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 De l'autre côté du mur... [Berlin Est Fini !]

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Berlin Est
Capitale à tendance Schizophrène
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Messages : 48
Date d'inscription : 16/11/2013
Age : 780

Tout sur une nation. ♪
{ Nom Humain.: Siegfried Hohenzollern
{ Fiche de relations.: http://thats-the-earth.forumactif.org/t134-vos-numeros-de-matricules-s-il-vous-plait-berlin-est#556
{ Fiche de présentation.: http://thats-the-earth.forumactif.org/t95-de-l-autre-cote-du-mur-berlin-est-wip#307

MessageSujet: De l'autre côté du mur... [Berlin Est Fini !]   Sam 16 Nov - 12:03











Ost-Berlin
Berlin Est . Siegfried Hohenzollern . Masculin . Européen. Allemagne ; Prusse; Autriche ; Hongrie ; et autres pays germaniques . Valshe. Capitale à tendance Schizophrène .
DC IDN . Aucun  . Vous ~ . Vous le savez déjà ~ . 4.5 /7 . Bière.


. Ce à quoi je ressemble .

T'a pas assez d'une photo ? Bon ok, je vais me décrire. En bon allemand, je suis blond aux yeux bleus. Mes cheveux courts sont toujours désorganisés contrairement à ceux de mon petit frère Ludwig qui sont toujours bien coiffés en arrière. Mon visage est assez fin. Tout comme le reste de ma carrure. Je suis loin d'avoir les muscles de mes deux grand-frères mais j'ai tout de même de quoi me défendre. Et puis, la muscu, ce n'est pas vraiment mon truc. Quand on est une capitale, on doit mettre une petite priorité sur le côté administratif. Pour ce qui est de ma taille, je mesure environ 1m80.

Pour le côté vestimentaire, je l'avoue, si je ne supporte pas une chose c'est bien de ne rien avoir autour du cou. Qu'il s'agisse d'une cravate ou d'un ras du cou, il me faut obligatoirement quelque chose. J'ai développé une certaine allergie aux écharpes. Ce n'est pas la peine de m'en offrir. J'ai également les oreilles percés.
Bien évidemment, lorsque je travaille, je porte l'uniforme. Je pourrais porter le même que Ludwig mais, je n'aime pas franchement le vert. J'ai donc décidé de faire mon propre uniforme. Il n'a rien d'officiel mais c'est celui que je préfère porter. En cas de réunion, je suis capable de faire un effort pour ma tenue. Enfin, je crois. Ma tenue est donc composé d'une chemise grise et d'une cravate rouge. La veste, ornée de jalon et d'épaulières dorées, ainsi que le pantalon sont tous les deux noirs. Oui je ne suis pas vraiment adepte des couleurs... Je préfère être un peu discret dans mes tenues.
Quand je travaille, j'aime être bien habillé. Lorsque je vais traîner dans les rues,c'est autre chose.

Dans ce cas-là, j'aime bien porté les premiers vêtements qui me tombent sous la main. Autant je n'aime pas que mes uniformes portent la moindre trace de poussière ou qu'un fil dépasse, autant mes jeans sont tous troués au point que certains mendiants doivent être plus habillés que moi. Mais j'aime bien mes vêtements déchirés. Ils ont cette bonne odeur de vécu. J'ai une préférence pour les pantalons un peu large. J'aime me sentir à l'aise. Mais ça m'oblige à mettre des ceintures ou des bretelles. Mes T-shirts et pull sont dans le même état que mes pantalons. J'adore admiré l'air dépité de Ludwig quand je le croise habillé comme ça.
Nan je plaisante. Je dois bien avoir une tenue dans un état décent. Je crois même qu'il y en a deux. Trois ?... Scheiße... Ich weiß nicht...Je dois en avoir bien plus en fait.

Niveau accessoire, j'ai mentionné le fait que mes oreilles étaient percées donc oui, il m'arrive de porter des boucles. J'aime également porter des gants, des mitaines voire des bagues car, comme pour mon cou, je ne supporte pas d'avoir les mains nues. Vous me verrez donc rarement, pour ne pas dire jamais, sans. Oui je me lave et dors avec. ça ne me gêne pas le moins du monde.

Je suis également tatoué à l'intérieur du bras gauche. Ce qui est tatoué ? Mon groupe sanguin dans un style gothique. B. On avait pas encore le rhésus à l'époque et quand on les a découvert, on ne les a pas ajouté. Mais s'il vous intéresse, le mien est +. Pourquoi ce tatouage ? Tous les SS en avaient un comme ça, s'il y avait besoin de fournir des soins aux SS blessés, on pouvait connaitre immédiatement leur groupe sanguin. Toutefois, à la fin de la guerre, les Alliés se sont servis de ses tatouages pour repérer les SS qui s'étaient cachés dans les rangs de la Wehrmacht et qui tentaient d'échapper à leur sentence. Je cache le mien avec un bandage ou un pansement en fonction de l'humeur ou de ma tenue.
Mais il n'y a pas que cela. J'ai aussi de vieilles cicatrices à l'intérieur des coudes. Injections pendant un séjour en Russie contre mon gré en 1968. Je refuse d'en dire plus, vous en savez déjà trop.

. Et dans ma tête ? Je crois qu'on est deux .

Comment suis-je mentalement ? Hum... ce n'est pas une question très évidente. Pour commencer, je dirais stratège car j'en ai connu des grands tels que Frédéric II de Prusse ou encore le Führer, bien qu'ils étaient très différents, et j'ai beaucoup appris des élaborations de plans d'attaques à leur côté. Notamment qu'on pouvait avoir les français en recourant exactement aux mêmes méthodes sans qu'ils ne s'en doutent.
Ensuite, que pourrait-il y avoir ? Ah oui. Bien évidemment, j'ai fait mention du Führer et je suppose que vous savez ce qu'il s'est passé à cette époque, n'est-ce pas ? Eh bien à cette période, j'adhérais aux idées de cet homme. J'avais des idées et un comportement anti-sémite. Enfin, depuis mon enfance, on me faisait chasser et persécuter les juifs alors ces idées étaient déjà ancrées en moi. Elles le sont toujours un peu d'ailleurs mais se faire condamner pour crime contre l'humanité et surtout recevoir de remontrances de la part de membre de ma famille après la guerre m'ont poussé à faire des efforts envers la communauté juive. Je ne dirais pas que je n'ai plus de pensées de ce type, ce serait mentir. Mais je fais des efforts pour changer d'attitudes et de comportements.
Je vous mentionnais la période de la Seconde Guerre Mondiale et comme je vous l'ai dit, j'étais au côté du Führer parmi les SS. J'ai donc appris de nombreuses techniques de tortures, manipulations et autres choses guillerettes pour lesquelles j'ai développé un certain goût. Je vous promets de ne tuer personne. Enfin, tant que celles-ci ne me cherchent pas de noise ou qu'on ne me cache rien. Ayant baigné dans une forte propagande, je m'y connais un peu aussi en mensonge.
Il m'arrive également d'avoir des tendances pyromanes parce qu'entre les incendies et les autodafés, je m'y connais un peu.

Je ne suis pas sûr d'avoir donner les points les plus positifs alors je vais me rattraper un peu. Je reconnais avoir présenté deux hommes comme étant différents mais ils avaient pourtant un point commun. Leur amour pour les arts et en particulier la musique. Frédéric II m'a initié à la flûte traversière et le Führer m'a fait connaitre de nombreux compositeurs et opéras que je ne connaissais que vaguement. Vous me surprendrez rarement en train de jouer. C'est quelque chose que je fais lorsque je suis seul généralement ou lorsqu'on me le demande pour les gens qui sont au courant.
Ensuite, je suis très attaché aux membres de ma famille. Lorsque vous êtes privés de ceux qui vous sont chers, vous remarquez à quel point vous teniez à eux et vous ne voulez plus jamais voir cela se produire. A ce sujet, on ne m'a pas mis du plomb dans la tête pour me le faire comprendre mais autre chose et la leçon, bien qu'inutile, est très bien passée.

Ajoutons un petit quelque chose que notre petit berlinois ne sait pas et dont il n'a pas conscience. Notre demi-capitale a quelques troubles du comportement plus connus sous le nom de Troubles Psychotiques Brefs. Ces troubles sont caractérisés par des hallucinations, des idées délirantes mais aussi un discours désorganisé ou un comportement grossier, voire désorganisé. On peut aussi noter une perte de volonté ou un émoussement affectif. Ces symptômes ne sont pas forcément tous réunis mais aide au diagnostic ~
Ce type de crise dure au minimum une journée et n'excède pas un mois.

Ce type de trouble n'est pas plus expliqué par des troubles de l'humeur ou schizo-affectif ni par un schizophrénie. On pourrait croire que c'est presque un peu bâtard. Oh et, normalement, ce type de crise ne se produit qu'une fois dans la vie d'un individu. Mais si plusieurs veulent connaitre un Berlin-Est dans cet état, on peut toujours d'arranger pour lui en programmer d'autres ~

Berlin n'en a pas conscience non plus et il a déjà eu des hallucinations de type auditive dans le passé. Si vous lisez attentivement son histoire,vous la trouverez. Il n'en parle qu'une fois mais ne s'en souvient d'ailleurs plus.

Ainsi s'achève la visite guidée du cerveau de Berlin-Est ~



[♪♫ We are
We are mistaken
We are the voices
Inside your head ♪♫]




. C'est moi, et alors ? .

Ce que j'aime : Bière - Les membres de sa famille- Les lieux situés en hauteur - Jouer au casse-brique - Les engins de démolition

Ce que je n'aime pas : Les russes - Tout ce qui a un rapport avec le monde du bâtiment (oui même la petite truelle là) - ???

En bref : Menteur - Lunatique - Sarcastique - Incohérent - Manipulateur - Pyromane
. Il était une fois, une capitale et un mur [1237-1938].

~ Les opinions de Berlin ne sont pas les miennes et je suppose que je n'ai pas besoin de préciser à quel sujet ~

Vous êtes certains de connaitre mon histoire ? J’ai une sœur, pourquoi ne pas lui demander à elle ? Je vous raconterai après là où nos histoire diffèrent. Et pourquoi m’embêter alors que de nos jours, il y a internet et ses merveilles ? Peu fiable ? Ma mémoire me joue des tours, je ne peux pas vous garantir la vérité non plus. Vous savez ce qu’on dit, on raconte bien ce qu’on veut. On vante nos réussites et on cache nos échecs. Enfin, certains se cachent plus facilement que d’autres. Je pense que vous comprenez à quoi je fais référence.

La première mention de notre nom remonte en 1244. Personne n’a pris la peine de parler de notre fondation. Ne m’en demandez pas la date. Je vous l’ai dit, ma mémoire n’est plus ce qu’elle était. Mais je crois que c’était en 1237. Je sais juste qu’à ce moment, Erika et moi étions unis. La ville se trouvait tout près d’une autre portant le nom de Cölln. Nous tenions plus d’un point de commerce que d’une véritable ville je pense. Enfin, c’est ainsi que je nous voyais. Mais j’étais petit et voir les hommes s’échanger les marchandises étaient assez… intéressant ? Il y avait du passage et de la vie. C’était l’essentiel. Je trouvais toujours quelqu’un pour jouer au besoin lorsqu’Erika s’amusait avec d’autres filles. Enfin, avec près de 3000 habitants à la fin du XIIIème siècle, trouver quelqu’un n’était pas si difficile. Les Hommes ont dû avoir du temps à perdre pour chercher à savoir combien ils étaient à ce moment, non ?

Nous avons très vite grandi et nous sommes vus octroyés le droit de battre la monnaie en 1280. Apparemment, c’était un signe de mon essor économique d’après les historiens. Pour moi, c’était juste rigolo de jouer avec des pièces. On nous confère également un nouveau sceau cette même année. En 1307, nous rejoignons Cölln mais nous restons indépendants l’un de l’autre administrativement.  Nous finissons même par avoir notre propre armée.

C’est peut-être anecdotique mais en 1380, la ville a brûlé. C’était un spectacle assez étrange. Mais je me souviens avoir eu beaucoup de mal à respirer ce jour-là. J’en dirais pas plus.


[♪♫ La nuit transpire,
Je veux qu’on me respire ♪♫]


A partir de 1415, nous sommes passés sous l’influence d’une même famille pour les cinq siècles qui ont suivis : les Hohenzollern. Ils vont régnés tout en d’abord en princes électeurs et margraves, puis en Roi en Prusse, Roi de Prusse et enfin empereur allemand. C’est compliqué les histoires de famille, hein ?

En 1442, Frédéric II annula l'union entre qu’il y avait entre nous et Cölln à la suite d'une révolte des patriciens, contraints de faire allégeance aux margraves du Brandebourg. Il s’est approprié au passage  les terres au nord de l'île de Cölln pour s’y faire construire un château. En 1448, j’ai connu ma première crise d’ado comme on le dirait aujourd’hui. Je me suis soulevé contre Frédéric II et en réponse à mon comportement, il a fait assiéger la ville. A bout de vivres et privée du secours, il a fallu rapidement capitulé… La cours s’est ensuite installée chez nous et en 1486, Jean le Cicéron, neveu de Frédéric II, fit de la ville sa résidence principale. Oh, et ce même homme, j’ai oublié de le mentionner, qui a instauré un impôt sur la bière. Mais c’est surtout à lui que nous devons notre statut de capitale. C’est la classe, non ? Nous le devenons officiellement en 1486 alors que nous avons à peine deux siècles et demi.
Toutefois, il y avait un revers à la médaille. La population augmentait rapidement, la pauvreté aussi. En 1510, on m’a dit que c’était la faute des juifs. J’ai pas cherché à en savoir plus. J’étais encore un gosse. On m’a dit que c’était leur faute et qu’il fallait s’en méfier. Quand j’ai demandé pourquoi, on m’a répondu que j’étais trop petit. J’ai pas insisté. Certains ont été brûlés, d’autres décapités. Le reste a été chassé de Berlin. Ils ont été « innocentés » au bout de 30 ans et ont pu se réinstallé après paiement d’une amende. Mais ça a recommencé en 1573 et pour un siècle cette fois-ci. Ja… rien qu’à l’époque, on n’a pas attendu un certain moustachu. Le gaz n’existait peut-être pas mais on avait déjà le feu.

En 1618 débute la guerre de Trente Ans pour se terminer, comme son nom l’indique, trente ans plus tard. Oui, nous, on est logique. On ne se vante pas d’une guerre d’un siècle. Mais la ville, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, a connu pas mal de perte. La population a pratiquement était réduite de moitié. En 1671, Frédéric Guillaume, qui a obtenu le pouvoir en 1640, met en œuvre une politique d’immigration et de tolérance religieuse et a hébergés 50 familles juives fuyant l’Autriche. Je dois avouer que j’étais déboussolé. Ami ? Ennemi ? Homme lambda ? Je ne savais plus quoi penser d’eux.  En 1685, des français viennent s’installer chez nous. En 1700, 20% de la population est française et l’influence de leur culture n’était pas négligeable.

En 1701, Frédéric III se fait couronner Frédéric Ier roi en Prusse et décide, en 1709, d’unifier plusieurs villes à la nôtre. La capitale devint ainsi plus grande. J’en ai profité pour passer un peu de temps avec mon grand-frère Gilbert que je voyais très peu à l’époque. Je me disais que lui me dirait bien ce que les Hommes ne veulent pas me dire. Et puis, j’étais certain qu’il nous aiderait à devenir une grande capitale. J’ai écouté tous ses conseils avec attention. M’en souvenir, c’était un peu plus dur. La naissance du Royaume de Prusse au cœur du Saint Empire Romain permettra à celui-là d’atteindre son apogée lorsque notre petit frère s’effondrera sous les assauts de Napoléon. C’est beau les histoires de famille, hein ? Je n’étais pas conscient de cela à l’époque mais je me dis qu’être une capitale, c’est un peu moins dangereux que d’être un pays. Enfin, ça a fait un beau cadeau à mon autre frère Ludwig. Nous avons gardé une partie du Saint Empire avec nous en quelque sorte tout de même non ?
En 1717, la scolarité générale obligatoire est instaurée. Je ne vous cache pas ma joie. C’était de l’ironie, hein ?
Frédéric Ier fit également construire de grandes barrières en bois autour de la ville. Ce roi se fit également une grande armée qu’il n’utilisa jamais. Quelqu’un peut m’expliquer l’intérêt ? Même Gilbert avait dû mal à le comprendre.

