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 Из России с любовью. [Moscou]

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Moscou
Pyro-admin et Mère du Peuple
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Messages : 98
Date d'inscription : 22/07/2013
Age : 870
Localisation : Московский Кремль

Tout sur une nation. ♪
{ Nom Humain.: Александра Юрьевна Брагинская / Aleksandra Iourievna Braginskaya
{ Fiche de relations.: http://thats-the-earth.forumactif.org/t97-moscow-there-is-a-burning-fire-that-never-will-expire-deep-in-your-soul
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MessageSujet: Из России с любовью. [Moscou]   Mer 24 Juil - 14:23

Marre de ce truc caca qui passera bientôt à la poubelle :B


Dernière édition par Moscou le Mer 22 Avr - 9:19, édité 26 fois
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Moscou
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MessageSujet: Re: Из России с любовью. [Moscou]   Mer 18 Sep - 1:18











Москва




Avant de pleurer sur la longueur de la partie Histoire de ma fiche, sachez mes très chères camarades administratrices que je ne vous l'imposerai pas ! On n'y verra que du feu si vous ne vérifiez que la partie OC au dessus. J'ai pitié de vous, je vous aime, alors je vous épargne.

. Личности .


1147
Naissance.


C'est ici que commence mon histoire. Et comme celle-ci se trouve être fort longue, il va de fait qu'il faudra la raconter au bord du feu ronflant de la cheminée, tard au soir, de la même manière que toutes les belles histoires doivent être narrées. Laissez moi vous conter donc le passionnant récit qui retrace la vie de la grande cité qu'est aujourd'hui Moscou, imposante capitale de la Fédération de Russie. Tout à commencé en la belle année 1147 du calendrier julien, dans cette même année où le pape Eugène III ordonna le départ de la deuxième croisade pour conquérir Jérusalem, cette même année encore où Alphonse Ier du Portugal, aidé d'une flotte croisée anglo-flamande, assiègea et prit Lisbonne de juillet à octobre, à l'autre bout du continent. Notre histoire, elle, se déroule dans le climat continental des pays de l'Est. Tout commence de la manière suivante: il était un homme du nom de Iouri Vladimirovitch Dolgorouki, Grand-Prince de Rus' de Kiev et prince de Vladimir-Souzdal. Retenez bien le nom de ce personnage, car c'est lui le père de notre Moscou.. Il se trouve que Iouri ne se satisfaisait pas de son statut: il avait pour dessein dès sa jeunesse de détenir la couronne de la grande-principauté de Kiev. En l'année qui nous intéresse, ce personnage avait aux alentours de 48 ans, et il venait de conclure avec succès une alliance militaire avec Svyatoslav Olgovitch, prince de Novgorod-Severski. Ainsi donc, pour célébrer cet accord couronné de succès, il l'invita à faire ripaille lors d'un grand banquet, sur le bord de la Moskova et de la Neglinnaïa. Vous l'avez deviné, c'est à l'emplacement de la future Moscou que, sur la route menant à Vladimir, ces deux hommes et leur troupes s'arrêtèrent sur le bord de la rivière pour faire leur célébration. A cette époque, il n'y avait là que quelques maisons, ce n'était qu'un simple village dont les habitants parlaient une langue balto-finnoise aujourd'hui disparue. C'est donc en toute simplicité que les fêtards tuèrent les propriétaires, s'emparèrent de leurs femmes et de leurs filles, et firent là leur grande fête, sur la côte de la rivière, à l'emplacement de l'actuel Kremlin. Ce fut là la première mention de Moscou, sous le nom de 'Moskov' dans les chroniques de l'histoire.. Là que notre petite fille blonde naquit, dans l'une des maisons qui se trouvait là, bébé ouvrant ses grands yeux gris-bleu sur des festivités et des militaires ivres et repus, la bouche close, ne laissant pas échapper un pleur. Ce ne fut que 9 ans plus tard pourtant, en 1156, que Iouri fortifia le village avec du bois et des douves, qu'il construit une nouvelle forteresse en bois qui n'est autre que le futur Kremlin, et que le bébé que nous avions délaissé devint un fort beau bambin, qui apprit à marcher. Elle devint par la suite le bien patrimonial des fils cadets de la dynastie des princes de Souzdal, et on y construit palais princiers et églises en bois. Ainsi, Moscou grandit bien vite jusqu'à ce qu'elle soit capable de se dresser fièrement sur ses deux jambes, cheveux au vent et regard flamboyant d'une envie de croître plus encore.. C'était une belle enfant.



1237
Invasion Mongole.


Mais une ville ne pouvait tout simplement pas grandir sans connaître de malheurs un jour ou l'autre. Et c'est en 1237 que survint la première catastrophe mémorable de la ville. Il faut vous la conter bien, puisqu'elle est si importante. Moscou, que son défunt père avait décidé de baptiser Александра, vivait depuis quelques temps dans la peur. Voyez vous, c'est qu'elle avait eu vent d'un nom, un qu'il vous faudra retenir puisqu'il a tant terrifié en ce temps là: La Horde d'Or. Laissez-moi vous introduire la chose. Il était un homme du nom de Gengis Khan.. Un personnage terrible que voila: fondateur de l'Empire Mongol, à savoir le plus vaste empire contigu de tous les temps. Ce génie politique qui réunit sous le nom de Mongols les peuples d'Asie de l'Est et d'Asie centrale était réputé pour être féroce, endurant, cruel et destructeur, conquérant impitoyable et sanguinaire qui n'a jamais perdu la moindre bataille. Cet homme là avait nombre d'enfants, mais nous n'allons nous intéresser qu'à un seul personnage: son petit-fil Batu. Et bien, lui, il reçut le commandement d'une armée mongole de peut-être 150 000 cavaliers parmi lesquels se trouvaient plusieurs princes Genhiskhanides et ses trois frères. L'objectif de cette armée.. La conquête de l'Ouest. A l'hiver 1236, ils passent la Volga. Un an plus tard, hiver 1237, c'est là que nous reprenons l'histoire: les Mongols marchent petit à petit contre les principautés russes divisées. La Horde d'Or dont je parlais tout à l'heure est le nom de l'empire turco-mongol, gouverné par les petits fils de Gengis Khan et qui vont contrôler les steppes russes à la suite des événements que j'allais vous narrer. Depuis quelques temps déjà, les Mongols et les Tatars (les turcs), incendiaient des villes et exterminaient leur population. Moscou le savait, elle tremblait de peur. Ce n'était qu'une petite fille à cette époque, elle venait tout juste d'apprendre à natter des cheveux et à attacher un lacet. Et elle vivait dans la peur de voir ces étrangers déferler sur ses pauvres remparts de bois, elle qui souffrait déjà de la neige, elle qui savait que son tour viendrait, étant elle-même principauté russe. Il lui parvenait de loin des descriptions horribles, de ces êtres inhumains aux traits tirés en arrière qui jamais ne faiblissaient et qui répandait partout le sang sans aucune pitié. Aucun survivant, ne laissant que des ruines, des monstres montés à cheval qui avaient déjà passé la Volga. Riazan avait été dévasté il y a quelques jours déjà, et il lui semblait aux nouvelles que toutes ces troupes se rapprochaient d'elle, après avoir fait tomber tous ses frères et sœurs. Elle avait peur, elle était terrifiée, et chaque jour elle attendait avec appréhension qu'on lui apporte de mauvaises nouvelles. Des jours, cette situation inconfortable dura, jusqu'au moment fatidique où ce qui devait arriver arriva. Il faisait terriblement froid, et une épaisse couche de neige recouvrait la plaine de terre gelée. Au loin, une immense armée dont le galop des chevaux soulevait des nuages de neige poudreuse s'approchait dangereusement, semblant croître à chaque foulée des pauvres bêtes. La ville fut mise à feu et à sang, les habitants furent massacrés ou jetés dans l'esclavage. Peut-être quelques uns réussirent-ils à s'enfuir ? C'était des espoirs vains. On brûla les constructions, tout fut anéanti et il ne resta bientôt plus rien. Aleksandra était au milieu des ruines, connaissant la guerre pour la première fois, elle était faible, sa ville était détruite, en cendres.. Et Batu était là, il pencha son horrible visage aux yeux bridés et au rictus cruel sur l'enfant blessée qui pleurait son malheur d'un regard empli de haine et de peur, tremblante de froid comme d'effroi, à genoux dans la neige, dans le vent qui lui glaçait les os. Mais ce n'était pas encore la fin, car l'homme la prit sous sa garde. Elle fut pillée quelques années plus tard, en 1293.



1300-1400
Croissance et Lutte contre l'Oppresseur.


