bien me le prouver et me le répéter autant de fois qu’il le faudra pour l’imprimer rouge sur noir dans mon esprit. Elle pourra aussi bien me le hurler que venir me le susurrer à l’oreille. Cela ne dépendra que de son humeur. Cet acte de haine, pour ne pas désigner un faux-amour, scellera certainement son emprise sur moi ce soir. Il est fort probable que cette haine se transforme en une laisse et une muselière me soumettant à elle. Serait-ce mes premiers pas vers la résignation et l’obéissance ou bien vers une révolte silencieuse ? Quand bien même je tenterai de me rebeller de manière cachée, il suffirait qu’elle l’apprenne pour faire punir. Elle pourrait aussi bien me châtier par simple envie, pour son plaisir personnel. Sur quoi cette nuit se terminera-t-elle ?


[♪♫ Ce serait bien si j'en venais à te détester,
Peu importe à quel point le traitement pouvait être cruel
Cela blessait juste ma conscience,
Qu'importe le nombre de fois où j'essayais de m'en arracher
Si tu voulais me le montrer alors "dis-le un peu plus près"
Transforme cet amour en quelque chose de réel ♪♫]


Elle s’attaque à ma ceinture et en défait la boucle avant de chercher à l’arracher de ses passants. Si elle calmait ne serait-ce qu’un minimum ses gestes, elle y parviendrait peut-être correctement. Je n’ose même pas tenter de faire cela moi-même. La folle serait capable de retomber au rang de chien et de mordre. J’essaye de me relever légèrement mais un coup de poing dans le ventre vient me remettre à ma place aussitôt. La force de ce dernier ne manque pas de me couper la respiration brutalement avant de me faire tousser encore plus fort. J’essaye de tourner légèrement le haut de mon corps de façon à pouvoir tousser et couvrir ma bouche de ma main tandis qu’elle se bat encore contre ma ceinture. Je la surveille d’un œil ou du moins, j’essaye. La douleur est telle que garder les yeux ouverts par moment m’est un peu difficile et la tentation de les fermer est plus que séduisante pour tenter d’apaiser ma crise de toux. Lorsqu’elle eut enfin fini de se battre contre ma ceinture, elle s’attaqua à mon pantalon en plaquant l’une de ses mains sur ma poitrine. Ses ongles menaçaient ma peau tandis que les muscles se trouvant sous cette dernière ne cessaient de se contracter sous l’effet de ma toux que je tente toujours de contenir et de réduire. Chose que je suis parvenu à faire difficilement. Et ma tête commence réellement à me faire souffrir.
Elle s’est remise à parler. C’est alors l’incompréhension totale. Il me faut un temps pour comprendre de quoi ou plutôt de qui. Je ne vois aucunement le rapport avec ce qu’il se passe ici. Je n’ai pas parlé de lui et la seule référence qu’il y aurait pu y avoir à cette époque était l’uniforme que j’avais ressorti un peu plus tôt. Sa colère l’aveuglait-elle au point de lui faire entendre tout et n’importe quoi ? Ce ne serait pas surprenant. Surtout pas de la part de cette furie. Je serais curieux de savoir ce qui peut l’avoir conduit à penser cela si ce n’est sa stupidité. Mais que faut-il attendre des soviets si ce n’était ça ? J’ai réussi à enfin reprendre en partie le contrôle de ma respiration et finit par dire à mon tour avec un visage certainement autant marqué par la douleur que par l’incompréhension :

« Mais de quoi parles-tu bon sang ? A part l’uniforme que j’ai sorti plus tôt, je ne vois absolument pas de quoi tu parles. Je n’ai jamais mentionné son nom. La seule personne à qui je parle ici c’est toi. Quand bien même j’ai eu ressorti mon uniforme, il y a longtemps que j’ai renoncé aux idées qui y étaient associées. Nuremberg a amplement suffi pour cela, rassure-toi. Les seules choses que je regrette du passé : c’est notre empire puissant et notre unité arrachée. »

J’en viens alors à me demander si cette simple réplique me revaudra des coups. Je suis dans l’incompréhension, je ne vois pas de quoi elle me parle et je suis bien trop fatigué pour faire l’effort d’essayer de mentir ou de me faire passer pour innocent.
C’est alors qu’elle me laisse le choix. Être sage ou me mettre une muselière. Il s’agit peut-être là de la seule fois où je pourrais encore laisser parler ma volonté. Enfin, si choix il y avait réellement. Dans un cas, je devais me tenir tandis que dans le second, elle m’inculquerait le respect qu’elle désire par la force. Soit j’apprenais à être sage dès maintenant, soit je me verrais attribuer une nouvelle punition. Soit cela venait de moi, soit cela venait d’elle. Mais le résultat final serait le même. Je retiens alors un soupir entre deux crises de toux que je contrôle plus ou moins avant de porter une main à mon crâne douloureux :

« Fais ce que tu veux, je m’en moque. »

Si mes yeux ne s’étaient pas arrêtés de la fixer jusque-là, j’ai fini par laisser ma tête sur le côté. Contenant une ou deux crises de toux moins fortes que les précédentes. Je retiens un soupir de soulagement en sentant cette violence se calmer. Mais pour combien de temps ? Ma gorge me brûle et ma tête me semble sur le point d’exploser. Pourquoi fallait-il que tout cela arrive ce soir ? Etait-ce parce que je refusais l’autorité de l’URSS ou bien encore de sa capitale ? Que je ne voulais jurer fidélité qu’à l’Allemagne et non à la République Démocratique Allemande ? Fallait-il réellement accepter son châtiment pour espérer un peu de soulagement et de répit ? Accepter la fatalité sans se plaindre ? Accepter la domination de Madame sans réfléchir ? Finalement, il n’y aurait qu’à courber l’échine et à arrêter de réfléchir. Elle ferait tout le reste. Cependant, je ne suis pas certain de pouvoir parvenir à accepter si facilement. Je n’ai pas envie d’abandonner tous mes efforts. Je veux rester fidèle à ce qui me tient à cœur mais également à moi-même. Je veux rester une partie de la capitale de l’Allemagne et je ne veux pas être la capitale de la République Démocratique Allemande. Je ne veux pas quitter cette idée. Alors tout ce qu’il resterait à faire, ce serait désapprendre puis ensuite réapprendre ?
Je daigne me ré-intéresser à sa personne. La fixant sans rien dire. Grimaçant seulement à cause des douleurs de ma gorge et de mon crâne que je masse légèrement du bout des doigts. Il faudrait que j’en vienne à me faire à cette idée de lui obéir, d’apprendre à lui obéir. Mais si ça s’apprenait ? Je n’ai pas envie que mes frères ou ma sœur finissent par avoir écho d’une telle chose. Mais il faudrait que je vive avec cette idée si je l’acceptais ? Je refuse. Pas alors que ma haine ne fait que croître envers elle et qu’à moins de m’en libérer pour des sentiments neutres ou plus doux, je ne pourrais pas. Je refuse. Si je n’apprends pas de moi-même, sa main se chargera de le faire. Des cicatrices, j’en ai eu plus d’une mais…si Madame devait s’en charger, elle s’assurerait qu’elle ne s’effacerait jamais de ma peau. Comme une empreinte au fer rouge me marquant de sa propriété et de son éducation. Je la vois bien commencer ce soir pour poser ses bases. Me rappeler tout au long ce qu’elle m’aura fait ce soir pour ensuite ajouter qu’elle n’hésiterait pas à recommencer. Aurais-je le courage de lui demander d’appuyer plus ? Comme pour lui prouver qu’elle ne me ferait pas peur et que je refuserai de me soumettre ? Ma peau est relativement pâle et des ecchymoses seraient loin d’être discrètes. Mais parait-il que le rouge sur le blanc, à l’image du sang sur la neige, est un spectacle destinée au roi dit « sans divertissement ». Madame serait-elle une reine s’ennuyant au point de vouloir venir saigner son cabot désobéissant ? Le fait de voir son chien tenter de se débattre l’amusait-elle ? Fallait-il poursuivre dans la rébellion ?
Mais est-ce réellement une bonne idée que de la contrariée davantage ? Elle a déjà commencé à me frapper, elle n’hésitera pas à continuer. Elle y mettrait plus de force s’il le fallait. Suis-je réellement en état d’accuser un tel traitement ? J’ai déjà l’impression d’être en train de mourir entre mes crises de toux et mon mal de tête. Ne serait-il pas raisonnable de se montrer moins résistant et de se faire passer pour docile ? De faire comme si la leçon avait été apprise pour ne l’appliquer qu’à moitié ce soir et l’oublier dès demain ? De faire comme si je l’acceptais comme étant ma « maitresse » pour ce soir. Personne ne saura au courant et il me suffira de faire de mon mieux pour tout oublier. Effacer les émotions associées à cette soirée de mensonges dans les pages de mon journal. Suis-je vraiment en état de le faire ? Ces simples claques et son coup de poing ont amplement suffi à augmenter mes crises de toux alors peut-être que… pour ce soir… ?
Non, ça ne me ressemble pas ! Je ne veux pas ! Mais au fond de moi, quelque chose m’y pousserai presque. Est-ce la douleur ? Je refuse de penser un instant que se puisse être la peur. Je n’ai pas envie de voir cette nuit s’éterniser alors…si je lui donnais ce qu’elle voulait ce soir pour ensuite pouvoir me reposer un  peu… est-ce que… ? J’ai juste envie d’un peu de répit et de calme alors pourquoi ne pas- Non ! J’en sais rien en fait, c’est…C’est… Je ne veux pas mais peut-être que pour cette fois… Pitié arrêtez ce vacarme… Je ne peux pas réfléchir tranqui-…