Arrive ensuite, en 1740, Frédéric II. Un homme fort cultivé et très bon stratège. Aucun intérêt pour les femmes cependant. Ja, il préférait les hommes. Le pire, c’est qu’un homme à moustache s’est servi de son image pour propager ses idées alors qu’il avait fait exterminer de nombreux homosexuels. Vous voyez où je veux en venir, hein ? Enfin passons. Nous n’en sommes pas encore là.
Comme je le disais, Frédéric II excellait dans l’art de la guerre et il s’est beaucoup battu pour conserver la Silésie. La ville en a fait les frais. Pendant la Guerre de 7 ans, qui a débuté en 1756, les armées russes et autrichiennes ont occupées la ville le 9 octobre 1760. Si leur Tsar n’était pas intervenu à temps, la Prusse aurait certainement connu un destin beaucoup plus tragique.

En 1786, succède à Frédéric II, Frédéric-Guillaume II. Il n’a pas fait grand-chose. Il a délaissé les activités militaires de notre pays pour se concentrer sur le commerce et la culture. Et contrairement au précédent roi, il était opposé aux Lumières. Peut-être était-il vexé de ne pas en être une ? Il a effectué de plus lourdes répressions et censures que son prédécesseur. Il a également fait reconstruire les remparts de la ville.

Napoléon a fait une entrée triomphale à Berlin en 1806. C’était un 27 octobre. L’occupation a duré près de trois ans. Les troupes françaises sont restés jusqu’en 1808 mais il a fallu attendre 1814 pour que la Prusse soit finalement libre. En plus, les français ont volé le Quadrige de Porte de Brandebourg. C’était celui de ma sœur. Il était du côté Ouest. Oh, et en 1812, les Juifs peuvent accéder à tous les emplois. Ces pauvres gars ont la vie dure quand même.
En 1813, les troupes du Tsar arrivent.  Le 17 mars, Frédéric-Guillaume III déclare la Guerre de Libération contre la France. En 1814, les troupes prussiennes font leur entrée à Paris. Ça leur apprendra. Le Quadrige fut ramené de manière triomphale chez nous. En 1815, les troupes de notre grand-frère participèrent à l'écrasement de Napoléon à Waterloo. La Prusse a enfin pu retrouver son rang de grande puissance européenne. Ça ne me touche pas personnellement mais à l’époque, j’étais bien content du sort que venait de subir les français par rapport à ce qu’ils nous avaient volés.
En 1824, notre ville connait une forte croissance économique. C’était plutôt pas mal pour nous à ce moment. Et deux ans plus tard, on installe des premiers éclairages au gaz. Si on avait su ce qu’on ferait plus tard avec du gaz…
A partir de 1844, niveau économie, ça n’a pas été top. La Prusse, alors très industrialisée, en souffrit. Un quart de la population en fit les frais. Notre municipalité a alors entrepris de grands travaux d'utilité publique. Ça occupait les chômeurs qui ne restaient pas à rien faire.
La Révolution industrielle vient à atteindre les États allemands. S’en est suivi un exode rural massif. La population de Berlin qui était de 200 000 a doublé. La capitale de Prusse que ma sœur et moi représentions rejoignit Londres, Paris et Saint-Pétersbourg dans le classement des quatre villes les plus peuplées d'Europe.  Nous avons eu notre première ligne de chemin de fer le 22 septembre 1838 : la Berlin-Potsdamer Eisenbahn.

1848 est marqué par notre révolution berlinoise qui représente tournant dans l'histoire du royaume puisqu'il s'agissait du premier mouvement ouvrier. Chose qui s’est d’ailleurs produite en parallèle l’amorce du processus d'unification des états allemands. Beaucoup de sang à couler durant cette révolution. Novembre 1848, 13000  soldats prussiens entrent dans la ville et est suivi de la proclamation de l’état de siège jusqu’à juillet 1849. J’avoue, avec ma sœur, on s’est pris une sacrée remontrance de Gilbert.

En 1861, Guillaume Ier monte sur le trône de Prusse. Il a suspendu davantage la censure de la presse. Dans l’année 1862, le sujet de l’unité allemande était très présent. Gilbert s’est encore battu avec Roderich. En 1867, la Confédération d’Allemagne du Nord née et est présidée par la Prusse. Entre 1860 et 1870, la ville a connu un nouvel essor et il y a eu une crise du logement. Les limites de la ville sont repoussées et le centre s’axe autour des commerces et bureaux. Entre 1870 et 1871, l'essor de la puissance de notre grand-frère Gilbert inquiétait la Francis. Napoléon III nous a déclaré la guerre et a entamé le conflit avec légèreté. Il en a payé le prix fort à Sedan, où son armée fut encerclée et anéantie. Ce fut la chute de l'Empire français. Oui je n’avais toujours pas digéré pour le Quadrige de ma petite sœur.

L'Empire allemand fut proclamé le 18 janvier 1871 dans la Galerie des glaces du château de Versailles. Francis nous donna gentiment l'Alsace et la Moselle qui devinrent Terres d'Empire et dut payer une indemnité de 5 milliards de francs or. L'Empire allemand était à présent la plus grande puissance du continent européen. Je ne le cacherai pas, j’étais très fier de mes deux frères !

En 1871, ma sœur et moi sommes donc désormais la capitale de l’Empire Allemand !


Bien évidemment, montée en grade rime avec plus privilèges et d’honneurs ! Mais aussi de responsabilité. La ville prend de l’importance tant sur le plan politique qu’industriel !
L’économie a connu ce qu’on appellerait aujourd’hui un boom  mais bien évidemment, cela n’a pas duré longtemps et a été suivi d’un krach boursier qui la fit ensuite stagner.

Vous savez quoi ? En 1877, nous avons dépassé le million d’habitants !
Le 13 juin1878 signe l’ouverture du Congrès de Berlin. Les nations européennes se sont réunies chez nous pour parler des Balkans. Arthur et Roderich, soutenu par Elizaveta, demandent en effet de revoir les termes du traité de San Stefano qui avait mis fin à la guerre entre la Russie et l’Empire Ottoman, sous peine de déclarer la guerre à Ivan. Ils ont redécoupés les Etats Balkans à leur guise sans trop se soucier de quoique ce soit. Enfin, comment aurait-il pu prévoir ce qu’il allait se passer par la suite ?
Le premier tram électrique du monde est allemand et a été créé en 1879. Deutsche Qualität.

Le 26 février 1885 a lieu une nouvelle conférence chez nous au sujet du partage du continent africain. Je ne vous explique pas la prise de tête pour donner à chacun ce qu’il veut. Il y avait seulement 14 pays d’Europe et les Etats-Unis prêts à se taper dessus pour un petit bout de terre.

En 1888, nous avons changé de souverain à trois reprises. En effet, Guillaume Ier nous a quitté, Frédéric III a pris la relève pendant 90 jours puis Guillaume II a suivi.


Nouveau siècle, nouvelles idées. En 1901, le parti socialiste révolutionnaire est fondé et ce nouveau parti provoque beaucoup d’agitation. On voit même ce que l’on appellerait aujourd’hui des débuts de terrorisme politique.
Entre 1911 et 1912, Berlin est unie aux villes de Charlottenburg, Schöneberg, Wilmersdorf, Lichtenberg et Spandau ainsi qu´aux circonscriptions administratives de Niederbarnim et de Teltow pour former le syndicat de communes du Grand-Berlin. Oh et désormais, à l’intérieur des limites de notre ville, nous sommes plus de deux millions. Je me demande où se cache le gars qui s’amuse à compter tout le monde. Si je le trouve, je lui volerais ses feuilles pour rigoler.
Mais sinon, pour se faciliter la tâche, pourquoi on ne tuerait pas une personne à chaque nouvelle naissance ? Ça éviterait les comptes. Nein ? Ja, je vous l’accorde. Ça serait sûrement difficile à organiser. Ce n’était qu’une proposition comme une autre pour se faciliter la vie.

1914. Cette année n’a aucun secret pour qui que ce soit. Tout le monde sait qu’il s’agit du début de la Première Guerre Mondiale. Toutefois, au début, la mobilisation pour cette guerre s’est faite dans l’enthousiasme. Bien évidemment, ça n’a pas duré longtemps. La famine a été très présente durant cette guerre. Faire venir des vivres et provisions pour tout le monde était plus que difficiles. A ce qu’il paraît, 150 000 personnes ont souffert de la faim. J’en ai compté moins. Mais dans un bureau ou juste sur le chemin de la maison, on ne peut pas voir tout le monde non plus. Et quand on ne peut aider personne, pas la peine d’aller se promener les mains dans les poches devant eux pour leur donner de faux espoir. Je savais pertinemment que certains allaient crever sur les trottoirs.
Et tout ce que j’aurais pu faire pour les aider, c’était leur tirer une balle entre les deux yeux pour abréger leur souffrance. Je préfère regarder un cadavre qu’un être condamné d’avance.

Au fait, au début de la guerre, l’armée allemande aurait, en Belgique et en France, fait un massacre nommé plus tard « Les atrocités allemandes de 1914 ». Toutefois, rien ne le confirme réellement. En effet, certains crimes réels auraient été amplifiés et détournés par la propagande. Pas de pitié pour son adversaire lors du combat. Tous les moyens sont bons pour gagner et faire croître la peur et la haine de l’autre. Je ne vous dirais rien à ce sujet pour ma part. Considérons cela comme un petit secret. Et puis, des atrocités, je vous en réserve pour plus tard. Faites-moi confiance.


La ville, à cette période, a également connu pas mal de grèves. Le mouvement de grève dans l'industrie métallurgique nous aurait nous aurait presque mis dans une situation délicate militairement parlant. En clair, plus grand-chose n’allait bien ici. Je crois que je n’ai jamais été aussi heureux de voir que nous étions deux pour gérer la capitale. Une personne seule se serait certainement suicidée. Oh nein, on ne peut pas. Nous subissions également les conséquences d’un blocus maritime organisé par la Royal Navy. L’arrivée des Etats-Unis nous a donné encore plus de problème.

Arrivé en 1918, et je crois que nous ne sommes pas passés loin de la guerre civile cette fois-ci ou d’une situation de révolution semblable à celle de la Russie. Fin septembre, le commandement de l’armée voit que notre défaite est inéluctable et cherche à convaincre notre souverain de changer de chancelier, chose qu’il fera le 3 octobre. Le prince Max von Baden est à la tête du gouvernement dont le cabinet est composé de plusieurs partis comme celui des socio-démocrates qui accèdent pour la première fois à des responsabilités ministérielles. Du côté extrême-droite, la ligue Pangermaniste proteste contre la démocratie et l’influence supposée des juifs. Ja, encore eux. Mais ne commencez pas à vous en plaindre maintenant.
Le 4 octobre, après sa prise de fonction, Von Barden fait transmettre une demande d’armistice mais les Etats-Unis refusent de traiter avec notre roi actuel et ordonne son abdication avant toute négociation. Personnellement, comme beaucoup d’autres, je ne croyais plus en la défaite de nos adversaires et trouvait la décision de notre nouveau chancelier plus que raisonnable. Nous étions tous fatigués par cette bataille qui semblait ne pas vouloir finir.
Le 28 a lieu ce que l’on appelle la Réforme d’Octobre : la constitution impériale est modifiée et cet évènement marque le passage à un Régime parlementaire. Pour faire simple, le chancelier obtient plus de responsabilités tandis que le pouvoir de l’empereur est plus limité. L’accord du Reichstag devient nécessaire pour déclarer une guerre ou un armistice. Le lendemain, les marins de la base militaire de Kiel refusent d’appareiller pour mener une opération et il s’en suivit les mutineries de Kiel. La révolution n’était pas prête de s’arrêter. Le mouvement prend de l’ampleur au fil des jours et le 4 novembre, un conseil ouvrier se veut prêt à signer la paix mais demande l’abdication de notre souverain. A Munich, je n’y étais hélas pas mais un homme aurait appelé à prendre le contrôle de la ville ce qui a été fait sans grande difficulté. Heureusement que ça ne s’est pas fait chez nous.  
Le 9 novembre 1918,  le mouvement a atteint notre capitale. Les ouvriers occupent les bâtiments publics et les soldats, en nombre insuffisant, ont fini par les rejoindre. J’ai fini par en faire autant. J’étais fatigué de la guerre et les révolutions, ça ne me déplait pas tant que ça. Surtout si je peux casser ou brûler de la paperasse que je n’avais pas envie de traiter. Je suis quelqu’un de normal, oui. Je préfère m’amuser que de bosser, comme tout le monde. Ce même jour, le chancelier reçut un appel de la plus haute importance. Guillaume II, qui était en Belgique à ce moment-là, abdiquait. Friedrich Ebert devient alors chancelier.
Vers 14h, un homme nommé  Philipp Scheidemann décide de prendre la tête de la révolution pour ne pas la laisser exploser et, à la fenêtre du Reichstag, proclame la République Allemande ! Et vers 16h, le même jour, un autre homme, Karl Liebknecht, hisse un drapeau rouge au balcon du château royal de Berlin et proclame quant à lui la République socialiste libre d'Allemagne. Là, je l’avoue, je me suis dit qu’on allait avoir un problème.
Le nouveau chancelier a désapprouvé d’emblée le comportement de Scheidemann car il voulait laisser le choix du régime politique de notre pays à une assemblée constituante.

Le 11 novembre, l’armistice est signé. Tout est désormais fini. Mais à quel prix me direz-vous ? Nous avons perdu près de deux millions de soldats et civils. C’est moins que d’autres, certes. Mais ça reste non négligeable. C’est comme si nous avions perdu toute la population de la capitale. Effrayant, non ? Nous aurions presque pu être une ville fantôme. J’en ai des frissons. Bien que cela concerne plus Ludwig que moi-même, je vais tout de même faire l’état des lieux de notre pays après cette fin de guerre. Je vais donc aborder les principaux points du Traité de Versailles nous concernant. Pour commencer, l’Alsace et la Lorraine sont restitués à la France et nous l’Allemagne perd 1/7ème de son territoire. Nous perdons également nos colonies et voyons notre territoire scindé en deux par le couloir de Dantzig mais également démilitarisé. Nos colonies nous ont été retirées et nous sommes condamnés à de lourdes réparations car jugés les seuls responsables de ce conflit. Nous leur devions la modique somme de 132 milliards de marks-or. La somme n’a d’ailleurs été fixée qu’en 1921 et nous n’en avons payé que 22,8 milliards jusqu’en 1932. Je crois que je ne me suis jamais senti autant exploité. Heureusement que nous n’avons pas eu à payer l’intégralité de la somme à cette époque.

Je vais vous épargner les ennuyantes affaires de politique car je doute que cela vous intéresse. Allons à l’essentiel, ce sera plus simple. La gauche était assez divisée à cette époque et les tensions ne font que croître au fil du temps. Les combats entre détachements de l’armée se multiplient dans nos rues et une division de 3000 marins venus de Kiel se veut agir comme un corps révolutionnaire. Le 23 décembre, les marins forment une mutinerie après avoir occupé le château qu’ils occupaient et ne manque pas de prendre un otage au passage dans les écuries  royales avant de s’emparer du château de la chancellerie. Il y eut de violents combats bien évidemment avec tout cela entre les marins et les troupes de l’armée. Le lendemain, l’armée fait sa contre-offensive et ouvre le feu. Il y aurait eu 68 morts et blessés. On appellera de cette affaire comme celle des combats de Noël.