L'Histoire se poursuit donc tout naturellement, et j'espère que vous êtes confortablement installés car elle n'en est qu'à son commencement. Permettez-moi de faire un bond en avant: nous sommes en l'an 1300 et Moscou est dirigée par Daniel Alexandrovitch Moskovski, fils d'Alexandre Iaroslavitch Nevski, premier prince de Moscou et membre de la dynastie des Riourikides, canonisé Saint Daniel de Moscou par l'Eglise Orthodoxe russe en l'an 1652. La ville a passé les dernières années sous occupation mongole ce qui l'obligeait à payer des taxes et à offrir un service militaire en cas de besoin à la Horde d'Or. Malgré ces restrictions, cette occupation permis à la jeune fille de recouvrer la santé et de prendre de l'importance. Sa position géographique favorable sur la source de la Volga stabilise son expansion, et Moscou devient une grand ville médiévale, symbole du peuple russe. La ville était prospère et accueillit en son sein un grand nombre de réfugiés venus de toute la Russie. L'an 1304 arriva, et Iouri III de Moscou, dit Iouri le Moscovite, fils de Daniel Moskovski et prince de Moscou, se dispute le trône de Vladimir avec Michel de Tver et futur grand-prince de Vladimir. C'est son frère cadet Ivan Ier Kalita, fils de Daniel Moskovski, collecteur d'impôts pour les Mongols et vassal de Özbeg dirigeant de la Horde d'Or, qui finira par permettre à Moscou de vaincre Tver et de devenir la capitale de Vladimir-Souzdal. Ivan devint alors le seul collecteur d'impôt auprès des Mongols. Il faut savoir qu'en ce temps-là, Tver et Moscou étaient en compétition, chacune des deux principautés projetant d'unifier les terres russes. Moscou, seulement, avait le soutien de la Horde d'Or et c'est ainsi que, en lui payant un cher tribut, la ville obtint une concession importante du Khan: contrairement aux autres principautés, elle ne fut pas divisées et partagées entre les fils du Khan, mais fut transmise intacte à ses aînés. En 1328, Moscou commence à s'affirmer comme capitale de la Grande-Principauté de Moscou et de toute la Russie. Les Princes Moscovites achetèrent beaucoup d'autres principautés dans un objectif de réunification des territoires russes. Ceux qui refusaient de vendre par ailleurs étaient tués, car c'est de cette manière que se faisait la politique en ce temps là. Le Khan essaya tout d'abord de limiter l'influence grandissante de Moscou, mais devant la croissance du Grand Duché de Lituanie, allié par un mariage à la ville de Tver et menaçant la Russie, il finit par renforcer la ville pour contrecarrer la Lituanie, notamment en en faisant le siège de l'Eglise Orthodoxe. En 1365, la ville subit un autre incendie, le Feu de la Toussaint dont les dégâts furent terribles, et la ville brûla pendant deux heures. Pourtant, lorsque le Grand Duc de Lituanie entreprit plusieurs expéditions contre Moscou en 1368, 1370 et 1372 , il ne parvint pas à la faire tomber: c'est que la jeune fille qu'était Moscou était une rude combattante, forgée par l'esprit slave et entraînée par les féroces Mongols.

En 1378, le chef de guerre Mamaï est au pouvoir de la Horde d'Or en étant devenu le régent du jeune Khan, mais n'étant pas un descendant de Genghis Khan, il a du mal à affirmer sa souveraineté sur les chefs tributaires. Il envoya en août des forces s'assurer de l'obéissance du prince de Moscou, Dimitri IV de Russie à l'époque, mais ses troupes seront vaincues lors de la Bataille de la rivière Voja. Vint alors l'année 1380 durant laquelle se déroula la Bataille de Koulikovo. Mamaï négocie une alliance avec Ladislas II Jagellon, grand duc de Lituanie, et le prince Oleg de Riazan, ennemi farouche de Dimitri. Le matin du 8 septembre vit se dérouler cette sauvage Bataille qui opposa les 60 000 hommes de Dimitri, délégués par la jeune Moscou se débattant pour la liberté, aux 125 000 hommes de Mamaï. Les deux armées s'affrontèrent trois heures durant, et les pertes russes furent lourdes, leur armée désavantagée. Mais alors qu'elle reculait, la cavalerie du prince Serpoukhov, un cousin de Dimitri qui avait été laissé en embuscade, vint retourner le cours de la bataille en lançant une attaque surprise sur les arrières de l'armée adverse. La Horde d'Or est frappée par la déroute et s'enfuit, poursuivie jusqu'à la nuit, des dizaines de milliers d'entre eux massacrés par les Russes. Mamaï tente de s'échapper en gagnant la Crimée où il sera assassiné, laissant la Horde sous le commandement de Tokhtamych. Cette victoire marque la fin de la soumission des terres russes aux hordes mongoles bien que les invasions ne cessèrent qu'un siècle plus tard. Elle est le point de départ de l'unification de la nation russe et Moscou prit la tête de cette mission libératrice face à la domination mongole. En 1382 cependant, la Horde d'Or prend Moscou, la dévaste et la pille face au refus de la principauté de se plier à elle. Dimitri IV Donskoï est donc forcé de payer tribut et de céder son héritier en otage au Khan. Il décédera à Moscou le 19 mai 1389 après plus de 29 ans de règne et fut beaucoup pleuré par la jeune cité. Il est d'ailleurs considéré comme saint par l'Eglise orthodoxe russe.


1400-1500
Histoires de Famille et Fin de la Soumission.


Les années qui suivirent connurent la plus grande guerre civile de l'histoire de la Russie médiévale. Elle commença en 1425, à la mort de Vassili Ier, qui entraina la régence de sa femme Sophie de Lituanie. Vassili II, leur fils ainé alors âgé de 10 ans, est nommé grand-duc. Cependant, le frère de Vassili Ier, Iouri de Znevigorod père de deux enfants (Vassili le Louche et Dimitri Chemyaka) convoite lui aussi la place laissée par Vassili Ier. Vassili II est soutenu par son grand père Vytautas, mais ce dernier meurt à l'année 1430. En conséquence de ce décès, Iouri obtient l'accord de la Horde d'Or pour s'emparer du trône de Moscou. A l'année 1433, il rassemble une armée pour attaquer la ville. Vassili II, trahi par un boyard moscovite connu pour sa fourberie du nom de Ivan Vsevoljski, est fait prisonnier par ses ennemis. Iouri est proclamé alors grand-prince de Moscou, et pardonnant son neveu, il l'envoie régner sur la ville de Kolomna. Mais ce fut une erreur, aussitôt Vassili II se mit à comploter contre son oncle qui finira par abdiquer. Le traître Vsevoljki sera rendu aveugle et Vassili II reprit la place qui lui était due. Mais l'histoire ne s'arrête pas là car les fils de Iouri reprirent les revendications de leur père. Ils parviennent à vaincre Vassili II qui dut trouver refuge auprès de la Horde d'Or. En 1434, Iouri décède, et son fils Vassili le Louche entre au Kremlin et se fait proclamer grand-prince de Moscou. Son frère jaloux se fâcha contre lui et alla s'allier à Vassili II. En 1435, Vassili le Louche est banni, capturé puis rendu aveugle afin de l'écarter définitivement du trône convoité. Quelques années plus tard, en 1439, Vassili II fut contraint de s'enfuir de la capitale, alors assiégée par Oloug Mokhammat, le petit fils de Tokhtamych à la tête du khanat de Kazan récemment formé. Vassili envoya des troupes l'affronter mais fut vaincu et fait prisonnier six mois plus tard. Il fallut encore cinq mois pour que Moscou puisse réunir la rançon nécessaire à sa libération. Pendant ce temps, Dimitri Chemyaka s'était emparé du titre de grand-prince à sa place et fit aveugler Vassili en mémoire de son frère, lui attribuant ainsi le surnom de "l'Aveugle", puis l'exila à Ouglitch en 1446. Quand il revint d'exil, Vassili réunit ses sympathisants et reconquit le trône. Il vainquit définitivement son cousin en 1450 en l'empoisonnant après s'être emparé de Galitch-Mersky. Ces évènements mirent un terme à ces perpétuels conflits intérieurs. Il parvint à laisser le trône à son fils à sa mort en 1462.

Nous sommes à présent en 1462, la Russie est divisée en deux grands territoires, l'un sous domination polono-lituanienne au sud-ouest, l'autre tributaire de la Horde d'Or au nord-est. En dépit de cela, la Moscovie (ou Grande-Principauté de Moscou puisqu'il s'agit de la même chose) s'affirme comme un état de plus en plus puissant, aussi bien à un niveau politique que commercial et religieux, elle est un point de ralliement des autres princes (les principautés partimoniales de Riazan, Rostov, Iaroslav et Tver) contre les Lituaniens au nord et les Tatars au sud. Cette année commence le reigne d'Ivan III de Russie, alors Grand-Prince de Moscou, que l'on appela par la suite Ivan le Grand, dont le but premier était d'agrandir le territoire de sa principauté et de renforcer son autorité. Que ce soit par la ruse, par la violence ou par les liens matrimoniaux, il annexa petit à petit les principautés patrimoniales jusqu'en 1485 où il rattacha Tver, la dernière d'entre elle, à sa Grande-Principauté. Il élimine ses frères, par la prison ou par l'assassinat, et ces annexions sont accueillies joyeusement par les populations des principautés. Entre 1471 et 1478, il parviendra également à annexer la principauté indépendante de Novgorod en prétextant une alliance de celle-ci avec la Lituanie et en lui déclarant la guerre. Après une purge contre les partisans d'une alliance à la Lituanie, 72 000 personnes considérées comme hostiles sont déportées vers la frontière orientale. Cette annexion élargit les frontières de la Moscovie, dont Moscou est le cœur flamboyant, jusqu'à l'Océan Arctique. Contrairement à nombre de ses prédécesseurs, Ivan III est particulièrement agressif face à la Lituanie et à la Horde d'Or. Cette dernière n'est plus le puissant empire qui avait fait tremblé Moscou, elle s'est dégradée lentement et s'est divisée en trois khanats indépendants (Kazan, Astrakhan et la Crimée). Si le Grand-Prince doit toujours officiellement un tribut au grand khan, ces impôts ne sont plus aussi rigoureux et sont même parfois délaissés par Ivan. En 1480, le grand Khan Ahmed est pris de la folle envie de marcher sur Moscou. Ivan III et Aleksandra, alliés par un traité d'aide mutuelle avec Mengli Giray, khan de Crimée, l'attendent de pied ferme sur l'Ougra. Pendant plusieurs jours les armées se font face, avant que Ahmed ne se retire sans combattre. Cet évènement marque l'indépendance définitive de la Russie envers la Horde d'Or. Cette dernière sera anéantie définitivement en 1502 lors d'une guerre contre le khanat de Crimée, Ivan s'étant emparé du khanat de Kazan dès 1487. C'est sur les marches de la cathédrale de l'Assomption qu'il déchira le traité qui soumettait Moscou au pouvoir mongol et qu'il déclara ainsi l'indépendance de la Russie.