« Alors tu comptes faire ainsi ? Jouer les gentils cabots et lui obéir sans broncher ? Espèce d’abruti ! Tu ne vaux rien ! Je ne m’étonne plus d’avoir perdu la guerre ! Avec des personnes comme toi pour servir le pays, nous ne pouvions que finir droit dans un mur ! Si tu es prêt à retourner ta veste juste pour sauver ta petite personne et que tu ne peux pas assumer la douleur pour le bien de ta patrie, alors tu ne vaux rien ! Absolument rien ! Va lui baiser les pieds si ça te chante ! Elle n’a pas vraiment tort quand elle dit que tu es inutile. Loin de là. Elle a compris les choses rapidement. Continue de couiner faiblement comme un chien pour essayer de réduire ta peine ! Si tu n’es pas capable de montrer les dents ou de mordre, tu n’as aucun intérêt et tu ferais mieux de … !
- Halt die Klappe !!! »

Je me suis brusquement relevé en me tenant la tête, presque haletant. Mes yeux son écarquillés, je peine à calme mon souffle. Je tremble un peu en essayant de calmer ma toux qui n’a pas manqué l’occasion de revenir tandis que je n’arrive plus à saisir ce qu’il se passe. Je pensais simplement au fait de devoir peut-être finir par me résigner à obéir à Moscou. J’étais pratiquement arrivé à prendre une décision et puis d’un coup…

« C’…c’est moi qui ai dit ça ?… Mais pourquoi… ? Ça n’a pas de sens étant donné que cherchait quoi faire…je…»

J’avais échappé ses mots à voix basse sans pouvoir m’arrêter de tousser, peut-être les avait-elle entendu mais qu’importe. Je ne comprenais simplement pas pourquoi j’avais hurlé cela… Puis pour une raison inconnue, je me repris presque soudainement en me rappelant la décision que j’avais choisie avant d’hurler. Je n’avais pas tout à fait repris mon souffle cependant, cela ne m’empêcha pas de venir affronter le regard de Moscou avant de dire d’une voix encore fatiguée :

« En fait, bâillonne-moi. Ce sera plus simple. Je ne peux pas et je ne veux pas t’obéir. Le contraire serait idéal cependant, je n’y arrive pas. Fait ça comme tu veux, je m’en moque. Tu voulais me purifier, hein ? Alors vas-y. Montre-moi comment tu comptes faire. Tu as toute la nuit pour ça. A toi de m’apprendre à me coucher à tes pieds, à te donner la patte et à faire le beau. Ne te préoccupe pas des cicatrices si tu veux que cette nuit je retienne ce que tu veux de moi. Fais-les profonde si cela te chante. »

Personne ne sait ce qu’il va se passer et personne ne le saura jamais. Si par miracle j’apprenais à lui obéir ce soir, ce ne serait pas de mon plein gré et je me refuse à courber sagement l’échine. J’ai beaucoup trop de rancœur envers elle pour cela. A moins qu’elle ne me pousse dans des retranchements et des émotions difficiles à supporter qu’il me faudrait cacher et détruire en silence plus tard, je refuse d’abandonner. Cependant…était-ce réellement une si bonne idée ? Je n’arrête pas de tousser et je n’arrête pas de masser mon crâne douloureux… Au fond de moi, je désirais le calme et pourtant…je venais de choisir la violence. J’ai désiré blanc et j’ai ordonné noir. Alors pourquoi… ? Je me mords la lèvre en me demandant ce à quoi Madame pouvait bien penser. Une chose était sûre : cela ne me plairait certainement pas…

[♪♫ Ce serait bien si je pouvais apprendre à t'aimer,
Peu importe la personne qui me blâmera
Du moins avec ces sentiments en état,
Je voudrais les anéantir quelque part loin d'ici
Si ça deviendra une cicatrice alors "grave le un peu plus profondément"
Pour que je puisse me souvenir de cet amour ♪♫]

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Qui baigne ses mains dans le sang, les lavera dans les larmes.
Proverbe allemand.
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Moscou
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Dim 14 Juin - 18:47

Spoiler:
 
Leçon 13.08.61:
Fais le beau ~
Berlin Est & Moscou


Elle avait pu libérer sa rage avec une remarquable simplicité : l'être qu'elle était affairée à soumettre ce soir démontrait une faiblesse de pantin à chacun de ses coups. Il était là, bête comme un âne, se laissant tordre le cou sous ses revers de mains, toussant toujours et c'était à se demander combien de temps encore cette tête resterait en place au dessus de ce corps maigre avec toutes les secousses qui la faisaient valser. De ne trouver aucune résistance première eut plusieurs effets sur l'esprit de Moscou. Non pas que cela la calma le moins du monde, car la colère ne cessait de la faire écumer et la sensation de ses joues sous ses doigts, quoi que douloureuse, était d'une impensable satisfaction. Cependant elle eut, pour tout dire, un véritable réconfort à ne pas le sentir plus vif. D'entendre le nom d'Hitler, d'entendre cet langue abjecte proférer des appels dignes du temps où le Nazisme représentait une puissance ne pouvait que la pénétrer d'autant d'appréhension que de dégoût. Après tous les efforts de dénazification, dont l'utilité n'est plus à démontrer, que penser en entendant le représentant d'une ville s'étant officiellement déjà soumise se rapporter à ce temps révolu ? Qui sait, qui saurait dire ce qu'il se passait dans la tête de cet effronté ? Oui, de le sentir si faible sous sa poigne avait cela de rassurant que quoi qu'il dise et murmure, ce cabot n'était plus capable de rien. Bien sûr, elle en était consciente depuis longtemps – mais enfin, toujours est-il que cela achevait de renvoyer Hitler dans sa tombe impie.

Ainsi donc, cherchant à se calmer et à démêler ses pensées brouillées sous le coup de ses sensations, elle écouta distraitement ce qu'il avait à dire, mais elle fut alors encore plus perdue qu'à l'instant précédent. Comment se faisait-il qu'il niait ses paroles ? Il n'avait aucun intérêt à se repentir ou à jouer le jeu de la négation. Il semblait de fait sincère, ce qui était curieux. Son regard qui s'était fait distant pendant un instant se concentra sur lui alors, cherchant à percer le secret que cachaient ses yeux mais ceux-ci jouaient remarquablement la comédie. Elle fronça les sourcils, on eut cru qu'elle s'apprêtait à repartir de plus belle quand vraiment elle s'interrogeait au travers des toiles d'un esprit fermé et du brouillard de la colère. Elle était encore en train de calmer sa respiration qui s'était affolée durant cet épisode de violence. Il renonçait au Nazisme, il le mettant en évidence, et c'était là l'opposé de son précédent comportement. Pourquoi ? Pourquoi semblaient-ils empêtrés dans un quiproquo, pourquoi ressentait-elle l'impression de ne pas parler la même langue que lui, tandis que chacun connaissait déjà celle de l'autre ? Elle resta sans voix, et ce sentiment d'incompréhension qu'ils partageaient l'agaçait tout en la poussant à vouloir comprendre, à vouloir établir la chose clairement, que toutes les barrières s'affaissent et qu'elle puisse enfin faire ce dont elle avait envie.

Puis il abandonna définitivement toute résistance, il se rangea sagement dans son incompréhension comme un chien obéissant, comme pour lui présenter un avant-goût de victoire. Était-ce là sa manière de calmer sa colère ? Si c'était le cas, alors il lui fallait encourager ce comportement. Да, laisse-moi faire ce que je veux, c'est bien le meilleur moyen pour toi de t'en sortir vivant. Sa toux sembla se calmer un peu, il était visiblement en souffrance et quelque chose lui disait que celle-ci ne se contentait pas d'être physique. C'était bien, c'était ce qu'il fallait. Il aurait été contre-productif de le refrapper dans l'immédiat, aussi acheva-t-elle d'évacuer ses emportements en serrant les poings. Il fallait reprendre contenance, et les secondes qu'il lui fallut pour arriver à cette fin, elle les lui laissa également pour laisser mûrir en lui l'idée de la soumission, qui demeurait sans nul doute la meilleure alternative pour les deux partis. Elle alla lui parler sans savoir qu'il n'en écouterait pas un mot, le mépris subsistait dans sa voix mais s'était amenuisé nettement pour laisser place à une curiosité effrontée.

« Alors comme ça, tu ne sais plus ce que tu dis. Tu n'es même pas conscient de ta propre insolence. C'est une bien jolie excuse que tu me sors-là, et tu la joues si bien que tu me ferais presque te remettre en question. Que tu t'en sois rendu compte ou non, tu m'as rudement manqué de respect, et tu vois bien que je n'ai pas laissé passer la chose si facilement. Je le garde en travers de la gorge, mais bon, il n'y a que toi que ça fait tousser. En revanche, je vois que tu te fais plus raisonnable, ce qui est une bonne chose en soi. Peut-être te reste-t-il suffisamment de raison pour retenir ces vilenies inconscientes qui te sortent de la bouche. Contrôle-toi et ce sera mieux pour tout le monde, car je n'ai aucune limite et je- »

Elle s'interrompit brusquement, sursautant imperceptiblement tandis que la surprise la laissait muette, immobile et fébrile. Il avait pourtant eu l'air calmé, elle l'avait cru résigné mais voilà qu'il lui manquait de respect d'une manière inimaginable, avec une audace qu'elle ne lui aurait jamais cru l'instant auparavant. Il l'avait même crié, que dire, que faire ? Repartir de plus belle ? L'étonnement était encore trop fort, et plus encore, l'étonnement que lui semblait avoir de lui-même. S'était-il cru incapable de l'insulter à haute voix, ou bien cette fois encore parlait-il sans en avoir conscience ? Que se passait-il dans cette tête d'imbécile ? La colère noircit son œil, sa griffe indépendamment de sa volonté s'était enfoncée dans la chair de sa poitrine qui s'était relevée d'un coup, la surprenant un peu plus.