Le 4 janvier 1919, le chef de la police Emil Eichhorn est renvoyé car il avait refusé de participer à la répression des marins lors des combats de Noël en se mettant en grève. Son attitude avait été jugée de peu fiable par le chancelier Ebert. Bien évidemment, ce renvoi n’a pas manqué de mettre le feu au poudre. L’extrême-gauche décide d’organiser une manifestation et le lendemain, la foule s’avère être plus importante que prévue mais aussi plus combative. Certains manifestants, armés, prennent le contrôle de bâtiments dont celui d’un journal, qui avait publié des articles hostiles à l’égard des spartakistes, et construisent des barricades. Ja, à cette époque, je n’avais pas encore de problème avec les barricades. Il y eut ensuite un appel à la grève qui eut lieu le 7 janvier. 500 000 travailleurs manifestaient dans le centre de la ville ce jour-là. Moi, j’étais en train de chercher le gars qui s’amuserait à les compter. Nein, je ne l’ai pas trouvé. Mais comment vouliez-vous que j’y arrive avec autant de monde dans les jambes, hein ?
Le ministre Gustav Noske fut chargé de la répression du putsch et fait appel aux forces de plusieurs bataillons. Le 6 janvier, face à l’ampleur du mouvement, le gouvernement demande des pourparlers de demande la libération des partis occupés. Le 11, l’armée reprend les bâtiments occupés. Cette révolution appelée aujourd’hui Révolte Spartakiste a bien évidemment eu pour conséquences de nombreuses morts.
Le 19 janvier 1919, l’Assemblée Constituante allemande est élue. Le lendemain, elle vote la loi sur le pouvoir provisoire, qui fait office de constitution avant l'adoption de celle qui sera définitive. Et le lendemain encore, Ebert est élu Président du Reich par les députés. Il charge alors Scheidemann de former un nouveau gouvernement qui succéda au précédent le 13 février.

De nombreux évènements ont également eu lieu en Bavière mais je ne vous embêterai pas avec cela. D’autant plus que j’aimerais revenir un peu sur le Traité de Versailles. Vous savez ce fameux Diktat comme on dit chez nous. La population n’a pas manqué de protester son indignation. Le 14 août 1919, la Constitution du Reich Allemand aussi nommé Constitution de Weimar entre en vigueur. Le nouveau régime portera également ce nom par la suite. Le contexte de 1918-1919, ainsi que la forte présence de Juifs dans les rangs révolutionnaires, va profondément marquer l'opinion nationaliste. Je vous laisse deviner ce qui va en émerger.
Le 13 mars 1919, l’armée tente un putsch à l’encontre du Traité de Versailles qui exige sa dissolution. Ils souhaitaient destituer le gouvernement et nommer comme chancelier un certain Wolfgang Kapp mais le putsch avorta.

Le 1er octobre, notre ville a encore grandi. En effet, la loi Groß-Berlin est instaurée et donne une ampleur phénoménale à la capitale en lui ajoutant 7 villes, 59 communes rurales et 27 districts ruraux. Oui, rien que ça. Et notre population est passée à 3,8 millions.

En 1922, Walther Rathenau, ministre des Affaires étrangères, fut assassiné chez nous. 500 000 auraient défilé à son enterrement. Mais où se cache ce gars qui les compte sérieusement ?

En 1923, la situation a commencé à devenir critique. La situation économique du pays ne cesse de s’aggraver un peu plus jour après jour. C’est à cette période d’ailleurs que j’ai commencé à porter mes vêtements jusqu’à ce qu’il y ait plus de trous que de tissus. Ce n’était pas si mal d’ailleurs, au moins, je m’y sentais à l’aise. Enfin, il n’y a que pour mes tenues civiles qu’on me laissait faire. Qui aurait laissé le représentant d’une capitale arriver en guenilles ? Faire des économies, c’est pas évident. Mais dites-vous qu’en…septembre je crois, un kilo de pain de seigle coûtait 3,6 millions de marks et un ticket de tramway 150 000 marks le 22 novembre. C’était ainsi dans tout le pays à cause du Traité de Versailles.
Je pourrais vous parler par exemple, même si cela ne concerne pas directement ma ville de certaines petites choses.
Le 11 janvier 1923, les armées française et belge ont envahi la région de la Ruhr. Nous n’aurions versé que 75 000 mètres de poteaux télégraphiques sur les 200 000 mètres que nous devions et on nous reproche aussi des livraisons insuffisantes en charbon. Le manque se montait à 24 millions de marks-or. Le 13 janvier, Cuno, chancelier de 1922 à 1923, réplique en appelant à la « résistance passive » et le 19, il demande aux fonctionnaires de refuser d’obéir aux ordres des occupants…Les troupes responsables de l’occupation ont agi de manière autoritaire et brutale. La répression est sans pitié. Le 31 mars 1923, treize ouvriers sont tués à Essen par les occupants. C’est pas joli, joli hein ? La suite ne le sera pas guère plus, j’en ai peur.
Et à titre anecdotique, cela ne concerne toujours pas la capitale, mais Munich. Le 8 et 9 novembre, un homme accomplit le putsch de Munich aussi connu sous le nom de putsch de la brasserie. Je pense que vous voyez sans trop de peine de qui il s’agit, nein ? Sinon, nous aurons tout le loisir de parler de son « œuvre » un peu plus tard, rassurez-vous.

Notre situation s’est toutefois améliorée en 1924. Le plan Dawes et l’aide des américains nous aident à nous relever cependant, malgré cela, le chômage vient à grandir de manière inquiétante. Mais en 1925, notre économie se reprend et la capitale devient une ville de loisir et de distraction grâce au cinéma ou à la radio ! Notre ville devient même une grande ville industrielle d’Europe.

Mais bien évidemment, ça n’a pas duré. Nous avons été touchés par une nouvelle crise en 1929. Mais ce n’est pas tout ! Un homme du nom d’Adolf Hitler voit son parti accéder à ses premiers sièges au Parlement. Qui aurait pu penser qu’un jour, cet homme passerait de 13 sièges au Parlement à la tête de l’Allemagne ?
Entre 1930 et 1932, la crise n’a fait que prendre de l’ampleur et bien évidemment, les différents partis politiques font de leur mieux pour profiter de la situation et enrôler de nouveaux membres. En 1930, le parti nazi progresse avec 107 députés. Cette victoire aurait été fêtée par le pillage du magasin d’une famille juive. Chacun fête les choses comme il veut, hein ? En 1932, suite aux élections, les violences augmentent et ont fait plusieurs morts. Il y en aurait eu 99 en Prusse entre le 14 juin et le 20 juillet. Le 20 également eut lieu « Coup de Force de Prusse » ou « Preußenschlag ». En utilisant comme prétexte les violences qui avaient eu lieu, Von Papen convoque Severing, ministre prussien de l’intérieur, et lui annonce que le président à mis fin au gouvernement socialiste de Prusse. Hindenburg nomma le chancelier Franz von Pappen, qui proclama l'état d'exception à Berlin. Je ne vous prendrais pas la tête avec ça, c’est très embêtant à expliquer.
En décembre, il y avait cette année-ci, 630 000 chômeurs et nos rues sont le théâtre de confrontations de plus en plus violentes.

Puis arriva le 30 janvier 1933 et la nomination d’Hitler au rang de chancelier par le président Hindenburg. Je crois que l’on peut dire sans se tromper qu’il s’agit d’un grand tournant dans l’Histoire de notre pays. Cet homme, je ne le cacherai pas, m’inspirait peu de confiance. Enfin, c’était surtout sa moustache. J’avais vraiment du mal avec elle. Autant lui, pour moi, il n’était qu’un homme parmi tant d’autres qui ferait son temps. Mais alors sa moustache… Je crois que c’est ce qui fait que je ne supporte pas la barbe de trois jour où autre. Mais att… Ah non, c’est vrai. Je ne me suis jamais rasé. Je me sens soulagé d’un coup. Enfin, je vous épargne la rencontre que j’ai eu avec notre nouveau chancelier.
Dans la nuit du 27 au 28 février de la même année, le Reichstag a été incendié. Bien évidemment, un coupable a été arrêté. Il s’agit d’un néerlandais du nom de Marinus van der Lubbe. Un communiste qui plus est. Il n’en fallut pas plus pour interdire les partis de gauche et Hitler obtient les pleins pouvoirs. Mais dites-moi, pouvez-vous garder un secret ? En réalité, c’est ce que nous avons voulu faire croire. Ce pauvre gars n’avait rien fait. En fait, c’est moi qui ai brûlé le Reichstag conformément aux ordres qu’on m’a donné. Ce fut une expérience…particulière ? Ça m’a rappelé l’incendie que notre ville avait connu lorsqu’Erika et moi étions plus jeunes. Enfin, en beaucoup moins important bien évidemment. J’étais attaché à ce bâtiment et le détruire m’a apporté une sensation vraiment indescriptible. Si on m’avait dit que ce ne serait pas la première fois que je jouerais avec le feu, je n’y aurais sûrement pas cru.

Je pense, vu ce qui va suivre, qu’il est important de vous parler de ceux qui n’ont pas eu que quelques ennuis à cette époque. Pas la peine de vous faire un dessin n’est-ce pas ? En 1933, on comptait environ 160 000. Non, je ne les ai pas comptés. C’est encore ce mec planqué dans un coin que je ne vois jamais qui l’a fait. Mais j’y pense ! Rencontrer cet homme qui s’amuse à compter le nombre d’habitants, de manifestants ou de morts doit bien passer par chez nous pour nous remettre ses données ! Il faudra que je guette son arrivée afin de pouvoir enfin le rencontrer et savoir en quoi c’est amusant de compter les gens. Mais je m’éloigne. Je disais donc 160 000 juifs dans notre jolie capitale soit 4% de la population. D’emblée, ils ont été la cible du régime et en mars, ils ont perdu l’accès aux emplois prestigieux comme ceux de médecins. Début avril, le boycott des magasins tenus par les juifs est entamé. Les berlinois ont interdiction d’entrer dans un magasin de ce genre. Oh, j’ai oublié de vous parler de la création de notre nouvelle police ! On l’appelle la Gestapo. Et le 21 mars, le premier camp de concentration est construit à 30km de notre ville pour les opposants au régime. Je vous l’ai dit au début, ma mémoire n’est pas toute jeune. J’oublie des choses que je suis obligé de vous dire plus tard. Si ça ne vous convient pas, allez demander à internet de vous raconter mon histoire. Je gagnerai du temps. Vous ne voulez pas ? Vous avez raison. Nous ne sommes pas arrivés au plus intéressant de notre Histoire.
Le 10 mai 1933, devant l’opéra de Berlin, nous avons fait brûler des milliers de livres après une marche aux flambeaux et ce fut le cas également dans d’autres villes d’Allemagne. On parlait de la lutte contre « L’esprit non Allemand ». Il fallait supprimer tout ce que les juifs avaient introduit dans notre belle culture allemande. Les pompiers ont bien participé en recouvrant les ouvrages d’essence afin qu’ils brûlent mieux. Purifier notre Allemagne par un feu sacré était une idée assez plaisante.
Le 14 octobre, notre pays se retire de la Société des Nations.

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1934, même si cela s’est étendu au 2 juillet, a eu lieu ce qui a été appelé la Nuit des Longs Couteaux. Les SA ont bien servi à l’ascension de notre Führer mais toutefois, on ne peut dire qu’ils aient une très bonne réputation. Ils nous desservent plus qu’autre chose. Nous avons donc décidé de purger un peu nos rangs. Juste un peu.
Le 1er octobre, notre Führer ordonne, en secret, la création d’une nouvelle force aérienne et le renforcement de l’armée terrestre et maritime.

Le 16 mars 1935, le service militaire est remis en vigueur et personne ne nous en empêche ou ne s’y oppose.
Le 17 avril, la Société de Nations condamne fermement la remilitarisation de notre pays. Je les déteste. Pourquoi n’aurions-nous pas ce droit ?
Le 15 septembre, nous adoptons les lois de Nuremberg. Ainsi, le drapeau à croix gammée devient notre drapeau national et les juifs perdent leur droit ainsi que leur nationalité. De toute façon, il ne mérite rien de cela.

En 1936, le 7 mars, notre Führer remilitarise la Rhénanie sans se soucier du Traité de Versailles. Et il a bien raison selon moi. D’autant plus que personne ne le lui a reproché ou n’a cherché à l’en empêcher.
Le 24 août, le service militaire est prolongé à deux ans. Notre armée doit être la plus puissante possible ! Nous devons montrer notre puissance au monde !
Mais j’oubliais ! Cette même année, notre beau pays accueille les Jeux Olympiques. Cette année-là, nous avons supprimé toutes les affiches dénonçant la menace juive. Plusieurs pays ont voulu boycotter nos jeux et ceux qui s’y opposaient se sont tournés vers les Olympiades Populaires en Espagne. Barcelone était elle aussi désireuse d’obtenir les Jeux. Toutefois, ces Olympiades n’ont pas eu lieu faute d’une guerre. Dommage, hein ?
Nous nous sommes servis de ces jeux pour montrer la suprématie de notre race mais noter dirigeant en a aussi profiter pour rassurer le reste de l’Europe et apaiser la crainte naissante. Nous avons gagné près de 89 médailles tandis que les Etats-Unis n’en ont que 56.
Fondée en 1926, les Jeunesses Hitlériennes deviennent désormais obligatoires le 1 décembre pour les enfants et adolescents afin qu’ils deviennent de fiers et puissants soldats qui mettront leur force au service de notre nation.  

En 1937, Erika et moi avons fêté nos 700 ans. Nous sommes encore bien jeunes par rapport à d’autres. Ce qui ne nous a pas empêchés de fêter notre anniversaire comme il se doit ! Notre dirigeant a eu une petit pensée pour nous, c’est gentil de sa part n’est-ce pas ? C’est le premier à nous avoir fait une telle cérémonie !
Au fait, vous avais-je dit que les uniformes des SS, de la Wehrmacht et des jeunesses Hitlériennes avaient été fait par Hugo Boss ? Non. Et bien vous le savez maintenant. Nous n’étions pas habillés par n’importe qui, n’est-ce pas ?
Le 5 novembre, dans notre capitale et lors d’une réunion secrète, notre Führer nous parle de ses projets d’expansion de ce qu’il appelle l’Espace Vital Germanique vers l’est. Cet homme pense au bien du peuple allemand. Il sait que nous avons besoin de plus d’espace pour montrer au monde notre supériorité. La race allemande montrera sa suprématie tôt ou tard.