1500-1600
Ivan le Terrible et la Fin d'une Dynastie.


Faisons cette fois encore un bond dans le temps jusqu'à l'année 1547, avec un nom unique que même vous, si vous ne connaissez pas l'histoire de la Russie, avez pu entendre déjà dans le passé: Ivan IV, dit le Terrible. L'homme, qui a succédé à Vassili III le fils d'Ivan III, était surnommé ainsi pour sa cruauté légendaire sans doute due à son enfance qu'il a passé dans la haine et dans la mort, et la crainte constante d'être assassiné. S'il était d'un côté intelligent, affairé, dynamique et bon souverain, il était de l'autre fragile et sujet à de violentes sautes d'humeur et de longues dépressions qui le poussèrent à assassiner son fils aîné en 1581 d'un coup de sceptre tandis que celui-ci tentait de protéger l'enfant que portait la troisième femme du souverain. Mais avant de parler de sa sévère politique qui réforma la Russie, il est nécessaire de parler de cette année 1547 mentionnée précédemment. C'est à cette date, le 16 janvier à la cathédrale de l'Assomption, que la Russie devint un Tsarat et que Ivan se fit sacrer premier Tsar de toutes les Russies. De par ce titre, il se considère comme possesseur d'une mission divine. Mais à cause de plusieurs incendies qui frappèrent la pauvre Moscou cette même année, le Tsar se crut abandonné de Dieu et convoqua en 1550 une assemblée de représentants de toutes les régions de la Russie. C'est à cette assemblée qu'il modernisera son pouvoir en imposant son code pour remplacer celui de son grand-père qui datait de 1497. En 1553, à Moscou, il va signer un accord commercial de cire, d'huile de baleine et de fourrure avec l'Angleterre. A partir de 1560, son régime va se durcir peu à peu, devenant un régime de terreur contre les boyards qu'il déteste depuis toujours. Il va créer l'Opritchina, région de la Moscovie où il détient des pouvoirs illimités et qui causera environ 10 000 morts. Il mènera des campagnes militaires contre les Suèdois, les Polonais et les Tatars, et annexera les khanats de Kazan et d'Astrakhan en 1552 et 1556. Le règne de ce Tsar terrible se confond en guerres, malheurs et dureté de pouvoir. En 1567, 1568 et 1569, de mauvaises récoltes et une épidémie de peste (qui reviendra également en 1592) provoquent une forte mortalité. Le khanat de Crimée de l'Empire Ottoman ruine constamment les terres frontalières de la Russie; le 24 mai 1571, il prend et brûle Moscou dans un incendie grandiose. En 1572, le Khan à la tête de 120 000 hommes entreprend une seconde expédition contre Moscou. Cette seconde invasion se terminera pas la déroute des Tatars devant le prince Mikhail Ivanovitch Vorotynski lors de la bataille de Molodi sur les bords de la rivière Lopasnaj, entre l'Oka et la capitale. Ivan IV mourra en 1584 lors d'une partie d'échecs, suite à une intoxication au mercure. Il laissera sa place à Fedor Ier dont la mort marque la fin de la dynastie Riourikide et l'avènement du Temps des troubles (1598-1613).


1600-1700
Le Temps des Troubles, Occupation Polonaise, Crises Financières et Révoltes des Streltsy.


L'histoire se poursuit dans ce Temps des troubles. Durant une quinzaine d'années se déchaînent différents prétendants au trône, suscitant l'intérêt des pays étrangers et mettant en péril tout l'état russe. En 1598, feu Fédor Ier laisse sa place à son beau frère Boris Godounov. Les conspirations contre ce tsar, ancien boyard, furent nombreuses. Entre 1601 et 1603, une lourde famine tua jusqu'à 100 000 moscovites et peut-être 2 millions de russes au total soit un tiers de la population. Moscou, souffrant de la faim, distribuait des ressources, provoquant un afflux de population dans la cité blanche. Le pays est pillé par des brigands, le peuple est de plus en plus mécontent. En 1605, le tsar décède et laisse sa place à son fils avant que celui-ci ne soit assassiné par strangulation le 10 juin par un groupe de boyards ayant pris possession de la ville. Par la suite, un homme se clama être Dimitri II, fils perdu de Ivan le Terrible en 1591 et monta sur le trône. On sait à ce jour qu'il n'était qu'un imposteur, le premier "Faux-Dimitri". Une majorité de la population le croyait cependant. Quelques mois plus tard, en 1605 toujours, une armée de 4000 hommes, polonais, lituaniens, exilés russes, mercenaires allemands et cosaques du Don et du Dniepr traversent la frontière. Si Dimitri fait une entrée triomphante suite à plusieurs revers militaires le 30 juin 1605 à Moscou, un mois plus tard suite à une conspiration formée par le prince Vassili Chouiski, le tsar est assassiné peu après son mariage en plein Kremlin, et 2000 de ses alliés (principalement des polonais) sont massacrés. Chouiski s'empare alors du pouvoir, élu par une assemblée de ses alliés. Mais les boyards ne sont pas satisfaits par le changement de tsar, et bientôt magnats de la République des Deux Nations (Pologne et Lituanie), cosaques, mercenaires allemands ainsi qu'un nouveau Faux-Dimitri revendiquent le trône en 1607. Puis la signature d'un traité avec les Suédois (accords de Viborg en 1609) est considérée comme une menace pour Sigismond III, roi de Pologne, qui décide d'intervenir. C'est le début officiel de la guerre polono-russe, une succession d'invasions de la République des Deux Nations sur le territoire russe.

La Russie est alors dans un état d'anarchie parfaitement ingérable. Les polonais sont lancés sur Moscou tandis que l'assemblée de boyards tente comme il peut de redresser la situation du pays. En 1610, les polonais occupent la capitale et Sigismond tente d'usurper le trône russe. Son fils Ladislas est proclamé tsar et le second Faux-Dimitri est tué par des Tatars. La cité blanche sera sous le contrôle polonais jusqu'en 1612, où l'occupation cesse suite à un sursaut miraculeux au milieu des désastres s'acharnant sur le pays oriental. L’Église, ainsi que deux hommes: le prince Pojarski et le boucher Kouzma Mimine, deux vétérans de l'armée russe, réunissent le peuple et l'invitent à lutter: cosaques, villes encore libres, armées nationales formées en hâte en divers points du territoire,.. La survie de la nation est en jeu et Moscou est déjà prise. Tout le pays se mit en prière, fit le jeûne et diverses pénitences pour adoucir la colère supposée de Dieu qui s'acharnait sur eux. A la fin de l'année 1612, ce sursaut de l'âme même de la nation arracha la victoire: les Polonais furent jetés hors du Kremlin par l'armée de Pojarski et de Mimine, et les Suédois ralliés à la République des Deux Nations durent battre en retraite. Un monument en l'honneur de cette bénite libération se tient aujourd'hui sur la Place Rouge, où sont représentés les deux dirigeants de la bataille. Mais la Russie restait sans héritier au trône pour restaurer l'unité et l'ordre intérieur. Le Zemski Sobor (assemblée des trois ordres: la noblesse, le clergé et le tiers-état) élit son futur Tsar en 1613: son choix se porte sur Michel Romanov, jeune homme de 16 ans, petit-neveu de la tsarine Anastasie et fils de Philarète qui a évincé l'usurpateur Boris Goudonov. Il fera son entrée dans Moscou le 2 mai et sera couronné sous le nom de Michel Ier, le premier tsar de la seconde dynastie: la dynastie des Romanov. Entre 1612 et 1617, il n'y eut presque aucune bataille entre la République des Deux Nations et la Russie, et la paix fut signé en 1618 par le traité de Déoulino, et la région de Smolensk fut cédée à la Pologne. En 1619, le métropolite Philarète prisonnier des polonais, revient à Moscou puis est fait patriarche de Moscou et de toutes les Russies. L'an 1626 fut également marqué par un incendie dans la capitale.