« Comment, qu'as-tu osé... »

Mais elle s'interrompit quand il commença ses balbutiements, c'était à n'y rien comprendre, et de ne pas comprendre l'agaçait plus encore. Explique-moi, mais dans quelle pièce suis-je en train de jouer ? Quelle est cette comédie ? Quelques instants il sembla se noyer dans sa propre incompréhension, et puis, l'instant d'après il revenait la défier. Elle ne comprenait pas le sens de son comportement. Elle se sentait révoltée devant ce drame mal joué, et ne tarda pas à lui laisser l'occasion de le comprendre. Son visage seul affichait ô combien elle se sentait insultée présentement. Oh oui, elle allait le bâillonner, et il n'était pas au bout de ses peines. Elle ne se laisserait pas tromper par sa voix devenue morne comme lassée de son propre texte. Elle commença en criant, à hauteur de l'insulte qu'il venait de lui faire, sans même cacher sa stupeur.

« MAIS QUEL EST CE JEU GROTESQUE, POUR QUI TE PRENDS-TU ?! Entends bien ceci, jamais tu ne pourras te permettre un tel manque de respect à mon égard !! Vas-tu encore me dire que tu ne t'en es pas rendu compte, vas-tu fuir la responsabilité ? Je ne crois pas qu'il soit possible de parler contre son gré, alors apprends à te taire car je te tiens pour coupable de chaque mot que tu prononces, est-ce clair ? Je vais te bâillonner avant de perdre mon sang froid ET QUE JE N'ENTENDE PLUS CES MOTS EN MA PRESENCE EST-CE CLAIR ? JAMAIS PLUS. Tu as beau de pas penser un mot de ce que tu dis, tu me dois le respect, et je reste ton supérieur – c'est ainsi, admets-le ! Mais tu as tout gagné, tu vois, car je n'ai plus l'intention de prendre de précautions ! Félicitation, comme tu dois être fier ! »

Tout en parlant, et profitant qu'il soit redressé, elle le débarrassa de sa chemise par des gestes brusques, et la déchira nerveusement en roulant l'un des morceaux en boule de sorte à créer un bâillon suffisamment épais pour lui prendre la bouche mais de sorte à éviter de le tuer en ne l'enfonçant pas jusqu'à la trachée. L'instant d'après, et tandis qu'elle finissait de parler, elle le repoussa contre le lit et lui pinçant le nez avec force et lui coupant l'arrivée d'air. Il lui faudrait tousser et respirer un moment ou l'autre, et elle en profita pour lui fourrer le bâillon jusqu'à l'entrée de la gorge.

« Si tu me mords tu le regretteras ! » ajouta-t-elle, tandis que le bâillon suffisait de toute façon à maintenir sa mâchoire trop ouverte pour lui infliger une grave blessure.

Elle ponctua cette action d'une gifle qui s'était imposée tout naturellement à son esprit avant de le libérer de son contact. Elle porta une main à son cou, touchant l'endroit où il avait posé ses dents un peu plus tôt et où une légère humidité demeurait encore. Elle le dévisagea quelques secondes ensuite, son regard mêlait de façon complexe une myriade de sentiments contradictoires, où le ressentiment prenait une place majeure. Puis elle baissa les yeux vers ses mains, pesant le pour et le contre et c'était désormais le dédain qui prenait le dessus. Faudra-t-il que je te les attache aussi ? Ce n'était pas réellement ce que j'avais prévu mais que puis-je faire d'autre avec un matériau humain aussi mauvais ? Il pouvait encore gagner une once de liberté. S'il ne cherchait pas à se débarrasser du bâillon qu'elle venait de lui imposer, il garderait ses mains libres. S'il devenait plus sage par la suite d'ailleurs sans doute lui laisserait-elle recouvrer l'usage de ses lèvres – mais dans l'immédiat c'était impensable tant elle les trouvait répugnantes. Leur marque pourtant n'avait pas été désagréable, tant que c'en était presque dommage. Mais enfin, l'éducation passait avant les plaisirs – aussi longtemps qu'elle parviendrait à conserver l'esprit clair, ce qui ne serait pas difficile avec la mauvaise volonté qu'il y mettait.

Déjà le ridicule de la situation venait décrédibiliser le semblant de supériorité qu'il s'était donné par sa précédente insulte. Cela contribua à calmer les élans meurtriers qui s'élançaient douloureusement en son sein. Il avait voulu jouer et il avait perdu. Sans doute avait-il pensé à sauver un peu de son honneur en se rebellant rageusement, mais il devait regretter son manque d'humilité maintenant qu'il avait l'air d'un fétus à moitié prostré et bâillonné de ce linge que sa propre transpiration avait mouillé. L'intérieur de cette bouche devait être aussi répugnant que possible, à force de tousser, de s'étouffer avec ses propres glaires mêlées de sang ferreux, et de goûter au souvenir de leur âpre échange langoureux. Tu me dégoûtes. Comment pouvait-il ne pas en être autrement ? Mais c'est bien ce qui l'amenait là. Contempler la misère, l'immonde, l'infirmité, la monstruosité, la laideur dans les yeux. Plonger ses pupilles dans celles de l'horreur. Sentir son estomac se soulever à cette simple vue, et pourtant toucher l'essence d'une satisfaction malsaine qui consistait à se repaître de tout ce qu'il y avait de plus détestable dans le monde.

Il était certain que d'adorer les yeux la maladie était en soi la preuve d'un esprit malade. Un esprit qui avait connu le désespoir dans une période aussi peu ragoutante que la peste - et qui en avait gardé la trace pendant longtemps. On dit que Anne de Russie s'amusait à collectionner auprès d'elle les êtres les plus difformes qu'on puisse trouver, et que Catherine II avait pour elle une nymphomanie sans-bornes ; pour autant qu'elle ait détesté les souveraines de l'Empire, Moscou partageait avec elles quelques points communs à son grand déplaisir. Savait-on au juste d'où venait cet élan morbide ? De l'épuisement, du dégoût de tout ce qui est en ce monde, de tous ces hommes qui avaient rejeté la plus belle des idéologies. Staline était mort. Elle n'avait eu, pour se guérir de ce deuil, qu'un être abject qui trahissait son prédécesseur. Où trouver ce morbide encore sinon dans ces camps reculés de Russie, qui n'ont rien à envier à leurs ex-comparses allemands, et qui même les précédaient sans doute. On trouve en Russie les plus belles preuves de dérangement moral, côtoyant affectueusement les reliques d'une grandeur d'âme. De la même manière que la grande capitale de l'Union Soviétique se trouvait juste et ambitieuse mais s'abaissait aux plus basses besognes. Et quand on voyait un être misérable, parlant une langue aussi détestable que celle-là, il n'y avait rien d'autre à faire sinon se réjouir de le trouver assujetti en ces termes.

Voila pourquoi elle trouva si agréable la vue d'un mourant s'étouffant sur son propre costume, qu'elle eut comme idée - sans pour autant les mettre en oeuvre - que de vouloir lui agrandir la bouche pour pouvoir glisser plus de tissu, d'appuyer la gorge pour plus de suffocation, et de lui percer joliment quelques trous dans la peau de ses joues pour y voir glisser le sang et la salive. Juxtaposées à ces pensées vilaines dont elle n'avait conscience qu'à demi, il y avait un peu de pitié, l'envie de réellement redresser ce vivant rongé jusqu'à la moelle d'arrogance morte et d'absurdité, d'en faire un homme nouveau, l'Homme Nouveau tel qu'il fallait l'idéaliser, et d'embrasser cette bouche avant que d'autres insultes n'en coulent aux commissures. Et comme il était difficile de raisonner clairement dans une maison, et une ville, en proie à la terreur sourde de ses propres entreprises, elle ne fit ni l'un ni l'autre et ne se contenta que de le regarder, d'un œil qui n'était pas très sain, tout en l'étant parfaitement - c'est à dire raisonné mais au raisonnement erroné, ce qui sans doute est plus terrible que l'absurdité complète.

Cependant il faut marginaliser cette attitude-là, car enfin à mesure que les secondes s’égrenaient, que la colère calmait son flot dégoûtant, et qu'il fallait revenir à un calme plat sous l'impulsion de ce silence tout juste rompu de plaintes étouffées, elle abandonnait les plus sales de ses réflexions pour une attitude plus posée. La bile jaune s'accompagnait d'un retournement de l'estomac qui menait au dégoût. S'il emportait par ses insultes la femme dans la violence, alors il ne pourrait s'accuser que lui-même des anomalies qui surgissaient dans sa pensée. La flamme qui lui rongeait le ventre - entendre le foie, l'estomac et le cœur - mourait lentement, et de monstre il passait à l'homme-victime, non pas que cela la pousse aucunement à cesser sa minutieuse torture. Elle oubliait "l'intérieur de sa bouche" pour penser plutôt à ce minois qui, s'il n'était animé de façon si peu conventionnelle, aurait pu faire grand effet. Elle se nourrissait de son œil, et sans doute devait-il comprendre qu'il était tout à son intérêt de ne plus la provoquer - à moins d'être pris d'élans masochistes assez inquiétants. Car en somme il avait dû voir dans ce regard passer l'ombre terrible de ses précédentes pensées, et même un fou devait se rendre compte qu'il en allait de sa propre survie.