Le 12 mars 1938, Roderich nous rejoint et nous devenons avec Erika la capitale du Reich Pangermanique.
Fin septembre, grâce aux accords de Munich, Francis et Arthur consentent à nous laisser annexer les Sudètes. Notre empire ne cesse de grandir ! Nous ne cessons de devenir de plus en plus puissants !
La nuit du 9 au 10 novembre fut assez… excitante ? Pensez de moi ce que vous voulez mais je suis volontiers les idées de mon supérieur. Nous avons été suffisamment maltraités et il est temps de redorer notre nom. Nous laverons les souillures par le sang s’il le faut. J’ai décidé de participer aux évènements de cette nuit de mon plein gré alors que j’aurais pu rester chez moi, à boire de la bière et à les regarder faire. Nous allons incendier plusieurs synagogues et détruire plusieurs commerces et habitations juives. La police est informée de ce qu’il va se passer et a pour ordre de ne pas s’interposer à ce que nous allons faire. Elle a également reçu pour ordre de préparer des arrestations massives de juifs de préférence fortunés. Nous comptons bien en arrêter au moins 20 000. Nos camps de concentrations sont plus que prêts à les accueillir.
Je ne sais pas comment je pourrais décrire ce que j’ai ressenti cette nuit-là. Détruire les bâtiments juifs qui souillaient la capitale et de ce fait, nos corps à Erika et moi. Faire sauter et brûler ses tumeurs encombrantes et toxiques. Pas le temps de recourir à des anesthésiants et de faire les choses en douceur. Il faut amputer directement et y laisser forcément du sang. C’est pour notre bien. On ne cesse de nous le dire. Ma main guide le feu jusqu’aux boiseries et tapisseries des synagogues. Si ça ne brûle pas assez, j’ajoute une touche d’essence. Je me sers de mon fusil pour briser les vitres et faire exploser ce qui souille notre capitale. Je ne veux plus être sale alors je lutte contre les parasites qui nous ont envahis et qui détériorent notre culture. Notre devoir est de protéger l’Allemagne et la supériorité du sang allemand. Il ne doit plus être dilué avec des sangs inférieurs. En tant que représentant de la ville, je dois m’assurer du bien-être de ses habitants. Tel est mon devoir. Il faut éradiquer tout ce qui peut nous nuire. Pas de pitié pour l’infériorité ! Nous n’hésitons pas à profaner les tombes et à frapper les parasites que nous rencontrons. Ils n’auront pas notre pitié. Ou dans tous les cas, ils n’auront pas la mienne. Hommes, femmes, enfants, vieillards. Tous doivent être châtiés et périr. Que la volonté de mon supérieur soit faite, et que notre capitale soit purifiée. Erika, nous arriverons à se débarrasser de ses vilaines tumeurs. Ludwig, nous ferons de mieux pour nettoyer le cœur de ton pays. S’il est noir, c’est de la faute des juifs. Gilbert, je vais m’inspirer de l’ardeur que tu mettais dans toutes tes batailles pour les éradiquer même si je sais que tu désapprouves les actions de notre chef.
Alors que je cherchais une autre de mes tumeurs, un enfant me rentre dedans en courant. Je l’écarte de mon chemin avec mon pied avant d’ordonner qu’on l’embarque. Il faut se débarrasser des mauvaises herbes lorsqu’elles sont encore jeunes. Son visage était effrayé. J’ignore quelle expression j’affichais pour ma part. J’entends ensuite une femme crier un prénom et le mioche lui répondre. Tout le monde a bien évidemment compris. Dans ma grande bonté, je l’ai faite embarquer aussi. Je ne sépare pas les familles. Je n’aimerai pas être séparé de la mienne. Mais lorsqu’un homme tente de s’en prendre à moi, je fais feu sans hésiter. Je l’ai touché à la poitrine mais sans atteindre le cœur. Je décide de le laisser mourir et d’aller supprimer d’autres parasites.
Nos actions ont duré jusqu’au lendemain. Jusqu’à ce que nous en recevions l’ordre de Goebbels qui a tout d’abord demandé l’aval d’Hitler. Et les troupes de police sont réapparues dans les rues aussi étrangement qu’elles avaient disparu pour cette nuit.


[♪♫ You better run like the devil,
'Cause they're never gonna leave you alone!
You better hide up in the alley,
'Cause they're never gonna find you a home!
And as the blood runs down the walls,
You see me creepin' up these halls.
I've been a bad motherfucker ♪♫]



Le 11 novembre, dans un rapport, le chef de la Gestapo, Reinhard Heydrich dénombre 36 morts et autant de blessés pour l’ensemble du Reich.
Pour un autre homme dont j’ai oublié le nom, il y aurait eu 267 synagogues de détruites ainsi que 7 500 commerces détruits et saccagés. 91 juifs seraient morts et une centaine se serait suicidée.
Un autre encore estime à 25 000 le nombre de juifs envoyés dans les camps.
Pour un quatrième encore, plus de 100 tués, de 20 000 déportés. 7500 boutiques détruites, 101 synagogues brûlées, 76 démolies, et 267 endommagées.
Un dernier parle d’une centaine de juifs assassinés et de près de 30 000 déportés.
Bien évidemment, nous savons tous qui a dit la vérité, n’est-ce pas ?

Les juifs enfermés dans les camps de concentration ont été traités comme il se doit et nous avons tenu l’effectif d’arrestation que nous désirions. Seulement 2000 ou 2500 au total sont morts dans les camps et lors de cette nuit de purification. Nous ferons mieux plus tard, n’est-ce pas ? D’ailleurs, le sale gosse de l’autre fois en fait partie. J’ai reconnu sa mère qui pleurait sur son corps. La garce refusait de le lâcher. Nos hommes ont du s’y mettre à trois pour qu’on puisse se débarrasser du cadavre. Les personnes enfermées ont été relâchées dans les trois mois qui ont suivis.
Nous avons attribué la responsabilité de ce qu’il s’est passé cette nuit aux juifs et les avons condamnés à payer une amende d’un million de marks. Nous avons reçu les indemnités d’assurance qu’ils auraient dû toucher et les propriétaires de commerces ont eu les frais de réparation à leur charge. Ce qui me semble tout à fait logique et justifiable. En effet, si cette race n’avait pas existé, rien de tout cela ne serait arrivé. Ce sont les seuls coupables.
Nous avons également créé de nouvelles lois suite à cette nuit. Nous avons fait fermer les écoles juives, et les enfants juifs fréquentant les écoles allemandes furent expulsés. Nous avons créé de nouveaux impôts pour eux, nous leur avons supprimé le droit de conduire et de prendre les transports en commun. Nous leur avons interdit l’accès aux théâtres, salles de concert ou encore cinéma. Nous avons également pris la décision de ne pas les laisser exercer certains métiers. Ils avaient également pour obligation de ne pas loger dans les immeubles réservés spécifiquement aux allemands. Et encore, je trouve notre dirigeant bien clément de ne se contenter que de cela.


_________________

Qui baigne ses mains dans le sang, les lavera dans les larmes.
Proverbe allemand.


Dernière édition par Berlin Est le Dim 1 Mar - 21:50, édité 14 fois
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Berlin Est
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Tout sur une nation. ♪
{ Nom Humain.: Siegfried Hohenzollern
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MessageSujet: Re: De l'autre côté du mur... [Berlin Est Fini !]   Ven 27 Déc - 21:25











Ost-Berlin

. Il était une fois, une capitale et un mur [1939-1960].

Nous voici désormais en 1939 et on peut dire que cette année fut bien remplie. Je vous laisse juger par vous-même. Accrochez-vous bien car nous autres allemands ne perdons pas de temps inutilement.

[♪♫ This alone, you're in time for the show
you're the one that I need
I'm the one that you loathe ♪♫]


L’année est tout juste entamée que le 5 janvier, notre Führer fait comprendre à la Pologne que Dantzig nous reviendrait tôt ou tard.
Le 14 mars, nos troupes occupent la Bohême et la Moravie et nous occupons la Slovaquie dès le lendemain. Nous savons obtenir ce que nous voulons et nous ne reculons pas devant l’idée de forcer quelque peu la main si nécessaire.
Le 21 mars, notre pays insiste une nouvelle fois au sujet du corridor de Dantzig. Il n’est pas question que les polonais le conserve indéfiniment !
Le lendemain, notre Führer contrait la Lituanie à nous céder le territoire que nous voulions.
Le 23 mars, la Pologne renforce la sécurité militaire de Dantzig. Mais nous ne renoncerons certainement pas pour autant. Les polonais nous rendront notre territoire et nous mettrons tout en œuvre pour y parvenir. Le 26, la Pologne rejette nos exigences. Ils ne perdent rien pour attendre.
Le 27, la Pologne nous menace que le changement de statut de Dantzig sans leur consentement mènera inéluctablement à une guerre. Qu’à cela ne tienne, nous aurons ce que nous voulons. Nous ne céderons pas face à si peu. Mais Arthur et Francis ne compte pas nous laisser faire si facilement hélas. En effet, ils se sont engagés à défendre l’indépendance et l’intégrité du territoire polonais. Je n’ai pas peur. Personne ne surpasse la race allemande. Personne !

Le 20 avril, notre Fürher aimé et respecté fête ses 50 ans. Une immense parade militaire est organisée et j’ai mis toute mon âme dans son organisation. Notre chef avait fait à Erika et moi-même une fête pour nos 700 ans que je n’oublierai jamais et il est plus que naturel de lui rendre la pareille ! Le défilé a duré trois heures ! Trois heures durant lesquelles les SS, suivis de la Luftwaffe, des Panzers et de notre artillerie lourde vont montrer au monde la puissance de notre pays ! Notre pays n’a rien à envier à qui que ce soit !

Le 28 avril, notre chef dénonce les Pacte de Non-Agression Germano-Polonais et le Traité Naval Germano-Britannique. J’ai oublié de vous en parler plus tôt ? C’est vrai ? Désolé, je vous l’ai dit. Ma mémoire, c’est pas tout à fait ça. Laissez-moi donc moi rectifier mon erreur.

Le Pacte de Non-Agression Germano-Polonais, signé le 26 juillet 1934. Le but était de nous engager à ne pas recourir à l’armée dans la résolution de problèmes frontaliers ou économiques entre nos deux pays.
En ce qui concerne le Traité Naval Germano-Britannique, signé le 18 juin 1935, il visait à réduire la flotte allemande au tonnage de 35% de celle de l’armée britannique. Arthur a signé ce pacte avec nous sans en parler à ses Alliés.

Vous savez tout désormais ! On peut reprendre ?

Le 22 mai, nous signons avec l’Italie un pacte d’assistance militaire offensif : Le Pacte d’Acier. Scellant davantage notre union avec les frères Vargas.
Le lendemain, notre Führer annonce à ses généraux qu’il fera la guerre à la Pologne pour régler le problème qu’elle nous pose et qu’elle nous ne posera bientôt plus ! Il n’est pas question de se laisser embêter par des races inférieures !
Le 31 mai, nous signons un Pacte de Non-Agression avec le Danemark puis avec l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie le 7 juin.
Le 26 juillet, nous proposons à l’Union Soviétique une Pacte de Non-Agression. Il est accepté et signé à Moscou le 23 août. Nous nous promettons ainsi une paix de dix ans entre nos deux pays et en profitons pour déterminer le partage de l’Europe de l’Est et notamment de la Pologne.
Le 25 août, les frères Vargas s’avèrent être à la hauteur de leur réputation d’incapables et nous demande un soutien matériel ainsi que des matières premières pour pouvoir s’engager en guerre à nos côtés. Leur chef dénonce également notre alliance avec l’URSS.

Nous n’avons pas perdu de temps en cette année 1939, n’est-ce pas ? Nous avons bien étendu notre influence et notre pouvoir. Nous n’avons cessé de gagner en puissance ! Toutefois, quelque chose vient gâcher cette année. La population juive. Elle est passée à 75 000 personnes uniquement pour notre ville. C’est encore trop ! Mais nous avons de l’ambition. Nous devons étendre notre territoire et purifier l’Europe de la menace juive. Nous avons décidé de commencer par la Pologne. Nous comptions commencer l’offensive le 26 août toutefois, la signature d’un Traité entre la Pologne et le Royaume-Uni la veille a dissuadé notre Führer d’arrêter les préparatifs et les reporte à la fin du mois. Nous avons mobilisé nos troupes le 26 tandis que Francis nous menace et insiste sur le fait qu’il tiendra son engagement auprès de la Pologne. Ça n’a pas d’importance.
Nous lançons un ultimatum à la Pologne le 30, simulons une attaque provenant d’elle le lendemain et l’attaquons le premier septembre sans la moindre déclaration. Notre capitale est le point de départ d’une guerre qui permettra d’affirmer la puissance allemande et de nettoyer l’Europe souillée. Nos fusils cracheront un feu rédempteur et supprimeront les êtres inférieurs. Berlin sera la capitale où aura débuté cette guerre purificatrice !

Le 2 septembre, la France et le Royaume-Uni nous laissent une « dernière chance » pour retirer nos troupes. Notre Führer n’a pas cédé. Cet homme a toute mon admiration. Je suis certain qu’il est capable de faire de notre pays et de Ludwig une grande puissance redoutée et respectée dans le monde ! Erika et moi serons la capitale de cet Espace Vital Germanique promis par Hitler. Je sais que Gilbert désapprouve les actions de notre chef mais peut-être réalisera-t-il son erreur avec le temps. Je l’espère. Cet homme, ce grand-homme ne veut que le bien de la race allemande et de notre fier pays.
Le lendemain, Francis et Arthur nous déclarent la guerre. Je n’ai pas peur. Avec notre Führer et Ludwig face à eux, je sais que nous ne risquons rien.

Je n’en ai eu vent que plus tard mais j’ai été fier de notre Wehrmacht lorsque j’ai appris qu’elle avait trouvé et arrêté des juifs avant de leur offrir le sort qu’ils méritaient. Notre purification est en route et personne ne s’y opposera.

Conformément à son engagement du pacte germano-soviétique, qui est principalement un traité de non-agression, du 23 août 1939, l’armée russe a envahi la Pologne le 17 septembre. Et par ce traité, j’ai omis de vous le dire, nous nous engagions également à ce que la Gestapo livre au NKVD les russes se trouvant en territoire allemand et Ivan nous livrait en retour les autrichiens et allemands antifascistes. Les bons comptes font les bons amis d’une certaine manière, n’est-ce pas ? Et je ne vous cache pas à quel point j’aurais aimé assister aux défilés de nos troupes victorieuses marchant côte à côte dans cette Pologne désormais soumise à nos armées.
Le 25, notre Führer prend la décision d’augmenter les attaques contre les Alliés et il nous faut rapidement transmettre les informations. Je déteste les formalités administratives mais si cela peut faire plaisir à notre chef et faire comprendre au monde la supériorité de notre race, alors je suis prêt à suer jour et nuit pour notre pays, pour Ludwig et pour lui.

Le 28 septembre, nous signons le traité germano-soviétique de délimitation et d’amitié afin de définir la frontière entre nos deux pays maintenant que la Pologne est définitivement sous notre occupation. L’URSS s’engage également à nous verser des matières premières telles que des métaux, du phosphate ou du pétrole. Et toujours des réfugiés politiques bien évidemment. Nous avons aussi pris des mesures en cas de résistance polonaise.

J’ai appris que le 7 novembre, un ghetto a été spécialement créé à Varsovie pour le juif. J’aimerais tellement voir cela mais hélas, je suis trop occupé pour faire le voyage et je préfère rester à la capitale auprès de ma famille et de notre Führer.
Le lendemain, je connais l’une de mes plus grandes craintes lorsque j’apprends qu’Hitler a été victime d’un attentat alors qu’il célébrait à Munich l’anniversaire du Putsch de la Brasserie de 1923 auquel je regrette de ne pas avoir participé à l’époque. Mais je suis heureux qu’il soit sorti vivant de cette tentative de meurtre. Je n’hésiterais pas à me salir les mains pour lui.

Le 24 novembre, à Prague, notre fantastique Gestapo arrête et fusille 120 étudiants. Il ne faut pas laisser pousser la mauvaise herbe. Elle pourrait nuire à l’élévation de notre race et de notre sang supérieur. Le 6 décembre, nos glorieux SS fusillent les malades d’un hôpital psychiatrique et continuent ainsi notre œuvre de purification de ce monde souillé.
Mais j’ai oublié un détail fort important, le 1 décembre, en Pologne, nous avons rendu obligatoire le port d’un brassard avec une étoile aux juifs afin de mieux les repérer. Cela nous facilitera la tâche pour plus tard.