Si le règne de Michel Ier se déroule sans incident jusqu'à sa mort en 1645, ce n'est qu'un répit avant que les catastrophes ne repartent de plus belle. Le premier tsar de la dynastie cède à son successeur Alexis Ier un pays en grave crise financière. Trop jeune hélas pour gouverner, c'est son précepteur le boyard Morozov qui est à la tête du gouvernement dès 1646. Celui-ci tente donc de régler ces problèmes d'argent en doublant le prix du sel et en accroissant les taxes. Le peuple moscovite déjà accablé d'impôts se révolte en 1648 (année d'un autre incendie à Moscou d'ailleurs, et croyez moi qu'elle a pas fini de flamber) lors de la Révolte du Sel. Il pénètre le Kremlin et pille la maison de Morozov avant d'être repoussé. La surtaxe salée est cependant supprimée et Morozov doit s'éloigner du pouvoir. Alexis demande alors une révision des lois et instaure l'Oulojénié, code des lois remplaçant celui de Ivan III (1497) et de Ivan le Terrible (1550) et approuvé par un zemski sobor. Mais ces mouvements de population ne font que commencer car ils ponctueront sans cesse le règne d'Alexis, de même que l'année 1654-1655 fut marquée par une épidémie de peste. Quelques années plus tard en 1663 a lieu la Révolte du Cuivre: depuis 1656 le gouvernement a décidé de frapper un rouble de cuivre calqué sur le cours du rouble-argent. Malheureusement, les roubles de cuivre sont aisément imitables et se multiplient. Le cours de la monnaie dégringole et les prix grimpent. On apprend que le ministre des Finances a produit 120 000 roubles de fausse-monnaie. Le 25 juillet 1663, la révolte éclate et le tsar Alexis est blessé par des émeutiers lors d'une sortie. Cette fois, la révolte est réprimée dans le sang, et le rouble-cuivre est supprimé en 1664. Le règne d'Alexis s'achève en 1676 après avoir fait gagner à la Russie Smolensk, la Sévérie, l'Ukraine orientale et Kiev par le Traité d'Androussovo (1667) qui met fin à la guerre russo-polonaise durant depuis 1654. Lui succède son fils Fédor III sans grand rôle historique puisqu'il mourra à 21 ans seulement, en 1682, année de la grande révolte dont je vais parler au paragraphe suivant. Il ne laisse aucun héritier survivant, les plus proches héritiers au trône étant son frère de 16 ans, Ivan, un demeuré de faible constitution, et son demi-frère de 10 ans, Pierre (il s'agit de Pierre le Grand !). Survient alors une rivalité entre les partisans des deux anciennes épouses du défunt Alexis pour la domination politique de la Moscovie: Natalia Narychkina, mère de Pierre, et Maria Miloslavskaya, mère de Fédor III, du prince Ivan et de Sophia.

Que ce siècle est long, vous dites-vous, car il en est à son quatrième paragraphe, mais il faudra dire ça aux régiments de Moscou ! Car ceux-ci étaient mécontents contre leurs officiers, et les conspirateurs à la solde des Miloslavski en ont profité pour créer des émeutes dans les rues de la capitale. Le 11 mai 1682, une foule de streltsy (corps militaire russe d'infanterie, arquebusiers) fait irruption au Kremlin et exige que le prince Ivan leur soit présenté. En effet, le clan Miloslavski avait propagé des rumeurs comme quoi ce dernier avait été étranglé par les Narychkine dans le Kremlin de Moscou. La tsarina Natalia Narychkina présenta elle-même l'enfant à la foule, mais cela ne suffit pas à la calmer. Plusieurs chefs boyards et officiers accusés de corruption sont passés par les armes. Quelques jours plus tard, le 17 mai, les rebelles prennent de nouveau d'assaut la résidence royale et exécutent des membres de la famille Narychkine sous les yeux même du petit Pierre. Les moscovites accablés de pauvreté se joignent en masse aux streltsy et pillent pendant des jours les rues de Moscou. Ce soulèvement entraîne la proclamation de Ivan V "premier" tsar, reléguant Pierre à la seconde place en tant que "co-tsar". Tous deux trop jeunes, c'est Sophia, la sœur d'Ivan, qui assure la régence de Russie. Cependant, abandonnée petit à petit par les streltsy et détestée des moscovites, elle sera déchue de son poste en 1689 et se retirera dans un couvent. Quelques années plus tard, en 1697, quatre régiments streltsy ayant participé aux campagnes d'Azov de Pierre le Grand (le co-tsar, pour ceux qui suivent) qui avaient été laissés en garnison à Azov furent envoyés à l'improviste à Vélikié Louki au lieu d'être rapatriés à Moscou. Durant ce voyage, ils souffrirent de la faim et durent transporter leurs équipements sans chevaux. En mars 1698, 175 d'entre eux désertèrent de leurs régiments et s'enfuirent à Moscou pour y déposer des plaintes. Ils entrèrent en contact avec la tsarevna Sophia en secret dans l'espoir qu'elle serait leur médiatrice, mais cette démarche échoua et les fugitifs, malgré leur résistance, furent renvoyés à leurs régiments, déclenchant le mécontentement général. Ainsi commença la Révolte des Streltsy. Le 6 juin, ceux-ci destituèrent leurs officiers, choisirent quatre représentants et marchèrent sur Moscou avec la ferme intention d'éliminer les boyards et les conseillers étrangers, qu'ils considéraient responsables de tous leurs malheurs. Ils voulurent également remonter Sophia sur le trône mais sans succès. La répression des Streltsy fut sanglante. Une première enquête provoqua 57 exécutions, les autres furent exilés. Puis à son retour le 25 août 1698 le tsar Pierre le Grand ordonna une seconde enquête. Entre septembre 1698 et février 1699, 1182 streltsy furent exécutés, 601 subirent le knout (flagellation dont 20 coups peuvent suffire à provoquer la mort de la victime), furent marqués au fer, ou déportés en exil pour les plus jeunes d'entre eux. L'enquête et les exécutions se poursuivirent jusqu'en 1707, et tous les régiments de streltsy furent dissous. Les survivants et leurs familles furent forcés de quitter Moscou.


1700 - 1800
La Fin d'une Capitale, des Impératrices et la Peste de 1771.


Il s'agit de placer du mieux possible le contexte de ce siècle car il est décisif, et sans doute l'un des plus marquants pour Aleksandra. En 1700, la Russie, alliée au Danemark et à la Pologne, entre en guerre contre la Suède de Charles XII. Les batailles de la "Grande Guerre du Nord" s’enchaînèrent jusqu'en 1721, et empêchèrent Suède de progresser vers l'Est tandis qu'il désirait envahir Moscou et, dans le même temps, détrôner Pierre Ier de Russie. Mais comme il ne parvint jamais à atteindre les remparts de la demoiselle, cette histoire n'a que peu d'importance aux yeux de notre moscovite qui se fichait bien d'avec quel acharnement le solide bonhomme tentait de la rejoindre. Ce qui la titillait plus au contraire, c'était les travaux que le tsar avait entrepris au 16 mai 1703 sur une plaine spongieuse et détrempée à l'embouchure de la Neva. Auparavant se dressait là une forteresse suédoise que Pierre avait fait raser: ce dernier désirant une capitale plus grande, plus noble, typée européenne et tournée vers l'Occident, il lança le projet de construire sa nouvelle cité. Il envoya 100 000 hommes mourir dans les constructions pour bâtir cette ville à la vitesse où l'on bâtirait une maison. Saint-Petersbourg, la capitale prit son nom. Ce qui n'était qu'un marécage, plaine détrempée, est devenu citadelle. Le sol était impraticable pourtant, mais Pierre était Grand et il fit venir de loin des sacs de terre pour les fondations, il fit des immeubles sur pilotis à la manière des Hollandais. Lui manquait-il des pierres ? Il ordonnait à tous les navires de lui en apporter et il n'était pas un marchand qui sur leurs chars ou bateaux remontaient au chantier par la Neva sans être chargés d'un poids de pierres. Pierre fit assécher les marécages, ignorant ses ouvriers qui ne savaient ni quoi manger, ni où dormir, et qui étaient dévastés par la fièvre des marais. Ce n'était plus sur les pilotis mais sur les cadavres que la ville se dressait fièrement dans le brouillard. En dépit des morts, en faisant affluer des hommes des confins de son empire et en ruinant des nobles familles, il construisit sa ville. Et comme personne ne voulait de ce marécage brumeux tâché de sang, il le peupla de force. En 1712, les constructions prirent fin et la ville obtint le statut de capitale. Aleksandra, elle, n'était plus rien que la vieille Moscou délaissée à qui on arrachait son pouvoir, la mère du peuple qui voyait ses enfants courir sous le regard sévère de son père le tsar, là-bas, vers le Nord, sur les quelques six cent cinquante kilomètres qui séparent les deux capitales. C'est dire comme le tsar abandonnait les moscovites, que celui-ci s'installa dans sa nouvelle cité dès l'année 1703, endurant la précarité d'une demeure modeste le temps que le palais d’Été ne fut construit ! Et plus les années passaient, plus la ville prenait en beauté et grandeur, plus il y avait de volontaires pour aller y vivre. Et Moscou n'y pouvait rien.

Tout ce qui s'ensuivit en Russie n'avait plus guère d'importance pour la pauvre demoiselle, plongée dans une profonde rancune et blessée jusque dans la moelle des os. Le 2 novembre 1721, Pierre reçut le titre d' "Empereur de toutes les Russies", au lieu de son traditionnel titre de "tsar", accentuant encore son amour pour l'occident. Mais quelle importance puisqu'il était parti ? Les seules fois où Aleksandra avait encore une influence sur les décisions de l'Etat étaient à travers la Goubernia de Moscou, mais qu'était-ce par rapport au titre de capitale ? Rien d'autre qu'une maigre compensation à cette trahison. Et tandis que chez elle comme partout avaient lieu de nombreuses réformes visant à européaniser la Russie au point d'interdire le port du costume traditionnel, remplacé par des costumes "à la française", et de taxer le port de la barbe; dans l'ancienne capitale russe, l'existence des gens était soumise à la marche des saisons, aux variations de température, aux dons du sol et au retour des fêtes orthodoxes. Le Grand Empereur, que beaucoup aimaient mais certainement pas Moscou, mourut en 1725. N'ayant pas désigné d'héritier, c'est son épouse Catherine Iere de Russie qui monta sur le trône. A peine deux ans plus tard lui succède le petit-fils de Pierre le Grand: Pierre II de Russie. Mais si il est couronné à Moscou (car c'est encore là que les cérémonies de couronnement se tiennent ! Aleksandra avait réussi à arracher ce droit aux incalculables réformes) en 1728, il meurt de la vérole en 1730. A croire que le destin s'acharne puisque cela marque la fin de la lignée masculine des Romanov. Après lui est couronnée Anne Iere de Russie, nièce de Pierre le Grand, d'origine plus germanique que russe. L'impératrice régnera pendant dix années, accordant plus de temps à sa passion pour les êtres affreux et difformes qu'aux affaires publiques. A sa suite régna Ivan VI pendant tout juste un an avant qu'un mouvement anti-allemand n'apparaisse et qu'un coup d'Etat militaire n'écarte Anne Ire et son fils Ivan VI du trône le 6 décembre 1741. Puis ce fut Elisabeth Ire de Russie, fille de Pierre le Grand, qui reprit le flambeau en s'autoproclamant impératrice. L'influence germanique du pays fut remplacée par la francophilie et l'usage de la langue française dans la noblesse. Les trois guerres qui eurent lieu pendant son règne, l'une contre la Suède puis la Guerre de Succession d'Autriche et la Guerre de Sept ans contre la Prusse, furent victorieuses. Pour ce qui est des affaires internes, elle prit part à la fondation de l'université de Moscou en 1755 et du premier théâtre russe, et mit en oeuvre un moratoire sur la peine de mort de sorte qu'il n'y eut aucune exécution pendant son règne. Elle décède en 1762 et cède le gouvernement à Pierre III dont le règne fut si bref qu'il n'eut même pas le temps d'être couronné. Après avoir rendu les territoires que la Russie lui avait conquis à la Prusse, il voulut obliger l'armée à se revêtir de l'uniforme prussien, les popes à se raser la barbe et à s'habiller comme des pasteurs protestants. Il va jusqu'à retirer les icônes des églises et confisquer ses biens au clergé. C'est bien simple: en 6 mois et 4 jours, il réussit à se faire haïr du peuple russe au point que sa propre femme le renversa en l'assassinant pendant la nuit et prit sa place.. Elle répondait au nom de Catherine II de Russie.