Mais ses élans de colère achevaient bien peu à peu leurs derniers pics caucasiens et s'efforçaient de revenir au relief des vastes plaines sibériennes. Cet apaisement, ne nous le cachons pas, était des plus forcés, et de ce fait était complètement artificiel. Il s'agissait bien ici non pas de sympathiser avec lui, mais simplement d'éviter de le tuer. Et, dans cette perspective, d'obtenir finalement ce pour quoi elle était venue. Elle était consciente que si elle ne se faisait pas violence sur elle-même, eh bien, elle n'aurait plus d'autre envie que de le battre - rien de sexuel donc - et qu'elle le regretterait au retour, lorsque le manque se ferait à nouveau sentir. Pire encore, c'est que de supporter son manque de respect ne faisait que lui exercer une pression toujours plus insupportable sur les nerfs, ce qui amplifiait plus encore cette nécessité - car enfin, si ce n'était le sexe, c'est donc l'alcool, ou pire encore, la drogue, ce qui est autrement plus contraignant. Voila pourquoi lorsqu'elle put adopter une expression un peu plus normale, elle fit mine d'amenuiser l'importance de ce qui venait de se passer. Et même, elle imita un regard de confiance, auquel il aurait été mal avisé d'être réticent.

«Bien, à présent que cela est établi et que tu es muet comme tous ceux de ton espèce auraient toujours dû l'être, nous pouvons revenir à la chose qui m'intéresse, celle pour laquelle tu as signé délibérément.»

Elle avait voulu adoucir sa voix, sans succès cette fois cependant, et ce faisant elle s'assit sur le lit, juste à côté de sa personne. D'un air conciliant, elle alla poser une main sur sa cuisse sans aucune trace de brutalité, quoi que fermement. Sa tête approcha la sienne dangereusement, elle posa son menton sur son épaule en cherchant son regard. Elle était si proche du bâillon que s'il l'avait voulu il aurait presque pu le lui cracher au visage - hélas il lui aurait fallu beaucoup d'adresse et de volonté pour faire une chose pareille, d'autant plus lorsque le tissu était à ce point enfoncé. Elle chuchota - en réalité, ses lèvres articulaient et seul l'air qu'expirait sa bouche ne laissait deviner à l'oreiller ce qu'elle tentait de dire : "Obéis-moi". S'il ne retirait pas le bâillon, c'était une première réussite. S'il n'échappait pas à sa proximité, une seconde. Si elle parvenait à ce stade, alors elle se permettrait d'en demander un peu plus - toujours plus jusqu'à ce que l'excitation revienne au galop et qu'elle accepte de reprendre où ils s'étaient arrêtés. C'était comme un jeu de gages, où son tour venait toujours, et où la punition de la couardise se faisait, chaque fois, plus dure qu'au précédent.

« La toute-puissance du mal n'a jamais abouti qu'à des efforts inutiles. La pensée échappe toujours à qui tente de l'étouffer. » ► V. Hugo.
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Ven 14 Aoû - 20:26

Mon stress ne fait que monter, entrainant avec lui mon rythme cardiaque déjà fatigué de par les précédents efforts fournis. Je continue de tousser malgré tout mais fait de mon mieux pour me contenir. Je ne peux pas m’empêcher de la fixer avec crainte. Guettant sa réaction avec une appréhension que je n’avais alors jamais connu jusqu’à aujourd’hui. Lorsqu’elle parle, mon sang ne fait qu’un tour et si l’envie de reculer me prend, j’en suis malheureusement incapable. Je sens sa main s’enfoncer dans la chair de mon torse et je ne peux m’empêcher de grimacer, non par douleur mais par inquiétude. Mon angoisse ne cesse de croitre et lorsqu’Elle se met à hurler, elle atteint son paroxysme. Ses cris me donnent l’impression que mon crâne va exploser, je voudrais qu’elle se taise mais je suis incapable de prononcer les mots que j’avais crachés plus tôt sans même m’en rendre compte. Elle m’arrache ma chemise avec une rage dévastatrice et je peine à suivre ce qu’il se passe tant mon crâne me fait souffrir avec ma gorge. J’entends ensuite un bruit d’étoffe déchiré et alors que je tente de calmer ma respiration, je la sens m’attraper le visage et enfoncer dans ma bouche un morceau de tissu. Son bâillon ne peine pas à emplir ma bouche mais elle a la « bonté » de ne pas me l’enfoncer jusqu’au fond de la gorge si je puis dire… Je m’apprête à tousser malgré l’obstacle imposé et le fait de me sentir plaqué derechef contre le matelas retarde mon action d’une seconde. Alors que l’air s’apprête à quitter mes poumons, je sens ses doigts venir se refermer sur mon nez, me coupant ainsi toute possibilité de respirer. A l’angoisse se substitue la peur et si je ne parviens pas à retenir mon envie de tousser, je regrette très vite cette faiblesse. Je peine à expulser l’air de mes poumons et inspirer par réflexe derrière est un véritable supplice. L’air ne se frayant que difficilement un chemin, le tissu recule faiblement dans ma bouche mais suffisamment pour me faire paniquer un peu plus et me pousser dans un cercle vicieux. Le manque d’air me pousse à en rechercher et donc à tousser. Ne parvenant pas à respirer comme il le faut, mon corps commence à se tordre, mon cœur augmente encore le rythme tandis que mes mains agrippent le drap et que mes muscles se tendent toujours plus. De l’air, je veux de l’air… Pitié… Ma volonté m’est refusée dès lors qu’elle enfonce un peu plus le bâillon dans ma gorge avant de me gifler en me défendant de la mordre. J’ai l’impression de mourir, encore une fois. La première fois fut à Auschwitz, dans la chambre à gaz où l’air me faisait défaut. Ce qui est encore le cas ici. Elle est comme un poison qui m’asphyxie…
Puis elle relâche sa prise… L’oxygène s’acharne à vouloir passer par mes lèvres et ce n’est qu’en luttant que je tente d’inspirer par le nez et d’expirer par le bouche mais la toux est loin de me rendre la tâche aisée. Le tissu s’est imprégné de ma salive que je suis dans l’incapacité d’avaler alors que le réflexe de le faire se fait sentir. Je serre alors les dents pour y répondre et espère qu’un morceau de tissu ne décide pas de descendre dans ma gorge. J’ai l’envie de me tourner et d’arracher mon bâillon pour respirer, tousser ou avaler comme il faut. Toutefois, mes muscles demeurent crispés et mes doigts ont du mal à détendre leur prise sur les draps. J’ai l’impression que mes yeux vont quitter leurs orbites tellement ils sont écarquillés. Mon esprit peine à renaitre de la suffocation que j’ai connu durant un instant tandis que mon crâne me semble sur le point d’exploser. Lorsqu’elle m’étouffait, les larmes, qui avaient eu le temps de me monter aux yeux sous l’effet de la douleur et de la peur, continuent de brouiller ma vue. Je clos les paupières et les rouvre pour tenter de les chasser au mieux, en poussant quelques-unes à couler par conséquent. Mes dents veulent serrer le tissu de toutes les forces qu’il me reste pour contenir ma souffrance mais ma toux lutte pour obtenir un passage aussi large que possible et ce, malgré l’étoffe. Je ne sais plus comment contrôler mon corps pour respirer. Les informations se superposent, se contredisent, se stoppent ou reprennent de manière totalement anarchiques. Je ne sais plus ce que je dois faire, comment le faire. Je fais ce que je peux pour inspirer par le nez mais cela est loin de suffire à mes poumons qui ne cessent de me lancer des crises de toux. Je veux arracher mon bâillon mais tout est tellement confus dans mes perceptions que je ne sais pas comment faire et puis… je ne peux cacher que la peur me paralyse tout autant que la douleur. Je n’ai pas osé La regarder. Pas une seule fois. Je ne sais même pas ce que je regarde. Je n’ai pas bougé d’un centimètre, n’ai pas pivoté ma tête ou je ne sais quoi d’autre. Je présume qu’au sein de ma confusion, je dois fixer le plafond…

« Bon sang ! Qu’attends-tu pour te débarrasser de ce maudit bâillon ?! Tout ce que tu as à faire, c’est l’attraper et le jeter ! Est-ce trop te demander ?! Ton incompétence dépasse tout ce que l’on peut imaginer ! »

Je serre un peu plus les dents. Je ne peux pas répondre, je ne peux qu’endurer les mots. Comme un chien ne peut que baisser la tête en écoutant les remontrances de son maître. Devant supporter les coups sans pouvoir se défendre, l’animal ne peut au final n’avoir recours malgré lui qu’à des solutions peu plaisantes : se réfugier dans la peur, culpabiliser au point de ne plus vouloir reproduire la faute et en subir derechef la punition. Au final, la peur qui nous saisit violemment la gorge au poing de nous asphyxier et de nous paralyser. Appréhendant le moindre geste, l’on ne tente plus rien. On se contente de se soumettre sans réfléchir car c’est bien moins dangereux pour sa survie. On obéit simplement et sagement en espérant que la main qui frappe s’adoucisse. On garde les cicatrices, on les montre à son propriétaire pour lui signifier que l’on a parfaitement compris. Puis on se met à lécher ses cicatrices en se disant que si on ne les avait pas, nous aurions peut-être pu connaitre un traitement bien pire encore si la faute avait été commise dans d’autres conditions. Au final, on finit par s’y attacher et à s’y agripper pour sauver ses jours à venir…


[♪♫Mon royaume assiégé
Elle a annexé mon canapé
Embrasé, désarmé
Je me suis constitué prisonnier

Elle veut de la vie en grosses coupures
Enfant de luxure tout ce qu'elle touche brûle ♪♫]