Le 24 février 1940, nous mettons en place le Plan Jaune qui concerne l’offensive que nous consacrons à l’ouest. La tâche est difficile mais

Le 27 mars est décidé la construction d’un camp à Auschwitz et j’ai suivi avec attention sa construction. Ce petit bijou fera des merveilles j’en suis certain !

Le 10 mai, nous mettons en application le Plan Jaune et lançons notre offensive contre l’ouest. Plus précisément sur les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France. Mais contrairement à ce que pouvait penser les Alliés, nous avons peut-être mis beaucoup de force du côté de la Belgique et des Pays-Bas toutefois, il ne s’agit que d’un leurre pour mieux attaquer Francis. Notre armée passe par les Ardennes pour attaquer Francis et nous n’avons pas eu la main légère sur les forces armées que nous y avons envoyées. Ces idiots ne s’attendent certainement pas à nous voir arriver par ici. Notre Führer est vraiment doué pour élaborer des stratégies d’attaques !

A chaque jour qui passe, mon excitation augmente ! Notre domination sur l’Europe ne cesse de s’accroitre de jour en jour. Notre Führer va réussir à faire de nous une grande puissance. Il va nous offrir cet Espace Vital dont il ne cesse de nous parler ! Nous prouverons la supériorité des Allemands sur les autres races et nous nous effacerons toutes traces des juifs sur cette planète !

Le 20 mai, le camp de concentration d’Auschwitz voit sa construction achevée. Nous allons pouvoir entamer les choses sérieuses !

Le 10 juin, les frères Vargas se décident enfin à entrer en guerre face à Arthur et Francis. Il était temps ! Ces pseudos alliés ont mis du temps à se réveiller ! J’espère qu’ils nous seront un minimum utile !

Le 14 juin est un jour de gloire ! Nos troupes entrent dans Paris ! La capitale française est sous notre occupation ! Nous allons retirer leur foutu drapeau bleu-blanc-rouge et les remplacer par les nôtres ! Notre croix porteuse d’espoir pour le peuple allemand ! Nous leur imposons un couvre-feu mais le plus beau est le défilé de notre troupe dans cette ville.
Le 22 juin, l’armistice entre la France et notre Allemagne est signé. Et notre Führer a vu les choses en grand ! Il a fait subir à Francis la honte que notre pays avait connu. L’armistice a été signé dans le wagon où la fin de la Première Guerre Mondiale a été signée ! Notre chef nous a ainsi vengé et a redoré notre honneur !
Le 23, j’ai l’autorisation d’accompagner notre Führer à Paris et je dois vous avouer que je ne pouvais me sentir que fier, heureux et honoré ! Nous avons visité la capitale et n’avons pas manqué de photographier et filmer notre glorieux chef devant la tour Eiffel pour immortaliser sa victoire ! Le monde entier doit se souvenir de la domination allemande sur le monde ! Notre visite a toutefois été très rapide.

Le mois de juillet est également bien rempli avec le début de la bataille d’Angleterre où nous avons envoyé notre Luftwaffe et notre Führer met au point un plan pour un débarquement en Angleterre. Notre Führer fait aussi un discours où il propose la paix au Royaume-Uni et où lui demande de cesser de voire l’Allemagne comme un ennemi mais plutôt comme une grande puissance.
Nous devons vite en finir avec les britanniques car notre respecté Führer veut attaquer la Russie sous peu. Toutefois, l’Angleterre n’acceptera la paix que si l’armée allemande évacue les territoires occupés, que l’Allemagne restaure les libertés détruites et donne des garanties concernant l’avenir. Ces anglais ne sont pas très coopératifs. On ne leur en demandait pas autant pour signer la paix nous.

Le 28 août, le premier bombardement de Londres est lancé et les anglais répliquent en venant bombarder notre capitale ! Ces chiens nous le paieront ! J’aurais été seul, je ne l’aurais sûrement pas aussi mal pris mais Berlin, c’est aussi Erika ! On ne touche pas à ma sœur sans en payer le prix ! Et je suis certain que mes frères le pensent tout autant !

Au début du mois d’octobre, la construction d’un mur autour du ghetto de Varsovie est ordonnée. Pas question de laisser les juifs circuler à leur aise.
Et peu après, la France, sans que nous ne lui demandions quoi que ce soit, déclare des lois concernant le statut des juifs.
Vers le milieu du mois, notre Führer renonce à envahir la Grande-Bretagne. Notre Luftwaffe n’est pas parvenue à occuper l’espace aérien britannique et nous avons essuyé des pertes assez lourdes.
A la fin du mois, un dénommé Pétain annonce la collaboration entre la France et l’Allemagne. L’idée ne me semble pas mauvaise.

A la mi-décembre, notre Führer réfléchit au plan d’attaque contre l’URSS. Je lui fais entièrement confiance pour la stratégie à aborder et à la fin du mois, nous infligeons à Londres un bombardement dont elle se souviendra toute sa vie. A ce qu’il parait, elle n’avait pas connu autant de dégâts que depuis l’incendie de 1666. Joyeux noël.

Le 30 mars 1941, notre Führer nous apprend une nouvelle qui ne manque pas de faire trépigner mon sang d’impatience. Ces mots furent simples. La guerre vers l’est serait une guerre d’extermination. Je vois déjà la scène et je brûle presque d’envie à cette idée.

En mai 1941, celui que nous considérions comme le numéro deux du parti se fait capturer et tente de négocier la paix. Les ordres de notre Führer qui vont suivre seront très clairs. La presse eut pour instruction de dire qu’il avait agi de son propre chef et qu’il était atteint de troubles mentaux. Je ne l’ai plus jamais revu par la suite. Ce n’est pas plus mal. Après tout, personne ne doit se dresser contre notre chef.
Et on a à nouveau bombardé Londres. Oui, on est un peu fâché avec les anglais en ce moment. S’ils voulaient bien nous laisser tranquille, on ne ferait pas tout ça.

Le 22 juin, nous déclenchons les opérations et notre chère Wehrmacht commence son invasion de l’URSS ! Sans grande surprise, Arthur se range du côté d’Ivan et Alfred aussi. Peu importe, nous vaincrons ! La puissance allemande les écrasera tous !

Et notre armée ne me déçoit pas ! Elle avance chaque jour un peu plus ! Bien évidemment, Ivan ne compte pas se laisser faire mais peu importe ! Nous allons lui montrer comment un pays puissant se bat ! Je veux voir les russes s’agenouiller devant notre Führer et Ludwig !

Le 17 juillet, notre Führer nous présente, lors d’une conférence dans notre belle ville, bon un peu abîmée par les bombardements alliées mais elle demeure toujours aussi resplendissante, son projet d’organisation de l’Espace Vital Allemand. L’idée est très simple. Il faut épurer la surface de la Terre. Notre Führer n’oublie pas d’insister sur la domination germanique qui doit s’opérer.
Les mots choisis sont beaux. Extermination. Expulsion. Réduction à l’esclavage. Anéantir. Ces mots sonnent très bien à mon oreille. Que les polonais ou les slaves pour ne citer qu’eux se préparent. Leur fin est proche.

Le 12 août, l’objectif de nos troupes à l’est n’est plus Moscou mais Leningrad. Le Führer a parlé et sa volonté doit être faite. Il a décrété que Moscou tomberait plus tard et trois jours après, les troupes de notre Wehrmacht occupe l’Ukraine.
Le 24, dans notre beau pays, suite à des manifestations, notre Führer est obligé d’arrêter une des opérations lancées il y a à peine plus d’un an et qui consistait simplement en l’euthanasie des handicapés mentaux et des invalides. A quoi bon garder l’inutile et l’encombrant ? La race allemande n’en a pas besoin. Nous ne voulons que des bras forts pour porter nos fusils et des femmes pour donner vie à de vaillants soldats ! Le reste n’a aucune importance. Toutefois, il a fallu stopper l’opération.

Le 15 septembre, nos troupes entament le siège de Leningrad. Le reste de l’URSS ne tardera pas à suivre le même sort ! Et quatre jours plus tard, nous occupons Kiev.
Le 29, en Ukraine, nos troupes abattent près de 33 000 juifs. Le chiffre ne me paraît pas assez élevé toutefois. Mais qu’importe, nous avons le temps de le faire grimper !

Entre fin septembre et début octobre, notre Führer a ramené l’objectif sur Moscou ! Tremble ma belle, tes jours sont comptés ! Notre armée est peut-être quelque peu mal en point mais je ne crois pas à la défaite.
Nous étions bien partis mais la tâche s’avère plus dure que nous le pensions. Entre le froid et l’état de notre Wehrmacht, nous nous heurtons à quelques difficultés. Nous ne devons pas abandonner pour autant. Le sang allemand coule dans les veines de nos puissants soldats. Ils vaincront ! J’ai confiance entre notre Führer pour guider nos troupes. En nos troupes aussi ! Je les sais capables de déjouer le froid, le temps et les contre-attaques ennemies. Rien ni personne ne peut quoi que ce soit contre l’Allemagne.
Le 8 octobre, ouverture d’Auschwitz II qui est plus particulièrement réservé aux prisonniers de guerres soviétiques.
Le 13 octobre, nos armées continuent leur avancée vers Moscou. Sa chute ne tient qu’à un fil. Chaque jour, notre Wehrmacht progresse et dévoile notre puissance au monde entier !

Nous sommes désormais début novembre et Moscou n’est toujours pas allemande. Les russes résistent bien. Nous leur sommes pourtant supérieurs que ce soit par le nombre ou le matériel. Et par notre sang ! Vers la mi-novembre, nos armées ne sont plus confrontées à la boue et nos panzers peuvent avancer sans problème. Enfin !
Ce que nous n’avions pas prévu, c’est l’arrivé précoce du « Général Hiver ». Ce gars aurait dû hiberner un peu plus longtemps. Cela aurait arrangé nos affaires. Nos troupes n’étaient pas préparées pour. Ils n’avaient pas les armes ou les uniformes pour affronter un tel froid. L’uniforme d’été avec un – 50°C c’est un peu léger quand même. Mais je crois en notre Führer, il trouvera une solution ! Nous occuperons l’est ! Nous aurons cet Espace Vital promis !
Notre offensive contre Moscou a finalement été enrayée. Notre Führer ordonne l’arrêt de l’offensive sur Moscou le 5 décembre.

Mais laissons ses évènements fâcheux de côté et parlons de choses plus agréables ! Et j’ai oublié de vous parler de l’une d’entre elle ! Auschwitz et son évolution ! Notre Führer avait contacté l’un de ses hommes d’aménager le camp en vue d’une extermination en masse ! En effet, au début, les exécutions se faisaient au fusil. Ça coutait des munitions et on ne pouvait pas en tuer beaucoup tous les jours. D’autant plus qu’il fallait ensuite se débarrasser des corps qui finissaient souvent enterrer dans des fosses communes creusées par nos chers locataires. Bref, c’était pas très pratique. Puis, nos premières chambres à gaz ont été construites. De vrais petits bijoux. Mais peu efficace au début. Les déportés étaient asphyxiés avec les gaz de pots d’échappement, ça prenait du temps et il fallait généralement finir le travail pour aller plus vite. Il arrivait même que certains reprennent leur esprit quand nos SS les enterraient. J’aurais bien voulu voir leur tête tiens. Ce n’est qu’un peu plus tard que notre cher ami eut l’idée d’utiliser un pesticide pour remplacer les gaz d’échappements : le Zyklon B. Un test a été effectué. Le résultat a été sans attente et n’a pas déçu ! Et par chance, à Auschwitz, se trouvait une grande quantité de ce délicat produit. Le produit a été testé sur des soldats soviétiques et s’avérait efficace même en faible quantité. Ensuite, il suffisait de rassembler les corps et de les brûler en ajoutant un peu d’essence pour aider. Ce n’est qu’un peu plus tard que des fours crématoires ont été utilisés.
J’ai eu la chance de pouvoir me rendre sur place pour en admirer le fonctionnement lors d’une de mes journées de congés. Laissez-moi vous expliquer leur fonctionnement ô combien fascinant ! Tout d’abord, nous faisons rentrer les juifs dans le bâtiment puis les faisions se déshabiller dans une salle avant de les conduire dans la chambre à gaz. Celle-ci était chauffée à une température ma foi très agréable. En effet, les cristaux de gaz ont besoin d’une certaine température pour « faire effet ». Par la suite, les corps étaient ramenés aux fours et on faisait cuire ce petit monde. Je ne vous le cachais pas, en hiver, c’était bien agréable de pouvoir se réchauffer un peu.
Dites, m’autorisez-vous à vous confier quelque chose ? Cela concerne les cendres qu’il restait après avoir fait brûler les corps. J’étais là un jour où l’on nettoyait les fours. Je me suis retrouvé devant un tas de cendres et j’ai laissé ma main en prendre une poignée avant de l’écraser comme si je voulais la réduire un peu plus à l’état de rien. Combien en avais-je entre les mains à cet instant ? Combien en écrasais-je ? Je l’ignorais mais je me sentais puissant. C’était une sensation presque jouissive.
Oh, et vous voulez une anecdote amusante ? J’ai entendu dire que la personne qui a conçu le gaz que nous utilisions était juive. J’aurais aimé la rencontrer pour la féliciter de son travail avant de l’abattre.  

Enfin, avec tous ces petits plaisirs, on en oublierait presque nos projets d’Espace Vital Allemand et ces foutus russes qui refusent de plier. Nos troupes reçoivent l’ordre de résister et de ne pas battre en retraite. Nos hommes doivent résister au froid coûte que coûte ! Notre Führer exige même, s’il le faut, que nos soldats recourent aux obus pour creuser des tranchées et tenir le front malgré le froid et le fait que leur équipement d’hiver ne leur soient toujours pas parvenu. Nous comptions attaquer l’URSS en été l’origine. Pas en hiver. Nous n’avons au final pas réussi à vaincre Ivan mais notre Wehrmacht a prouvé sa résistance en résistant à un hiver russe alors qu’elle n’était pas du tout équipée pour. La supériorité de notre sang n’en est que davantage prouvée ! Nous aurons notre revanche Ivan et cette fois-ci, notre armée sera équipée comme il se doit !

J’ai oublié de mentionner que le 11 décembre, nous déclarons la guerre à Alfred.
Le 19, notre Führer prend personnellement les commandes de notre armée et ne tolèrera aucun mouvement de recul.

Le 20 janvier 1942, dans notre belle capitale, a lieu une conférence qui va changer le monde pour le rapprocher de ce que veut notre Führer. Cette conférence a pour but de préparer ce que notre supérieur à appeler « La Solution Finale ». Je trouve que ces mots sonnent très bien. Les juifs n’ont qu’à bien se tenir. Nous allons nous débarrasser d’eux comme il se doit. Une fois que tout sera décidé et mis en place, nous appliquerons les volontés et ordres de notre Führer à la lettre. Bien évidemment, nous savons quel traitement nous allons leur donner. Nous tenons juste un rapport des objectifs que nous devons atteindre. Les juifs seront donc « évacués » et recevront un « traitement spécial » une fois arrivé sur place. Oui, dans le rapport nous utilisons quelques codes. Sait-on jamais qu’il tombe entre de mauvaises mains.
Bien évidemment, nous n’avons attendu cette réunion pour commencer la purification de notre Espace Vital. Peu importe leur pays d’origine, leur destination sera la même. Entassés dans nos trains tel le plus banal des bétails. Ils payent leur billet et direction nos camps de concentrations. Oui, ces braves gens s’offraient leur ticket vers la mort. Nous payons leur voyage avec ce que nous les richesses que nous leur prenions. Nous ne les nourrissons pas et ne leur donnons pas d’eau non plus. Pourquoi faire ? S’ils ne meurent pas de faim ou de déshydratation, ils mourront une fois arrivés. On peut donc se permettre de faire des économies sur ce point-là. J’ai entendu dire que certains buvaient leur urine pour survivre. D’autres devenaient fous et se suicidaient. Une fois arrivé, certains voyaient leur vie épargnée temporairement pour servir de mains d’œuvre. Pour le reste, les chambres à gaz les attendaient.
Etant donnez que nous renouvelons fréquemment notre main d’œuvre, nous pouvions sans problème sous-alimenter les juifs que nous gardions pour le travail. Nous ne prenions pas la peine de leur laisser l’accès à l’hygiène. Ils se resaliraient le lendemain de toute façon. Et s’ils ne se resalissaient pas en travaillant, cela voulait dire qu’il ne travaillait pas assez et qu’ils méritaient les coups que leur infligeaient nos SS. Nous leur retirons également tous leurs biens car ils n’en ont pas besoin. Pour les surveiller, des kapos étaient également présents. Pour faire simple, il s’agissait d’anciens détenus dont leur niveau de violence était l’une de leur principale qualité.