Catherine II fut une grande impératrice, obstinée et cultivée, dont la poigne de fer fera évoluer les mentalités de son pays et bouleversera les institutions. Encore aujourd'hui, elle est la tsarine la plus aimée du peuple russe qui célèbre toujours sa mémoire. Durant son règne, elle pousse plus loin encore les ambitions de Pierre le Grand en agrandissant et modernisant toujours plus la nouvelle capitale. Elle cherchera à cultiver son peuple, faisant l'acquisition de nombre d'ouvrages et d’œuvres d'art, ouvrant l'Académie des beaux-arts à Saint-Petersbourg, se faisant conseiller par les plus grands philosophes des Lumières. Sa vie était rythmée par la construction de palais, par les affaires de l'Etat auxquelles elle s'affairait avec assiduité, et par son appétit sexuel encore légendaire. Mais si elle apporta beaucoup à la Russie, l'une de ses décisions lui mit Moscou à dos. Dès 1770, l'ancienne capitale ressent les premiers symptômes de la plus grande et également la dernière peste de son histoire. Cette épidémie massive durera jusqu'en 1772 et causera la mort d'entre 52 et 100 000 personnes rien qu'à Moscou, 200 000 en comptant l'émeute et la banlieue. Soit entre un sixième et un tiers de la population. Cette peste bubonique fut à son paroxysme en septembre 1771 et entraîna l’Émeute de la peste. Elle marqua à jamais la carte de Moscou par la présence en masse de nouveaux cimetières. Tout a commencé lors de la guerre entre la Russie et l'Empire Ottoman: le virus se propagea via les prisonniers de guerre et le butin et contribua à décimer les rangs russes. Moscou alors vide et instable attira un grand nombre de serfs et de déserteurs de l'armée. L'augmentation de la population provoqua une accumulation de déchets, des déchets humains, des chevaux, des déchets venant des tanneries, des abattoirs, et d'autres industries malpropres s'entassant les une sur les autres. Aleksandra s'était totalement abandonnée. Catherine II voulut empêcher la catastrophe en misant sur un décret interdisant aux industries polluantes et aux cimetières de rester dans l'enceinte de la ville. Son but était autant d'assainir les lieux que de moderniser l'ancienne capitale à l'image de Saint-Petersbourg. Catherine détestait Moscou, la trouvant sale et nauséabonde, elle qui n'avait pas de réelle frontière, qui ne comptait pas ses habitants, qui ne planifiait pas son étendue géographique et qui restait figée depuis des siècles. Si le centre de la ville était ponctué de bâtiments en pierres, la majeure partie des habitations étaient encore faites en bois, marquant l'absence de modernité flagrante de la ville. Il y avait des incendies nombreux, des attentats dans les ruelles, la cité était un désastre qui n'avait même plus son rôle politique, une ordure aux yeux de Catherine qui essaya vainement d'arranger les choses. Mais ses nobles intentions furent interrompue par la peste de 1771 qui dans le seul mois de Septembre fit 20 400 morts. On imposa des quarantaines, brûla les lieux contaminées, ferma les bains publics, les paysans terrifiées de voir leur maison brûler cachaient des cadavres sans se rendre compte des problèmes que cela poserait. Une centaine de moscovites continuaient de mourir chaque jour malgré que les trois quarts de la population se soit enfuis, et l'inefficacité du gouvernement à contrôler la maladie mena à l’Émeute de la Peste. Le 15 septembre, le peuple afflua massivement sur la place Rouge, faisant sonner l'alarme. Repoussant les unités militaires, il pénétra dans le Kremlin et détruisit l'un des monastères. Encore enragé le lendemain, il assassinat des représentants de l'Etat, détruisit deux zones de quarantaine. L'armée ouvrit le feu et tira sur la foule, la dispersant dans le même temps et captura quelques rebelles. Mais le lendemain, au 17 septembre, la foule était de retour aux grilles du Kremlin, réclamant la liberté des rebelles capturés et la fin de la quarantaine forcée. L'armée put encore et définitivement cette fois disperser la foule et mettre fin à l'émeute. Mais des mesures furent prises contre la peste, et l'on donna du travail et du ravitaillement à la population pour la pacifier. Finalement, il y eut amélioration de zones de quarantaine et la réouverture des bains, et avec l'arrivée de l'hiver, l'épidémie de peste se calma jusqu'à disparaître totalement en 1772. Mais Moscou resta profondément marqué par cet événement qui l'avait surpris tandis qu'elle était affaiblie et ravagée par la maladie.


1800 - 1900
L'époque Napoléonienne, Guerre, Incendie et Reconstruction.



L’Ouverture solennelle 1812 en mi bémol majeur de Tchaïkovski pour commémorer la victoire russe dans les guerres napoléoniennes.
Mais ce n'était pas fini, les malheurs continuaient à s'abattre constamment sur Aleksandra qui commençait à se demander quelle était sa vraie place en ce monde. L'année 1812 arriva, avec la période que nous connaissons tous: la campagne de Russie de Napoléon Ier. A cette époque, Alexandre Ier est Empereur de toutes les Russies. Mais si la Grande Armée semblait détenir l'avantage au début de la guerre, les maladies, l'hiver rude, les soldats et la population russe ont pu mettre leurs ennemis en déroute et apporter la victoire à la Russie. Mais avant que les français ne repartent bredouille durant la Retraite de Russie, il y eut un épisode des plus marquants pour les forces russes: la Prise de Moscou. Le 22 juin 1812, Napoléon déclare la guerre à la Russie, et initie la marche sur Moscou, entre Austerlitz et l'ancienne capitale, à la tête d'une armée de 700 000 hommes composés de français, polonais, italiens, suisses, allemands et prussiens, espagnols, portugais et croates, soit de presque toute l'Europe. La Grande Armée avance rapidement dans les terres russes, si bien que la Russie impériale n'a pas le temps ni les capacités de contre attaquer, et est contraintes de laisser Napoléon pénétrer toujours plus profondément en Russie. Au 7 septembre eut lieu la bataille la plus importante et la plus sanglante de toute cette campagne, elle marqua la fin des offensives françaises envers la Russie et se tint à 125 kilomètres de Moscou. Les pertes de la bataille de la Moskova s'élèvent à 100 000 hommes au total, et elle prit fin avec la retraite de l'armée impériale russe qui se retira en bon ordre et laissa grand ouvert la voie menant à Moscou. Le 14 septembre, à 14 heures, Napoléon, accompagné de sa garde et de son 1er corps de garde, fait son entrée à Moscou pour trouver la ville déserte: celle-ci avait été évacuée, et ne contenait plus aucune provision. Le lendemain, l'Empereur français s'installe au Kremlin, les hôpitaux sont encombrés de blessés, français mais également russes et moscovites qui se tenaient à l'écart des troupes. Napoléon accorde l'Armistice à la Russie, et prend le temps de remettre son armée sur pied dans l'espoir d'une capitulation russe et d'un traité de paix. Mais si les réponses d'Alexandre sont évasives, c'est que les russes attendent l'arrivée des grands froids qui pousseront les soldats français à quitter le territoire. Seulement voila, Moscou en ayant assez de cette armée qui blessait son frère et qui abusait de son hospitalité sans lui demander son avis, dès le 14 septembre, elle commença à brûler ses propres bâtisses, petite maison en bois par petite maison en bois d'un bout à l'autre de la ville, privant les français d'abris. A un signal donné, 1000 feux éclatent à la fois et c'est bientôt toute la cité qui flambe. Les français tentent d'éteindre les incendies, en vain: le feu ne se calme qu'au 20 septembre au soir, et abandonne la "Grande Armée" dans un tas de cendres avec 20 000 blessés causés par les incendies.