Je ne cesse de lutter pour respirer ne serait-ce qu’un peu normalement et c’est alors que j’entends Madame parler. Par réflexe, je tourne mon regard vers elle. Son regard me paraissait plus doux et je ne peux m’empêcher de me sentir un peu mieux. Certainement comme un chien lorsque son maitre, après une remontrance tente de le faire revenir un peu vers lui. Pour le caresser ou mieux le frapper ? Allez savoir. Si sa voix est devenue plus posée également, ses mots demeuraient saisissants et tranchants. Elle avait commencé à poser les limites et voulait voir si son cabot allait les respecter… Elle s’assoit à côté de moi et mes yeux ne peuvent la quitter. La peur coule dans mes veines. J’ai peur de commettre le moindre geste qui la pousserait lui donner l’envie soudaine de m’enfoncer une nouvelle fois ce bâillon au fond de la gorge. Si elle était devenue soudainement paisible, elle pouvait sûrement retrouver ses excès de rage tout aussi rapidement…
Sa main vient se poser sur ma cuisse et je ne peux empêcher les muscles ma jambe de se tendre par pur réflexe. Que je le veuille ou non, elle a certainement dû le sentir. Cela la satisfera peut-être en voyant sa prise sur moi se refermer doucement. Elle a quasiment le contrôle de la ville et il ne lui manquait plus que le contrôle total sur son représentant. Si ses décisions s’étaient souvent limitées à la façon dont il fallait que je gère la capitale, cette nuit, elles allaient s’étendre à ma personne. Je pensais avoir déjà perdu beaucoup de mes droits et de mes libertés depuis le début de l’occupation mais au final, Madame trouve le moyen de m’en retirer bien plus. Au final, je ne sais pas ce qu’il me restera après cette nuit et les jours à venir ? Des souvenirs de ma vie avant ? Je suis certain que si elle pouvait me les retirer, elle le ferait. Peut-être les modifierait-elle pour tenter de me faire croire que ma situation actuelle n’est pas si horrible ou peut-être me les laisserait-elle tels quel pour me voir souffrir davantage. Toujours est-il qu’elle aura la main libre pour faire ce qu’elle désirerait de mon futur. Ou du moins, dans la limite des possibles…
Si je ne peux tout d’abord détacher mon attention sensitive de cette main sur ma cuisse, lorsque le mouvement attire mon œil, je la vois approcher son visage du mien à la façon d’une prédatrice. Mes mains se serrent sur les draps et si j’avais pu avaler ma salive normalement, je l’aurais fait toutefois, celle-ci demeure prisonnière du tissu. Ce n’est pourtant pas faute d’essayer car l’étoffe mouillée me donne presque l’impression de me noyer si on y ajoute le manque d’air et ma toux incessante. Elle se cale sur mon épaule et ce nouveau contact ne manque pas de me faire frissonner. Ses yeux finissent par croiser les miens et s’y planter. Je ne parviens plus à fuir ce contact visuel et ce comme si elle m’avait passée une nouvelle chaine autour pour me contenir. Je ne sais absolument pas quoi faire, ni ce qu’elle attend. Je focalise une grande partie de ma concentration et de mon énergie à me débattre avec la bâillon qu’elle a enfoncé au fond de ma gorge et c’est à peine s’il m’en reste assez pour réfléchir et tenter de trouver ce qu’elle compte désormais faire. Bien évidemment, elle avait parlé de ce pourquoi j’avais signé et je sais que je n’y échapperais pas toutefois, je redoute de nouveaux coups ou mauvais traitements. Elle ne s’est déjà pas gênée plutôt et il n’y aurait pas de raison qu’elle arrête sauf dans le cas où son chien vienne à commettre un acte déplacé. Mais comme ce dernier ne sait pas ce que l’on attend de lui, il préfère ne rien faire et attendre dans sa pseudo-agonie que sa maitresse se décide de quelque chose. Compte-t-elle me laisser ce bâillon toute la nuit ou finira-t-elle par me le retirer ?

« Pourquoi ne lui cracherais-tu pas ce bout de tissu au visage ? Tu respirerais et elle aurait ce qu’elle mérite. Oh mais j’oubliais, tu n’es qu’un bon à rien. Un chienchien obéissant et dépourvu de la moindre volonté. Si elle décidait de te tuer en t’étranglant, je ne suis même pas certain que tu te débattrais pour vivre. Tu te laisserais faire lamentablement. Un peu comme tout de suite. Tu es en train de te noyer dans ta propre salive, tu peux à peine respirer correctement et pourtant tu restes totalement tétanisé. Après, il est vrai que la Terreur fonctionne bien pour contrôler les simples d’esprits. Il n’est pas si étonnant que cela fonctionne parfaitement sur toi. »

Même si je le voulais, je n’en aurais pas la force. Il est bien trop enfoncé dans ma gorge pour parvenir à l’en extraire uniquement à la puissance de mon souffle étouffé. Je vois ses lèvres s’articuler et mes yeux ne peuvent s’en défaire. Aucun son ne me semble en sortir mais leur simple mouvement m’inspire un peu plus de crainte et d’appréhension. J’ai peur d’avoir manqué quelque chose semblable à un ordre, une interdiction ou une autorisation. Plutôt que de tenter quoique ce soit, je reste immobile. Je ne veux pas commettre de faux pas, pas maintenant. Je voudrais respirer, me calmer et faire taire ce vacarme de plus en plus fort dans ma tête. J’ai l’impression de perdre pied sans pouvoir rien y faire. La seule solution que l’on me laisse ou qui me parait sûre, c’est d’attendre. J’ai trop peur de m’enfoncer un peu plus alors il faut patienter un peu et ce, en espérant que ce « peu » ne s’éternise pas et ne devienne pas trop long… ça finira bien par passé, non ?

« Tu vas donc t’offrir comme une jolie petite catin ? Tu vas la laisser te goûter, te dévorer et te ronger pour te priver de tes forces et de ta liberté ? Elle les vomira dès qu’elle en aura fini avec toi car tu dois avoir l’arôme de la maladie auquel on pourrait ajouter le parfum du Zyklon. Tu fais honte à l’Allemagne sache-le ! »

Et que puis-je faire d’autre ? Madame est apparemment ainsi faite. Elle semble être attirée par les richesses ou toute autre chose de valeur et pourtant, il a fallu qu’elle jette son dévolu ce soir sur le mourant du coin. La fatalité était ainsi faite. La succube me dévorerait ce soir sans que je puisse réellement m’y opposer. J’ai signé un pacte avec elle et je me dois de l’engager si je veux avoir une chance de voir tomber le maudit mur qu’elle a commencé à construire. Mes dents se serrent nerveusement sur le bâillon. C’était ainsi qu’il allait falloir agir. Accepter sagement l’autorité et la chaine autour du cou suffisamment longtemps pour faire croire que l’on a été domestiqué. Il faut faire croire que l’on a compris les règles, que l’on compte les respecter, les mettre en application et ce tout en se permettant de faibles écarts qui ne doivent pas être remarqué afin de parvenir à quelque chose de plus grand au final. Les écarts permettent également de tester un peu pour trouver ou non une autre solution afin d’atteindre la finalité.
L’idée de braver l’interdit me brûlait un peu plus tôt puis s’était éteinte avec l’étouffement. Fallait-il en raviver la flamme ? Une voix inquiète me dit que non et une autre plus ardente m’y invite. Ne pouvant faire de choix, je décide de ne pas laisser mourir la braise. Peut-être sera-t-elle utile, peut-être ne le sera-t-elle pas. S’il y a quelque chose à tenter, pourquoi ne pas essayer si je parviens à me calmer ? Je ne peux pas me cacher que la peur coule encore dans mes veines. J’ignore si j’en aurais le courage au cours de la nuit alors je me contenterais de laisser Madame me consumer doucement jusqu’à ce que l’ardeur me revienne ou non. J’ignore si j’aurais la force et la volonté de tenter une once de rébellion étant donné mon état toutefois, pour une raison que j’ignore, une sensation étrange parcoure mon visage. Ce n’est pas la douleur qui me l’étire depuis le début. C’est autre chose. Un coin de mes lèvres, j’ai l’impression que mes muscles s’animent lentement et faiblement tandis que mes dents sont serrées sur le bâillon à cause de la peur et de l’appréhension. Serais-je en train de sourire ? Mais pourquoi ? Je suis tétanisé et je…je… Pendant un très cours instant… je... j’aurais souri … ?

[♪♫Ses postures, impostures
Elle a pris mon passé mon futur
Écorché, écorché
Avalé, consommé, recraché

Elle veut de la vie en grosses coupures
Enfant de luxure tout ce qu'elle touche brûle ♫]

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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Dim 7 Aoû - 19:25

Leçon 13.08.61:
Fais le beau ~
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Plus elle le regardait, plus elle parvenait distinctement à imaginer ce qui devait se passer en lui, et c'est un fait qui la satisfaisait beaucoup. C'est à dire que les sensations avaient dû être si vives qu'elle en lisait de nombreuses dans l'état où se trouvait son corps désormais : ses emportements avaient eu sur lui un effet flagrant. Le bâillon, déjà, imprégnait dans son visage l'inconfort et la détresse ; de toute évidence son insuffisance respiratoire devait lui être douloureuse. Sans nul doute aurait-il donné beaucoup pour pouvoir s'en défaire, mais tant que cela n'attentait pas à sa vie, elle n'avait aucune raison valable pour lui permettre un tel soulagement. D'autre part, ses yeux bordés de larmes – qui ne la quittaient plus – trahissaient une peur viscérale de par l'état de leur pupille, et s'il se voulait parfaitement immobile par sa mâchoire hermétiquement close sur le tissu malmené et par la crispation de ses muscles, elle ne pouvait manquer de discerner l'envergure de son agitation, et il tressaillait au moindre contact.