Fin juin 1942, nous relançons notre attaque sur l’URSS avec l’opération Fall Blau qui succède à l’opération que nous avions lancé précédemment et qui n’avait pas atteint les objectifs que nous avions fixé.

Le 16 juillet est organisé en France une rafle afin de continuer la purification de l’Europe de la menace juive. Nous espérions en attraper environ 30 000 mais n’en avons qu’entre 12 000 et 13 000.

Le 11 novembre, notre armée occupe la « Zone libre » de France.

Passons désormais à l’année 1943.
Le 13 janvier, notre Führer proclame l’état de « Guerre totale ». Pour faire simple, nos objectifs ne sont plus les seules choses concernées. Nous voulons aussi une implication du peuple allemand dans l’économie de nos ressources. La guerre est suffisamment coûteuse et nous ne pouvons pas nous permettre de gâcher ou gaspiller quoique ce soit.
Le 24, notre Führer exige que nos hommes se battent quitte à ce que mort s’en suive pour garder la ville de Stalingrad. Nous ne devons pas la perdre !

Toutefois, début février, le Plan Fall Blau échoue et nous perdons Stalingrad.
Le 18, Goebbels, dans notre chère ville, fait un discours au sujet d’une guerre totale qui nous permettra d’atteindre la victoire.

Le 5 juillet, nous lançons un nouvel assaut contre l’URSS. Il n’est absolument pas question d’abandonner !
Bon, oubliez ce que j’ai dit, l’opération a été interrompue à la mi-juillet. Nous devons recourir à la propagande pour taire notre échec et de ce fait, je ne dirais rien à ce sujet.

Le 8 septembre, les frères Vargas capitulent. Cette décision a été très mal perçue cher nous et la réaction fut sans attente. Nous avons fait des prisonniers italiens dont nous avons exécutés une large partie et avons affrontés par endroit notre ancien allié.
Le 10, nous occupons Rome et le lendemain, nous avons tous le nord sous notre domination. Nous désarmons les soldats et en dirigeons vers nos camps.

Le 13 octobre, les frères Vargas osent nous déclarer la guerre. Ces traitres vont nous le payer cher.

Pour ce qui est de l’année 1944, l’évènement dont j’ai eu le plus de mal à me remettre fut l’attentat qui visait notre Führer. Il a eu lieu le 20 juillet. Je travaillais à la capitale ce jour-là. Lorsque l’on m’a appris qu’on avait essayé de le tuer avec une bombe, j’ai cru que je partais pour la Prusse-Orientale sur le champ. Mais j’appris peu après que notre chef n’avait eu que de petites blessures à mon grand soulagement. La chance a été de son côté. Non ! Notre Führer est un surhomme ! Rien ne l’arrêtera ! Personne ne peut le tuer ! C’est un signe du destin, j’en suis certain ! Je ne donnais pas cher de la peau de ce qui avait osé s’en prendre à notre chef.

En ce qui concerne cette année 44, je suis loin de l’apprécier. Nos troupes ont dû mal à lutter et j’ai l’impression que notre puissance s’est affaiblie. Je suis certain que notre Führer va nous sortir de cette situation et qu’il ne nous laissera pas tomber. Il va rendre l’Allemagne et Ludwig victorieux ! Notre frère deviendra la plus puissante nation dont Erika et moi seront la capitale. Nous ne serons pas trop de deux pour gérer la capitale de l’Espace Vital Allemand.
Suite à cet attentat, l’état de santé de notre Führer s’est aggravé et je ne peux m’empêcher de m’inquiéter pour lui d’autant plus que certaines de ses décisions me paraissent irréalisables. Notre armée, même si supérieure, est très affaiblie et il ordonne malgré tout que nos hommes cessent de reculer pour contre-attaquer sans attendre. Je lui proposerai bien de prendre un peu de repos mais dans une telle situation, nous avons besoin de lui à notre tête. Je continue de croire en lui. Il nous guidera jusqu’à la victoire. Je suis sûr qu’il trouvera une solution malgré sa fatigue et sa santé.
En juin, les alliés ont débarqué en Normandie et nous n’avons pas réussi à contenir leur assaut et l’entrée de leur troupe sur le territoire allemand en septembre m’inquiète quelque peu. Je me résigne toutefois à croire en notre Wehrmacht et en notre Führer. Le sang allemand ne pliera pas face à nos ennemis !
D’autant plus que nous perdons Aix-la-Chapelle en octobre. Les alliés gagnent trop de terrain. Je n’aime pas ça.

Notre armée est lancée dans une nouvelle offensive dans les Ardennes à la mi-décembre. Certaines de nos unités ont infiltrées l’armée américaine grâce à des uniformes et à un anglais similaire à celui que eux utilise. Nos hommes sèment le trouble au sein de leur armée, envoie de fausses informations ou sabotent la communication. Une armée désorganisée est une armée dont nous n’avons rien à craindre. Toutefois, ces chiens résistent plutôt bien aux différentes offensives de notre vaillante armée.

L’année 1945 fut une véritable catastrophe et tout m’a donné l’impression de soudainement s’accélérer.
En janvier, nous perdons le contrôle d’un de nos camps de concentration et notre Führer ordonne le démantèlement des fours crématoires d’Auschwitz II. Auschwitz Birkenau si vous préférez. Les troupes soviétiques ont libéré Auschwitz.  
Les alliés atteignent le Rhin, qu’ils parviennent à franchir et Cologne est prise le mois qui suit.
Le 16 avril, j’ai fini par prendre les armes. Les soviétiques sont aux portes de notre capitale et je refuse de la voir tomber. Je n’étais jamais allé au front. J’avais toujours reçu pour ordre de rester en ville contrairement à Ludwig ou Gilbert. Aujourd’hui, pour la première fois, je tiens une arme non dans le but de purifier notre Allemagne de la vermine juive, mais dans celui de la protéger de l’armée russe ! J’ajuste mon uniforme de SS et prend une grande bouffée d’air. Je me sens nerveux. Je m’étais habitué à gérer la guerre depuis l’arrière ainsi que les camps de concentration. Le front sera une toute nouvelle expérience. Je protègerai ma ville de toutes mes forces quitte à périr. Je dois le faire pour Ludwig, Gilbert et Erika mais aussi pour notre Führer. Il est hors de question qu’Ivan s’en prenne à eux. Je ne suis pas encore au front, mais cela ne saurait tarder.
Je m’y étais un peu préparé, je l’avoue. L’entrée des troupes soviétiques en sur notre territoire et les exodes massives allemandes vers l’ouest avait quelque peu alerté mes sens. Mais je voulais croire en notre armée et notre Führer. Je crois encore en eux. La capitale ne tombera pas.
Les choses se gâtent au moment de l’anniversaire de notre Führer, le 20 avril. Il fête ses 56 ans et peu après la cérémonie, beaucoup de nazis quittent la ville et abandonne notre chef. L’armée russe nous encercle désormais et je commence à réellement redouter la défaite même si je refuse d’y croire. Nous ne pouvons pas perdre. Pas maintenant. Nous avions une grande partie de l’Europe sous notre contrôle alors pourquoi plus maintenant ?
Le  24, l’armée soviétique entre dans la capitale. Nous faisons de notre mieux pour leur résister et les repousser mais j’ai l’impression que c’est inutile. Tous les soldats présents sont mobilisés et même les enfants des Jeunesses hitlériennes.  Nous ne pourrons pas tenir éternellement ainsi. La peur commence à imprégner mes muscles et à bouleverser mes idées. Je ne cesse de me faire ce que je voudrais considérer comme de fausses idées. Les bombardements et tirs ne cessent de résonner dans notre ville. J’ai peur pour elle et ses habitants qui fuient dans les caves, le métro ou dans des abris pour se protéger des attaques. Toutefois, ceux ayant choisi le métro ont fait une grossière erreur. En effet, une partie de celui-ci a été inondée et environ un millier de berlinois perdirent la vie.
Le 29 me permet d’oublier quelque peu le front durant un court laps de temps. Notre Führer épouse son amante Eva Braun. La cérémonie est rapide et je repars pour le Front aussitôt. Je suis venu afin de voir dans quel état de santé se trouver notre chef que je n’avais pas revu depuis le début des combats dans la ville.
Le 30 avril, je combats près du Reichstag. Je me retrouve à protéger un bâtiment auquel j’avais mis le feu quelques année plus tôt. Les russes ont beaucoup trop avancé et il faut les en tenir éloignés le plus possible. A la tombée de la nuit, l’assaut soviétique commence alors que nous n’avons à notre disposition que deux tanks et quatre canons. Nous nous battons toute la nuit. Je sais que ce combat est perdu d’avance mais il n’est pas question de courber l’échine face à l’armée russe. Je traîne les blessés que je trouve à l’intérieur du Reichstag pour les protéger et éviter de voir le nombre d’allemands morts au combat augmenter. Alors que je viens en ramener un qui ne survivrait certainement pas hélas, ce dernier me demande d’allumer un poste radio histoire de « pouvoir partir tranquillement et d’oublier ». Je ne m’y suis pas opposé. Et puis, cela redonnerait peut-être du courage à nos hommes. Le morceau diffusé est un opéra : Le Crépuscule des dieux de Richard Wagner. Je n’aurais jamais su cela sans notre Führer qui avait une grande passion pour la musique et en particulier pour Wagner et Bruckner. Le morceau qui passe se nomme : La marche funèbre de Siegfried. Je ne sais pas s’il s’agit de l’ironie du destin mais je le verrais presque comme une sorte de prédiction. Je retourne dehors aider les soldats qu’il reste. La nuit me parait interminable. Les cris, les coups de feu et les morts ne cessent d’être de plus en plus nombreux. Je finis par être touché légèrement à la cuisse droite, rien de grave et qui puisse m’empêcher de marcher. Une blessure du même type au bras gauche peut-être un peu plus sévère, je n’en sais rien. Je ne vois pas grand-chose avec mon uniforme et ce n’est pas ma priorité. Je prends tout juste le temps de bander les plaies avant de retourner avec les autres. Toutefois, nos efforts ne servent à rien. Le matin du premier mai, ce n’est plus notre drapeau qui flotte au vent mais celui des russes. J’essaye de les en empêcher. Ça ne leur a pas vraiment plu. Ces bâtards m’ont déboité l’épaule et fait prisonnier avec les autres survivants qu’ils ont emmenés je ne sais où par la suite. Ils me gardent au Reichstag. La guerre s’arrête là pour moi.

[♪♫ Ano toki saikou no REAL ga mukou kara ai ni kita no wa
Bokura no sonzai wa konna ni tanjun dato warai ni kitanda
Mimi wo fusaidemo ryoute wo surinukeru shinjitsu ni madou yo
Hosoi karada no doko ni chikara wo irete tateba ii ? ♪♫

Je les fusille du regard et brûle d’envie de leur cracher au visage ce que je pense d’eux. Deux raisons me poussent à me taire. La première : je n’ai pas envie de reprendre des coups. La seconde : que sont devenus Erika, Ludwig et Gilbert ? J’ai perdu Erika de vue avec le début des combats dans notre ville et vu l’agitation, j’aurais pu le croiser à plusieurs reprises sans m’en rendre compte. Cette pensée suffit à me faire sentir honteux. J’étais tellement concentré sur les batailles pour sauver notre ville que j’en ai oublié le plus important : l’autre moitié de notre capitale ainsi que notre pays et son prédécesseur. Plus tard, j’apprends que notre Führer s’est suicidé avec son épouse alors que nous protégions le Reichstag. Cette nouvelle m’achève. J’ai l’impression d’être abandonné. Toutes les promesses et les rêves se sont envolés. Le retour à la réalité est plus que brutal. Je retrouve mes frères et ma sœur dans le camp des prisonniers plus tard. Je ne me suis jamais senti aussi heureux de les retrouver.
Officiellement, tout s’est terminé pour notre capitale le 2 mai. Le 7 mai, c’est l’Allemagne qui capitule face aux alliés de l’ouest et le 8 envers l’URSS.

Suite à cela, de nombreux procès sont entamés connus sous le nom de Procès de Nuremberg de septembre 1945 à octobre 1946.  Il était évident que les Alliés n’allaient pas gentiment faire comme si de rien n’était. Nous avons simplement suivi les ordres de notre Führer pour purifier l’Allemagne en vue de la création de l’Espace Vital que nous méritions et dont il ne reste aujourd’hui que les ruines d’une utopie. Nos hommes seront jugés par les autres hommes et nous, nous le serons par les autres nations et capitales. Les Alliés sont même obligés de créer une appellation pour ce que nous avons fait. Enfin, certains plus que d’autres. Moi, plus que Gilbert par exemple. J’espère qu’il sera moins puni que moi étant donné qu’il était dans la résistance. Oui, je le sais et, même si je n’approuvais pas ce qu’il faisait pour nuire, je couvrais certains de ses actes. Je savais qu’il désapprouvait les miens. Toutefois, je n’avais pas de pitié pour ses complices. Eux n’étaient pas de la famille. Mais passons. L’Allemagne et les personnes ayant suivi son dirigeant sont jugés coupables de crime contre l’humanité. Je suis tout aussi criminel que les autres mais pourtant, je n’arrive pas à me sentir coupable. Pour moi, c’était tout à fait… normal ? Nous étions tellement proches de notre but en Allemagne. Nous avions exterminé près de 90% de la population juive. Mais aujourd’hui tout est fini. Nous sommes reconnus coupables et il est temps de subir notre jugement. J’aurais été humain, je me serais attendu à la peine de mort ou à de la prison. Mais je suis le représentant d’une partie de Berlin alors, je me demande ce qui va nous être réservé à mes frères, ma sœur et moi-même. Si j’avais su ce qui nous attendait, j’aurais regretté de ne pas être humain. Je l’ai regretté d’ailleurs. La décision des Alliés est simple. L’ouest de l’Allemagne sera sous occupation américaine, anglaise et française tandis que l’est sera sous occupation soviétique. Je ne pouvais imaginer pire condamnation. Même si je suis avec Gilbert, je ne verrais plus Erika et Ludwig. Je ne veux pas raconter notre séparation.

[♪♫ Kono hoshi no musuu no chiri no hitotsu dato
Ima no boku niwa rikai dekinai
UNINSTALL UNINSTALL
Osore wo shiranai senshi no youni
Furumau shikanai... ♪♫]


Comme vous vous en doutez par la suite, j’ai suivi Ivan avec Gilbert. Je ne m’étais jamais senti aussi abattu. Notre pays était devenu si fort. Il ne restait plus rien aujourd’hui si ce n’est notre ville en ruines. Les femmes, principalement, en ramassent les décombres ce qui leur vaut le surnom de femmes des ruines. Mon épaule et mes plaies me paraissent n’être rien par rapport à ce que la ville que nous représentons a subi.
Nous devenons aujourd’hui une zone occupée par un pays que nous voulions voir sous le contrôle de notre Allemagne. Nous avions échoué dans la prise de Moscou alors que je voulais la voir courber l’échine devant nous. Aujourd’hui, c’est moi qui suis obligé de le faire. Ou du moins, il n’y a bien que sur le papier que je m’y résignerai.