Occupant une ville en ruines sans avoir reçu la capitulation russe, faisant face à des manœuvres russes, l'armée française se voit forcée de quitter Moscou le 18 septembre et entame sa longue retraite à travers les terres hostiles. Ils endurent la faim, la pauvreté des renforts et l'hiver russe particulièrement rude passant en dessous de -22°C. On estime les pertes aux 3/4 des bâtiments de la ville. 6 500 maisons de particuliers, 8 250 commerces et entrepôts, et plus de 120 églises sont réduites en cendres. 12 000 corps ont été trouvés dans les décombres. L'université d'État de Moscou, la bibliothèque Boutourline, les théâtres Petrovsky et Arbatsky ont été complètement détruits et de nombreuses œuvres d'art ont été perdues à jamais. Le corps tout entier d'Aleksandra se trouva couvert de brûlure, la carte de la ville était méconnaissable tant elle avait subi (Cliquez. En noir les zones ayant été incendiées.) Étrangement, le Kremlin et l'orphelinat qui se trouvaient au centre de la ville en sont sortis intacts, de même que la banlieue et le quartier nord. Mais la ville fut rapidement reconstruite et la population reprit ses habitudes. En 1840, ils étaient 350 000 habitants, chiffre qui ne fit que croître avec l'abolition du servage en 1861, et il y avait déjà un million d'habitant d'ici la fin du siècle. L'année 1824 vit s'achever la construction du théâtre Maly et du théâtre Bolchoï qui font la fierté des moscovites. C'était le temps des reconstructions, après un siècle et demi d'horreur qui faillirent conduire Moscou à sa perte. Mais prise d'une envie de revivre, Aleksandra préféra oublier un temps qu'elle n'était plus capitale et en profita pour se développer et peut-être se remettre en compétition avec Saint-Petersbourg. Elle avait le peuple russe derrière elle et renaissait véritablement de ses cendres pour devenir un cœur commercial, industriel et carrefour des communications. Et si de se retrouver constamment éloignée du pouvoir pouvait encore lui amener les larmes aux yeux, l'amour que lui portait son peuple lui mettait du baume au cœur et la poussait à prendre soin d'elle-même, chose qu'elle faisait plutôt rarement. Puis l'an 1896 arriva, année du couronnement de Nicolas II, le dernier tsar de l'Empire russe.. Règne qui commença d'ailleurs par une tragédie mémorable. En effet, à l'image de leurs traditions et en l'honneur du couronnement du nouveau tsar, celui-ci décida d'organiser un banquet pour le peuple: chacun recevrait une portion de vivres, au 17 mai, sur le champ de Khodynka, à Moscou. La distribution devait commencer à dix heures du matin, mais bien vite la rumeur qu'il n'y en aurait pas assez pour tout le monde circula parmi les 500 000 moscovites attroupés sur l'immense terrain vague au Nord de la ville. Les gens se précipitent alors sur les tentes pour atteindre la nourriture, se bousculent et se piétinent les uns les autres, dans une cohue phénoménale qui causa 1 389 décès... Tant de morts causés par le simple appel de leur estomac choqua profondément Moscou, et pourtant sous l'ordre du tsar les festivités même ne s'interrompirent pas: les cadavres furent cachés sous des bancs et piétinés par les promeneurs. Ô quelle belle image du pouvoir est-ce là.. Et avec ce traumatisme vient la fin de ce siècle et l'avènement de celui de tous les changements.





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{ Nom Humain.: Александра Юрьевна Брагинская / Aleksandra Iourievna Braginskaya
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MessageSujet: Re: Из России с любовью. [Moscou]   Jeu 14 Nov - 23:39











Москва



. Личности .


1900 - 1920
La Fin d'un Empire et la Révolution Russe.


La situation du pays au changement de siècle, même si elle n'y paraissait pas, était critique. La Russie s'européanisait en quelques années pour rattraper le niveau de pays qui avaient mis des siècles pour se moderniser petit à petit. Les nombreuses réformes n'avaient pas suffi pour radicalement modifier le mode de vie des paysans, et une nouvelle classe d'ouvriers voyaient le jour. Les conditions de vie semblaient nettement s'améliorer et pourtant on pouvait déjà sentir le souffle pré-révolutionnaire envahir les campagnes de ce vaste pays comme une maladie contagieuse. Le tsar, au grand désespoir des politiciens du gouvernement, ne possédait pas le moins du monde la carrure nécessaire pour être Empereur de toutes les Russies. Inexpérimenté et conservateur, il caresse des doigts son rêve d'être un autocrate absolu et adulé par son peuple. Fou amoureux de son pays d'il y a quelques siècles, son désir était de refaire de la Russie ce pays asiatique robuste et traditionnel qu'elle a longtemps été. Il ne rendit pas ses fonctions à Moscou mais aimait la ville bien plus que Saint-Pétersbourg qu'il fuyait dès que ses devoirs le lui permettaient. Aleksandra l'aimait beaucoup et admirait sa volonté de posséder le pouvoir, mais regrettait qu'il n'ait pas la capacité ni le charisme nécessaire à la tâche. S'il travaillait dur et aimait son peuple, celui-ci le prenait pour un tsar bien peu futé et trouvait la tsarine Alexandra -princesse allemande et petite fille de la reine Victoria- trop étrangère à la nation et portant le mauvais œil, détestant pour la plupart cette habitude qu'elle avait de vouloir tout dominer tout en jetant un regard méprisant ou indifférent sur tout ce qu'elle voyait. Ce n'était pas tant vrai pourtant que le couple royal, malgré que beaucoup de choses lui tournaient le dos, était surtout très préoccupé par sa vie familiale. En effet la tsarine ne mit au monde que des filles, jusqu'en 1904 où finalement elle parvint à donner naissance à un héritier: le tsarévitch Alexis... qui se trouva malheureusement être atteint d'hémophilie grave. Et c'était un malheur que le tsar se gardait bien d'avouer à son peuple, comment lui dire que le seul héritier au trône subissait des saignements spontanés et abondants sans que celui-ci, déjà tenté par la Révolution, ne se soulève ? Je ne saurais en quelques phrases vous décrire le mal-être du peuple russe, mais jamais autant la différence entre les classes de la société n'avait été aussi profonde. En quatre ans, on vit presque 670 révoltes paysannes, le peuple affluait dans les villes en masse sous le souffle de l'industrialisation, le chômage touchait la classe ouvrière qui ne trouvait plus de place nul part, que ce soit en campagne ou en ville. Le pouvoir était incapable d'évoluer, tandis que le pays s'industrialisait à une vitesse folle; et c'est cette incapacité du gouvernement qui sans doute fit déborder la coupe et provoqua la Révolution russe de 1905 et le Dimanche Rouge, à Saint-Pétersbourg. Tout comme l'ensemble du pays, notre ville est paralysée par une grève générale sans précédent.

Le pouvoir qu'exerçait le tsar sur son peuple était en chute libre. Nicolas II fut contraint ensuite de signer le "Manifeste sur le perfectionnement de l'ordre de l'État" le 17 octobre 1905, en réaction à l'agitation révolutionnaire du pays. Le Manifeste d'Octobre s'engageait à accorder au peuple russe des libertés civiques, avec la liberté de culte, la liberté de parole, la liberté de réunion, la liberté d'association, une large participation à la nouvelle Douma (chambre basse du Parlement russe) et l'introduction au suffrage universel. Le manifeste a été le précurseur de la Constitution de 1906, et pourtant elle n'a pas entrainé autant de liberté qu'on eut pu croire. En effet, le tsar maintenait son pouvoir autocratique, et n'hésitait pas à dissoudre la Douma et avait droit de veto. Pour beaucoup, ce n'était qu'un premier pas, et la pression des ouvriers s'accentua. Des soviets ouvriers et paysans apparurent et se multiplièrent sur tout le territoire, il y eut même des soviets de soldats pour les troupes revenant du front. Les révoltes rurales n'avaient pas cessées, près de 1600 entre octobre et décembre. De nombreuses troupes furent acheminées de Saint-Pétersbourg à Moscou, préparées à la Révolution. Dès le 22 décembre 1905, et jusqu'au premier janvier 1906, des combats éclatèrent dans l'ancienne capitale entre les ouvriers de Moscou, et la police et l'armée, et qui firent près d'un millier de morts. Dès 1906, le gouvernement réussit à maitriser les populations, malgré les grèves, les révoltes paysannes et les mutineries qui s'agitaient ça à là. Il semblait que la Russie prenait la voie de la démocratie et de la liberté, tout aurait pu changer à cette époque-là.. Oh, comme ils se trompaient. Mais les dissolutions successives de la Douma virent un retour de l'autocratie du tsar, qui déplut fortement à l'opinion générale. Tout sembla se calmer, mais ce n'était que des apparences, car la menace d'une autre Révolution planait sur tout le pays. Les années qui suivirent furent un enchainement de grèves et de réformes visant à contenir le peuple. En 1912 fut créé le parti bolchevik, mené par Lénine. Août 1914 fut l'entrée de la Russie dans la Première Guerre Mondiale, mais hélas le pays n'était pas préparé à une guerre moderne, et malgré le nombre important de soldats mobilisés, les stocks d'armes étaient insuffisants. Nicolas en personne se rendit au front, laissant la gouvernance du pays à sa femme, chose qui déplut fortement à la Russie, alors en pleine crise économique.