Surtout, il ne se rendait pas compte du point auquel il se faisait bruyant : Aleksandra s'étant calmée, elle était revenue à lui imposer un silence glacial entrecoupé de déclarations sans appel. Mais lui, qui suffoquait, peinait à déglutir, à demeurer immobile, à développer son attention au-delà du désordre de ses pensées et de la complainte de ses organes malmenés et appelant l'air et le repos, respirait plus lourdement qu'un bovin. Et donc, devant un visage brûlant, perlé de sueur, haletant par une gorge obstruée, elle devinait la sensation de claustration dans son propre corps. Et pourtant, elle croyait à peine à quel point il abandonnait ses propres réflexes vitaux pour ne pas risquer de la contrarier davantage. C'était écœurant, et délicieux tout à la fois, de constater l'emprise qu'elle avait sur lui malgré toutes ses folies et ses marques d'irrespect.

Il n'avait pas réagi à ses mots. C'est ce qu'elle attendait, et dans le même temps elle se demandait s'il avait encore suffisamment d'oxygène pour comprendre ce qu'elle lui disait. Quoi qu'il en soit, elle était finalement très satisfaite de la tournure des choses, et de voir la peur qu'elle était en mesure de lui inspirer flattait une part obscure de son ego. Voulant pousser la torture un peu plus loin, elle durcit davantage ses traits à dessein de lui laisser douter qu'il ait réagi correctement et peut-être voir dans ses yeux mourir un petit quelque chose le temps d'un instant. En réalité, son humeur qu'il avait très justement deviné mouvementée aurait pu la pousser à rire d'une joie véritable tant il était pitoyable à regarder. Elle laissa glisser le bout de ses doigts sur sa cuisse pour sentir combien cet effleurement, qui dans un autre contexte aurait presque pu être tendre, était en mesure de crisper davantage le muscle et de lui dicter comment se mettre.

Il était bâillonné – cela signifiait que quoi qu'il arrive il était incapable de lui répondre, de l'insulter : elle pouvait bien lui dire ce qu'elle voulait, il l'écouterait sans flancher et n'oserait pas défaire par lui-même la contrainte qu'elle lui avait imposé. Il était impuissant, il était à elle, voilà tout, et il devait se faire à cette idée. Elle entreprit d'ailleurs d'encourager cette absence de résistance, à sa manière c'est à dire plus par la menace que par la récompense, comme suit : lorsqu'elle en eut assez d'insister sur cette cuisse, elle ramena sa main à son visage qui était à ce point proche du sien désormais. Elle posa un doigt délicatement sur la part de tissu du bâillon dépassant de ses lèvres et imprima une très légère pression sur celui-ci. Il aurait suffi d'un geste, il aurait suffi qu'elle enfonce sans pitié sa main dans cette bouche sale en lui écartant les deux mâchoires pour l'étrangler et faire pendre le tissu au fond de sa gorge, le plongeant de nouveau dans la panique. Il était à sa merci.

« J'aime mieux cela. »

Son doigt dériva du tissu à ses lèvres et elle en suivit le contour, frôlant la chair rosée de son ongle aiguisé. Quelle ironie, il devait probablement sentir sa salive dégouliner le long de sa gorge et pourtant il était dans l'incapacité d'humidifier ses lèvres : elles devenaient plus sèches avec le temps qui passait et l'effort de ses mâchoires qui étaient par la force des choses écartées. Elle humidifia les siennes du bout de la langue sans le quitter des yeux. Rendre ce bâillon plus confortable n'était pas une chose très difficile à faire en fin de compte. Il suffisait de lui infliger bien pire – ainsi, une fois qu'elle aurait cessé, il lui semblerait que de ne supporter que ce bout de tissu serait une véritable libération. Mais avant cela, elle voulait lui parler, laisser les secondes s'écouler pour banaliser cette semi torture qui lui était infligé. Il avait l'air de lutter, de peiner à comprendre ses mots, à demeurer conscient et présent. C'était une parfaite occasion de lui réciter sa première leçon : les mots viendraient résonner dans sa tête sans qu'il ne puisse se permettre de s'y opposer. En étant focalisé sur sa respiration, il ne pourrait être que plus réceptif aux affirmations et incapable d'établir un raisonnement pour la contredire, n'est-ce pas ? De toute façon, elle ne lui demandait pas de comprendre, mais d'apprendre. De toute façon, il s'était déjà livré à elle pieds et poings liés, et elle dictait les règles.

« Tu t'es engagé à une occupation d'un siècle minimum. Tu t'en souviens ? C'est la raison pour laquelle tu es dans cette désagréable position. Tu as toi-même pris cette décision. Tu n'avais aucun droit de te plaindre, aucun droit de lutter. Je ne tolère pas de débordement, je ne tolère pas la désobéissance. Tu comprends, n'est-ce pas ? C'est pour ton bien, il ne t'arrivera rien de bien si tu t'opposes à moi. Tu vas t'assagir, tu vas être bon élève et devenir un gentil garçon. »

Elle avait élevé un peu la voix pour s'assurer qu'il l'entende malgré le fait que son existence soit si bruyante, mais l'adoucissait un peu plus à chaque mot prononcé comme si celui-ci était aussitôt dit, aussitôt appris.

« Parce que tu n'es qu'un garçon de plus, Siegfried, tu sais ; tu aurais pu être très différent de ce que tu es, mais tu as voulu jouer au con et voilà où tu te retrouves. En maison de correction, mais je vais te mettre dans le droit chemin. Tu te rends compte tout le temps que tu as gâché à vouloir te mettre au dessus des autres ? Tu as blessé beaucoup de gens. Je ne sais pas si tu as une mère, mais elle aurait beaucoup souffert en voyant comment tu as tourné. Heureusement que je suis là. Tu n'es qu'un chien, mais si tu es sage, j'essaierai de te trouver un reste d'humanité pour te réhabiliter un peu. »

Elle avait adopté un nouveau comportement, qui n'était que factice mais elle le jouait plutôt bien. Elle mimait la compassion, comme si elle souffrait de le voir ainsi quand vraiment c'était le fait de son propre jeu. Elle vint glisser doucement ses doigts dans ses cheveux et lui caresser le dessus du crâne, comme on le ferait d'un chien ou d'un enfant – cela importait peu. Ce qui comptait, c'était que le geste était sans violence, et qu'il devrait l'endurer, et l'apprécier bien malgré lui.

« Tu m'appartiens, Siegfried. Ça aurait pu ne jamais arriver si tu n'avais pas foiré ta vie entière. Je suis bien désolée que tu te retrouves là, mais à présent je n'ai d'autre choix que de te prendre sous mon aile. Tu vas apprendre à te taire, à être reconnaissant, à obéir et acquiescer, à ne pas montrer d'irrespect, à ne pas me provoquer. Tout ce que l'enfance aurait du t'enseigner, mais tu n'as pas du avoir de mère digne de ce nom. Mieux vaut tard que jamais. C'est une lourde responsabilité mais il faut bien que quelqu'un s'en charge. »

Elle vint ensuite lui caresser la joue, puis essuyer de son visage les larmes qui y avaient coulé. Après la luxure dont elle avait fait preuve, après son obstination démesurée à dévorer du regard ses lèvres, elle se montrait désintéressée, presque attentionnée. La caresse vint se perdre cependant jusqu'à sa gorge, qu'elle prit, sans appuyer, au creux de sa main. Elle vint poser un baiser sur sa joue, avant d'exercer une légère pression, insuffisante pour empirer sa respiration mais non moins menaçante, contrastant avec les projets qu'elle venait de lui exposer. Elle n'avait cessé de jouer la douceur, mais son attitude changea sensiblement. Elle vint lui murmurer quelques mots à l'oreille sur un ton bien moins gentillet, et d'ailleurs presque indécent.

« J'ai entendu des choses sur les effets de la strangulation et de l'asphyxie sur le plaisir sexuel, tu me donnes envie de vérifier cette thèse. J'ai envie de faire de toi mon jouet, et c'est bien la moindre des choses pour repayer tout ce que je fais pour toi. Ne t'en fais pas, j'ai l'intention de te garder en état, je repousserai tes limites mais je n'ai pas pour intention de les dépasser – ce serait contre-productif. »

Elle relâcha son cou, ne voyant l'intérêt de faire double emploi quand déjà le bâillon suffisait à l'affoler et à contraindre l'oxygénation de sa cervelle, et laissa aller sa main en caresses supplémentaires sur le torse qu'elle avait maltraité un peu plus tôt. Il était à elle, entièrement à sa merci. Elle voulait le sentir frémir au moindre contact, craindre pour sa vie, craindre le moindre de ses battements de cil, et ne pouvoir résister à son emprise. Il avait déjà perdu la raison après tout, alors à quoi bon se retenir. Elle voulait le posséder, jouer avec lui, le voir répondre à chacun de ses appels, bien malgré lui, bien obéissant et tout tremblant de peur et de désir, un désir qu'il ne contrôlerait pas. Elle aimait le parcourir de ses mains sans rencontrer aucun obstacle, et sans y mettre aucune violence.