Les Alliés, malgré la division de la capitale, veulent tenter un gouvernement unique. Toutefois, comme vous vous en doutez, ça n’a pas réellement bien fonctionné. Ils n’étaient jamais d’accord. Généralement, c’était le russe qui ne voulait pas suivre les autres. Je dis ça, je dis rien. La partie de ma ville, grâce à Ivan, ne reçoit pas les aides du plan Marshall contrairement à celle d’Erika qui pouvait entamer les réparations de la capitale de son côté. Combien cela va-t-il me coûter de remettre cette partie de la capitale debout ?

En 1946, des élections sont organisées et la victoire revient au Parti Social-Démocrate. J’ai eu l’espoir que les choses s’arrangent mais les tensions entre nos occupants ne font que croitre de plus en plus. Ivan refuse de suivre les propositions des autres Alliés. Je ne le cacherai pas, j’ai peur pour notre avenir dans de telles conditions.

Un évènement de 1947 ne me touche pas personnellement mais concerne mon frère Gilbert. Les Alliés ont décidé de dissoudre l’Etat Libre de Prusse qu’ils considéraient comme étant le berceau de nos forces militaires. Je n’étais pas avec Gilbert ce jour-là. Je l’ai appris plus tard. Je ne vous dis pas dans quel état cela m’a mis. Je suis furieux envers les Alliés. Gilbert avait fait partie de la résistance allemande et n’était en rien coupable de ce qui avait été commis. Comme une telle décision a-t-elle pu être prise ?! Il ne le méritait pas ! Il n’avait rien à se reprocher ! Lorsque j’ai vu Gilbert plus tard, nous étions loin de nous sourire.

En 1948, Ivan commence à perturber les liaisons entre la capitale et la zone d’occupation occidentales. Il demande des contrôles de papiers pour les soldats et les allemands de l’ouest voulant venir à l’est doivent avoir une autorisation. Nos citoyens ne peuvent même plus circuler librement dans leur propre pays !
En juin, les Alliés mettent en place une nouvelle monnaie que refusent les soviétiques. Deux monnaies circulent donc dans la ville désormais. Je ne vous cache pas le côté pratique. Plus tard, Ivan décide de bloquer tous les accès à la moitié ouest de la ville. Il coupe les accès routiers mais aussi par train et refuse d’alimenter en électricité la moitié ouest de la capitale en inventant des excuses toutes aussi stupides les unes que les autres. Lorsque cette décision est prise, je me suis tout de suite préoccupé du devenir d’Erika et de Ludwig. Par chance, les Alliés réagissent rapidement et grâce à un pont aérien, ils fournissent l’ouest de la ville avec tout ce dont elle pourrait avoir besoin. Je me sens soulagé. J’espère qu’Erika et Ludwig ne manqueront de rien.
Le blocus ne sera levé qu’après presque une année entière. Ces chiens le paieront à l’Allemagne lorsque l’occasion se présentera.

En octobre 1949, l’Allemagne n’existe plus. Il y en a désormais deux. Chacune possède sa capitale. Je deviens officiellement Berlin-Est, capitale de la République Démocratique Allemande. C’est moi ou République Démocratique ça fait un peu redondant ? Enfin, n’allons pas contrarier les russes. Les temps sont suffisamment difficiles à vivre comme cela. D’autant plus que je ne voudrais pas que Gilbert paye certaines de mes remarques et décisions à ma place. Il a déjà tant perdu.

En septembre 1950 est entamée la destruction du château royal de Berlin. A coup d’explosif qui plus est. Et tout cela pourquoi ? Pour achever encore plus Gilbert ! J’en suis sûr ! Il faut soi-disant faire disparaître un symbole du féodalisme prussien. Mensonge ! Ivan devrait de trouver de meilleures excuses pour cacher le plaisir qu’il a à faire souffrir mon frère ! Ce type est un monstre !
Le premier octobre, Erika obtient une constitution. Ce n’est pas mon cas. Je ne sais pas si j’en aurais une un jour. Ce serait bien. C’est quand même pratique ce genre de chose, non ? Enfin, je doute que ce soit dans leur priorité. Dans un sens, je regrette de représenter l’Est à cause du russe mais si j’avais été l’Ouest, Erika aurait été victime de cela et je me serais senti coupable. Et puis, je ne suis pas seul, Gilbert est avec moi. Toutefois, la séparation avec Erika et Ludwig reste difficile à vivre. Nous les apercevons à peine. Je me souviens aussi qu’un soir, sans le faire exprès, j’ai remué le couteau dans la plaie. Je passais la nuit avec Gilbert et, alors que nous nous chamaillions pour oublier notre situation, j’ai eu le réflexe de coiffer mes cheveux vers l’arrière pour essayer de dégager un peu mes yeux. J’ai compris mon erreur en voyant le visage de Gilbert. Imiter par accident la coiffure de Ludwig était la pire chose que je puisse faire. Mais je ne cacherais pas que la couleur de ses cheveux me rappelait celle d’Erika. Nous n’étions plus d’humeur à rire le reste de la soirée.

En février 1952, l’aménagement d’une avenue est entamé : la Stalinallee. Je me sens humilié comme jamais. Les bâtiments construits dans cette avenue ne seront même pas dans le style qui nous est propre. Ils seront tous de type soviétique. Les russes ne payent rien pour attendre ! Nous leur feront regretter tout ce qu’ils nous ont fait.

Nous sommes désormais en 1953 et on ne peut pas dire que les choses s’arrangent réellement. L’un des seuls points positifs dont je me souvienne est la mort de Staline. Voir Ivan le regretter ne peut que me faire plaisir.
Le 16 juin, les berlinois sont fatigués de l’augmentation des normes exigées par l’Etat et les ouvriers de la Stalinallee se mettent en grève et le lendemain, c’est une véritable révolte qui a lieu. J’aurais aimé y participer mais le problème lorsque l’on est un territoire occupé, c’est qu’on est sous surveillance constante. Même si je ne prends plus autant de décision qu’auparavant, je suis obligé de supporter le gouvernement en place pour appliquer de gré ou de force ses décisions. L’avantage, lorsque l’on est deux pour représenter une ville, on peut donner le travail à l’autre. Et vu ce qu’ils font, me remettre un rapport serait tout aussi efficace vu que de toute manière, je n’ai pas mon mot à dire. Dehors, la révolution réclame l’abolition du régime en place et des élections libres dans tout notre pays. J’aime voir les citoyens brûler du même feu que leur capitale. Toutefois, les troupes soviétiques, étrangement, sont loin de soutenir l’initiative et réprime sévèrement la révolte. Au total, une centaine de mort, un millier de blessés et de nombreuses arrestations. Ma haine pour l’URSS ne fait que croitre chaque jour un peu plus. Et dire qu’à l’ouest, l’économie y est florissante. Ce qui ne manque pas d’attirer bon nombre d’allemand de l’est d’ailleurs.
Mais cette manifestation n’aura pas servi à rien étant donné que le gouvernement va revoir certaines de ces mesures. Espérons qu’ils prennent de bonnes décisions.

En 1955, inauguration d’un Parc Zoologique dans le parc du château de Friedrichsfelde. Comme si on n’avait pas assez des soviétiques.
L’Hôtel de ville est enfin reconstruit également à la fin de cette année.

En 1958, la Quadrige de la Porte de Brandebourg est enfin restauré. Il a été refondu à l’ouest et a regagné sa place qui se trouve dans ma zone. Et pourtant, à l’époque, la porte de Brandebourg se trouvait à l’entrée ouest de notre capitale. Aujourd’hui, elle est à la jonction entre l’est et l’ouest même si davantage dans ma zone. Je me sens coupable. Il appartient tout de même à ma sœur. Je tente de rester positif malgré tout. Le monument est enfin restauré après les dommages qu’il avait subi en temps de guerre. Toutefois, à mes yeux, ce quadrige reste incomplet car la croix de fer et l’aigle de Prusse lui ont été retirés.
Fin novembre, Khrouchtchev, chef de nos amis du zoo, fatigué de voir les allemands de l’est fuir vers l’ouest en passant par la capitale, réclame la moitié ouest de la capitale. Comme si les Alliés allaient accepter. Ou du moins, j’espère qu’ils ne seront pas assez bêtes pour le faire.

En 1960, l’un de nos anciens SS est retrouvé et sera jugé à Jérusalem. Cet homme était brillant. Il était chargé de surveiller que les quotas d’extermination des juifs soient atteints. J’ai eu ouïe dire, plus tard, que lorsqu’on lui a demandé s’il avait effectivement ordonné le nombre d’extermination dont j’ai oublié la valeur, ce brave homme, fidèle à son poste très précis, aurait corrigé le chiffre donné. Le vrai était beaucoup plus élevé bien évidemment. Cela n’aurait pas manqué de choquer les juges alors qu’Eichmann a simplement répondu qu’il faisait son travail et ce que l’on attendait de lui. C’était quelqu’un de très sérieux dans ce qu’il faisait.



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Dernière édition par Berlin Est le Mar 31 Déc - 10:50, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: De l'autre côté du mur... [Berlin Est Fini !]   Lun 30 Déc - 23:35











Ost-Berlin

. Il était une fois, une capitale et un mur [1961-∞].



Nous sommes désormais le 12 août 1961. Je viens juste de rentrer chez moi après une journée à supporter ses idiots de soviétiques qui me paraissaient d’ailleurs assez différent de d’habitude. Mon temps de travail me parait interminable et mon temps libre trop court. Je retire mon uniforme et le jette dans un coin avant de me rafraichir un peu le visage. Je vais ensuite me laisser tomber sur mon lit comme une masse en enfonçant ma tête dans l’oreiller. Je n’ai même pas le courage de me mettre sous mon drap. Je ferme les yeux pour essayer de me détendre et de m’endormir au plus vite. Pour une raison qui m’est inconnue, le sommeil ne me vient pas. Je ne cesse de me tourner, me retourner. Je ne suis pas plus tracassé que d’habitude pourtant. Je prends une grande respiration et tente de me calmer. Mes doigts se ferment sur mon oreiller. J’ai de plus en plus chaud et mon rythme cardiaque augmente alors que je ne fais rien. Je commence à avoir mal à la tête et du mal à respirer. C’est presque comme si on m’étranglait. Comme si quelque chose empêchait le passage de l’air et le bloquait. Je ne comprends absolument rien. C’est la première fois que je me sens aussi mal. La chaleur ne cesse d’augmenter et je suis couvert de sueur. Je commence à tousser. Je parviens à peine à garder les yeux ouverts désormais alors que je n’arrivais pas à les garder fermés plus tôt. J’ai envie de tousser. J’ai l’impression que je vais vomir. Une toux sèche m’arrache la gorge et je manque de rendre ce que j’avais avalé. Je me mords la lèvre. J’ai mal au cœur et à la tête, bien plus que tout à l’heure. Mon corps se tort de douleur. Je ne cesse d’haleter à la recherche d’un peu d’air en contenant ma toux. La nuit ma parait interminable. Je crois m’être assoupi par moment avant de me réveiller avec une crise de toux peu après. J’ai eu l’impression de mourir étouffé durant toutes ses heures.
Au matin, avec une telle nuit, je suis loin d’être très en forme. Je me traine jusqu’à la salle de bain pour essayer de trouver de quoi calmer mes douleurs tout en prenant soin de bien respirer pour me calmer. J’ai presque honte de devoir sortir dans un tel état. La capitale ne va déjà pas bien alors si les gens en voient le représentant affaibli, ça ne les rassurera pas. Je ne m’attarde toutefois pas là-dessus. En effet, j’ai l’impression qu’il y a une certaine agitation dehors. Je vais aller voir ce qu’il se passe, ou du moins essayer, avant d’aller travailler. Enfin, ça aussi, je me contenterai d’essayer. Je prends le temps d’une douche rapide en espérant que cela me redonnera un peu d’énergie puis je me sèche et m’habille. Je crois que je me suis trompé dans mes boutons de chemise mais tant pis, ma veste le cachera. Je mets ma cravate autour de mon cou sans la serrer. J’ai déjà du mal à respirer, je ne vais pas m’achever. Je sors et marche péniblement en suivant la foule avant de constater avec effroi quelque chose auquel je n’aurais jamais pensé un jour. Les troupes soviétiques postées le long de la frontière avec Berlin-Ouest et qui empêchent le passage des berlinois de l’autre côté par leur présence, des barbelés et la fondation de ce qui me semble être un mur. Ces bâtards ne sont tout de même pas en train de diviser notre capitale ?! C’est presque comme si on étranglait la ville et ses habitants. Les russes auraient-ils enfin compris que les allemands sont las de leur mauvais traitement et veulent aller à l’ouest trouver le bonheur ? Et plutôt que de se remettre en cause, ils construisent un mur pour les garder de ce côté de la frontière ?! Les allemands de l’est ne sont pas de vulgaires prisonniers qu’on enchaine et enferme à sa guise ! Mon sang bouillonne de rage et de haine. J’ai envie d’hurler mais ma gorge est déjà déchirée par la toux qui se veut aussi vicieuse que ces maudits barbelés. Je sers les poings avant de crier instinctivement les prénoms de mon frère et ma sœur de trouvant à l’ouest. Donner les ordres de s’arrêter aux russes ne servirait à rien. Je cherche leur visage en face. Si je pouvais les voir une dernière fois avant que le mur ne le permette plus. Mon regard en croise plusieurs et je souris nerveusement avant de partir. Je ne sais pas si c’était une bonne idée de venir vu mon état. Je m’éloigne un peu avant de caler contre un mur, un peu à l’écart, et de me laisser glisser le long en prenant une grande bouffée d’air pour essayer de me calmer. Je fais le fier mais j’ai les larmes aux yeux. Un chien s’approche de moi, je lui caresse la tête en souriant faiblement après avoir effacé une larme d’un revers de la main. Mon regard se pose sur son collier. Je le lui enlève et le passe autour de mon cou. Il est juste mais au point où j’en suis. De toute façon, je ne suis rien de plus qu’un cabot pour l’URSS. C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à porter des ras du cou. Après ma journée de travail, je rentre en évitant de passer près des travaux. Mon premier réflexe est de fouiller mon armoire et d’en sortir mon vieil uniforme de SS que j’ai conservé avec soin. J’en mets la casquette avant de me laisser tomber dans un coin en le serrant contre moi. Nous étions si puissants à l’époque. Je déteste employer le passé pour ce genre de chose. Il ne reste plus rien de cette Allemagne rayonnant de force et ne craignant rien. Un sourire se glisse lentement sur mes lèvres. Si seulement nous pouvions éradiquer la menace soviétique si facilement identifiable avec son étoile rouge, sa faucille et son marteau. Mais nous n’avons pas de train pour ça. Ni même de camp de concentration ou d’extermination. Il ne faut pas croire que, parce qu’un chien obéit sagement, il ne mordra pas son maître un jour. Ou du moins, qu’il n’en aura pas l’idée. Ou bien encore, qu’une voix ne lui la soufflera pas.
Toutefois, voir et entendre parler de ce mur chaque jour ne manque pas de me faire comprendre que je ne verrais plus Erika et Ludwig avant un long moment. Peut-être jamais même. Je suis obligé d’assister à sa construction de manière passive. Je n’ai pas mon mot à dire. Je n’ai qu’à me soumettre sagement. Et en parlant de soumission, je vais prendre un peu d’avance sur le temps. Ce dont je vais vous parler n’a été démontré que quelques années plus tard. Prenons tout d’abord un chien et plaçait le sur une grille capable de délivrer des chocs électriques. Attachez-le et envoyez-lui plusieurs chocs. Vous constaterez qu’il va tout d’abord essayer de trouver une échappatoire mais au bout d’un moment, comprenant qu’il aura beau faire de son mieux pour ne pas se prendre de chocs sans jamais réussir à les éviter, il finira par se coucher dans un coin et subira le traitement électrique en se contentant de subir. Il sera alors dans un état d’impuissance apprise et se contentera de couiner faiblement. A force de se battre, se débattre et japper pour ne jamais être écouté, vous finissez par vous taire et vous terrer dans un coin pour ne plus en bouger. Et même si vous donnez l’occasion au chien de fuir le choc en le détachant et en lui laissant l’occasion de passer du côté d’un mur où il ne prendra aucune décharge, le chien ne bougera pas. Effrayant, non ? Je dois dire que les soviétiques sont de sacrés chocs électriques.