Mais la Guerre se poursuivit, et ce jusqu'en 1917. Le mois de février était particulièrement froid, on était las de la guerre et en pleine pénurie alimentaire, la situation politique était tendue et anormale. Tout commença à Petrograd (Saint-Petersbourg) par la grève spontanée de nombreux ouvriers, où une usine d'armement annonce le licenciement de milliers d'entre eux. La Révolution de Février telle qu'elle fut ensuite dans la capitale entraina l'abdication du tsar, la fin de l'Empire russe et la fin de la dynastie des Romanov. Mais si la Russie devint à cet instant une République, le gouvernement provisoire mis en place alors et qui soutenait la poursuite de la Guerre était largement désapprouvé, notamment par le parti bolchevik. C'est dans un pays plus qu'instable que se déroula la Révolution d'Octobre et qui marqua le début de la Guerre Civile russe. Le 25 octobre 1917 (calendrier julien), Vladimir Lénine commence son coup d’État dans la capitale, renverse le gouvernement provisoire et marque la création de la République Socialiste Fédérative Soviétique de Russie, premier État communiste de l'Histoire, et la naissance du mouvement communiste mondial. Mais si l'insurrection de Petrograd semble réussir sans trop de difficulté, l'insurrection de Moscou rencontre elle de violentes résistances. Du 28 octobre, les combats durent près d'une semaine, mais les ouvriers sont désorganisés, mal armés et insuffisamment préparés: ils sont estimés 50 000 combattants, et font face à des dizaines de milliers d'adversaires issus d'écoles d'officiers, de sections militaires des SR et des mencheviks. 300 ouvriers et gardes rouges sont massacrés par l'Armée Blanche lors de la prise du Kremlin par ces derniers. Des fusillades ont lieu même à l'école militaire d'Alexandre. C'est Nikolaï Boukharine qui conduit les bolcheviks. Le 2 novembre, les Blancs capitulent. Les insurgés, à l'exception des officiers, s'accordent alors à rendre les armes, afin de garantir la liberté et l'inviolabilité de tous. Nombre d'entre eux rejoindront ensuite les armées blanches, et seront ensuite critiqués par beaucoup de bolcheviks, ce qui jouera un rôle dans la création de la Tchéka, police politique créée en 1917, et dans l'établissement de la "terreur rouge". Le 26 novembre, la Russie se voit forcée de quitter la Guerre pour se concentrer sur la Guerre Civile qui fera rage pendant encore près de 5 ans. Quoi qu'il en soit, suite au succès certain de cette Révolution, et par crainte d'être attaqué à proximité des frontières, Lénine rendit à Moscou son statut de capitale dès le 5 (le 12 du calendrier grégorien) mars 1918. Le siège du gouvernement des soviets y sera transféré dès le 9 du même mois. La période de la Guerre civile qui suivit fut marqué par les privations et fut durement ressentie dans la nouvelle capitale comme dans tout le reste du pays. Simultanément, l'évolution démographique et l'exode rural faisaient largement croitre les chiffres de recensement. En 1920, on dénombrait un million d'habitants dans la cité.


1920 - 1945
Réaménagement et Seconde Guerre Mondiale.


La Guerre civile opposa dans les années suivantes les russes blancs (républicains et monarchistes, assistés par les puissances occidentales) aux bolcheviks. Ces derniers en sortirent victorieux au 22 décembre 1922, suite à quoi le pays subit une famine due aux transports désorganisés et aux réquisitions agricoles, et qui fait un million de victimes. Les vainqueurs de la Guerre instaurent ensuite l'URSS: Union des Républiques Socialistes Soviétiques dont la Russie fait partie. Moscou alors n'est plus seulement la capitale de la Russie, mais de toute l'Union composée de quinze républiques au total, soit le plus vaste état du monde, étendu sur un sixième des terres émergées et 11 fuseaux horaires différents. Il y avait là de quoi redorer le blason d'Aleksandra, après 200 ans d'abandon. En 1921, et en réaction à une vague de mécontentement, les communistes relâchèrent un peu leur pression avec l'instauration d'une nouvelle politique économique, la NEP qui autorise une forme limitée d'économie privée. En quelques années, les productions agricoles et industrielles se rétablissent, la situation intérieure s'améliore progressivement, malgré de graves pénuries en matière de logement dans la capitale qui ne comptait pas moins de 4 millions d'habitants à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Lénine cède ensuite sa place à Staline. En 1935 fut promulgué un plan du développement de la capitale, visant à en faire le modèle de la ville soviétique, et afin de lui permettre d'héberger jusqu'à 5 millions d'habitants. Le plan d'urbanisme fut modernisé, on planifia un vaste programme de constructions de logements et un important système de transports en commun avec notamment le Métro de Moscou, la seconde plus grande ligne de Métro au monde après celle de Tokyo. Sa superficie s'étend accrue, on entoura la ville d'une large ceinture d'espaces verts. Hélas, ces constructions furent interrompues par la Seconde Guerre Mondiale. Cependant, avant que l'URSS n'entre dans la guerre, la capitale fait face à un évènement marquant des grandes purges staliniennes: les procès de Moscou qui, entre 1936 et 1938, sont une série de procès truqués, organisé par Staline, et visant à attiser la peur du complot. Ces procès déciment l'avant-garde révolutionnaire de 1917: presque tous les proches de Lénine seront exécutés sur des aveux irréalistes. Grâce à quatre procès au total, Staline décime l'élite russe et assoit son pouvoir sur l'URSS. Les motifs sont toujours les mêmes: trahisons trotskystes et sabotages. La plupart des accusés sont condamnés à mort.

Au 22 juin 1941, l'Allemagne et ses alliés déclarent la guerre à l'union soviétique et lancent l'opération Barbarossa. Les troupes Nord avancent vers Leningrad, les troupes Sud vers l'Ukraine, et les troupes Centre vont droit sur Moscou, ne lui offrant pas le loisir de se concentrer sur autre chose que sa propre sécurité. C'est le début de l'opération Typhon qui vise à mettre la main sur la ville de l'Est. Fort heureusement, les troupes soviétiques se rassemblent et se replacent sur le chemin des troupes pour protéger leur capitale, et Hitler doit constamment repousser l'offensive sur Moscou qu'il considère alors comme sa cible militaire et politique la plus importante. Si l'offensive allemande est ralentie par cette résistance désespérée du côté soviétique, cela ne l'empêche pas de progresser lentement vers sa cible. Le 10 octobre, l'armée allemande arrive à la ligne de défense Mojaïsk, à un jour de marche de Moscou, où elle trouve là encore des forces soviétiques prêtes à les recevoir. Dans la journée, l'homme politique et militaire Gueorgui Joukov est appelé d'urgence de Leningrad pour assurer la défense de la capitale. Immédiatement, toutes les forces se concentrent sur cette ligne sous son commandement. Au 13 octobre, Staline ordonne l'évacuation du Parti communiste, du quartier général et de divers bureaux civils en direction d'une capitale provisoire, Kouïbychev. Cette évacuation provoque la panique du peuple moscovite et d'Aleksandra qui sent son heure approcher. Les Moscovites tentent par tous les moyens de quitter la ville. Pourtant, Staline demeure dans la capitale et rassure la population. Mais nul ne sait si son intention était de s'ensevelir dans les ruines, ou s'il comptait rejoindre la capitale provisoire en temps voulu. Sur le front Mojaïsk, les troupes soviétiques sont en désavantage numérique et matériel face à la Wehrmacht. De son côté, Moscou se transforme en véritable forteresse; 250 000 femmes et adolescents creusent manuellement des tranchées et des fossés anti-char autour de la ville, les usines sont changés en complexes militaires, l'usine automobile se convertit en fabrique de pistolets mitrailleurs, l'entreprise d'horlogerie réalise des mines, tandis que le complexe chocolatier prépare de la nourriture pour le front. La capitale cependant reste en situation délicate, cible de raids massifs et de bombardements.

Par la suite, les manœuvres ennemies furent longues et nombreuses, et la prise de la ville échoua plusieurs fois. Les jours passants, les deux armées s'usaient. Au 7 novembre, dans une tentative de renforcer le moral de l'Armée rouge et de la population, Staline ordonne que le traditionnel défilé militaire se déroule sur la Place Rouge. Les troupes paradèrent devant le Kremlin avant de se rendre directement au front. S'organise un triple anneau défensif autour de Moscou, le déploiement des troupes est suffisamment organisé pour tenir la Wehrmacht à distance. S'enchainent des séries d'offensives, de contre-offensives, jusqu'à l'arrivée du gel, des basses températures, et de fortes chutes de neige. Joukov écrivait "L'ennemi, ignorant les pertes, lançait des assauts frontaux, voulant prendre Moscou par tous les moyens nécessaires". Les troupes allemandes se heurtent encore et toujours à une résistance acharnée, dans le froid et les maladies. L'offensive vers Moscou se poursuit dans des conditions désastreuses. Le "Général Hiver" également montre son nez plus tôt que prévu pour protéger la capitale russe, et dès le 23 novembre, les températures chutent à - 30°C. D'après certain, le thermomètre serait passé sous -50°C certaines nuits. Les armes et véhicules également se trouvent gelés et difficiles d'utilisation. Les soldats allemands qui plus est continuaient le combat avec les mêmes vêtements que pendant l'été. L'offensive sur Moscou est enrayée alors. Au 5 décembre, les troupes allemandes s'arrêtent pour éviter une inévitable catastrophe. Mais tout n'est pas encore fini: alors que l'armée allemande est arrêté, l'Union soviétique -qu'il était par ailleurs stupide de provoquer- se lança dans une contre-offensive. En ramenant des forces des confins de Sibérie, elle parvint à aligner une trentaine de divisions qui contre-attaquèrent au nord et au sud de Moscou. Elles reprennent Krasnaïa Poliana, délivrent la proche banlieue, et sont sans arrêt avantagées par l'hiver auquel elles sont habituées. Jusqu'au 20 décembre, les allemands tentent désespérément de lutter dans des températures oscillants de -20°C à -50°C, tandis que les Soviétiques aux attaques incessantes libèrent définitivement le secteur de Moscou, décimant une cinquante de divisions allemandes. Staline se lance alors en campagne contre Hitler, repoussant de son mieux les forces opposées en prenant avantage de la saison. Cependant, si l'Armée rouge a pu sauver sa capitale, celle-ci reste menacée en conséquence de la proximité des lignes de front, et sa sécurité restera la priorité de Staline. Les combats s'enchainèrent sur le territoire russe en 1942, et Moscou ne sera complètement sécurisée que l'année suivante, en octobre 1943, lorsque Smolensk sera libérée. Vous connaissez la suite de l'histoire: au final, les "méchants" allemands ont perdu, et les "pauvres" troupes soviétiques qui endurent le poids de milliers de morts en sortent vainqueurs, mais cette opération aura jeté un froid éternel sur la relation des deux pays. Le 1er mai 1944, la médaille "Pour la défense de Moscou" est créée, puis une autre en 1947 "En mémoire du 800e anniversaire de Moscou". L'année 1945 marque bien évidemment la fin de la Seconde Guerre Mondiale; mais pas avant le défilé des prisonniers de guerre allemands, également connu sous le nom de la "marche des vaincus" au 17 juillet 1944, qui fut le défilé forcé dans les rues de Moscou de 57 000 prisonniers de guerres capturés par le front biélorusse.