« Il est un bon moyen de me convaincre de t'ôter ce bâillon. Tu as envie de t'en débarrasser n'est-ce pas ? Ce serait aussi dans mon intérêt. Alors laisse-moi te donner un bon conseil : ne me contrarie pas. »

« La haine, ça ne s'expire pas, ça asphyxie un peu chaque jour. » ► T. De Montaigne
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MessageSujet: Re: [R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou   Ven 19 Aoû - 10:53

L’envie d’arracher ce bâillon me serre le cœur au point de me donner envie de vomir mais je suis incapable d’oser le moindre geste de peur de voir ce morceau de tissu s’enfoncer plus loin dans ma gorge si je venais à la contrarier. De l’air, juste un peu d’air pitié, c’est tout ce que je voudrais… Juste pouvoir respirer un peu. J’ai la sensation d’avoir la gorge et les poumons en feu à cause de ce manque d’oxygène. Mes muscles réclament l’air dont ils manquent et ne cessent de se contracter toujours plus fort et de plus en plus douloureusement. J’ai l’impression que mon corps veut se tordre dans tous les sens et c’est tant bien que mal que je lutte pour rester le plus immobile possible alors que ma cage thoracique ne cesse d’être martelée par la toux et entraîne dans sa violence le reste de mon corps.
Sa main revient sur ma cuisse avec un contact qui me parait plus doux et cette sensation de douceur tend davantage ma jambe que le geste précédent. Le reste de mon corps se tend à son tour lentement et de plus en plus fort, comme si le stress me rongeait et me consumait à petit feu. Mes muscles se relâchent presque aussitôt que le contact est rompu et si le bâillon n’y avait pas fait obstacle, j’aurais certainement laissé échapper un soupir de soulagement, et ce, le plus discrètement possible afin de tenter de dissimuler mes émotions. Mais suis-je encore en état de dissimuler quoique ce soit alors que je trésaille au moindre mot ou au moindre geste de sa part ? Je tremble complètement, je suis incapable de respirer ou de tousser comme je le voudrais et mes larmes coulent depuis déjà trop longtemps à cause de la torture infligée. Le plus difficile dans tout cela est de se rappeler que ce n’est probablement que le début… Lorsque ses doigts approchent de mon visage, je ne peux en détacher mon regard et empêcher mes yeux de s’écarquiller sous l’effet de l’appréhension. Ma mâchoire se serre alors que paradoxalement, elle voudrait pouvoir s’ouvrir assez pour pouvoir se débarrasser de ce qui la gêne… Et c’est alors que Madame vient poser son doigt sur le tissu et cette seule menace tendit mon corps d’un seul coup à l’idée de manquer davantage d’air. La pression est d’une faiblesse inquiétante et je ne peux que fixer cette main en redoutant l’action à venir. Ma gorge se serre et mon envie de vomir s’accentue. Je ne peux qu’espérer que cela reste une envie car ma gorge ne tolèrerait pas plus… Madame déclare mieux apprécier mon attitude mais je n’en fais rien. Là n’est pas la question en cet instant. Ma seule obsession est l’air qu’il me manque. Son doigt se retire et la tension de mes muscles diminue. J’ai cette horrible sensation d’être un pantin entre les mains de son marionnettiste. Et j’aurais pu avoir un rire nerveux suite à une impression de déjà vu, lorsque je fus le bourreau et non la victime…
Son doigt glisse près de mes lèvres ouvertes et je ne cesse d’appréhender plus de violence de sa part. Lorsqu’elle passa sa langue sur sa bouche, l’impression de n’être qu’une proie s’en défense vient à s’accentuer et à donner encore plus de rythme à mon cœur qui a déjà bien trop de mal à suivre. La toux coincée dans la gorge continue de me marteler sans relâche et mes mains tremblent à l’envie d’arracher le bâillon au fond de ma gorge. Mes doigts malmènent les draps pour contenir leurs pulsions et s’enterrer un peu plus dans le manque d’air. Et Madame reprend la parole sur une voix plus élevée mais aussi plus douce par instant. Elle me rappelle que j’avais signé pour un siècle d’occupation et ce qu’il reste de mon orgueil le regrette. J’avais voulu faire le fier, montrer que je ne redoutais rien toutefois, Madame a bien su faire comprendre que nous n’étions en rien égaux et que je valais bien moins qu’elle. Cela me rappellerait presque quelque chose… Ma fierté est étouffée par la peur et je ne peux rien contre si ce n’est faire au mieux pour adoucir mon châtiment. Je ne suis que le chien qui sera battu jusqu’à ce que la leçon soit acquise. Je n’ai que le droit d’apprendre. Rien de plus. Rien de moins. Si la situation avait été différente, le terme « Gentil garçon » m’aurait fait sourire car ça n’a jamais été vraiment mon genre. Toutefois, je présume que ma nouvelle éducation ne m’en laissera pas le choix. Garçon ou chien, tout ne sera que leçons et punitions jusqu’à ce que le résultat voulut soit atteint. Elle n’aura aucune difficulté à lever la main sur moi afin de me remodeler pour que ce que je suis devienne ce qu’elle veut que je sois, pour que ce qu’il y a de détestable, pour ne pas dire haïssable en moi, devienne tolérable.
Je n’étais qu’un garçon de plus à passer entre ses mains et sous sa tutelle qui, si elle tient du lavage de cerveau, passe par l’asphyxie des idées contraires. J’aurais pu être différent, les faits sont indéniables. Tout comme elle pourrait ne pas être celle qu’elle est en cet instant. Mais Madame semble parfaite alors, que suis-je pour me permettre de la critiquer, elle qui s’imposerait presque comme mon nouvel oxygène ? Rien qu’un garçon parmi tant d’autres. Un garçon qui avait joué aux cons avec la mauvaise personne. Et la mauvaise personne comptait bien me remettre sur le droit chemin. Le temps perdu à vouloir me mettre au-dessus des autres ? Si je n’étais pas en train de cracher mes poumons, ni de pleurer à moitié en tentant de respirer tant bien que mal, j’aurais peut-être eu un sourire nerveux. Je n’ai jamais eu souvenir d’avoir perdu du temps à une telle chose. Enfin, comment pourrais-je contredire les faits officiels et mon ancien uniforme ? Qui aujourd’hui accepterait une version officieuse et un masque ? Et puis, ce n’est pas comme si je voulais réellement en parler… En un sens, je ne regrette rien et dans un autre, je regrette au point de vouloir tout effacer pour essayer une autre solution sans la même finalité… Et si je n’avais fait que blesser… Ma mère ? Souffrir ? Dieu que j’aurais voulu pouvoir laisser échapper un rire nerveux. Je n’ai jamais associé le souvenir d’un visage à ce mot… J’ai toujours eu le souvenir qu’Erika et moi avions grandi seuls, si l’on exceptait Cölln, sous la tutelle des humains s’occupant de la ville et notre éducation pouvait changer du tout au tout du jour au lendemain. Il y avait ensuite eu Gilbert avec qui les relations furent tendues au début mais… je n’ai pas vraiment souvenir de quoique ce soit d’autre. Mais s’il s’avère que mes souvenirs soient exacts, n’est-ce pas un juste retour des choses que de ne pas remplir le rôle de gentil garçon si une mère ne remplit pas son rôle ? Je pourrais presque en être certain… Mais Madame se déciderait alors à prendre ce rôle ? Et si le rôle s’avère être joué désormais, ne suis-je pas dans l’obligation de laisser tomber mon costume de mauvais garçon ? Retrouver ce qu’il reste de mon humanité ? Quelle sainte mission… Si Madame se concentrait un peu, elle pourrait la voir autour de mes yeux… Toutefois, je ne suis probablement qu’un idiot de clébard qui pourra se vanter d’avoir une maîtresse attentionnée et dévouée à sa mission. Qui dois-je remercier pour un tel Présent ? Qui dois-je prier pour obtenir une éducation plus douce ? Car je ne suis pas certain de pouvoir endurer un tel traitement de manière continue… Cependant, je présume que c’est en soit « normal ». Après tout, il faut rattraper une éducation qui aurait dû avoir lieu il y a plusieurs siècles et que de ce fait : « Aux grands maux, les grands remèdes »… Mais suis-je vraiment si atteint pour devoir endurer un tel traitement ? J’espère seulement y survivre…

[♪♫I know I’m walking contradiction
I’m the truth that you wish was fiction
And it's hard cause I know you hate me
I just wanna disappear
I’ve been on a self-inflicted mission
To destroying everything I’m giving
Thank God that you finally found me
Cause you got to get me out of here

I can’t take anymore ♪♫]


Sa main glisse dans mes cheveux pour une caresse aussi douce que tendre, contrastant violemment avec les gestes qui avaient précédés. J’essaye presque d’en profiter et aurais peut-être pu fermer complètement les yeux si la douleur n’était pas si violente. Et je lui appartiens désormais… Il n’est plus question de liberté et de volonté, seulement de possession et d’obéissance. J’ai la sensation que le collier autour de ma gorge est d’un coup beaucoup plus lourd…Si je n’avais pas redouté le moindre mouvement, j’aurais peut-être saisi ma croix de fer comme par réflexe. C’est à mon pays que je voulais appartenir et me dévouer, pas à elle. Mais n’est-ce pas une honte que de vouloir servir ce que l’on a de cher alors que notre vie n’est qu’une succession d’échecs ? Personne ne veut être entouré d’incompétents après tout… S’entourer de tels boulets alors que l’on veut avancer, cela revient à s’assurer une défaite totale.