[♪♫ Broken inside
Feeling alive
Forced to defy
Who casts me aside
I'm waiting to be
Broken inside
Losing my mind
Gasping for life
Crashing through times
That drive me to find
The darkness behind
Will never run dry ♪♫]

En 1961, la Stalinallee est rebaptisée. Elle porte désormais le nom de la Karl-Marx-Allee. L’année suivante, de nombreux chantiers sont effectués dans la ville. Je n’en dirais pas plus. J’ai développé une certaine haine pour les travaux de construction. Et bien évidemment, le plus gros des travaux se fait au frais de la RDA. Les soviétiques m’ont l’air d’être près de leur argent.

Au début de l’année 1963, Khrouchtchev vient visiter la capitale de la RDA. Et à la fin de l’année, un arrangement entre l’ouest et l’est est enfin signé. Les berlinois de l’est peuvent désormais, même si cela est pour une durée déterminée, aller retrouver les membres de leur famille qui se trouvent de l’autre côté du mur. J’ai hésité à leur dire que détruire le mur serait plus intelligent et efficace qu’un bout de papier mais je ne voulais pas compromettre les chances des berlinois de l’est de retrouver leur famille. Je n’ai même pas osé demander si Gilbert ou moi-même pouvions en profiter ne serait-ce qu’une journée. Je m’attendais tellement à une réponse négative. Après tout, laisser partir les représentants de l’Allemagne de l’Est et de sa capitale serait insensé.

Durant les années qui suivent, je suis aux regrets de vous annoncer que les choses n’ont pas beaucoup changer. Des russes, des russes, et encore des russes. Et un mur aussi bien évidemment. Il me parait chaque jour un peu plus haut. Toutefois, ils existent des bâtiments plus haut que lui. Je me suis au moins découvert des talents en escalades avec ça. Une fois que je suis en hauteur, je scrute de manière pensive l’ouest de la capitale. Je peux rester là durant de long moment. C’est ainsi que j’ai développé un goût pour les endroits élevés. J’ai récemment fait l’acquisition d’une nouvelle flûte traversière car celle que j’avais commencé à avoir beaucoup d’âge et je viens en jouer là. Je me rappelle ainsi du passé et règne de Fréderic II de Prusse qui jouait très bien de cet instrument et m’avait appris. Je ne l’avais pas mentionné plus tôt car je trouvais cette information inutile. Je reprends quelques-uns des morceaux de ce grand Roi à l’occasion. Je joue aussi certains morceaux d’opéra qu’appréciait et que m’avait fait découvrir le Führer. Nous étions si puissants avant.

En 1970, de nouveaux travaux sont entrepris. Des immeubles mais également un monument à la gloire d’un certain Lénine. J’aurais aimé pouvoir détruire. Il y a également des discussions entre les anciens Alliés en ce qui concerne le devenir de Berlin.

Au début de l’année 1971, Berlin-Ouest et Berlin-Est peuvent à nouveau communiquer par téléphone, chose qui avait été supprimé en 1952. Lorsque je l’ai appris, j’ai tout juste osé imaginer que je pourrais essayer de contacter Erika et Ludwig. Je n’ai jamais eu le courage de le faire.  
Durant le mois de décembre, la RDA et la RFA se sont accordés sur la circulation entre les deux Berlin et celle-ci se fera désormais plus facilement. Toutefois, le mur reste toujours présent.
A partir de là, ma moitié de la ville connait un bon essor et je ne peux espérer mieux pour elle. Berlin-Est est désormais la première ville industrielle ainsi qu’un centre culturel et politique.

En 1976, de nouveaux travaux sont entamés pour créer davantage de logement. Sur le terrain de l’ancien château royal va être construit ce qu’on appellera le Palais de la République.
Beaucoup d’autres travaux sont effectué dans les années qui suivent. L’avantage de la routine, c’est qu’on sait à quoi s’attendre et étant comme préprogrammé, on ne se fatigue pas à réfléchir. On agit bêtement.

Arrive enfin 1987 et mes 750 ans. J’aurais aimé être avec Erika pour les fêter toutefois, Berlin-Ouest et Berlin-Est fêtent leur anniversaire indépendamment l’un de l’autre. Chacun organise ce qu’il veut du côté de son mur. Nous avions presque réussi à obtenir un évènement commun mais les tentatives pour ont échouées. Je ne vous cacherai pas que je n’étais pas d’humeur à faire la fête. Mais l’héritage culturel prussien a été réhabilité et remis en valeur alors je me sens un peu heureux pour Gilbert. Certaines parties de la ville ont en effet étaient refaite à l’image de ce qu’ils appellent le « Vieux-Berlin ». Est-ce que je parais si âgé ?

1988, le 11 février, se rencontre dans ma partie de la capitale le bourgmestre de Berlin-Ouest et le président du conseil d’Etat de la RDA au sujet de la circulation entre nos deux capitales. Quand comprendront-ils que le problème vient du mur ? Ce maudit mur. Il porte bien son surnom d’ailleurs. Le mur de la honte. Les soviétiques ont raison de ressentir un tel sentiment toutefois, ce mur représente également ma honte. Celle d’être soumise sans pouvoir protester. Et pourtant, je n’ai que cette envie.
Le 10 novembre a été une journée assez particulière à vivre. Elle se voulait symbolique pourtant avec la pose de la première pierre de la nouvelle synagogue qui se trouverait dans ma moitié de la capitale. Mais après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, j’ai promis de faire des efforts en ce qui concerne les juifs. Je le fais bien parce que certains me l’ont demandé plus d’une fois. Et puis, ils ont de la chance, je voudrais me débarrasser des russes désormais. Je promets de faire des efforts, de renier et contenir mes préjugés et envie de discrimination. Eviter seulement de me laisser un briquet lorsque je me trouve près de ce type de bâtiment parce que mes vieilles habitudes pourraient me rattraper. Vous savez ce qu’on dit ? Chassez le naturel et il revient au galop. Le Führer n’en reviendrait certainement pas si on lui avait dit qu’on allait installer une nouvelle synagogue plusieurs années plus tard. Je le vois très bien s’énerver en criant « Nein ! Nein ! Nein ! ». Ce pauvre homme s’énervait tellement facilement à ce sujet.

En octobre 1989, les 40 ans de la RDA sont fêtées mais dans des conditions que nos amis soviétiques ne doivent que moyennement apprécier. Des manifestations ont lieu afin de réclamer plus de liberté et des réformes en RDA. Je me répète mais j’aime voir les habitants d’un pays refléter le désir de celui-ci ou de leur capitale. Toutefois, bien évidemment, les manifestations ont été violemment réprimées et de nombreuses arrestations ont eu lieu.
Mais le 4 novembre, ce sont plus de 500 000 personnes qui défilent dans les rues de Berlin-Est. Le 7, le gouvernement de la RDA démissionne ! Je ne supportais plus ces types.
Le 9 novembre, Günter Schabowski, secrétaire du Comité central en charge des médias, donne de nouvelles instructions en ce qui concerne la réglementation des voyages pour les citoyens de la RDA. Toutefois, ces instructions sont... comment dire ? Assez floues ? D’autant plus que lorsque des journalistes lui posent des questions à ce sujet, il répond que ces nouvelles conditions sont applicables dès maintenant. De ce fait, le mur n’a pratiquement plus d’être. Lorsque la nouvelle est diffusée aux informations, la réaction des berlinois est sans-attente : ils se précipitent tous vers le mur. Je connais des gardes-frontières qui vont avoir beaucoup de travail. Ou du moins, qui ont intérêt à vite de pousser. Je me mords la lèvre. Ma journée de travail est pratiquement terminée. Plus rien ne me retient et pourquoi rentrerai-je sagement chez moi alors que je pourrais essayer de passer de l’autre côté en profitant de la foule ? J’ai envie d’y courir mais le collier de chien me donne l’impression de se resserrer autour de ma gorge. J’ai mécaniquement pris le chemin de chez moi toutefois, quelqu’un attrape mon bras. Je me retourne et je vois Gilbert. Il ne comprend pas ce que je fais et m’entraine avec lui. Je le suis sans trop comprendre. Puis au fur et à mesure de notre avancée, je réalise. Le collier autour de ma gorge semble se défaire.
Vous vous souvenez de l’expérience avec le chien ? De l’impuissance apprise ? Je vous ai dit que si vous laissiez l’opportunité au chien de passer du côté d’un mur où il ne subirait plus les décharges électriques, il ne ferait rien. Toutefois, si vous l’aidez en le portant d’un côté, puis de l’autre afin qu’il ne soit pas électrocuté, il comprendra et apprendra qu’il peut y échapper par lui-même. Il se mettra donc à produire ce comportement de lui-même et ne sera plus en situation d’impuissance apprise. Et cette main qui tient la mienne et tout ce dont j’avais besoin pour en sortir. Je ne me contente plus de suivre Gilbert, j’adopte la même vitesse que lui et faisons la course jusqu’à la Porte de Brandebourg. Le sourire aux lèvres. J’ai l’impression de revivre. Nous y arrivons rapidement et nous nous précipitons vers le mur. Nous nous frayons un chemin à travers la foule jusqu’à lui avant de commencer à l’escalader. Une fois en haut, je cherche Erika et Ludwig du regard. Je crie leur nom. Je brûle d’impatience de les retrouver et lorsque nous sommes enfin tous réunis, nous laissons exploser notre joie. Nous n’en pouvions plus. Au diable les règles et le reste, de plus en plus de berlinois des deux Allemagne se retrouvaient enfin ! Et pas d’armée pour les séparer ! La capitale me donne l’impression de retrouver son unité ! Il n’y a plus que des rires et des larmes de joies. Tout cela me parait si irréel. Ou du moins, jusqu’à ce que je trouve un marteau et puisse enfin donner un coup dans ce mur ! Depuis le temps que j’en rêvais ! Je me sens libéré ! Je me sens heureux ! Comme si toutes ses années d’occupations venaient de s’envoler ! Ce fut l’une des plus belles nuits que j’ai vécu.
Je dois bien évidemment rentrer à l’est pour le travail mais, les jours qui suivent, cet évènement qui restera à  jamais gravé dans nos mémoires, la circulation était libre entre les deux Berlin. Pas de formalités administratives, rien ! L’ambiance dans la capitale n’avait pas été aussi festive depuis bien longtemps ! Les restaurants offrent même des boissons pour fêter cette réunion ! De nombreux points, comme celui de la Porte de Brandebourg, le 22 décembre, sont ouverts ! Et leur nombre de cesse de croître !

Le 18 mars 1990, nous obtenons le droit d’organiser des élections !
Au diable les évènements qui ont lieu entre temps, le 3 octobre 1990, les Alliés renoncent à leurs droits sur l’Allemagne et Berlin ! Ludwig, Gilbert, Erika et moi-même sommes à nouveau et officiellement réunis ! Il n’y a plus de mur, plus rien pour nous séparer ! Nous pouvons tous retravailler ensemble ! Et je peux accessoirement leur laisser à nouveau une partie du travail que je n’aime pas faire.
Le 2 décembre, les premières élections après notre réunification ont lieu !

En 1991, beaucoup de déplacement des centres de pouvoir sont effectués. Maintenant que la ville a retrouvé son unité, il faut que chaque chose retrouve sa place. Cette même année, Erika et moi-même devenons la capitale de la République Fédérale d’Allemagne. Il n’y a bien qu’à ma sœur que ça n’a pas fait trop de changement mais je ne mettrais pas longtemps à remplacer cette vieille RDA. Pour ce qui est de la Constitution, nous garderons celle de Berlin-Ouest avec quelques modifications toutefois.

En 1994, les troupes américaines, anglaises et françaises quittent notre territoire. Le 8 septembre, au cours d’une cérémonie militaire, nous rendons les honneurs aux puissances qui ont su protéger notre capitale et pays.

Entre 1999 et 2000, les services de notre Parlement s’installent à la capitale dans leurs nouveaux locaux ou ceux ayant été réhabilités. Le Reichstag est également prêt à reprendre du service comme il se doit.

Le 3 octobre 2002, les festivités pour le Jour de l’Unité Allemande se déroulent devant la Porte de Brandebourg qui a été restauré ! Et entre temps, le Quadrige l’ornant a retrouvé sa croix de Fer et son aigle de Prusse même si cela fut contesté.

En 2005, est inauguré le 10 mai, dans notre ville, un mémorial central de l’holocauste. Le mémorial sera ouvert aux visiteurs deux jours plus tard. Ce mémorial composé de 2 711 stèles en béton et d’une exposition souterraine.
Et pour la première fois dans l’histoire de notre pays, une femme obtient le poste de chancelier. Il s’agit d’Angela Merkel.

En 2006, la gare centrale de notre pays est inaugurée après 8 ans de travaux. Près d’un million de berlinois et de visiteurs participèrent à cette cérémonie qui se voulait être une grande fête qui durera deux jours ! Nous accueillons la même année la coupe du monde de football.

Comme vous pouvez le constater, il ne se passe plus grand-chose de bien intéressant. Ce n’est plus que de la politique et des évènements un peu plus anodin depuis que nous avons retrouvé notre unité. Mais ce n’est pas plus mal. A l'heure actuelle, vous pouvez suivre à la trace l'endroit où était érigé le mur car une ligne rouge délimite l'ancienne frontière entre les deux Berlin. D'ailleurs après que ceci est était fait, j'ai inscrit à l'intérieur de mes ras du cou une citation faite à la base pour les actes que nous avions commis durant la Seconde Guerre Mondiale. La voici : "Ceux qui ne se souviennent pas du passé, sont condamnés à le revivre". Je ne suis pas prêt de l'oublier toutefois, j'ai tenu à le faire. A l'encre rouge. Comme la ligne. Comme le sang.

[♪♫ J'ai gardé ta morsure
Au dessus de mes os
La jolie signature
Laissé là sur ma peau ♪♫]


Vous voulez un dernier évènement ? Très bien. En 2012, nous avons fêté avec Erika nos 775 ans. Et ça, nous avons pu le fêter ensemble, sans être séparé par un mur. C’est tout. Le reste est encore à écrire et à vivre ~



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MessageSujet: Re: De l'autre côté du mur... [Berlin Est Fini !]   Jeu 2 Jan - 16:24

Après une lecture longue et fastidieuse, JE SUIS LIBRE, ENFIIIIN ! j'ai le plaisir de t'annoncer que tu es validé avant que tu ne me rallonges ça et que je souffre de feelz pour le restant de mes jours. Comme je te l'ai dit, ma seule réticence, c'est par rapport aux vrais berlinois qui sont loin d'être des tarés pareils et qui ne sont certainement plus nazis. Mais j'imagine qu'avec l'histoire qu'il a -et que je me suis tapée juuuuusqu'au bout- c'est difficile de faire plus pacifique. Mais je compte sur toi pour le jouer un peu plus allemand et un peu moins extrémiste. Keur. J'te file ta couleur, et cours donc poster notre RP~.
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De l'autre côté du mur... [Berlin Est Fini !]
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