1945 - 1990
La Guerre Froide et un paragraphe complètement foireux.


Le 5 octobre 1952 ouvre à Moscou le XIXe Congrès du Parti communiste. Des suites de 1945, et malgré ses efforts à limiter sa population, Moscou fut l'objet d'une rapide croissance démographique, et comptait alors près de 8 millions d'habitants. De gros travaux furent entrepris en matière de logement, entrainant la construction de vastes complexes d'habitations dans les quartiers périphériques. Près de deux tiers des logements de la ville furent construits entre 1960 et 1975, et l'on reprit les travaux d'avant-guerre. Le réseau de métro fut également agrandi. En 1960, les limites de la capitale furent tellement repoussées que cela multiplia par trois sa superficie, et à la fin des années 1970 cette limite était déjà débordée. Mais la fin de la Seconde Guerre Mondiale n'est pas seulement le début de l'aménagement du territoire: c'est également le début de la Guerre Froide, et du contrôle que l'URSS et Moscou possèdent sur l'Allemagne de l'Est et Berlin-Est. Le 5 mars 1953, Joseph Staline décède, après avoir été retrouvé inconscient dans la nuit du 1er au 2 mars par ses principaux collaborateurs, des suites d'une attaque cérébrale. Ses funérailles ont lieu le 9 mars, à Moscou, et une foule immense lui rend hommage que ce soit à Moscou ou dans le monde entier. Les obsèques du "Père des peuples" ont un impact tel qu'elles donnent lieu à des scènes d'hystérie collective, entraînant la mort de plus centaines de personnes, piétinées ou étouffées. Son corps est exposé aux côtés de Lénine dans le mausolée de la place Rouge, et je vous laisse imaginer la tristesse ressentie par Aleksandra à la mort de celui qu'elle voyait autant comme un père que comme un véritable sauveur. Elle resta un temps en deuil en mémoire de son patron. En 1955 est signé le Pacte de Varsovie qui allie l'Est de l'Europe, mais, réellement, dans l'enceinte de la ville, il était difficile de trouver trace de ladite Guerre Froide, en dehors des jurons poussés par les dirigeants dans les bâtiments du Kremlin, des visites diplomatiques et des annonces que publiaient les journaux et qui constamment mettaient en ordre l'avis public contre les "capitalistes américains". En 1963, il est vrai, on installa le Téléphone Rouge - et j'entends déjà certains d'entre vous glousser "Téléphone Rose", à croire que pour vous, la haine ne peut que laisser place au sexe.. Tss! - pour relier directement Moscou et Washington. Le 8 mai 1965, tandis qu'on fêtait le vingtième anniversaire de la victoire soviétique dans la Seconde Guerre Mondiale, Moscou reçut le titre de "Ville Héroïque".

Si cette partie n'est qu'un enchainement de dates, c'est que la situation était bien trop tendue partout pour que quoique ce soit de clair et défini ressorte de l'idée générale. En plus de ça, c'était Khrouchtchev au pouvoir, et pardonnez-moi mais on a vu plus des visages plus stimulants à la tête de l’État si vous voyez ce que je veux dire. Que dire ? 1972, un américain ose finalement montrer son nez à Moscou, alors que tous s'abstenaient depuis 1945. Pas fous ces américains. Mais Richard Nixon l'était probablement. La preuve, c'est qu'il s'est rendu en Pologne juste après. Bon, pendant ce temps-là, il s'est passé des tas de choses en Allemagne et à Cuba, des choses qui sont directement liées avec "pourquoi déteste-t-on Moscou à l'étranger ?" mais qui n'ont pas lieu à Moscou même. C'est l'URSS le responsable après tout, juste parce que Moscou est la capitale, elle s'en mange plein la face aussi. Mais bon. En 1980, il se passe un truc chouette. Brejnev préside la cérémonie d'ouverture des XXIIe jeux olympiques. Et oui, des jeux Olympiques à Moscou ! Comme si on n'avait pas déjà des tas de soucis à cette époque-là. Seulement 80 nations sont représentées, parce que beaucoup ont décidé de faire comme les États-Unis et de bouder l'URSS. Mais pas la France, non. Ils sont gentils les français, même si ils font partis de l'OTAN, et juste pour ça on leur pardonne d'être plus qu'impuissants en politique à l'époque. Comment ça, je fais l'histoire de Moscou et pas de la France ? Et en quelle langue écris-je, moi, monsieur ? Voila. Donc chut. De toute façon, seuls 2% des lecteurs arriveront à ce paragraphe, donc qu'est-ce que je m'en cogne. Et puis, la France remportera 14 médailles cette année-là, voila pour l'anecdote inutile monsieur ! Ce n'est pas assez ? Bon. 1997 n'est pas seulement l'année de naissance de l'auteur de ce texte interminable, c'est aussi, à l'occasion du 850eme anniversaire de Moscou, un méga-concert de Jean-Michel Jarre. Les gens étaient bourrés de partout, et la moitié d'entre eux étaient des policiers. Qu'est-ce qu'on aurait pas donné pour voir ça, hein ? Trois millions de spectateurs dans les collines environnantes, oui monsieur, avec les danseurs du Bolchoï et le violoncelliste Mstistav Rostropovitch que je ne connais aucunement, mais que je cite juste parce que son nom est amusant à lire.


1990 - Aujourd'hui
La fin de l'URSS et "Vers l'infini et l’Au-delà !"


Ainsi s'achève cette très plaisante période du communisme avec en août 1991 le putsch de Moscou. Comme je commence à fatiguer de toutes ces histoires et que l'histoire moderne me pompe un peu, on va raconter ça à la bonne franquette, le repos après l'effort, le simple à comprendre après ces dizaines de pages Open Office ingurgitées. Imaginez le gros bazar, un peuple qui commence à se lasser de ce Parti qui n'apporte pas ce qu'il avait promis et qui donc fait des manifestations. Bon, bah, Gorbatchev avait mis en place un programme de réforme et un traité d'union qui vient juste d'être négocié et qui disperse un peu trop le pouvoir du gouvernement central en faveur des républiques composant l'URSS. Mais du coup, les communistes conservateurs - car oui, il en restait, ils sont partout ceux là - étaient pas content, ils ont fait un coup d’État AVEC DES TANKS, qui a d'ailleurs complètement foiré puisque trois jours plus tard Gorbatchev était de retour au pouvoir. Voila, le putsch de Moscou, des questions ? Ah oui, pourquoi ça devrait marquer la fin de l'URSS. Et bien Fred, c'est très simple. Gorbatchev a remballé sa Glasnost et sa Perestroïka, ayant enfin compris qu'il avait trop gaffé pour ce métier, et annonça sa démission au 25 décembre 1991. Conclusion: C'est la fin de l'union soviétique, et Moscou n'est plus que la capitale de la Russie, ce qui en soi n'est pas non plus misérable. C'est même très bien. C'est suffisant, disons. En tout cas, plus d'URSS, plus de Guerre Froide, et plus de polonais qui passent leur temps à se plaindre. En plus, c'est Noël, que demander de plus ? De l'amélioration. Ça tombe bien, depuis l'émergence de l'économie de marché à Moscou, il y a eu d'immenses changements de commerces, de prestations de service, d'architecture et de mode de vie. En plus de ça, Moscou est devenue capitaliste. Ensuite il y a eu la crise financière de 1998. En 2002, une cinquantaine de rebelles tchétchènes prennent 850 spectateurs en otage au théâtre de la Doubrovka de Moscou, pendant la comédie musicale Nord-Ost. En 2006, Moscou devient fièrement la ville la plus chère au monde et affiche partout une image exagérément bonne, jusqu'en 2009 où des suites d'une autre crise financière, elle ne se calme et ne redevienne la cité chaotique qu'elle a, finalement, toujours été.





Dernière édition par Moscou le Mar 12 Aoû - 15:35, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Из России с любовью. [Moscou]   Mar 19 Nov - 19:34

J'ai rien à dire parce que c'est beau, c'est chouette, c'est agréable, et que de toute façon t'as suivit ma lecture sur la CB. :'D J'rajouterais bien que tout les membres devraient prendre exemple mais là ça serait du masochisme car la lecture c'est long. /PAN En bref :

Tu es validée.
Tu es enfin une bonne admine peux donc désormais conquérir le monde via le RP~.
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MessageSujet: Re: Из России с любовью. [Moscou]   Jeu 20 Fév - 19:03

KBG opération poney:
 
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MessageSujet: Re: Из России с любовью. [Moscou]   

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