« J’aurais comme une sensation de vécu. »

Madame est compatissante à mon sort et voit peser sur elle la contrainte d’une mission difficile mais nécessaire. A partir de maintenant, j’allais apprendre et la liste me semble ne jamais vouloir s’arrêter. Ces mots résonnent dans mon crâne autant que l’écho de ma toux étouffée. Que ne donnerais-je pas pour un peu de répit et un peu d’air ? Toutefois, tout ce que Madame liste me semble déjà bien acquis… Enfin, le fait qu’elle ajoute ce « me » souligne que ces règles ne la concernent qu’elle. Qu’importe que j’eus montré un tel comportement avec autrui par le passé, cela ne compte pas. Il n’y a plus qu’elle aujourd’hui. Il ne doit y avoir plus qu’elle. Mon enfance est remise en cause et Madame veut s’imposer en tant que mère sans retenir de critique envers celle qui aurait dû se charger de mon éducation. En tout cas, elles deux ont désormais un point commun car si un enfant ne peut choisir sa mère et l’éducation qu’elle lui donnera, sa mère, elle, peut décider d’avoir un enfant et choisir la méthode qu’elle désire pour qu’il devienne conforme à ses attentes. Je n’ai pas envie de devenir un autre… Je n’ai pas envie de ne plus me reconnaitre dans le miroir lorsque je m’y reflèterais… Après tout, si je ne me reconnais plus, il devrait en être pareil pour autrui, non ? Je ne veux pas finir abandonner…

« Tu n’es qu’un idiot. Le simple fait qu’elle porte du rouge t’avait pourtant mis la puce à l’oreille : tu as vendu ton âme au Diable en signant ce contrat. Et rien ne sera en mesure d’annuler ta signature soignée. »

J’aurais aimé pouvoir soupirer. Mais l’enjeu de ce contrat est tel que je ne peux revenir en arrière. Je ne peux pas, je ne dois pas. Surtout pas. Je n’ai pas le choix. Je dois le faire, peu importe ce qu’il m’en coutera… Sinon, ce sera pour une toute autre raison que je ne pourrais plus soutenir mon propre regard dans le reflet du miroir…

[♪♫You took my pride
You took control
It's not that sacred anymore
Give back what’s mine
Give back my soul♪♫]

Une caresse sur la joue et sa main essuie mes larmes à la façon de celle d’une mère. Enfin, je crois. Par réflexe, je ferme les yeux. Je ne peux nier une nouvelle fois le côté agréable de ce contact après tout le reste. Toutefois, la caresse ne compense pas la douleur de la respiration. J’avais beau avoir choisi de subir le bâillon, je ne pensais pas qu’elle s’emporterait au point de manquer de m’étouffer avec. Je regrette que l’air soit quelque chose d’aussi vital… J’aimerais ne plus avoir à respirer pour réduire ma peine mais je refuse d’y laisser ma peau ainsi. Et quand bien même je le voudrais, Madame ne me laisserait certainement pas si bien m’en sortir. La caresse glisse doucement jusqu’à mon cou pour s’en emparer et exercer une peur écrasante supplémentaire alors que sa force n’en est rien. Un contact sur la joue qui ne manque pas de me faire tressaillir, celui d’un baiser pour le moins inattendu. Une marque d’affection soudaine alors que la main présente autour de ma gorge devient un peu plus lourde, poussant mon corps à se tendre à l’idée de se faire étrangler alors que l’air est déjà si rare. Je ne veux pas de cette sensation de manque d’air qui ne cesse de me rappeler cette nuit-là. D’autant plus que je n’ai rien pour me défendre cette fois-ci… Aucune arme à feu pour signaler ma détresse et réclamer de l’aide…
Son souffle me caresse l’oreille et ses mots viennent me tendre d’un coup alors que mes yeux s’écarquillent violemment. Si je ne réduisais pas mes mouvements au maximum, je l’aurais sûrement repoussée par réflexe… « les effets de la strangulation et de l'asphyxie sur le plaisir sexuel »… Je tremble un peu plus à cette simple idée et mes larmes viennent assiéger mes yeux derechef, comme si elles en appréhendaient la douleur à venir. La pression sur ma gorge me parait soudainement plus forte et je suis incapable de savoir si elle a effectivement accentué sa force ou si tout n’est qu’imagination… Quoiqu’il en soit, je refuse de continuer la nuit ainsi… Je ne veux pas manquer d’air davantage… Je ne tiendrais jamais sinon… Il n’en est pas question… Surtout pas… Surtout pas pour… pour…

« Pour une première fois ? Tu viens de vendre cette première fois au Diable alors crois-tu avoir encore ton mot à dire ? Tu as voulu jouer les fiers avec le premier baiser et montrer que tu n’avais pas peur, banalisant complètement la suite des événements pour ne pas dire que tu l’ignorais totalement pour te préserver toi et ce qu’il reste de ton orgueil. Je me demande quelle serait sa réaction si elle le découvrait… »

La voix avait changé. Elle n’avait plus rien de cette horreur grave et agressive. Elle était plus faible et plus douce. On aurait presque cru une voix d’enfant… mais qu’est-ce que je dis ? Je n’y comprends plus rien… Il n’y a que nous deux… Pourquoi aurais-je… Je ne comprends plus rien… Mon attention revient sur ses mots et sa main sur ma gorge. N’être qu’un jouet en contrepartie de mon éducation ? L’idée me parait aussi tordue que malsaine… L’envie de vomir me reprendrait presque… Ne pas dépasser mes limites ? Madame est trop gentille… Il y aurait bien des choses en moi pour lesquelles elle éprouverait le minimum syndical de respect ? Bien sûr que non, elle veut seulement être à l’origine de quelque chose de productif.
Mon cou est soudainement libre mais ma gorge ne peut toujours pas accueillir l’air qu’elle désire. Les doigts glissent doucement sur mon torse et mes muscles se tendent à leur approche et contact avant de se détendre un peu une fois la menace écartée. J’essaye toujours tant bien que mal de respirer avec ce foutu bâillon et de contenir ma toux incessante. Il est pourtant si simple d’ordonner à son bras de venir près de sa bouche pour en arracher le tissu contraignant. Mais j’en suis incapable. Je n’ai pas envie de voir ce truc s’enfoncer encore plus dans ma gorge. La douleur y est déjà bien trop vive pour que je veuille l’accentuer.
Madame m’apprend alors qu’il existe un moyen de la convaincre de me retirer cette fichue entrave et la probabilité que ce moyen me plaise frôle l’inexistence. Mais aurais-je vraiment l’envie de ne plus la contrarier ? Ou ne le ferais-je simplement pas par réflexe avant de réaliser mon geste ? Cet oxygène qui me reviendrait soudainement ne ravivera-t-il pas des idées étouffées ? Ne serais-je pas tenter de reprendre l’attitude que j’avais avant le bâillon ? Je ne redoute pas ses coups mais je craindrais de finir à nouveau étouffé à la première contrariété. D’autant plus que Madame semble avoir envie de tester des méthodes loin de me faire envie… Ma gorge se serre un peu plus par réflexe rien qu’en y pensant…
Je ne sais pas quoi faire… Je veux refuser, tout rejeter et repousser loin tout en sachant que je n’ai plus ce droit, tant par ma signature que ce que je veux obtenir. Abandonner serait lâche de ma part étant donné je ne suis pas le seul concerné par ce contrat toutefois… je ne peux m’empêcher de me demander si cela ne dépasse pas mes capacités. Quoiqu’il en soit, Madame n’acceptera jamais que je revienne en arrière alors… autant se faire une raison, non ? Si je veux pouvoir tenter quelque chose pour Elle, pour Nous, je n’ai pas le droit de faire demi-tour. Je dois juste accepter et endurer. Alors, et si pour commencer, je me rendais les choses plus agréable en me faisant plus docile ? Comme un chien voulant se faire pardonner sa bêtise aux pieds de son maître. Je n’en sais rien… Mes envies contraires achèvent ce qu’il me reste de raison, ce que le manque d’air n’a pas tué… Je ne sais pas quoi faire… Je pense blanc, mais aussi noir. Je redoute que les faits se reproduisent, comme au moment où elle mentionnait pour la première fois le bâillon. J’avais envisagé un instant de me calmer et avais fini avec cette boule de tissu au fond de la gorge. Je n’ai pas envie de me laisser faire toutefois, c’est sûrement ce qu’il y a de mieux pour moi… Une nouvelle toux vient me marteler plus brutalement… Et si je commençais par retrouver mon souffle ? Cela serait un bon début…
Ses mains poursuivent ses caresses et les miennes serrent toujours nerveusement les draps. J’essaye d’en faire abstraction. Plus elles passent et repassent, moins je finis par me tendre sous le contact. Comme si je me faisais à cette soudaine idée de douceur malgré la douleur qui parcoure mon corps. Peut-être pour contrebalancer, qui sait ? J’ai envie de serrer la mâchoire mais finis simplement par laisser tomber ma tête sur le côté, l’ignorant complètement du regard. Je tente de profiter du calme pour reprendre le contrôle de ma respiration. Si je pouvais l’ignorer, je le ferais sûrement. Toutefois, ses doigts aussi menaçants que doux sont là pour me rappeler sa présence, tout comme le bâillon au fond de ma gorge me rappelle son autorité. Une autorité douloureuse et étouffante.
Rendez-moi mon oxygène Madame, que je vois si je redeviens le vilain garçon que j’ai semble-t-il toujours été ou si au contraire, je deviendrais l’enfant que vous aimeriez que je sois, quand bien même je ne puisse nier avoir une préférence pour une de ces options…

[♪♫I don’t wanna breathe, I don’t wanna die
I can’t feel, I’m paralyzed
I’m not taking this tonight
Give me back my life

I can’t breathe I can’t fight
I wanna feel like I’m alive
I’m not taking this tonight
Give me back my life♪♫]


_________________

Qui baigne ses mains dans le sang, les lavera dans les larmes.
Proverbe allemand.
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[R18] Leçon 13.08.61 : Fais le beau ~ | Moscou
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